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 larmes de crocodile | Del

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MessageSujet: larmes de crocodile | Del   Mer 10 Oct - 13:40

Tout aurait pu se passer sans aucune complication. Vraiment. Il était passé très près de la perfection. Trouver un costume noir n’avait pas posé le moindre problème, prétendre que le trop plein d’émotion empêchait les larmes de couler non plus. Il avait même réussi à éviter de parler à qui que ce soit, et particulièrement à la famille de la victime, sous prétexte que « ce serait trop dur ». La tendance incroyable des humains à respecter toutes les décisions les plus idiotes des autres quand le sujet touchait au deuil et à la mort avait pour une fois été d’une immense utilité. Jusqu’à ce que tous les yeux se tournent vers lui, alors qu’il était bien installé tout au bout du banc des proches, qu’il avait réussi à se rendre invisible, à se faire oublier. Et alors qu’il regarde autour de lui pour comprendre quelle lamentable erreur il aurait pu faire, il entend vaguement le mot « discours », et il lui semble que son cœur se met à battre plus fort. Mince. Être crédible en restant silencieux, c’était simple. Être crédible devant une foule, beaucoup moins. Sans compter le fait qu’il avait toujours détesté parler devant un public attentif. Sans qu’il n’ait le temps de réfléchir, ses yeux envoient un signal d’alerte à chaque membre de l’assemblée alors que sa tête se secoue d’elle-même pour refuser clairement. Vite. Trouver quelque chose. « Je peux pas. Désolé. » C’est un murmure, mais un murmure qui lui sauve la vie. Une tape compatissante sur son épaule manque de lui faire perdre son masque d’humilité pour une moue de mépris, mais tout le monde se décide enfin à regarder quelqu’un d’autre. Quelqu’un de décidé à saisir la perche.

Un soupir soulagé s’échappe de ses lèvres presque closes, et il pose un regard trop ennuyé sur l’orateur avant de le rebaisser sur ses mains pour ne pas se vendre si facilement. Ce que c’était long, un enterrement. Ce que c’était ennuyeux. Son index tapote sur son genou une mélodie entêtante, alors qu’il se dit qu’il y aurait eu au moins trente quatre autres manières plus agréables de passer un samedi après-midi. Mais c’était un petit prix à payer, après tout. Lentement, les scènes qui ont menées à cette après-midi défilent devant ses yeux, rallumant en lui une colère sourde. Blessée, peut être aussi, un peu. Parce que lui avait su bien avant elle ce qu’elle était, et qu’il avait décidé de ne pas en tenir compte, par affection. Il devait être relativement idiot, pour se faire avoir deux fois, en même temps. Oui, c’était exactement pareil. Ou presque. Ses yeux louchent sur la bague qu’il n’a pas encore enlevée pour mieux jouer le rôle du fiancé malheureux, et il retient une dernière insulte au dernier moment. Deuxième scène, où elle réalise qu’il est un démon, qu’elle est une chasseuse. Pourquoi déjà ? Quelque chose d’idiot, certainement. De toute façon, ça n’aurait pas pu bien se passer. Le monde n’est pas une comédie dramatique.

Suicide. Il lève les yeux au ciel le plus discrètement possible. Troisième scène, Louise qui a de plus en plus peur, lui qui part en prétendant une dispute, le voisinage tout entier qui ne peut qu’être témoin d’une crise d’hystérie, d’une crise de panique, d’un vol plané par la fenêtre alors que l’appartement était au onzième étage. Le sang sur le pavé, juste après son départ, juste après sa victoire. Ironiquement, c’était peut être la première fois où son don s’était révélé si efficace. Probablement parce qu’il était agacé. Plus probablement parce qu’il était blessé. Il rattrape au dernier moment la bague qui menace de tomber au sol à force d’être tournée dans tous les sens, et réalise que le silence s’est fait autour de lui, que le cortège funéraire avance, qu’il est censé suivre. Il retient un soupir avant de reprendre la cérémonie en puisant dans ses derniers grammes d’énergie pour tenir le rôle. Alors qu’elle l’avait cherché. Alors que c’était lui, le responsable. Alors que c’était vraiment bien fait pour elle.

