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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 (ghost of mine), mayek.

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MessageSujet: (ghost of mine), mayek.   Mar 9 Oct - 21:07

Rien ne s’est passé comme prévu.

Janek devait être là. Il était censé être là. Elle l’a appelée. Elle lui a écrit. Il était censé venir. Ils devaient faire ça ensemble. Ce n’était pas prévu qu’elle soit toute seule. Qu’elle se retrouve avec tout ça, sans expérience, sans repères. C’était pas prévu comme ça.

« Who are you ? »

La douleur. Partout dans le corps, qui remonte dans les veines, qui pétrifie les muscles. La douleur, vive et froide, brûlante et puissante. Maya n’est pas capable de bouger. Pas sans que la douleur ne se fasse plus insistante. Les yeux se remplissent de larmes, la confusion dans son esprit. Non. Non. Pas encore. « I’m your nurse, Maya. Everything’s gonna be ok. » Maya cligne des paupières. « I’m at the hospital ? How did I get here ? » Elle ne se souvient pas être arrivée ici. Elle se souvient… Du reste. Se souvient du démon, de ses yeux noirs, de ses paroles crues et profondes. Se souvient du mal qu’il lui a fait, alors qu’elle n’était pas assez forte pour se défendre. Elle se souvient avoir été laissée là pour morte, et avoir sombré dans l’inconscience. Le corps brisé. L’espoir perdu. Janek. Janek, t’es où, bordel ?

« Calm down, sweetheart. It’s ok. Are you in pain ? » Maya ne peut qu’acquiescer, et ne pas insister devant la douceur de l’infirmière. Cette dernière sourit calmement, et s’approche pour lui donner une nouvelle dose de morphine. La tête de Maya retombe contre l’oreiller. Ses yeux se ferment, alors que la drogue aténue dans la douleur dans son corps. Le démon. Le piège. Janek devait être là. Une voix apparaît dans la chambre. Une voix qu’elle connaît. « Dad ? » Sa conscience essaie de se rattraper à la réalité, mais la léthargie de la morphine l’a déjà emmenée trop loin. Elle sombre. Sombre. Sombre.

. . .

im here. waiting for u.
where are u??
ur late u jerk.

. . .

Un démon. C’est elle qui l’avait remarqué en premier. Avait su reconnaître les signes, avait su reconnaître la présence. Un type qui travaillait à l’université, comme assistant de recherche. En avait parlé à Janek. Ils étaient allés en reconnaissance ensemble. Avaient décidé de s’occuper de ce salopard. Ensemble. Le plan avait été convenu. L’attirer à l’université. Ça avait été plutôt simple d’avoir rendez-vous avec lui. Maya n’avait eu qu’à lui faire les beaux yeux, et à lui faire des belles promesses. Facile. Trop facile, peut-être. La salle de cours dont Maya avait su obtenir la clé. Ils étaient censés se rejoindre à vingt-trois heures. Préparer le piège à démon, s’assurer que le plan était bien mis en marche. Janek était en retard. Le temps filait. Maya regardait régulièrement son téléphone. Tout se déroulait bien. À part Janek, qui n’arrivait pas.

. . .

come on janek. fucks sake
hes here
ok i got it trapped. COME NOW

. . .

Elle avait réussi. Elle ne savait pas trop comment, mais elle y était arrivée. Le démon avait mordu à l’hameçon, et elle était parvenue à le piéger. Le type était arrivé, pensant passer une soirée en sa compagnie. Maya qui lui avait fait les beaux sourires, et qui avait joué le jeu jusqu’à l’attirer sous le piège. Avait reculé. Un vent glacial avait secoué la pièce quand elle avait reculé, et qu’il n’avait pas pu la suivre. Maya avait souri. Gotcha, motherfucker. Le démon, enragé, piqué d’orgueil d’avoir été piégé par une gamine. Looks like even demons think with their dicks, qu’elle lui avait dit avec un sourire. Il n’avait pas aimé ça. Mais rien qu’il ne puisse faire, piégé ainsi. Il ne restait plus qu’à faire l’exorcisme. Ça aurait du être simple. Mais Janek était pas là. Et Maya avait beau l’avoir vu faire, elle ne savait pas du tout le faire elle-même. Avait les incantations, mais n’y connaissait pas grand chose de plus. Armée, sans plus. C’était le truc à Janek, tout ça. Ça aurait du être simple. Sa confiance avait baissé alors que le temps avait avancé. What’s wrong, honey ? Your boyfriend’s not answering your texts ? Et la moquerie avait empirée. Le démon sentait qu’elle perdait le contrôle. Qu’elle ne pourrait le retenir indéfiniment - que la nuit ne durerait pas éternellement.

. . .

janek??????
im gonna fucking kill you
i cant handle this alone
fuck this

. . .

Maya avait décidé que ça en était assez. Marre de se faire miner par le démon qui pensait déjà avoir gagné. Janek n’était pas là, eh bien elle ferait sans lui. Tout simplement. They’re just words. I can do that. I can do it. Elle avait craché au type de la fermer. Avait sorti la Bible de son sac, et avait trouvé le passage. Mâchoire serrée, sentant que c’était une mauvaise idée. Mais déjà trop déterminée pour revenir en arrière. Le démon avait rigolé. You have got to be kidding me. You’re an exorcist, now ? Maya l’avait ignoré. Elle pouvait le faire. Elle était une chasseuse. Comme son père. Comme sa mère. Elle pouvait le faire. « Exorcizamus te… » Dès les premiers mots, le démon avait changé d’attitude. Ses yeux sombres, la rage au bord des lèvres. Les murs en avaient presque tremblés. Maya avait continué. « … omnis immundus spiritus, omnis satanica potestas, omnis incursio infernalis adversarii... » Shut the fuck up, you worthless whore. Maya avait déglutit. Ne lui avait pas jeté un regard. Avait ignoré les bruits qui provenaient de lui. Les lumières qui s’étaient mises à grésiller, et le froid glacial dans la pièce. Ne t’arrête pas, Maya. Ne t’arrête pas. Tu peux le faire. « … omnis legio, omnis congregatio et secta diabolica. » Les lumières s’étaient éteintes. Maya avait arrêté. Et le démon s’était mis à rire.

Oh, you stupid girl. You have no idea what you’re doing, do you ? Maya avait relevé les yeux. Elle pouvait discerner le démon à travers la pénombre - les yeux noirs, et pourtant brillants. « Erog, omnis legio diabolica... » Mais sa voix avait déjà perdu de sa détermination. Quelque chose lui échappait. Quelque chose n’allait pas. Et les lumières s’étaient rallumées. Le démon n’avait pas bougé, mais ça avait pris quelques secondes à Maya pour comprendre. Le piège était fendu.

Elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle était projetée à travers la pièce. Le choc lui coupa le souffle, et elle s’effondra au sol avec un cri de douleur. Sa tête avait percuté le mur - et son nez saignait. « Fuck... » La panique la gagnait. Le démon s’était échappé, et il n’était pas content. Elle était seule. Janek n’était pas là. Elle se redressa, tant bien que mal, alors que le démon avancait tranquillement vers elle. Il avait empoigné la Bible, et d’un regard, y mis feu - Maya observa les pages brûler. Tsk, tsk, tsk. Elle ne savait pas quoi faire. Le démon était plus puissant qu’elle s’y attendait. Tu aurais du attendre Janek. Elle serra les dents. Janek n’est pas là.

Le reste était un peu confus. Le démon voulait la tuer, il lui semblait bien - et pourtant il s’obstinait à ne pas le faire. Il s’était approché, un sourire sur les lèvres. Maya avait senti des mains invisibles lui serrer la gorge, l’empêchant de respirer normalement. Elles serraient fort, si fort. You tried to exorcise me. Pretty poorly, but still… Les mains avaient disparues. Maya avait à peine eu le temps de reprendre son souffle. I really didn’t like that. Et d’un geste du doigt, sa jambe avait craqué. Brisée, sans qu’il n’ait à poser une main sur elle. La douleur avait transpercé Maya comme une lame, lui arrachant des cris de douleur. Le démon avait continué à l’insulter. L’avait projetée à l’autre bout de la pièce, quand elle avait essayé d’attraper son couteau. Lui avait lacéré le visage, quand elle avait essayé d’attraper son eau bénite. Just a kid, qu’il a sifflé entre ses dents.

