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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
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 (sick of losing soulmates), raiwan.

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MessageSujet: (sick of losing soulmates), raiwan.   Mer 3 Oct - 22:48

Tu n’as pas atteint les quatre semaines. Elle y touchait du bout des doigts, pourtant, mais l’objectif lui a glissé entre les doigts. Par les confrontations de trop, les regards de trop, la vie de trop. Elle ne savait pas trop ce que ça avait été exactement, qui l’avait poussé à briser en milles morceaux près d’un mois de résolution et de boulot - mais c’était arrivé. Un rêve, mélangé à un affreux cauchemar, qui avait fait glissé la sueur sur son front et avait fait relever son coeur dans sa gorge - le désir d’oublier, tout de suite, à tout prix, dans la frénésie de la nuit, à aller acheter la première bouteille et de s’y perdre. Ça avait fait mal - et ça avait fait tant de bien. Ce n’était qu’après la presque totalité de la bouteille avalée à une vitesse astronomique qu’elle avait réalisé ce qu’elle était en train de faire. La bouteille s’était fracassé sur le sol, et Rain s’était précipitée sur le téléphone. Sarwan. Sarwan. Son ancre, depuis des semaines, son repère dans la noirceur, son rocher dans la tempête. Il était la seule personne à laquelle elle se permettait de s’accrocher avec autant d’ardeur, car il savait, il comprenait, il ne la jugerait pas. Les sanglots lui coupant la gorge, elle lui avait dit, I failed, I failed, I’m a failure, et il s’était précipité à ses côtés pour la ramener chez lui. Quelques jours depuis, où elle n’avait pas quitté son appartement, où elle errait un peu, à ne plus vouloir entendre parler du reste du monde. À pleurer, à se détester, à vouloir boire à nouveau. À quoi ça sert, Sarwan ? Si j’ai cédé une fois, ça arrivera encore. Et encore. Et encore. Mais le libanais l’avait pris dans ses bras, et l’avait serré fort. Tu y arriveras, Rain. Ce n’est qu’une rechute. Ne la laisse pas définir le reste de ta vie. Soulagée de rester en sa compagnie, pendant quelques jours du moins - abuser de son hospitalité pour se sentir en sécurité. Comprise. Soutenue. Confiante qu’en la présence de l’ancien soldat, elle ne flanchirait pas - et tout autant, coupable de lui mettre un tel fardeau sur les bras. Lui qui avait ses propres démons à combattre, lui qui avait déjà si lourd sur les épaules. Mais il le faisait si gracieusement - pas comme elle, à se laisser abattre à chaque pas. On va se battre ensemble. Il lui donnait de la force. Il lui donnait la sensation que quoi que ce soit qu’elle devait faire, elle le pouvait.

L’appartement plongé dans le silence, alors que la nuit s’étire à l’extérieur. Rain ne sait pas du tout quelle heure il est - une heure, deux heures, trois heures. Ne sait pas si c’est le crépuscule ou l’aube qui est le plus près, perdue dans ses pensées, à moitié assoupie, à moitié éveillée. Avec un soupir, elle se redresse dans le lit, et passe ses mains sur son visage. Se frottant les yeux, elle observe la chambre plongée dans la pénombre. Sarwan qui a insisté pour qu’elle dorme dans le lit, et qu’il reste sur le canapé - ce n’est que pour quelques nuits. Rain n’avait pas eu son mot à dire - et ça lui faisait plaisir, de toute façon. Jetant un coup d’oeil au cadran, la polymorphe lâche un soupir. Il est tard - horriblement tard, mais le sommeil ne veut pas venir. Trop de pensées chaotiques dans sa tête, entortillés comme une toile d’araignée - rien de clair qui émerge, et tout à la fois. Lâchant un soupir à nouveau, Rain glisse ses jambes en dehors des draps rafraîchis par le manque de mouvement et sort du lit. Ouvre la porte de la chambre, pour se diriger vers la salle de bain. Ouvre les robinets pour passer un peu d’eau sur son visage, respirant profondément. Les nuits comme ça, elles étaient nombreuses - où le manque la tenait éveillée, et le reste aussi. Les doigts légèrement tremblants, le souffle erratique. Redressant les yeux, Rain capte son regard dans le miroir de la pharmacie. Les cernes sous les yeux, les cheveux en désordre - elle n’avait pas bien bonne mine. Mais ça a déjà été pire. Déviant le regard, elle sort de la salle de bain - et capte du regard une lumière ouverte dans le salon, et une silhouette assise sur le canapé. C’est Sarwan, elle n’a pas de peine à reconnaître les cheveux roux et la silhouette, même de dos. Il ne dors pas. Tout comme toi. Et malgré le léger malaise de la situation, un sourire se dessine sur les lèvres de Rain.