Il lui semble que des heures passent avant qu’il ne puisse s’éloigner des discussions, s’éloigner des mots qui cherchent à le rassurer, comme s’il avait des raisons de se sentir coupable. Quoique. Avec le scénario qu’il avait laissé, elle était sûrement censée avoir sauté à cause de lui, aussi. Oh. Il n’avait pas pensé à ça. Ca explique les regards de la famille, au moins. Une petite grimace passe sur son visage quand il voit le frère, ou le cousin, il ne sait plus, se diriger vers lui, et ses yeux cherchent du regard quelqu’un pour le sauver. Avant de s’accrocher à la seule personne supportable de cette mascarade. Avant de voir Deli, au loin, et de se frayer un chemin à travers la foule pour la rejoindre. Loin du frère-cousin, et loin des oreilles indiscrètes. Amen.

« Dieu merci t’es là. » Evidemment qu’elle est là. C’était sa meilleure amie, après tout. Abruti. « Pardon, j’en peux plus de tous ces gens, ils me gonflent. » C’est grommelé trop naturellement, ça n’a rien à faire là, et il le réalise bien trop vite en reposant son regard dans le sien. Parce qu’elle doit être dévastée, elle aussi. Parce qu’elle a perdu quelqu’un qui comptait énormément pour elle. Parce qu’elle ne doit certainement pas aller mieux que tous ces gens qui viennent lui dire que ce n’est pas de sa faute ou sous-entendre que ça l’est sans réaliser à quel point ils ont raison. « Euh. Désolé. Mes condoléances, je suppose. » Au moins, elle le connaissait suffisamment pour croire qu’il ne voulait pas mal faire, que sa capacité à supporter la foule était juste trop limitée. Un minuscule sourire passe sur son visage, mais il n’arrive pas vraiment à le rendre compatissant, alors faute de mieux, il puise dans la trahison ressentie pour le rendre triste. « Ca va ? » Sûrement pas. Mais eh. Honnêtement, elle l’avait cherché, aussi.
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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Dim 14 Oct - 16:22


Ezekiel & Delilah


Le cœur lourd, écrasé dans sa poitrine, mais les yeux asséchés de larmes, Delilah se tenait tête baissée, une main nerveusement accrochée à une mèche de cheveux, dans la deuxième rangée de l’église. On lui avait dit de se mettre au premier, avec les parents proches, mais elle avait refusé, elle n’avait pas pu. 
Ça lui avait fait penser à Maman. Ça lui avait rappelé qu’elle n’avait jamais eu d’enterrement, parce qu’on ne mettait pas en terre un cercueil vide et pourtant elle était morte, c’était certain, jamais elle n’aurait laissé son mari, jamais elle n’aurait laissé ses enfants. Et la douleur que ressentait Del aujourd’hui était la même qu’à cette époque. La même que dans les temps où elle avait pour la première fois vu son père pleurer. Cette image paternelle tellement forte réduite en larmes, en tristesse, en désespoir. Et ensuite il avait cessé de pleurer, il avait jusqu’à cessé d’exister, pendant longtemps. 
Ce n’était pas l’état dans lequel se trouvait Delilah. Elle était malheureuse, sincèrement malheureuse. Mais elle avait beaucoup trop pleuré, elle n’avait plus aucune larme à verser et n’était de toute façon pas du genre à faire étale de ses émotions devant un si grand public. Mais la peine n’était pas la seule émotion qui emplissait les veines de la belle blonde. Il y avait la colère aussi, une colère latente de savoir tout le monde ici si persuadé que sa meilleure amie avait commit un suicide. Mais c’était impossible. Elle n’aurait pas fait ça, ce n’était pas elle. Delilah en était persuadée. 
Et la cérémonie était passée dans un flou total, la chasseuse n’en avait quasiment rien entendu, n’avait pas levé la tête de toute l’heure. Elle n’avait pas voulu se faire remarquer, mais elle ne voulait pas non plus entendre le ramassis de conneries qu’on allait sortir ici. Delilah craignait de péter les plombs, elle avait peur d’avoir envie de retourner tous les bancs et la bande d’imbéciles naïfs qui logeaient dessus. Bien que soyons lucides : elle n’en avait pas les forces. Comment pouvaient ils croire que Mia ait pu faire une chose pareille ? Si Del entendait ne serait ce que le début d’un sermon sur le suicide elle allait faire un massacre. 
Louise était une femme forte, elle était une femme décidée qui n’abandonnait jamais rien, qui allait au bout des choses. A leur première rencontre à la fac de médecine, Delilah avait remarqué cette détermination en elle. C’était une jeune femme qui ne se démontait jamais, qui aimait la vie et celle qu’elle menait. Louise avait tout, un travail, des loisirs, un merveilleux fiancé et elle se démenait pour la chasse. Del et elle, après quelques années d’amitié, avaient fini par se rendre compte de leur but commun, de leur passion commune : l’extermination des créatures, la chasse aux monstres. Louise était une grande perte pour la cause des chasseurs. Mais elle était surtout une grande perte aux yeux de Delilah. Elle avait été pendant des années sa meilleure amie, celle à qui elle confiait tout, celle qui comprenait parfois sans que Del n’ait besoin de parler. Et maintenant elle n'était plus et la belle blonde semblait bien être la seule à savoir qu'il y avait quelque chose à y faire.