Et après une éternité, le téléphone de Maya avait vibré. À moitié sombrée dans l’inconscience, Maya n’avait pas remarqué. Le démon, oui. Avait regardé le message, et avait disparu. Lui avait caressé les cheveux. See you in hell, kiddo. Avait disparu. Et Maya était restée là. Seule.

. . .

L’hôpital. Encore.
La douleur. Encore.

Maya rouvre lentement les yeux. La lumière l’aveugle, et elle les referme. La douleur n’est pas aussi forte. Atténuée par les médicaments. Elle inspire doucement, essayant de reprendre pied dans la réalité. Comment est-elle arrivée ici ? Où est le démon ? Les questions lui assaillent l’esprit, et lui donnent la migraine. Elle ferme les yeux, essaie de les chasser. Respire. Un bruissement, à ses côtés. Elle essaie de rouvrir les yeux, mais bouger seulement ses yeux fait mal. Pas envie de regarder le monde. Mais il y a quelqu’un avec elle - elle peut le sentir. « Dad ? » Elle appelle. Son père était là. Il y a… quelques minutes ? Quelques heures ? Elle n’en sait rien. Le temps qui défile, sans qu’elle ne puisse le comprendre.

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i've been watchin you for some time, can't stop staring at those ocean eyes , burning cities and napalm skies.
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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Mer 10 Oct - 10:59

▼▲▼

i feel like i'm drowning
@maya earnshaw



Les cils qui papillonnent et, entre deux soupirs, les yeux se rouvrent. À demi, uniquement. Assez pour apercevoir la pipe à crack hors de portée — pas assez pour être obligé de constater que la silhouette recroquevillée à ses côtés n'était pas Maya.

Les paupières se referment, se contractent. La bouche entrouverte, le coeur emballé. La drogue qui poursuit son pernicieux effet. Distord le temps, à lui en faire oublier là où il devrait être. Après quelques semaines à s'amuser un peu trop à la cocaïne, il s'était lassé. Avait demandé à changer — à augmenter. Le sourire du dealer et de sa copine. We've got just what you need. La pipe passée à ses lèvres, le crack dans son système. Same shit, but stronger. L'effet avait été immédiat et violent. Les heures passées dans l'appartement s'étaient étirées, et personne n'avait noté quand la nuit était tombée. Personne sauf Henry — et Henry avait d'autres clients à aller satisfaire. Henry avait laissé Janek avec Janice, et Janice avait promis de lui faire payer toutes les doses qu'il consommerait. Janice s'était laissée aller à fumer, elle aussi. Puis, Janice avait oublié de le faire payer. Janice s'était rapprochée avec ce sourire aguicheur et ce décolleté à en faire rougir les plus insensibles. Janice lui avait murmuré à l'oreille, et Janek avait sourit. Janek avait essayé d'ignorer la pensée permanente de Maya, qui revenait se heurter contre son esprit. Il avait détourné les yeux des brèves hallucinations qui miroitaient parfois à l'autre bout du salon. She's not supposed to be here. That's my trip. My trip. Mais Maya était restée. Maya était belle, Maya était sauvage, Maya était en colère. Maya griffait férocement le peu de conscience qu'il lui restait, tentant de lui dire quelque chose. Échouant, face à l'état dans lequel les prises répétées de crack l'avait mis. Le message ne passait pas. Les lèvres de Janice dans son cou le gênaient, mais la nuit tombée ne l'alarmait pas. Son téléphone en silencieux, au fond de la poche de sa veste. Une dernière inhalation, et Janice avait éloigné la pipe. Janice était revenue se coller, et Janice avait ignoré le fait qu'Henry pouvait revenir à n'importe quel moment. Janice était défoncée, et Janice regardait Janek depuis qu'il était arrivé. Janice lui avait souri, et Janek avait fermé les yeux en sentant ses mains s'accrocher à sa ceinture. Janice n'était pas Maya. Janice ne lui plaisait pas. Mais Maya avait disparu, le temps de l'inhalation. Maya ne reviendrait que lorsque les effets retomberaient. Maya n'était pas là. Janice, oui. Le bouton ouvert, la braguette abaissée. Les lèvres joueuses, la langue charmeuse. Et Janek avait fermé les yeux. Nausée coincée dans la gorge — où est Maya ? Plus doux, d'imaginer que ce soit elle. Plus stimulant. Où est-elle ?

Maya n'est pas là. La pipe à crack est trop loin pour être atteinte, et malgré le fait que Maya n'est pas revenue crier, l'envie de reprendre une bouffée est trop forte pour être réprimée. Janice est toujours à genoux, au pied du canapé. Janice joue toujours les traînées, et la main de Janek a rejoint ses cheveux par réflexe. Dents serrées, les yeux qui se révulsent un instant. Le plaisir de la drogue se mêle à celui du sexe — mais tout cloche. Tout cloche. Maya n'est pas là. Le crack est trop loin. Il n'a pas payé pour ça. Et les pas, dans le couloir. La langue de Janice qui l'excite toujours, et qui le répugne tout autant. À quoi tu joues, Janek ?

La clé dans la serrure, et la porte qui s'ouvre. Les yeux de Janek qui se rouvrent, et la magie de Janice qui cesse violemment d'opérer. Les cris d'Henry, alors qu'il traverse dans le salon pour bousculer sa petite amie sans ménagement, et pour attraper par le col ce qui était en train de devenir son meilleur client. Ce qui avait tourné au traître, l'espace d'un instant. Et Janice a beau crié, stop it, it was me ! Rien n'y fait. Janek est à terre, et les poings ont décidé de lui refaire le portrait. Pas la force de se débattre, pas la force de riposter. Le sang qui envahit sa bouche, qui trouble son champ de vision. Le temps qui se distord une nouvelle fois — faudra te trouver un autre dealer, mon gars. Jeté sur le pallier, la gueule en sang. Sa veste qu'on balance un peu plus loin, et son téléphone qui en sort pour rouler sur la moquette sale. On lui écrase la main quand Janice murmure qu'il n'a pas payé, et on sort son portefeuille de sa poche de jean pour le vider. Lui jeter sur la tête, lorsque le mal est fait. Et le crachat vient accompagner la porte qu'on claque, à quelques pas de là. Pas le moindre gémissement pour passer ses lèvres. Pas le moindre grognement. Pas le moindre mouvement.

Janek.
Janek.
Janek.
À quoi tu joues, Janek ?


Les yeux qui se rouvrent péniblement. L'un déjà soumis à un gonflement apparent — et il y porte faiblement ses doigts. Serre les dents, mais ne dit rien. C'était mérité, tout ça. Ville de merde, dans laquelle il n'avait fait que s'attarder trop longtemps. Lentement, douloureusement, il ramène ses jambes à lui. Referme de peine et de misère son pantalon resté ouvert, sans même ressentir la honte qui encrasse ses doigts, pèse sur sa nuque. Déconnecté, il tente de retrouver un souffle brisé par les coups que son abdomen avait pris. Puis, après quelques minutes, il réussit à se redresser. La main rouge et gonflée, qui lui tire une grimace de douleur. Il la garde contre lui alors que ses autres doigts viennent attraper sa veste. Le corps qui se traîne jusqu'au téléphone, roulé un peu plus loin. Et un regard lui suffit pour voir les trop nombreuses notifications qui se sont accumulées. Pour lui faire remarquer la nuit largement tombée — et l'heure bien trop avancée. Maya.

Maya, qui avait essayé de l'appeler. Maya, qui lui avait écrit. Maya, dont les messages saturaient ses notifications. Maya, qui avait cessé depuis quelques minutes de faire quoi que ce soit. Maya.

im here waiting for u where are u ur late u jerk come on janek fucks sake hes here ok i got it trapped COME NOW janek?????? im gonna fucking kill you i cant handle this alone fuck this

He's here.
Trapped.
I can't handle this alone.

Fuck.
Maya.


Et, soudainement, tout son corps se remet à fonctionner. Veste enfilée, le téléphone en main, il traverse le couloir au pas de course et dévale les escaliers. Dix minutes à pied de l'université. En courant, ça ne lui en prendrait pas plus de cinq. J'arrive, Maya. Message envoyé.

Accroche-toi.

. . .

Les couloirs, l'odeur de mort.