« Hi. » Elle souffle doucement, pour ne pas trop le surprendre et lui faire une frousse. Contourne le canapé pour lui sourire doucement. Ses bras serrés contre elle, alors que le t-shirt n’est pas assez pour la réchauffer une fois en dehors du lit - elle sourit à Sarwan. « Can’t sleep either ? » Gardant sa voix basse, tout de même - comme si elle ne voulait pas que le reste du monde les entende. Que ce moment leur appartienne - qu’elle le passe avec lui, et juste avec lui. Sarwan, qui la comprend si bien, Sarwan, avec qui elle se sent si bien. Les derniers jours, passés ensembles, malgré la gravité de la situation, qui ont su lui tirer des sourires sincères et même quelques rires. « What are you watching ? » Qu’elle demande, en pointant la télévision allumée. Désignant la place à ses côtés sur le canapé. « Mind if I sit ? » Dis moi si tu veux être seul, Sarwan. Je comprendrai. Vraiment, je comprendrai.

Mais si tu veux bien, j’aimerais rester.

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MessageSujet: Re: (sick of losing soulmates), raiwan.   Jeu 4 Oct - 13:13

▼▲▼

Quelques jours s'étaient écoulés, déjà, depuis que Rain l'avait appelé en détresse. Appelé pour lui dire qu'elle avait échoué. Qu'elle avait essayé, mais qu'elle avait échoué. Ni une ni deux, il avait rappliqué — sachant mieux que quiconque l'impact qu'une rechute pouvait avoir sur un moral. Sur une vie. Refusant obstinément de la laisser s'enfoncer ainsi. Pas alors qu'elle était si près du but. Qu'elle avait failli y parvenir du premier coup. Se sevrer, entièrement et indéfiniment. Presque un mois qu'elle avait décidé d'arrêter — et qu'elle avait arrêté. Elle n'avait pas eu le temps de fêter son premier anniversaire que la réalité l'avait rattrapé, mais Sarwan ne lui en voulait pas. Ne s'était pas montré déçu, ni triste. Compatissant simplement à la difficulté de l'épreuve qu'elle avait traversé. Et lui rappelant que perdre une bataille ne voulait en rien dire qu'elle avait perdu la guerre. Elle s'en remettrait.

Elle s'en remettrait.