Quand Delilah vit les gens autour d'elle commencer à se lever elle suivit lentement le mouvement, peu désireuse de se tenir trop près du cercueil contenant le corps désarticulé de sa meilleure amie. Au passage, elle lança tout de même quelques semblant de sourires compatissants à la famille. Des personnes sympathiques que la chasseuse avait eu le plaisir de croiser à plusieurs reprises et qui étaient loin de mériter la peine qu'on leur infligeait. A voir leurs visages décomposés, Delilah fut terrassée par un mal au cœur terrible et du se tenir au banc pour ne pas chanceler. A cet instant, seule la pensée qu'elle allait finir par les venger permit à Del de tenir le coup.

La sortie de l'église semblait être un courant d'air frais pour tout le monde, mais l'atmosphère en était seulement un peu dégrisé, sans pour autant en être sincèrement allégé. Partout autour de Delilah les visages étaient tristes, sombres, anéantis. La jeune Harker fini par s'avancer vers les parents, échanger quelques mots, quelques politesse, puis quelques anecdotes. Rien de plus. La jeune chasseuse ne voulait pas aborder ses soupçons pour le moment, surtout pas avec eux. Puis ce fut au tour de quelques amis que les deux jeunes femmes avaient partager, des gens qui appréciaient autant le caractère de feu de Louise. Son caractère de feu et son cœur sincère.

« Dieu merci t’es là. »

Une voix soudain, quelqu'un que Delilah n'avait pas vu jusqu'à là. Une personne importante pourtant. Mais peut-être la belle blonde n'avait-elle juste pas eu la force de l'affronter, elle craignait que la douleur qu'elle lirait sur ses traits soit trop insupportable.

‹‹ Ezekiel. ››

En un souffle en se retournant vers lui, le fiancé de Louise. Un homme avec qui ils avaient passé de nombreuses soirées et que Del appréciait énormément. Elle allait avoir énormément de mal à le voir avec son masque de souffrance.
La belle blonde releva enfin les yeux vers le veuf. Mais il n'y avait aucun trait de tristesse sur son visage. Juste quelque chose comme... Du soulagement ?

« Pardon, j’en peux plus de tous ces gens, ils me gonflent. »

Les lèvres de la jeune femme s'entrouvrirent. Elle ne comprenait pas. Ezekiel n'agissait pas naturellement. La chasseuse mit ça sur le compte de la peine trop grande et puis elle fit l'impasse.

« Euh. Désolé. Mes condoléances, je suppose. »

La jeune femme acquiesça doucement.  Elle avait entendu ça des dizaines de fois aujourd’hui. Elle l'avait dit tout autant de fois.

« Ca va ? »

Elle lu un sourire triste. Le brun devait être dans un état terrible. Delilah n'osait même pas l'imaginer. Ils étaient fiancés, ils avaient prévu de vivre toute une vie à deux. Ils s'entendaient tellement bien... Des images de leurs soirées, d'eux deux revenait encore à la mémoire de Del. La jeune femme secoua doucement la tête.

‹‹ Toi, comment tu vas ? ››

Ils ne se connaissaient peut-être pas énormément, après tout, la fille Harker lui avait souvent voler Louise pour qu'elles ne passent que des moments juste toutes les deux. Mais dans la peine, il paraissait que les gens se rapprochaient. Et à cet instant, Del avait l'impression qu'Ezekiel était la personne la plus en mesure de comprendre ce qu'elle ressentait, de comprendre toute sa douleur.
La belle blonde jeta un regard autour d'elle.