L'université est fermée, à cette heure-ci. Fermée — mais Janek sait exactement où aller. L'esprit encore retourné par les effets tardifs de la drogue, et son système déjà en manque de la prochaine shot. Le corps pourtant purgé par l'adrénaline, et il ne perd pas de temps. Les jambes qui avalent la distance le séparant de la salle où Maya et lui avaient installé le piège, ignorant les douleurs éparses qui auraient poussé n'importe qui à se prostrer dans un coin pour n'en plus bouger. Mais Janek continue. Janek ne s'arrête pas. Janek refuse de perdre la moindre seconde. La peur qui le secoue, aux lumières éteintes et à l'impression que c'est trop tard. Beaucoup trop tard.

Non.
Maya.


1453.

Le numéro qui lui saute aux yeux, et la porte déjà ouverte pour lui confirmer ce qu'il redoutait. Le sol brisé — piège qui avait sauté. Et au milieu des tables, au milieu des chaises, au milieu du chaos qu'un seul être pouvait provoquer, un corps trop petit et trop chétif pour avoir pu supporter la confrontation. Le Mal trop virulent, trop impur. Le choc des esprits qui lui avait fait défaut. T'aurais dû être là, Janek. T'aurais dû être là pour ça.

911.

Les mots qui se mélangent, malgré leur clarté. Elle est blessée. Elle a besoin d'aide. La jambe dans un sale angle, et la peau percée par les os fracturés, par la blessure sans pitié. À l'université. Salle 1453. La culpabilité pour lui étreindre la gorge. Sachant que son état lui vaudrait un aller simple au commissariat, s'il s'attardait dans le coin. Parfaitement conscient de l'atroce réalité, et du choix qui s'offrait à lui. La condamner, ou la venger. Un choix inexistant, et le coeur de lion le sait. Se condamner sera la venger.

Maya, dans ses bras. Maya, contre lui. Maya, inconsciente — mais ses constantes ne présagent aucun glissement futur. Inconsciente par la douleur, sûrement. Inconsciente par l'asphyxie que témoignait les marques autour de son cou. Inconsciente, mais pas morte. Accroche-toi. La main gonflée, main rougie, main écrasée, qui caresse ses cheveux. « You stay with me, Maya. » La culpabilité est un couteau dans la gorge, et elle s'échine à l'empêcher de parler. Mais lorsque résonnent les sirènes, à l'extérieur, il serre les dents. Pose sa main sur son front, et caresse en un dernier élan ses cheveux défaits. « I'm sorry I wasn't here. I'm so sorry. I'll make this up to you, ok ? I have to go. But I'll make it up to you. I promise you. » Le galop dans les couloirs de l'université. Et lorsque les ambulanciers passent la porte de la salle, Maya est seule. Janek, envolé. Janek, que la loi ne pouvait pas attraper avant que tout cela soit terminé. Avant que Maya ne soit vengé. I promised you.

I promised you.


. . .

You motherfucker.

But where were you, boy ?

It's over.

You're so high, it's almost sad.
How's your hand, by the way ?

Better, now that it trapped you.

You really think you can hurt me ?

You have no idea.

Is she dead ?
I hope she is.
Stupid girl.

It's over.

A stupid girl, for a stupid boy.

It's over.

No, boy. It never is.

Say goodbye, motherfucker.

. . .

Les couloirs, l'odeur de mort.

L'odeur de vie, aussi. La vie à laquelle elle s'accrochait. Vie qu'un appel passé au bon moment lui avait laissé — mais le soulagement n'arrivait pas à la cheville de la culpabilité. Assis dans la chambre d'hôpital, dès qu'il avait vu son père en sortir — dès qu'il l'avait entendu dire qu'il ne reviendrait pas avant au moins une heure de ça. Son état est stable, Mr. Earnshaw. Ne vous en faites pas. Et dès que l'infirmière avait eu le dos tourné, dès que les visites avaient été officiellement terminées, Janek s'était glissé entre les mailles du filet. L'impression d'une éternité qui s'était écoulée. Confirmée par le soleil baissant une nouvelle fois à l'horizon, et par le bandage propre entourant sa main et son poignet. Maya s'en tirerait. Son organisme qui hurlait pour la drogue, hurlait pour une bouffée, rien qu'une petite bouffée. Et son teint cireux qui ignorait l'appel. Concentré sur les traits douloureusement tirés de Maya, même au milieu de son sommeil. Qui se contractaient d'autant plus, alors qu'elle se réveillait, et qu'elle tentait de revenir à la réalité. Le corps de Janek qui se redresse, et ses yeux qui ne la lâchent pas. Coeur battant sous la culpabilité. Battant de la voir, là. Battant de la savoir blessée. Battant de savoir que tout était de sa faute, et qu'elle avait fait tout ce qu'elle pouvait. Lion-hearted girl.

Oh, Maya.
Maya, à ses côtés. Maya, qu'il avait failli à protéger. Maya, qu'il avait tout simplement failli. Et l'amertume gonflait dans sa gorge, à mesure que les secondes passaient. Pas capable de prononcer un seul mot. Uniquement capable de laisser son coeur battre de soulagement, de la voir en vie à ses côtés. You made it girl. No thanks to me. But you made it.

« Dad ? » Et ça lui fend le coeur, qu'il soit la première personne qu'elle appelle. Que lui n'ait jamais eu ce réflexe — ni même celui d'appeler sa mère, ou Rachel. La solitude pour lui dévorer l'estomac, et pour lui rappeler que sa vie se terminerait comme elle avait commencé. Dans la haine et dans la misère, dans la violence et dans la fureur de survivre à tout ce que le monde lui présentait. But you'll lose, eventually. The demon were right. It never really is over.

« No, he's not here. » Sa voix est rauque. Les cernes témoignent de son absence de sommeil, mais son oeil a gonflé plus qu'il n'avait pu l'empêcher. Sale mine — mais toujours moins qu'elle. Et il renifle, doucement. Assis sur la seule chaise de la chambre, non loin du lit. Les coudes sur les genoux, à l'observer, d'un oeil au coeur brisé. « Visit hours are over. » Et lui était là illégalement. Lui avait l'habitude — lui aurait pu être hospitalisé, pour rester à ses côtés. Lui avait sale mine — du manque, de la violence, de l'exorcisme. Mais lui ne bougerait pas. Pas tant que la sécurité n'interviendrait pas pour le sortir de là. « Are you in pain ? D'you want me to call a nurse ? » Il sait que cela sonnerait la fin de sa présence ici. Mais la culpabilité le forçait à entendre raison. Culpabilité de la voir là. D'être responsable de l'état dans lequel elle se trouvait, et de ne rien pouvoir faire d'autre pour l'aider. I would go, if you wanted me to.

I would do anything, for you.

(c) blue walrus

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One, two, three and four, The devil's knocking at your door. Tell 'em it's good, Tell 'em okay, Don't do a goddamn thing they say. Oh, Lord, heaven knows We belong way down below.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Jeu 11 Oct - 18:08

Elle émerge. Lentement, sûrement. Difficilemment. La douleur la ralentit, et l’amertume dans sa bouche également. Ce désagréable goût d’échec et de déception, qui la fait grimacer. Elle n’est même pas certaine d’avoir vraiment envie de se réveiller - ça la démange aussi de juste laisser ses paupières lourdes se refermer et le sommeil la reprendre. Lourd, vide de tout rêve, de toute pensée - loin de la réalité. Loin de son corps meurtri, loin de son esprit brumeux. Juste le vide, encore un peu. Mais sa langue s’active avant, appelant son père comme une gamine en détresse. Et c’est un peu ce qu’elle est - une gamine qui a voulu être trop gourmande, qui a trop voulu faire ses preuves, et qui est tombé. La chute qui a fait mal, et qui lui a brisé un peu de volonté en plus des os. Mais son père ne répond pas -  ne lui prend pas la main, comme il avait pu le faire. Mais il y a bien quelqu’un là, avec elle, Maya peut le sentir. Pas la force d’ouvrir les yeux, comme par appréhension, mais la voix le lui confirme assez rapidement. « No, he’s not here. » Janek. Bien sûr. Elle s’en doutait - mais une partie d’elle ne voulait pas l’admettre. Rassurée qu’il soit en vie, du moins - mais le reste était trop écrasant pour que ça ne lui permette d’ouvrir les yeux. Elle garde les yeux fermés, aimerait qu’il s’en aille - aimerait qu’il ne soit pas là, qu’elle n’ait pas à lui parler. Car elle sait ce qui va sortir. Elle sait ce qu’elle va lui dire, et elle n’a pas l’énergie de se quereller. N’a pas envie d’avoir à crier ce qui lui pèse le plus sur la poitrine. Que tout ça est arrivé, qu’elle a échoué - tout ça c’était une chose. Mais t’étais pas là, Janek. T’étais pas là. Où tu étais ?