Incapable de dormir. Le chien étendu au sol, au pied du canapé déplié pour qu'il puisse y passer les récentes nuits. Son lit propre, lavé et bien dressé pour que Rain soit capable de s'y installer. Leur installation ne le dérangeait pas, et il aurait été capable de rester bien plus longtemps encore comme cela. Habitué à des couchettes plus inconfortables que cela — et le sommeil le fuyant de toute manière, ces derniers temps. Ce soir encore, il avait peiné à fermer les yeux. N'y était parvenu que pour quelques minutes, avant de les rouvrir et de se redresser pour allumer la télé. S'occuper l'esprit. Ne pas se souvenir que, trois ans plus tôt, il avait perdu son père, avait perdu ses frères, avait perdu Darcy. Une période de l'année difficile, durant laquelle il se souvenait toujours s'être brutalement perdu dans l'alcool. Anniversaire macabre d'un début d'alcoolisme violent, qui avait bien failli l'emporter. Les nuits au sommeil raréfié — mais il ne semblait pas être le seul à peiner à trouver le repos. Un peu plus loin dans l'appartement, des bruits de pas. Et il sait que c'est Rain. Buddy le sait aussi, et Paillasson roulé en boule contre son flanc n'en est même pas perturbé. Le seul, des quatre âmes de l'appartement, à faire la nuit qu'il méritait. L'ancien soldat ne se lève pourtant pas. Laisse Rain dans la salle de bain, laisse Rain faire ce dont elle a besoin. Et lorsqu'il l'entend finalement approcher, pour venir à ses côtés, ses yeux se détachent lentement de l'écran de la télé. « Hi. » Leurs regards se croisent, et il lui rend son sourire. Détendu, nullement surpris par sa présence en arrière de lui. « Hey. » Il la laisse faire le tour du canapé, l'observe dans son t-shirt trop grand. Elle a l'air d'avoir froid, et il s'écarte instinctivement pour lui faire une place à ses côtés. « Can’t sleep either ? » Il secoue lentement la tête. Remet les draps en place, calmement. « Nah. I usually don't sleep much around these days. » Haussement d'épaules léger. Ça ne devrait pas le marquer. Pas autant. Et pourtant. « What are you watching ? » Haussement d'épaules. « I don't even know. It was the first thing I found that wasn't a documentary. » Et après avoir désigné la télé, elle désigne la place qu'il vient de libérer à ses côtés. Paillasson se réveillant doucement sous l'appel de la voix de sa maîtresse, et s'étirant progressivement avec dans l'idée de venir la rejoindre sur le canapé déplié. « Mind if I sit ? » « No, no. Please. » Se décaler encore davantage, pour lui montrer qu'il ne s'en préoccupe pas. Lui sourire. « Here. You look cold. » Il ramène la couverture vers elle. La laisse s'installer confortablement, alors que Paillasson fait le tour du canapé pour lever sa tête vers elle. « I think Doormat wants to warm you up too. » Un léger rire. Ne pas trop se coller. Ne pas trop la gêner. Buddy, lui, s'est recouché, et a reposé sa tête sur ses pattes pour essayer de retrouver le sommeil. « Still can't believe you named your dog Doormat. » Un rire, léger. Tant qu'à être tous deux réveillés, il n'allait pas se gêner pour parler. Le ton bas, pourtant. Ne voulant brusquer personne — comme si une autre âme avait trouvé le sommeil dans l'appartement, à leurs côtés. « How d'you feel ? » La question est tranquille, et le regard qu'il lui jette l'est tout autant. La conversation badine ne peut cacher complètement l'inquiétude qu'il a à son égard. Inquiétude perpétuelle, depuis qu'il l'avait recueillie chez lui quelques jours plus tôt. Besoin de s'assurer qu'elle allait bien. Qu'elle allait mieux. Et il ne la laisserait pas repartir tant qu'il ne serait pas certain qu'elle ne retomberait pas dans une mauvaise passe une fois la porte refermée derrière elle, et la solitude cruellement retrouvée. And until then I'll be here, Rain. I'll stay with you. You can count on me.

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MessageSujet: Re: (sick of losing soulmates), raiwan.   Jeu 4 Oct - 22:11

Il ne sursaute pas quand elle l’interpelle - lui sourit simplement, l’air parfaitement détendu malgré ses traits tirés par la fatigue et la certaine lassitude qu’elle lui connaissait. Rain essayait de ne pas oublier que Sarwan avait ses propres batailles, et ses propres fantômes dans la tête et dans le corps - et c’était ce qui faisait qu’ils s’entendaient aussi bien, elle pensait sincèrement. Que l’un et l’autre comprenait ce que l’autre vivait, mieux qu’ils ne pourraient même l’exprimer. Mais elle était impressionnée de son calme, de sa capacité à se canaliser et à se modérer lui-même. Des années d’expérience, sans doute, et elle espérait pouvoir être comme lui un jour. Pour ça il faudrait que tu arrêtes de rechuter. Elle chasse la pensée de son esprit, se concentre sur la présence rassurante de Sarwan et son sourire qui lui accroche le coeur, malgré tout ce qu’elle essaie de nier. Il dit qu’il ne dors pas beaucoup ces derniers temps, et elle acquiesce de la tête. Comprends ça - est dans le même bateau. Mais elle savait aussi ce qui le tracassait, car il lui en avait parlé - lui avait partagé ses plus lourds fardeaux, les démons qui criaient le plus fort, à cette période de l’année. Et elle avait envie de le soulager, sans vraiment trop savoir comment. Finalement, il se décale pour lui laisser la place de s’installer, signe que sa présence ne le dérange pas. Rain le remercie d’un sourire, et se glisse sur le canapé lit déplié. C’est un peu étrange, elle se sent un peu comme une gamine à une soirée pyjama, mais c’est chaud sous les couvertures et Rain se sent immédiatement bien. « Here. You look cold. » Il lui donne une couverture, et elle prends le tissu doux entre ses doigts. « Thanks. » Un petit rire qui passe ses lèvres, alors qu’elle s’installe confortablement à ses côtés. Leurs corps à proximité, sans toutefois vraiment se toucher. La grandeur du canapé lit le permet tout juste, et Rain tourne son regard vers la télévision, en essayant de ne pas laisser ses pensées s’envoler trop loin. Sarwan est son ami, son guide - rien d’autre. Même si elle ne peut pas empêcher des idées furtives traverser son esprit quand ils sont proches, et quand il la regarde - même si ni un ni l’autre ne pourrait nier la chimie entre eux, et leur tendance à tomber dans le flirt un peu trop facilement. Elle a son passé, et lui aussi - et ils le savent. Et pourtant, ça ne la freine pas. Lui non plus.