‹‹ Tu as raison, je crois que j'ai aussi vu assez de monde pour aujourd’hui. Viens. ››

Avant de partir, la chasseuse s'excusa auprès des parents de Louise, soulagée de quitter enfin leurs regards bourrés de la peine qui devait refléter la sienne.
Puis en compagnie d'Ezekiel, ils s'éloignèrent de la funèbre réunion.

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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Lun 5 Nov - 11:46

Elle se retourne, et il remercie le ciel d’avoir capté assez vite que son comportement ne collait déjà plus au rôle qu’il était censé tenir en voyant ses lèvres s’entrouvrir, ses yeux se faire interrogateurs. Triste. Il est censé être triste. Après tout, il avait en théorie perdu l’amour de sa vie. Quelle belle blague, l’amour d’une vie, tout de même. Pourtant, quelque part, il l’était. Triste. Pas de sa mort, parce qu’elle l’avait cherché. Peut être plus de la fin d’une période qui ne devait être qu’allégresse et manque de problèmes. La fin des rires peu retenus et des discussions qui n’en finissent pas, la fin de l’intérêt qu’il portait à cette femme et aux histoires qu’elle racontait, la fin de l’amour qu’il avait ressenti, un jour, quelque part, même s’il refusait maintenant de se l’admettre. La fin de la présence d’une humaine qu’il était capable de supporter, d’apprécier, et qu’il voit encore dans les yeux trop tristes de sa meilleure amie. Peut être que maintenant, tout ce qu’ils seront capables de voir en l’autre, c’est ces souvenirs communs d’une défunte partie trop tôt. Peut être que dans ce cas ils ne se reverront jamais, après ce jour. Ce serait dommage. Parce qu’elle aussi, il s’était surpris à l’apprécier, au cours de ces soirées qui n’en finissaient pas.

Mais ses souvenirs de Lise se faisaient doucement anéantir par son dernier souvenir d’elle, par cette colère dans ces yeux, cette trahison ressentir, par cet élan qu’elle avait pris pour l’exorcisme, comme si tout le reste n’avait pas existé. Parce qu’il avait vécu assez longtemps pour être capable de se persuader que quelques années n’étaient rien, que de toute façon, leurs plans d’avenir n’avaient pas lieu d’être. Parce que même leurs fiançailles avaient été une plaisanterie, dans un sens, puisque lui n’aurait pas pu vieillir alors qu’elle si. Parce qu’un mariage n’était pas envisageable. Parce que tout cela n’avait été qu’une illusion de vie humaine dont il avait conscience, un mirage qu’il voyait trop bien. Et s’il avait vaguement hésité après leurs fiançailles à lui révéler la vérité sur ce qu’il était, il était aujourd’hui persuadé que ça n’aurait servi qu’à causer sa propre perte. Elle le lui avait bien prouvé, avant de sauter.

Non, elle ne va pas bien. C’est ce que sa tête qui se secoue lui dit. Evidemment qu’elle ne va pas bien. Il la voit encore aux côtés de Louise, en train de rire aux éclats, de la regarder avec une admiration à peine cachée, de plaisanter avec elle sur des choses qui le dépassaient complètement. Il voyait encore Louise parler d’elle comme de la dernière merveille du monde et l’appeler à des heures absurdes pour lui raconter des évènements sans importance de sa journée avec cet éclat de joie dans le regard. Evidemment, qu’elle n’allait pas bien. Personne n’irait bien dans ces circonstances. Personne avec un brin d’humanité. Alors quand elle lui retourne la question, il hausse les épaules, utilisant comme elle le silence pour ne pas avoir à donner une réponse trop évidente. Après tout, il n’allait pas spécialement bien non plus, alors ce n’est pas réellement un mensonge. Il n’allait juste pas spécialement mal non plus.

Et il doit retenir un nouveau soupir soulagé quand elle lui propose de s’enfuir, de laisser derrière eux cette troupe attristée pour retrouver l’air frais et la vie normale, quitte à devoir parler de Louise, quitte à devoir jouer un peu plus. La foule, très peu pour lui. Et jouer devant une audience unique, c’est tellement plus simple.