Elle ne sait même pas si elle veut le savoir - elle ne veut pas lui demander. Elle sait que la réponse ne lui fera que davantage mal. Elle le sent, au fond d’elle, que la réponse ne lui apportera aucun soulagement. Que ce n’est pas la force des choses qui a empêché Janek de venir, ce soir-là ; que ce n’était rien en dehors de son contrôle. Elle le connaissait assez bien, depuis ces quelques semaines. Elle voyait bien, ces derniers temps, ce qui le retenait tout le temps, ce qui l’avait poussé à lui faire faux bond quelques autres fois. Elle le sait. Elle aimerait lui dire de foutre le camp. Pas envie de le voir, pas envie de lui parler. Mais il est là, et elle sait qu’il ne partira pas. Il faudrait qu’on le sorte de là, qu’on le mette à la porte. Et même là, il ne resterait pas loin. Elle s’imagine la culpabilité qu’il ressent. Mais la douleur l’empêche de rationaliser et lui trouver des excuses. L’empêche de faire la part des choses, et d’être adulte. La douleur la fait demeurer une gamine, une gamine en colère qui serre les poings. T’étais pas là. J’avais besoin de toi et t’étais pas là. Combien de fois le démon le lui avait dit ? Combien de fois s’était-il moqué, en lui rappelant que son copain n’était pas là ? Qu’il l’avait oubliée, qu’il l’avait abandonnée, et qu’elle était toute seule ? Combien de fois avait-il secoué la tête, boys will be boys, lui faisant germer des idées dans la tête, essayant de polluer son esprit avec les pensées les plus horribles possibles ? Maya avait tenté de résister à ses attaques. Rien de facile, rien d’agréable. Et les pensées s’étaient frayées un chemin, les images aussi. Janek ailleurs, Janek qui l’avait oubliée, Janek avec une autre fille, Janek plongé dans sa foutue drogue, Janek pas là. Et elle n’arrivait pas à l’avaler, Maya. N’avait pas envie d’entendre ses excuses. N’avait pas envie qu’il soit là. « Visiting hours are over. » Il précise, et Maya ne fait qu’acquiescer. Balaye le sujet rapidement, en inspirant profondément. Il n’était pas censé être là, mais il l’était quand même. Et ça en prendrait beaucoup pour le faire partir.

Elle bouge un peu, gardant les yeux fermés en se disant qu’avec un peu de chance, elle pourrait se rendormir. Mais la voix de Janek brise le silence à nouveau. « Are you in pain ? D’you want me to call a nurse ? » Elle soupire, Maya, de fatigue, de douleur, de tout, et se résout finalement à ouvrir les yeux. Lentement - la lumière est aveuglante, et ses yeux brûlent. Elle secoue la tête à sa question. « No. No, I’m ok. » C’est un mensonge - elle a mal partout, mal au corps, mal à l’âme, mal au coeur. Où t’étais, Janek ? Elle lui jette un regard furtif, mais ses yeux reviennent rapidement se poser un peu plus longtemps sur son visage. L’oeil gonflé, les cernes, le teint cireux. Tout en lui respirait des dernières heures franchement pas évidentes. Il avait passé un sale moment, peu importe en quoi il avait consisté - et le coeur de Maya se serre à sa vue. Si les circonstances avaient été différentes, elle se serait jetée sur lui, pour prendre soin de lui, gentiment le gronder, le coucher, le rassurer. Mais pas cette fois. Pas cette fois. Les questions lui brûlent la langue, de lui demander ce qui lui est arrivé, si ça explique pourquoi il était pas là - mais elle reste silencieuse. Encore trop en colère, et le sentiment de trahison encore trop brûlant pour lui permettre d’ouvrir la bouche. « You look like shit. » Elle se contente de murmurer, essayant de se redresser un peu dans le lit d’hôpital. Le mouvement lui tire un grognement de douleur - elle ne peut pas bouger sa jambe de toute façon, surélevée et entourée d’un épais et lourd plâtre. Fuck’s sake. « But I as guess that so do I. No thanks to you. » Ce n’est pas juste et elle le sait - mais elle ne peut retenir l’amertume dans ses paroles, et l’accusation dans ses mots. C’est lui qui n’était pas là - peu importe ce qui lui est arrivé, ça ne peut pas être de sa faute à elle. « What time is it ? » Elle soupire légèrement, jetant un coup d’oeil par les fenêtres de la chambre. Que de la noirceur, et la pluie et le brouillard qui empêche de voir bien loin à l’horizon. Elle ne sait même pas depuis combien de temps elle est là - si ça fait des heures, ou des jours. Elle sait encore moins quelle heure du jour il peut bien être. Et elle se calme finalement, Maya, relâchant ses muscles dans le lit d’hôpital. Réalisant bien qu’elle ne peut pas vraiment bouger, et qu’elle est clouée dans cette position à cause de sa jambe blessée. Soupire longuement, venant frotter ses yeux fatigués. Son nez douloureux, couvert d’une petite atelle. Ce salopard de démon n’a rien épargné. Tourne les yeux vers le plafond un instant, essayant de rassembler ses pensées. L’envie de pleurer qui cogne dans sa poitrine, mais plutôt crever que de le faire maintenant. « If visiting hours are over, you’re not supposed to be here. » Elle le dit calmement, lentement même - les yeux toujours tournés vers le plafond, refusant de le regarder à nouveau. Car elle sait que la vue de son oeil, la vue du reste, va finir par l’attendrir - qu’elle n’aime pas penser qu’il puisse lui être arrivé quelque chose, peu importe ce que c’est. Que la présence de Janek l’affecte profondément, plus profondément qu’elle n’aimerait l’admettre. Et qu’autant qu’elle veut le voir partir, autant qu’elle ne veut surtout pas qu’il le fasse - et ces sentiments contradictoires l’agacent.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Jeu 11 Oct - 22:43

« No. No, I’m ok. » Elle soupire — et, finalement, elle ouvre les yeux. Résignée à l'idée qu'il se tienne à ses côtés et qu'elle ne puisse le fuir. Quelle que soit sa volonté, sa jambe l'en empêcherait. Son corps entier le refuserait. Elle était coincée dans ce lit. Coincée avec lui. Avec sa culpabilité, et avec la honte qui l'étreignait. La saleté lui collait à la peau. Crasse qu'il n'était parvenu à enlever en se lavant simplement les mains, ou en s'éclaboussant les aisselles. Pas vraiment le temps de sauter sous la douche depuis la veille. Retrouver le démon lui avait pris de longues heures, et le capturer également. L'exorcisme s'était éternisé — mais désormais, tout était fait. Et il n'avait pu que profiter de la salle de bain du possédé, tandis que celui tentait de récupérer. Aucune réelle blessure, heureusement. Il n'aurait pas à aller aux urgences. Et tout irait bien.

Mais s'asperger le visage n'avait rien fait pour améliorer son teint cireux ou ses traits tirés. Un oeil trop gonflé pour vraiment observer Maya — trop douloureux, aussi. Et l'autre était vide. Vide de la veille, vide de l'exorcisme. Vide de la culpabilité de l'avoir foutue au fond du lit, malgré l'obstination qu'il mettait à la protéger depuis quelques semaines. Il avait échoué. Comme sur tant d'autres choses. À en perdre le fil. À en perdre la raison, lentement mais sûrement. À en sombrer dans la drogue, et à se laisser aller à des après-midis comme celui qui refusait de sortir de sa tête. Son corps encore brûlant du manque, brûlant des lèvres de Janice qui avaient violé sa peu, violé son inconscience — violé l'état dans lequel il se trouvait, malgré son système consentant et son absence totale de protestation. Bon sang, Janek. Mais qu'est-ce qui est en train de t'arriver ?

« You look like shit. » Il relève la tête pour s'apercevoir qu'elle l'observait, au moment même où elle détourne les yeux pour tenter de se redresser. Et c'est un échec, qui la fait grogner de douleur, qui le fait se relever. Instinctivement, prêt à l'aider. À tendre vers elle sa main blessée, main enrubannée solidement dans les quelques bandages qu'il avait trouvés chez le possédé. « But I as guess that so do I. No thanks to you. » La voix le coupe alors que son arrière-train s'est à peine décollé de la chaise, et il s'y laisse retomber avec un soupir. Déglutit, détourne les yeux. « No, no thanks to me... » Le murmure, atrocement bas. Là où elle ne peut presque pas l'entendre. Là où plus rien ne fait de sens que ses propres mots. Chuchotés pour lui-même, et pour la honte qu'il méritait. Qu'il ne tentait pas de balayer. Elle le berçait, l'enveloppait. Le noyait, peu à peu. Infiltrant ses poumons, et refusant de le laisser remonter à la surface pour respirer. You did that, Janek. You did that.