« I think Doormat wants to warm you up too. » Elle rit en même temps que lui, alors que le chien montre le bout de son nez. Elle tend la main pour caresser la tête du chien. « Hi you. » Le chien grogne en approbation, et monte sans se faire davantage désirer sur le canapé lit. « Oh ! » Un petit rire qui passe les lèvres de Rain, alors que Paillasson vient se coller en boule à ses côtés, profitant toujours des caresses de sa maîtresse. Elle secoue doucement la tête, continuant de gratter les oreilles du chien. « I can’t believe you named your dog Doormat.  » Elle rit doucement, donnant un regard à Sarwan. « I’m not very good at finding names. And I found him on my doormat, so... » Un grand sourire qui étire ses lèvres, alors qu’elle se cale un peu plus dans le canapé lit. Se sentant étrangement paisible, avec Sarwan à ses côtés, et malgré l’heure tardive. « How d’you feel ? » Elle jette un coup d’oeil à Sarwan, toujours le sourire sur les lèvres. Hausse brièvement les épaules, tournant ses yeux vers Paillasson qui se remets déjà à somnoler. « Ok. I think. Tired. » Lui adresse un petit sourire. « A bit defeated. I just… Everything was going so well, you know. » Et même si les mots sont lourds de sens, Rain ne se sent pas abattue d’en parler - la voix qui reste calme, et les battements de son coeur aussi. « But I should’ve known it wouldn’t be an easy road. Nothing is. » Non, rien ne l’est. Tu le sais, Sarwan. « I’m scared of failing. Of… never going through it. Like I failed at everything else. » Sa voix s’éteint un peu vers la fin, mais elle se reprend - pas envie de tomber dans la noirceur ce soir. D’humeur légère, apportée par la léthargie de la nuit. Par Paillasson qui respire contre sa jambe, par le bruit de la télévision. Se tournant un peu vers lui, s’autorisant à l’observer à travers la pénombre. « And it’s weird, you know. » Un petit faux sourire qui se glisse sur ses lèvres. « For the first time in a long time, I’ve been having happy dreams. No nightmares, no… no tragedy. Just… beautiful things. But it’s like they hurt even more. » Un petit rire qui passe ses lèvres. « I’m sorry. Here I am, babbling again about myself. We don’t talk about you enough. How do you feel ? » Et sa question est sincère - elle espère qu’il peut le sentir dans sa voix. Qu’elle s’en fait sincèrement pour lui, et qu’elle veut être là pour lui, comme il l’est pour elle. Qu’elle ne veut pas simplement faire irruption et tout saccager sur son passage - que Sarwan se doit d’être entendu aussi. Et qu’elle veut l’entendre.