« Avec plaisir. »

Il la laisse parcourir la foule et les yeux pleins de larmes du regard, partant devant, fuyant sans essayer de le cacher cette ambiance qui l’ennuie bien trop et le met mal à l’aise. Et quand enfin ses pas franchissent la porte d’entrée et qu’il sent le vent sur ses joues, il ferme les yeux quelques secondes pour se persuader que le calvaire est terminé, en quelques sortes. Parce que discuter avec la jeune fille n’en a jamais été un. Pas vraiment. Alors il se retourne vers elle pour vérifier qu’elle l’a bien rejoint avant d’enfouir ses mains dans ses poches en prenant une direction au hasard. Elle a sans doute besoin de prendre l’air, tout simplement, elle aussi. Qu’importe que les raisons ne soient pas les mêmes.

« Je déteste les enterrements, je suis désolé. J’ai l’impression que c’est une mauvaise mise en scène, et que plus ou moins tout le monde est hypocrite. Je suis presque sûr qu’elle aurait détesté la moitié des discours. »

Même s’il ne les avait écoutés que d’une oreille. Mais entre ceux qui parlaient d’elle comme de quelqu’un d’insouciant et d’innocent et ceux qui faisaient d’elle une dépressive pour justifier son suicide, il avait presque eu envie de rire et avait eu beaucoup de mal à ne pas lever les yeux au ciel. Rien de tout ça ne collait à ce que Louise était. Il n’aurait jamais perdu son temps avec quelqu’un comme ça.

« Je pensais que t’en ferais un. On t’as pas demandé ? »

Ou peut être qu’elle, elle n’avait vraiment pas pu s’y résoudre. Au milieu de la foule de mots sans sens, les siens en auraient certainement eu beaucoup trop. Et il ne se doute pas encore d’à quel point il a raison. D’à quel point Del connaissait suffisamment Louise pour être parfaitement consciente qu’elle n’aurait pas pu se suicider, peu importe ce qu’il s’était passé. D’à quel point les doutes planaient déjà dans son esprit, sans le frôler lui. Pour l’instant. Mais pour combien de temps ?
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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Dim 11 Nov - 15:10


Ezekiel & Delilah


Ezekiel parut soulagé de la proposition de Del de s’éloigner. Les enterrements semblaient être des passages obligatoires. Un mouvement commun pour tourner la page. Mais s’en n'était pas pour autant agréable. C’était douloureux, terriblement douloureux. Et une fois le moment passé, la chasseuse ne rêvait que de remettre de la distance entre elle et cette réalité. La journée avait déjà été bien assez dure jusqu’à la. A présent, elle voulait se donner un nouvel air, respirer à nouveau, tenter, pendant un moment, d’enlever le poids qui pesait lourdement sur sa poitrine. Elle continuerait à digérer son malheur plus tard. Elle pleurerait quand elle serait seule à nouveau.
Le temps d'un au revoir et Deli avait de nouveau rejoint Ezekiel qui s'était déjà un peu éloigné, avec aux lèvres l'ombre d'un sourire, mais un sourire tout de même. Ce qui était une première de la journée pour la belle blonde. Mais il ne s'agissait sûrement là que de donner un peu de courage à son compagnon du restant de la journée. Car passée la première impression bizarre, la fille Harker avait bien fini par voir la tristesse tordre douloureusement les traits de l'ancien fiancé.

« Je déteste les enterrements, je suis désolé. J’ai l’impression que c’est une mauvaise mise en scène, et que plus ou moins tout le monde est hypocrite. Je suis presque sûr qu’elle aurait détesté la moitié des discours. »

La chasseuse acquiesça, elle était du même avis.

‹‹ Elle aurait détesté plus de la moitié. ››

Même si elle n'en avait quasiment rien écouté, Delilah connaissait bien assez sa meilleure amie pour le savoir : elle n'aurait pas voulu de tout ça. Ce recueillement, cette tristesse... C'étaient autant de temps perdu. La main de la jeune fille se serra pour s'enfoncer un peu dans sa paume et calmer sa colère. Del devrait patienter.

‹‹ Ca n'aurait pas dû avoir lieu. ››

S'échappa d'entre ses lèvres tout de même, en un chuchotement. Plus pour elle-même. Parce que Louise n'aurait pas du mourir. Louise ne s'était pas suicidée. Et Delilah aurait la peau du responsable en même temps que raison de tous ceux qui auront pu croire au suicide de Louise.
La belle blonde préféra regarder le sol et les alentours en avançant, faisant mine de regarder où elle marchait, alors qu'elle évitait juste le regard d'Ezekiel pour le moment.