« What time is it ? » Elle ne regarde pas. L'extérieur, à peine discernable entre les lattes des stores de la chambre d'hôpital, est toujours plus intéressant que sa gueule amochée. Gueule d'amour brisée par les coups qu'il enfilait et que, cette fois, il avait plus que mérités. « Around ten. Pm. » Il renifle. S'essuie le nez, du revers de la main. La plupart des hôpitaux des grandes villes avaient peu à peu étiré leurs horaires de visite, et certains laissaient même un accès permanent désormais. Mais comme sur tant d'autres plans, Blackwater Falls était à la traîne. Et ici, personne n'avait le droit de déambuler dans les couloirs après dix heures. Pas même lui. « If visiting hours are over, you’re not supposed to be here. » Et elle ne le regarde toujours pas. De l'intérieur, ses organes se compressent, son coeur se broie. L'incapacité de trouver les mots justes pour lui exprimer à quel point il était désolé — et pourtant, il le lui faudrait. La dispute était à tout prix à éviter, s'il ne voulait pas être mis dehors. Il le savait, et il se doutait que Maya en avait conscience également. Que si elle le voulait hors de sa chambre, hors de l'hôpital, elle n'aurait qu'à crier. Et rien que pour cela, il ne voulait pas la froisser. Ne voulait pas commettre le pas de travers de trop. Si ce n'était pas déjà fait. « I know. » La voix rocailleuse. Elle ne le regarde pas, et il ne la regarde pas non plus. Les yeux vrillés sur ses mains, alors qu'il reste penché vers l'avant. Coudes sur ses genoux, et ses doigts à peu près intacts, à la peau des phalanges uniquement arrachée par ses tentatives de se rattraper, en train de tirer sur les bandes plus lâches de son autre poignet. La douleur qui résonnait jusque dans son bras — mais il se taisait. L'habitude d'endurer, même si c'était brisé. Et, pour cette fois, la sensation d'amplement le mériter. « But there's nowhere else I need to be. » Et c'est la vérité. Cruelle, amère. Il pourrait disparaître, soudainement et abruptement, et personne ne s'en soucierait. Personne, sauf elle. Jusqu'à hier, à tout le moins. Désormais, rien n'était moins sûr. Son obstination à fuir ses yeux ne faisait que souligner le fait qu'elle se serait rangée aux côtés des autres. À le penser reparti sur la route, éternel baroudeur incapable de rester plus de quelques mois au même endroit, et ne s'étant que trop attardé dans la région. Et ils auraient raison. Raison. Pourvu que, cette fois, ce soit la vérité, et que personne ne retrouve son corps gelé dans un caniveau une fois l'hiver passé. « And I wanted to be with you. » C'est lâché comme un enfant pris sur le fait, alors qu'il continue de jouer avec son bandage. Sur le bord de le défaire, de le déchirer. De foutre ses propres soins en l'air — et d'avoir envie de le mériter.

« I'm sorry I wasn't here, May. » Il ne sait pas quoi ajouter. Ne veut pas lui donner d'excuses — sait que c'est trop tard. Inutile. Qu'à sa place, il n'en voudrait pas. Le mal est fait, et rien de ce qu'il pourrait dire ne changerait quoi que ce soit. Alors il ne fait que secouer la tête, un instant. Soupirer. Laisser son bandage tranquille, et passer sa main intacte sur ses traits. Fermer les yeux. Assis de travers, les coudes qui ne se dévissent pas des genoux. Et après une seconde et un nouveau soupir, il retrouve sa position initiale. Vient frapper le dos de sa main blessée de son autre paume — et regrette immédiatement son geste. La peur que ce soit brisée. La douleur qui le submerge. Mais il ne dit rien. Rien. Maya doit se sentir plus mal que ça. « But it's done. I... » Il déglutit péniblement. Serre un instant les dents. « I found him. I trapped him, and I sent him back to hell. » Il lâche un léger soupir. Une nouvelle tape sur sa main — et il ne sait pas pourquoi il fait ça. Gorge gonflée sous l'effet du supplice qu'il s'inflige, et les yeux brouillés. Un enfant au bord de se mettre à pleurer. Enfant qui continue les conneries et les vieux réflexes, même lorsque ses membres sont trop usés pour le supporter. « The guy is ok. Not hurt or anything. He'll be fine. » Il renifle. Relève finalement les yeux pour la regarder. Maya qui le fuit, Maya qui a toutes les raisons du monde de le faire. Maya, envers qui il voudrait s'excuser, encore et encore, jusqu'à ce que sa gorge ne s'assèche pour de bon et que son corps ne déclare forfait. Pourtant, ça ne sort pas. Si les mots s'échappent, ce seront les pleurs pour l'accompagner — et il n'est pas prêt. N'y arrive pas. Ce n'est pas à lui de pleurer. Ce n'est pas à la culpabilité d'empiéter sur l'état dans lequel il se trouvait. Ressaisis-toi, Janek.

C'est toi qui a fait tout ça.
Toi.

À toi d'assumer, désormais.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Ven 12 Oct - 22:13

Il a l’air étrangement petit. Recroquevillé sur son siège, lamentable chaise de plastique à quelques pas du lit. Il a presque l’air d’un enfant, assis comme ça, la mine cireuse et les traits trahissant la profonde culpabilité qui l’habite. Ça donne presque envie de lui pardonner - si seulement Maya n’avait pas la tête aussi dure, et les convictions aussi solides. Si seulement elle n’était pas profondément et sincèrement blessée par son absence, cette nuit-là - si seulement ça ne lui avait pas presque coûté la vie, qu’il ne se pointe pas le bout du nez. Pour une raison qui l’échappe, et qu’elle ne veut pas vraiment connaître. Pouvant très bien l’imaginer, ne nécessitant aucune confirmation quelconque. Il est dans un état minable, Janek. Elle voit bien qu’il n’a pas fermé l’oeil depuis des heures, qu’il n’a pas pris le temps de se reposer, qu’il a l’air d’un fugitif plus qu’autre chose. L’adrénaline dans les yeux et le tremblement au bout des doigts. Épuisé, à bout de nerfs, à bout d’énergie, et en manque. Mais étrangement c’est à sa main que Maya ne peut cesser de penser - la main qu’il a tendue vers elle pour l’aider avant de réaliser qu’elle ne le laisserait pas la toucher. La main, bandée grossièrement, clairement blessée, peut-être brisée. Les questions sont nombreuses, elle s’interroge, s’inquiète, et elle se déteste de le faire avec autant d’acharnement. Car son inquiétude se fracasse contre sa colère, contre l’amertume trop brûlante qu’elle a sur la langue d’avoir été laissée toute seule. Et il n’insiste pas contre ses attaques, Janek. Il ne fait que baisser les yeux, que prendre les coups comme un gamin déjà battu, sachant très bien qu’il mérite tout ce qu’elle pourrait bien lui balancer à la figure - et pourtant ça n’empêche pas Maya de continuer. Incapable d’affronter son regard, veillant bien à poser son regard ailleurs que sur son visage, que sur les yeux assombris par l’épuisement et la honte.