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MessageSujet: Re: (sick of losing soulmates), raiwan.   Mar 9 Oct - 20:08

« Ok. I think. Tired. » Couché contre elle, Paillasson s'est d'ores et déjà remis à somnoler. Et Sarwan ne peut empêcher un sourire léger de passer sur ses traits, alors que ses yeux vont de la maîtresse à l'animal. Pas besoin d'en voir davantage pour y croire — la présence du chien lui avait sûrement sauvé la vie, à bien des égards. Jamais ils ne s'en étaient parlés, mais la relation que les deux entretenaient suffisait à Sarwan pour compléter sa pensée. « A bit defeated. I just… Everything was going so well, you know. » Elle sourit, malgré les mots lourds — et elle reste calme. Visiblement consciente que les progrès ne pouvaient durer éternellement, lorsqu'on abordait seulement le chemin de longue haleine sur lequel elle venait de s'engager. Mais la détermination avec laquelle elle avait tenu le coup jusqu'ici méritait d'être saluée. Et il espérait, sincèrement, qu'elle le savait. « But I should’ve known it wouldn’t be an easy road. Nothing is. I’m scared of failing. Of… never going through it. Like I failed at everything else. » Il entend sa voix s'éteindre, et il ne peut que secouer la tête en réponse. Non. « You didn't fail at anything. » Un sourire, léger. Se tourner, appuyer son bras le long du dossier du canapé. Sans trop réduire l'espace entre eux — mais sans non plus l'accentuer. « It happens, you know. It's a long and painful road, but... I'm sure you'll take the right turn when the time comes. » Son sourire est doux. Son visage enfoncé dans sa main, et sa poitrine se soulevant tranquillement. Les prunelles qui la détaillaient lentement, ignorant désormais le film qui jouait à la télévision. « You're already getting back on track. » Une constatation sincère, qu'il appuya d'un léger signe de tête, alors qu'elle poursuivait. « And it’s weird, you know. » Elle le dévisage en retour, et il sent son coeur s'emballer tranquillement. La force d'une proximité qu'il n'était plus habituée à côtoyer. « For the first time in a long time, I’ve been having happy dreams. No nightmares, no… no tragedy. Just… beautiful things. But it’s like they hurt even more. » Oh, I know what you mean. Les souvenirs sincères, ou les projets d'avenir qu'il savait peu probables de voir se réaliser. Les rêves qui s'amoncelaient parfois dans son esprit, la nuit, et qui lui amenaient le matin avec une amère douceur, et une envie de retourner immédiatement se perdre dans les bras de Morphée. Là où le bonheur était légitime, et les deuxièmes chances réelles.