Ten pm, qu’il lui annonce. Elle déglutit. Ça fait presque vingt-quatre heures, alors. Peut-être plus. Elle n’en sait rien, aimerait savoir - mais elle n’a pas envie de lui poser toutes les questions qui tournent dans sa tête. Elle veut qu’il parte. Elle veut qu’il reste. Elle veut le silence - et elle veut aussi lui hurler à la figure. Les contradictions qui lui donnent envie de tout fracasser, si ce n’était pas de cette jambe stupide, coincée dans ce plâtre, et elle, coincée dans ce lit. Les mots remplis de venins, qui mènent doucement et sûrement à l’envie de cracher. « I know. But there’s nowhere else I need to be. » Elle arque un sourcil, les yeux rivés sur ses propres mains. Quelques coupures ici et là, les doigts rigides de trop de sommeil. I can think of a few, qu’elle a envie de lui répondre du tac-au-tac, mais elle retient les mots, claquant simplement sa langue derrière ses dents. A bed. A shower. Anywhere. Anywhere but here. « And I wanted to be with you. » Cette fois sa mâchoire se serre, brutalement, presque à lui en faire mal. Elle a presque envie de rire, de pleurer, de hurler, de dire ou de faire n’importe quoi - mais on dirait que ça vient chercher quelque chose de trop profond, quelque chose qui fait trop mal et qui vibre trop fort dans le fond de ses tripes, et elle ne dit rien. Ne bouge pas, non plus, alors que les mots résonnent dans sa tête. I wanted to be with you. Elle serre les doigts, les transformant en poings. Shut up shut up shut up. « I’m sorry I wasn’t there, May. » SHUT UP SHUT UP. Elle a envie de lui hurler au visage, et elle se maudit quand elle sent sa gorge trembler, et ses yeux s’enflammer. Les larmes brûlantes, qui naissent aux coins de ses yeux, larmes de rage, les larmes de la trahison. Poings toujours serrés, elle lève les yeux vers le plafond, comme pour essayer de les ravaler avant qu’elles ne se mettent à couler. La langue pâteuse, coincée derrière ses lèvres scellés pour ne pas se mettre à crier. Elle renifle, Maya. « Yeah, I’m sure you are. » Secoue la tête et baisse les yeux à nouveau. Ne le regardant toujours pas. Pas maintenant.

« But it’s done. I... » Elle ferme les yeux, bien tentée de lui dire de ne plus parler. De juste partir, de la laisser traquille. Don’t want your excuses. Don’t want your justifications. « I found him. » Ce n’est pas ce à quoi elle s’attendait. Elle rouvre les yeux, et instinctivement tourne le regard vers lui. « What ? » Le murmure lui échappe, presque imperceptible. « I trapped him, and I sent him back to hell. » Elle déglutit, les yeux rivés sur lui - l’observe, alors qu’il frappe sa main blessée. Comme pour s’infliger une punition. Et ça remplit Maya de rage, de le voir faire ça. La colère qui monte en une tornade dans sa poitrine. « The guy is ok. Not hurt or anything. He’ll be fine. » Elle ne répond rien, et ne détourne pas tout de suite le regard quand il relève les yeux. Les regards qui s’affrontent, l’espace de quelques secondes - celui de Maya, tempétueux, enflammé, vagues déferlantes de colère qu’elle retient à peine. Et pourtant elle n’y cède pas. Ravale le venin, et détourne les yeux. « Good. » Elle sait que ça devrait la rassurer, de savoir la victime de la possession saine et sauve - de savoir le démon en enfer, là où il devrait être. Mais ça ne fait que la faire sentir encore plus incompétente, de ne pas avoir réussi à le faire elle-même, et de n’être parvenue qu’à manquer de se faire tuer. Et la faute à qui ?

« What the hell happened to you ? » Elle relève les yeux vers lui. Elle ne sait pas trop pourquoi elle demande - pourquoi les mots sortent soudainement, et avec autant de hargne. Mais elle ne les retient pas - elle n’a jamais été bien douée pour le faire. « Your hand’s fucked up. » Elle la désigne d’un geste, en secouant la tête. « I mean, you just... » Un soupir agacé s’échappe de ses lèvres, et elle lève les deux mains. Sourire tordu qui se glisse brièvement sur son visage. « No. You know what ? I don’t even want to know. » Et c’est faux, autant que c’est vrai. Agacée, en colère - Maya croise les bras, prenant bien soin d’éviter le visage de Janek. « I’m really mad at you, Janek. » Sa voix qui tranche le silence. Le fouet qui claque dans l’air, mais les mots qui tremblent légèrement tout de même sous l’émotion. « I don’t want to hear your excuses, or even your apologies. » Surtout pas. Je ne veux pas de tes désolés. T’aurais du être là et c’est tout. « You fucked it up. You left me alone like fucking bait waiting to get killed. I’m not gonna forgive you for that. I mean look at me, for fuck’s sake. » Les larmes qui reviennent à la charge, et elle les essuie de gestes brusques. Look at me. Broken and weak. Defeated. Détestant être aussi sensible - elle aimerait pouvoir juste l’envoyer paître, mais quelque chose la rattache à lui. « I trusted you. I trusted you, and… you betrayed my trust. » Reniflant, seul le silence de la chambre pour accueillir ses paroles. You’re gonna have to gain that trust back, Janek.

If only you want it back.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Ven 12 Oct - 23:48

Elle ne parle que peu — mais chaque mot est un couteau habilement planté. Chaque mot lui donne envie de se relever et de s'en aller. De la laisser seule, en proie aux pensées qu'elle n'avait de toute évidence pas envie de lui partager. Qu'elle retenait avec une hargne vorace, probablement afin d'éviter toute explosion de colère qui attirerait l'attention d'une infirmière. Et il le voyait. Il le sentait, dans son attitude. Le nez baissé, les yeux perdus dans le vague, quelque part au-dessus de sa main blessée. Sa paume frappant toujours le bandage avec un douloureux acharnement. La souffrance dans son poignet, dans son bras, jusque dans son épaule. À en oublier quelle était vraiment la partie du corps qui le tiraillait. Le genre de traitement qu'il se donnait sans trop y penser, comme un gamin n'ayant de cesse de toucher son membre blessé. Et il tentait de s'expliquer. Tentait de lui apporter des bonnes nouvelles. De lui dire, grâce à toi, il n'est pas blessé. T'as fait du bon boulot, Maya.

Mais ça ne fonctionne pas. Il relève à peine les yeux qu'il la voit détourner les siens, la lueur de larmes de fureur y brillant avec une étrange honte. Et il comprend alors que la facilité avec laquelle il s'est exécuté ne fait que souligner l'état dans lequel elle est. L'incapacité qu'elle avait eu à le renvoyer en Enfer — et l'échec cuisant qu'elle avait essuyé. Oh, Maya. « Good. » C'est sec. C'est sans appel — et il sent que la conversation est close. Ne fait que déglutir, baissant à nouveau les yeux. Si elle ne voulait pas le regarder, il se refusait à lui donner la gêne de la fixer. Pas ce genre de gars, malgré tout ça. « What the hell happened to you ? » Mais les mots sortant de nulle part, mots traîtres, lui font immédiatement relever le nez. La surprise qui passe un instant au fond de son regard, alors qu'elle poursuit. « Your hand’s fucked up. I mean, you just... » Et il entrouvre les lèvres pour lui répondre, malgré la hargne dans sa voix. Le regard fuyant, et le sourire de honte se dessinant sur ses lèvres. Ne pas savoir comment lui dire. Ne pas savoir quels mots seraient les bons, pour ne pas empirer la situation. « Well, I... » Et c'était presque un murmure, qu'il n'a pas le temps de continuer. Maya soupire, Maya lève les mains, et Maya a ce sourire qui lui brise le coeur lorsque ses prunelles le captent. « No. You know what ? I don’t even want to know » No ? La voix éteinte. Plus question de parler, malgré sa bouche encore prête à articuler. Et à mesure qu'elle progresse dans sa propre tirade venimeuse, ses lèvres se referment. Ses yeux se baissent de nouveau. Retournent sur cette main qu'il continue de maltraiter, sans pouvoir s'en empêcher. No. She doesn't want to know.

« I’m really mad at you, Janek. » Il s'y attendait. Pourtant, le coup lui fait plus mal qu'il ne l'aurait pensé. La salive passe difficilement dans sa gorge lorsqu'il essaie de l'avaler, et il ferme une seconde les yeux lorsque vient le temps d'encaisser le ras-de-marée. « I don’t want to hear your excuses, or even your apologies. You fucked it up. You left me alone like fucking bait waiting to get killed. I’m not gonna forgive you for that. I mean look at me, for fuck’s sake. » Coup sur coup. Il finit par porter sa main à ses traits, tandis que les mots tombent comme des couperets. L'atroce vérité, qu'il se repasse en boucle depuis qu'il est arrivé à ses côtés, dans cette salle saccagée de l'université. You failed her, Janek. You failed her. Il ne la regarde pas, malgré la supplication rhétorique qu'elle lui envoie. Il ne la voit pas pleurer. Ne le veut pas. Ne l'entend qu'à peine, entre les phrases tremblantes. Et il ne sait si les variations viennent de la colère ou du chagrin. Se doute que les deux jouent leur rôle — et ça lui brise autant le coeur que ce qu'elle lui dit. Sa main intacte qui cache toujours ses propres yeux, et les larmes qui s'y sont également accumulées sans qu'il puisse ne les en empêcher. Faut croire que le gamin pleurnichard n'a jamais vraiment disparu. « I trusted you. I trusted you, and… you betrayed my trust. » Et, alors, sa main s'ôte de ses yeux pour venir attraper le bas de son visage. Ses prunelles qui restent le plus loin possible de Maya. Incapacité à la regarder en face — la honte et la culpabilité trop forte pour qu'il ne soit capable de les combattre. Il renifle, plus bruyamment qu'il ne le voudrait. Les larmes qui coulent le long de son nez. La sensation fraîche, sensation bien moins honteuse que tout le reste, mais qui lui fait tout de même essuyer ses joues pour la gommer. Geste lent, bien loin de la rage qu'elle met à supprimer les siennes du chemin. You betrayed her, Janek. You failed her.

You really fucked that up, didn't you ?


« I'm sorry. » Il sait que ce n'est pas ce qu'il lui faudrait dire — mais ce sont les premiers mots qui parviennent à sortir. Murmurés, étranglés. Plus honteux encore que le regard qu'il lui donne. You don't have to forgive me. « I should've been there. » But I wasn't, ok ? I wasn't. « I fucked up. I'm sorry. » Il n'apporte rien de nouveau. Ne fait que remuer le couteau dans la plaie, encore et encore, sans rien pouvoir ajouter. Conscient de ses erreurs, conscient de la dureté des accusations. Conscient de sa culpabilité, et que rien ne pourrait jamais balayé ce qu'il avait fait. You abandoned her. She nearly died. How could she possibly forgive you ? « I... » À nouveau, il ferme les yeux. Ses deux mains pour se poser sur sa bouche, alors qu'il essaie de trouver les mots pour s'exprimer. Les mots pour leur apporter un peu de paix. Nouvelles larmes, le long de l'arête de son nez. Stop crying like a kid, for fuck's sake. « I'm sorry... » Il ne peut rouvrir les yeux. Contracte ses paupières, en attendant le coup final. Rien à dire pour sa défense. Et il ne fait qu'enlever ses mains. Soupirer brusquement, lourdement. Secouer la tête. Essuyer plus nerveusement les larmes qui coulent le long de son nez, sur ses lèvres, dans sa bouche. « I'm sorry. » Rien d'autre à dire. La peur du rejet, qu'il sait pourtant inévitable. Elle n'arrive pas à le regarder. Ne peut plus lui faire confiance. N'a rien d'autre à lui donner que des coups amplement mérités. Peut-être qu'après tout, c'était l'élan qu'il lui fallait. Peut-être que c'était ce qui le pousserait finalement à reprendre la route, après tous ces mois d'immobilité. Se ressaisir. Passer à autre chose. Sachant qu'il avait manqué de tuer la seule personne qui avait finalement réussi à compter, après toutes ces années à garder son coeur d'enfant obstinément fermé. And you cry like a child. You cry, just as if it was going to improve the situation.

But you know it won't help.
You know there's nothing you can do that will help.

You did that to yourself, kid.
After all these reckless years, you finally got what you deserved.

Don't say you never saw it coming.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Sam 13 Oct - 10:45

Après le tranchant de la colère, le sang coule. Les coups ont cessés, et il ne reste plus qu’à se laisser écraser sous la douleur. La déception et le chagrin, la solitude et la trahison. Elle ne devrait pas être aussi dure, elle le sait, mais elle ne peut pas s’en empêcher. Ça pèse trop lourd dans sa poitrine, ce coeur brisé, ces miettes en cendres, d’avoir été abandonnée par celui à qui elle faisait confiance. N’importe qui, elle aurait été en colère. N’importe qui, elle aurait pu frapper, hurler de sortir de sa vue. Mais pas lui. Pas Janek. Voyons, Maya. Elle le connaît à peine, pourtant. Et malgré ces quelques semaines, elle n’avait jamais été aussi proche de quelqu’un. Les larmes qui coulent sur ses joues en témoignent, la brûlure au niveau de son coeur. L’envie de pleurer plus forte que l’envie de crier. Mais elle a trop de choses à dire - trop de choses qu’elle veut qu’il sache. Le mal qu’il lui a fait, qu’il lui fait encore. Elle ne lui laisse pas le temps de s’expliquer, elle ne veut pas de ses explications. Plus tard, peut-être. Pas maintenant. La blessure est trop récente, elle continue de saigner, vive et douloureuse. You left me. You left me alone. Elle ne veut pas pleurer - elle ne veut pas ressentir ce vide, ce creux. Elle veut être en colère, tempéter, se quereller, claquer la porte. Elle veut être la flamme, elle veut être le feu, se consumer entièrement, relever le menton et avancer. Mais elle est paralysée, le coeur en miettes, la tempête trop violente qui l’a fait s’échouer contre les rochers, et elle flotte dans les eaux glaciales, brisée.

« I’m sorry. » Et par son murmure, elle sait qu’il pleure. Elle le voit essuyer ses larmes du coin de l’oeil, elle le sent dans l’étranglement de ses mots. Et ça la transperce entièrement, lui brise davantage le coeur. Serre la mâchoire pour éviter les sanglots de sortir, refuse de plier devant le chagrin de Janek. Mais ça vient l’ébranler profondément en elle, de le voir ainsi, de savoir qu’il regrette, mais de ne pas être capable de lui pardonner non plus. « I should’ve been there. » Elle serre les poings si fort que ses ongles s’enfoncent dans sa peau. Les larmes qui continuent de glisser sur ses joues, et la force qui se vide. Shut up just shut up. « I fucked up. I’m sorry. » Elle ne sait plus quoi faire de toutes les émotions qui tempêtent en elle. L’envie de lui hurler de la fermer, qu’elle ne veut pas de ses excuses, que les excuses ne rattrapent rien. Que oui, il aurait du être là, mais qu’il ne l’était pas. It’s too late now. Elle est brisée, vaincue, elle a échouée. Peut-être que ça devrait se terminer là. Sa confiance pulvérisée par son incompétence, par la facilité avec laquelle le démon avait eu le contrôle sur elle. « I... » Elle veut taper du poing, fracasser ce foutu plâtre, s’en aller, se réfugier dans sa cabane dans l’arbre, ne plus rien voir du monde. « I’m sorry... » Elle ferme les yeux, inspirant profondément. Bon sang, Janek. Ses propres larmes qui ne s’arrêtent pas. Elle ne veut pas le regarder, ne veut pas voir les larmes sur son visage, ne veut pas voir le reflet de sa culpabilité dans ses yeux, ne veut pas avoir à lui pardonner face à ce désespoir. « I’m sorry. » Et elle n’en peut plus, Maya - n’en peut plus. Ne veut plus l’entendre, et ne veut surtout plus entendre ces mots. Sorry ? Sorry doesn’t do anything. « Yes, I heard you ! » La voix qui résonne dans la chambre. Mâchoire serrée, elle se tourne brusquement vers lui. Ses propres yeux remplis de larmes, plus noirs que jamais. « I heard you, ok ? I know you’re fucking sorry. But it’s too late for sorrys, Janek ! What’s done is done ! » Elle secoue la tête. « I almost died ! » Parce que t’étais pas là. Parce que t’es jamais venu.

« Where the fuck were you, huh ? Did you forget me ? Busy getting high, inhaling some shit, fucking some girl ? Sure. Good to know that your goddamn drugs are more important than I am. » Elle sait bien que ça doit être ça - que ça ne peut pas être autre chose. « You’re fucked up, man ! You can’t even stand straight right now. Can’t you see ? When are you gonna stop ? You’re gonna kill yourself ! » Elle ne parvient pas à arrêter ses attaques. Le coeur brisé qui parle de lui-même. « Stop crying, for God’s sake. » Les mots qui tremblent, elle essaie désespérément de ne pas hausser la voix. Et ça lui brise le coeur, de voir les larmes sur le visage de Janek, de voir à quel point il est brisé, tout comme elle l’est. « Why do you have to make this about you ? » Secoue la tête. « Why should I have to take care of you - to comfort you - after - after what you’ve done ?! » Et sa voix se brise en mille morceaux, alors que le sanglot s’échappe. Et elle doit tourner la tête, enfoncer son visage entre ses mains. Essayer de reprendre son souffle, entre les sanglots qu’elle ne contrôle plus. Sa stupide jambe, son stupide corps blessé - elle veut s’en aller, elle veut partir, mais elle ne peut pas.