Mais la vie, elle, ne faisait pas de cadeaux. Et il aurait voulu le murmurer à Rain. Même les meilleurs rechutent, parfois. La peur qui le retenaient — peur qui lui accrochait le ventre, lui lacérait les entrailles. La peur de faire partie de ceux pour qui la stabilité était bien plus précaire que les apparences ne le laissaient présager. La certitude, même, que tout pourrait glisser trop facilement, et que le chaos deviendrait en un battement de cils son meilleur allié. Une deuxième fois. Et une dernière, peut-être. « I’m sorry. Here I am, babbling again about myself. We don’t talk about you enough. How do you feel ? » Il pousse un soupir, sourire aux lèvres, et sa main fend l'air comme pour chasser une mauvaise idée. Son corps qui se tourne à nouveau vers la télé, alors que les mots crèvent ses lèvres avec une douloureuse douceur qu'il ne parvient pas à identifier. « C'mon, you're not babbling. » Le sourire qui persiste, alors que ses mains retombent un instant pour se perdre dans les plis de la couverture qu'ils partagent désormais. « You're the most interesting thing that has happened to me in a long time. » Un haussement d'épaules léger. Le film ne l'intéresse pas, mais ses yeux l'ont retrouvé naturellement. « But I'm ok. Thank you for your concern. » Un regard pour elle — doux, couplé d'un hochement de tête sincère. « A little bit tired, too, but... I'm used to it. » L'inspiration profonde qui lui gonfle les poumons, et une de ses mains se dégage pour passer dans ses cheveux. « Honestly, I'm glad you're here. » With me. « I don't like spending this time of the year on my own. » Ses yeux sont retournés vers la télé, et son coeur s'est mis à battre un peu plus rapidement. Il n'y a aucun sous-entendu dans tout cela, pourtant. Rien qu'une sincérité désarmante, qu'il devrait peut-être retenir. Mais la glace entre eux était brisée. La complicité, réelle. Et il sentait venir les confessions qu'il regretterait sûrement dans quelque temps. « It's been three years now since I started... I don't know. I'd say, since I started drinking, but I was drinking before that. It just... I started drinking day and night. Every day, every night. So I could always be drunk, and not feel squat. » Le sourire qui devient triste, mais qui persiste. La sincérité décapante — il n'avait rien à cacher. Mais au beau milieu de la nuit, sur le canapé, la connotation était bien différente de celle que ses mots pouvaient avoir pendant les rencontres de groupe. « And now... Now that I think about it, now that I have to talk about it, I like to say that I've made some real progress since that time. » Une seconde de suspens, alors qu'une de ses paupières se plisse légèrement. « Truth being told... Yeah, ok, I stopped drinking. » Renifler. « But my life is the exact same as it was three years ago. » Soupirer, longuement. Le sourire a disparu, mais l'abattement n'y est pas. Rain a le droit de savoir, et il se doit de le lui dire. I'm no hero, y'know. « And at this exact time of the year... Well, sometimes I wonder what difference it would make if I started drinking again. » Rire léger. Secouer la tête. « But then I remember that I wasn't able to have a job, and that my best friend had to pay my bills so I could still have food in the fridge, and a roof over my head, so... Yeah. It's vanishing quite quickly, and I feel ashamed to have thought about it. » L'inspiration se fait grande, à nouveau. Et le regard qu'il jette à Rain s'accompagne d'un nouveau sourire, tandis qu'il retient un clin d'oeil de le souligner. « But I'm just thinking too much, y'know. That's why I don't like babbling. » Il se redresse à nouveau. Reprend ses appuis pour pouvoir la regarder plus facilement. « And why I do like listening to you instead. » I'm no hero, Rain. But I think you'll be one, once you'll get through this all.

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MessageSujet: Re: (sick of losing soulmates), raiwan.   Sam 13 Oct - 23:24

« You didn’t fail at anything. » La voix calme de Sarwan, sa présence rassurante. La proximité qui ne trouble pas particulièrement Rain - même qu’elle l’apprécie. La chaleur de quelqu’un d’autre, l’envie de s’y réfugier. Particulièrement celle de Sarwan, qui a été d’une aide aussi précieuse. Qu’elle a appris à connaître - qu’elle veut continuer de connaître. Juste pour lui, elle est heureuse de s’être rendue aux rencontres qu’elle avait tant redouté. Il jouait un rôle vital dans sa remise sur pied - et elle n’avait pas peur d’affirmer qu’elle ne savait franchement pas où elle serait s’il n’avait pas été là. Les rechutes auraient été d’autant plus brutales, et sûrement bien plus nombreuses. Il parvenait à la garder sur ses deux pieds, et à la rattraper avant qu’il ne soit trop tard. « It happens, you know. It’s a long and painful road, but… I’m sure you’ll take the right turn when the time comes. You’re already getting back on track. » Rain a un sourire tranquille, enveloppée par celui sur les lèvres de Sarwan. Il a cette foi inébranlable envers elle - elle ne comprend pas pourquoi, ne comprend pas d’où elle vient. Après tout, ils se connaissent à peine. Mais il n’a pas hésité une seule seconde à croire qu’elle pouvait y arriver - à encourager la force qu’il voyait sommeiller en elle. Et cette croyance donnait envie à Rain de faire des véritables efforts - au moins juste pour essayer de respecter ces attentes. Elle sourit, le coeur rempli, le coeur tranquille. Paillasson qui somnole sur ses genoux, la télévision qui continue de jouer un film auquel ils ne prêtent aucune attention. La nuit seule comme témoin - et Rain se sent étrangement bien. Paisible, même. Un état d’esprit qu’elle n’avait pas ressenti depuis longtemps. La gorge sèche, un peu, et toujours l’amertume de la rechute - mais Sarwan ne la laissait pas s’abattre sur son sort. Et elle voulait se battre. Pour lui, pour elle. Pour Ismael, aussi. Mais ça, c’était une autre histoire, bien que le musicien n’était jamais bien loin dans ses pensées.