« I want you to leave. » Sa voix étranglée par le chagrin, par les pleurs qu’elle ne peut pas retenir. Elle commence à avoir mal, Maya - mal partout. La douleur qui redouble le chagrin. Elle aimerait dormir - elle aimerait ne plus rien sentir. Ça fait trop mal. Ça fait trop mal. « I can’t do this right now. I can’t deal with this. » Elle renifle, secouant la tête. Les larmes de Janek qui ne quittent pas son esprit, qui la hante, qui lui empoisonne l’esprit. Stop stop stop stop stop.

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MessageSujet: Re: (ghost of mine), mayek.   Dim 14 Oct - 0:12

Ressaisis-toi, Janek. Ressaisis-toi.

Tes excuses, elle n'en veut pas. Tes gémissements sont inutiles, et tes larmes ne font qu'empirer la situation. Que te faire passer pour un faible, quand tu devrais t'inquiéter pour elle. Te ressaisir. Et agir.


Le dégoût. Celui qui lui colle à la peau, avec la crasse qu'il n'avait pas pris le temps de rincer. La honte de se tenir là, sans même savoir quoi dire pour la rassurer. La culpabilité d'ainsi afficher ses émotions, d'ainsi implorer la pitié sans même le faire de son plein gré. Alors que c'était Maya, dans le lit d'hôpital. Maya, à la jambe cassée. Maya, qui avait manqué de se faire tuer. Et uniquement à cause de son irresponsabilité. Alors, il s'essuie les joues. Machinalement, silencieusement. Refusant d'attirer sur lui plus de pitié, ou d'amplifier la colère qu'il sentait grandir inexorablement en elle. Son don involontairement activé, après plusieurs longues minutes à tenter de le garder fermé. Tu vas le regretter.

« Yes, I heard you ! » Ça claque. Si ça n'attire pas d'infirmière, ils auront de la chance — mais il ne proteste pas. Ne lui dit pas de baisser d'un ton. Ne veut pas la brusquer plus qu'elle ne l'est déjà. Maya. « I heard you, ok ? I know you’re fucking sorry. But it’s too late for sorrys, Janek ! What’s done is done ! I almost died ! » Too late. Too late for sorrys. Et il le sait. Ferme les yeux, refuse l'instinct de survie de son don, qui voudrait se fermer. Se fermer à ce qu'elle lui balance sans aménité. Se fermer pour lui permettre de sortir la tête de l'eau et de respirer. But what if I don't want to ? What if I don't deserve it, this time ? Alors, la colère continue de le poignarder. La hargne, de lui lacérer l'esprit. Et au milieu de toute la férocité qu'elle manifeste, le coeur brisé vient s'entrechoquer au sien avec une force insoupçonnée. Une force à laquelle il se raccroche, pour le temps que dure le ras-de-marée. « Where the fuck were you, huh ? Did you forget me ? Busy getting high, inhaling some shit, fucking some girl ? Sure. Good to know that your goddamn drugs are more important than I am. » Il rouvre les yeux. Le myocarde ensanglanté, la tête se tournant pour ne pas avoir à affronter les flammes que gerbaient les yeux de Maya. Maya. Et il sait qu'elle a raison. Qu'elle a tout deviné, qu'elle sait. Parce que le schéma se répétait autrement. Que lorsqu'elle n'était pas l'abandonnée, elle pouvait devenir la raison de l'abandon. Même si cette fois était plus grave. Cette fois aurait des conséquences. Cette fois, il ne pourrait pas se la pardonner. « You’re fucked up, man ! You can’t even stand straight right now. Can’t you see ? When are you gonna stop ? You’re gonna kill yourself ! » Et alors qu'elle continue ses attaques, quelques autres larmes viennent couler sur ses joues. Pas de sanglots pour agiter sa poitrine, pourtant. Son don qui commence à l'emporter. Son âme qui n'est plus capable de se servir du coeur brisé pour compenser la douleur et la peine qu'il ressentait à être ainsi considéré. Jugé. Cerné. « Stop crying, for God’s sake. » Et ça lui fait serrer les dents. Sa main indemne qui essuie lourdement mais rapidement sa joue, ses yeux rouges qui se tournent vers elle. La pierre au fond des prunelles, pour remplacer la sensibilité. Fuck you. « Why do you have to make this about you ? » Fuck you, Maya. « Why should I have to take care of you - to comfort you - after - after what you’ve done ?! » Fuck you. Et tout se coince dans sa gorge. Son don qui n'est plus qu'à demi enclenché — la fureur de Maya qui commence à glisser sur sa carapace. Sa paume qui essuie les dernières larmes qui ont coulé, sans qu'il ne rompe le contact visuel. You're right. You're absolutely right. And you know what ?

You won.


Elle pleure. La voix qui s'est brisé sur ses derniers mots — et il se doute que le regard noir qu'il lui a donné n'y est pas étranger. Que la douleur, la jambe surélevée, et toute la situation ne font qu'amplifier les sanglots qui l'agitent et qui la laissent sans plus de venin à cracher. À bout de forces. Usée. Usée par la présence de ce qu'elle avait cru être un ami. Usée par ce que son absence lui avait fait réaliser. Maya. « I want you to leave. » C'est le coup ultime qu'elle lui porte, et il doit fermer les yeux et respirer pour ne pas que les larmes se remettent à couler. Les retenir, pour ne pas attiser davantage sa colère. Les retenir, pour ne pas lui donner l'impression que tout était à propos de lui. But where did you hear that, baby ? « I can’t do this right now. I can’t deal with this. » Et il sent le naturel revenir au galop, à mesure que les fragments de son coeur brisé continuent de s'émietter sur le sol aseptisé de l'hôpital. « Ok. » Le mot vide, mot qu'il ne peut pas retenir, alors que son corps douloureux se relève finalement de la chaise où il était resté assis depuis qu'il était arrivé. Il appuie sur sa cuisse pour s'aider, serre les dents lorsqu'il pense que sa main blessée serait capable de supporter son poids. Bien essayé. Debout, il repose les yeux sur elle. S'arrête un instant dans son élan. Essaie de trouver quelque chose à lui dire. Les cadavres des larmes sur ses joues — mais elles ont arrêté de couler. Comme elle le lui a demandé. « I'll go. » Il renifle. Reste une seconde à l'observer — Maya éplorée. Maya qu'il a mise dans cet état. « Sorry if I upset you. » Sa voix est basse, grave. Sa main intacte vient attraper sa veste sur le dossier de la chaise, et il la passe sans se faire prier. « I just wanted to make sure you were ok. So... Yeah. Sorry if I was worried about you. » Il réajuste le col. Ignorant la douleur dans sa main, et les larmes de souffrance au coin de ses yeux. Fuck off. Fuck that. Fuck them. No way you'll cry again. « Sorry if I made this about me, too. Never wanted to. » Son regard qui se baisse. Ses doigts qui plongent dans la poche de sa veste, ouvrent le paquet de cigarette qui y attend. Son oeil qui le fait souffrir, sa main qui le fait souffrir — et tout son corps qui semble vouloir les suivre dans leur lancée. « Oh, and sorry if I couldn't handle pain or guilt but, y'know, boys do cry. » Une unique cigarette qu'il tire de sa poche, pour la passer derrière son oreille. L'observer, à nouveau. « Sorry for being such an unreliable friend, and an asshole above all. For being here, too. Sorry I tried to apologize, even though I can't imagine a world where what I did could be forgivable one day. » La moue qu'il tire. Le coeur qui se gonfle de douleur, et la voix qui s'étire dans la douceur, malgré l'ironie qu'il veut lui imputer. « Sorry for being a junkie. A womanizer. A pain in your ass ? Whatever. » Soupirer. La voix lasse et traînante. Le corps prêt à sortir de la chambre, aussitôt que tout serait terminé. « Sorry for being sorry. I won't bother you anymore. » Ses deux mains qui s'enfoncent dans ses poches. Ses épaules qui se haussent. « I'll be inhaling stuff in my motel room, if you need me to... Run errands, or, y'know, yell at me. » Sa main qui sort de sa poche pour venir attraper sa cigarette, et l'approcher de ses lèvres. « I just wanted to tell you I'm sorry, May. » And I just hope you can forgive me, one day.

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