Et elle se confie avec une facilité déconcertante à l’ancien soldat, qui l’écoute tranquillement. Sans la juger, sans l’interrompre. Elle parle un peu trop, même - se sentant toujours un peu coupable d’accaparer la plupart des conversations. Mais elle appris à connaître Sarwan suffisamment pour savoir qu’il n’en était pas gêné - et qu’il ne parlait pas beaucoup de lui, de toute façon. « C’mon, you’re not babbling. » Et son sourire lui chavire un peu le coeur - tellement charmant, tellement séduisant. « You’re the most interesting thing that has happened to me in a long time. » Et elle continue de le regarder, même si lui observe l’écran de télévision d’un air absent. Son coeur manquant un léger battement à ses mots - Rain sous le charme, Rain bien avec lui, Rain qui lentement mais sûrement, se réfugie à ses côtés. « But I’m ok. Thank you for your concern. A little bit tired, too, but… I’m used to it. » Elle hoche de la tête, lui rendant son regard. Lui lassant le temps de rassembler ses mots, suivant le mouvement de ses doigts qui se glissent dans ses cheveux roux. « Honestly, I’m glad you’re here. I don’t like spending this time of the year on my own. » Rain acquiesce à nouveau, un sourire timide qui se glisse sur ses lèvres. Elle le sait, elle a bien pu le sentir - que ce temps-ci de l’année vient ébranler quelque chose en lui, au plus profond de ses tripes. Les fantômes les plus vicieux, qui savaient tirer même les plus solides vers le fond. But I’m here, Sarwan. I won’t let you fall. Et Rain reste tranquille, à lui rendre l’oreille qu’il lui a tendu de si nombreuses fois - le laisse se confier, au sujet de ces moments sombres qu’il a vécu. Son coeur qui se serre face aux souvenirs qu’il évoque - qui reflètent tellement l’état dans lequel elle avait été pendant longtemps, juste quelques semaines auparavant. So I could always be drunk, and not feel squat. Elle se reconnaît,  de manière tellement claire - appréciant la sincérité de ses mots, qui ne sont pas enveloppés de sécurité comme aux rencontres. « Truth being told… Yeah, ok, I stoped drinking. But my life is the exact same as it was three years ago. And at this exact time of the year… Well, sometimes I wonder what difference it would make if I started drinking again. » La gorge de Rain se serre. Le coeur qui se brise un peu pour Sarwan, qui sait être tellement fort - mais qui sait aussi admettre sa vulnérabilité.

Elle continue de l’écouter, alors qu’il parle de ses factures, de sa meilleure amie - figure dont elle avait déjà bien souvent entendu parler. « But I’m just thinking too much, y’know. That’s why I don’t like babbling. » Elle sourit doucement, malgré l’éclat de tristesse toujours présent dans ses yeux. Oh, Sarwan. « And why I do like listening to you instead. » Les regards qui se rencontrent, et qui ne lâchent pas. Et elle ne sait pas trop ce que c’est, mais ça la pousse à tendre la main, à travers la pénombre - à trouver les doigts de Sarwan, posés sur la couverture qu’ils partagent. À attraper sa main, et la serrer contre la sienne. Geste de réconfort, de soutien - lui dire, je suis là. « I have no idea where I would be if I hadn’t met you, Sarwan. » Elle parle doucement, sa voix couvrant à peine le bruit de la télévision. Paillasson qui glisse de ses genoux pour retourner explorer l’appartement, Rain remarquant à peine son départ - ne lâchant pas Sarwan du regard. « I wish I could tell you how much you help me… How much you make me believe in myself. » Un sourire se glisse sur ses traits, alors qu’elle ne le lâche pas des yeux. « And that strength, I take it from you. I mean - you’re incredible. I admire you so much. No matter where you’ve been, look at where you are now. » Elle désigne de la tête l’appartement qui les entoure. « I’m so glad I met you. » Elle serre les doigts, un peu plus fort. « I’m so scared of being a burden for you… But when you’re not there, I… I find myself wishing you were. Because I just feel stronger when you’re around. You make me feel strong. » You do, Sarwan. You make me believe I can do it. How do you do that ?

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(sick of losing soulmates), raiwan.

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