« Je pensais que t’en ferais un. On t’as pas demandé ? »

Cette fois-ci, la fille Harker lança un rapide regard au brun.

‹‹ Et toi ? ››

Elle répondit, presque réthorique, se disant qu'on avait assurément demandé au fiancé et qu'il avait sûrement refusé pour la même raison que l'ancienne meilleure amie l'avait fait. Ou une raison semblable en tout cas.
Soudain, la jeune femme s'arrêta, se retournant à moitié vers un pub à côté duquel ils passaient. Il était peut-être un peu tôt pour boire en cet après-midi, mais pour ce que Del en avait à foutre de ce qui était jugé bon ou mal de faire...

‹‹ Ca te dirait d'aller boire un verre ? Je crois que j'en ai besoin. ››

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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Lun 19 Nov - 17:59

Bien sûr qu’elle aurait détesté ç a. De toute son âme. Trop d’épanchement d’émotions, trop de non dits, trop d’hypocrisie. Ca allume quelques secondes de tristesse sincère, dans ses yeux, cette idée. Qu’elle aurait sûrement soupiré de dépit et ignoré le reste des invités pour venir leur dire à eux à quel point tout ça n’était qu’une mascarade idiote, et que tout le monde avait mieux à faire qu’écouter des discours qui n’avaient déjà aucun sens. Oui, elle aurait détesté. C’était sûrement un peu pour ça, qu’il l’avait aimée, lui. Et qu’il comprenait la tristesse de Delilah, même s’il ne la partageait pas. Plus maintenant. Ou du moins, il ne voulait déjà plus voir la sienne. Le passé, c’est le passé.

La colère par contre est présente. Cette colère qui s’échappe du chuchotement de la jeune fille, de ce qu’elle émane. Il pose les yeux sur elle en posant sa dernière question, prend conscience qu’elle n’en dira pas plus pour l’instant, et se contente de hausser les épaules à sa réponse. « C’est pas mon truc, les discours. » Et peu importe, vraiment. Là n’est déjà plus la question. La question reste dans cet éclat de colère, dans ces mots qui voulaient tout et rien dire. Alors il entend à peine sa proposition, trop occupé à réfléchir à toute allure. Ca n’aurait pas dû avoir lieu. Quoi donc ? L’enterrement ? C’était agaçant, mais c’était tout de même un passage obligatoire, après un décès. Alors quoi ?

« Avec plaisir. » C’est un murmure, plus pour la forme qu’autre chose alors qu’il lui emboîte le pas, qu’ils s’enfoncent dans ce pub comme s’il n’y avait aucun autre endroit où ils pourraient être, tous les deux. Qu’ils commandent, qu’ils s’assoient, que lui joue avec son verre en continuant de réfléchir, en prétendant une seconde de deuil. L’alcool en journée, c’était normal, pour lui. Pour elle aussi peut être, un peu. Et puis, ils ne travaillaient pas. Mais alors … qu’est ce qui n’aurait pas dû avoir lieux ?

Soudainement, un lien se fait enfin entre leur présence en ces lieux cet après-midi et la cause de la mort. Suicide. Tout le monde avait avalé l’excuse parce que ça leur semblait être la seule valable, parce qu’elle était seule dans l’appartement, parce qu’elle avait hurlé chez elle, seule, avant de se jeter d’elle-même par la fenêtre. Parce que rien ne pouvait expliquer une panique de cette envergure si ce n’était un esprit troublé, rien ne pouvait expliquer ce saut si ce n’était une volonté d’en finir. A part une chose. A part les créatures. Il boit une gorgée pour se forcer à ne pas relever le regard sur elle avant d’avoir récupéré ses idées, et l’observe ensuite, tranquillement, comme il l’aurait sûrement fait en temps normal. Elle n’y croit pas, parce que d’autres options sont disponibles à ses yeux. Parce que même si c’est trop étrange pour être l’œuvre d’une race entière, elle sait que certaines créatures peuvent faire ça. Parce qu’elle n’a pas encore fait tous les liens, mais qu’elle doit déjà se dire qu’il y en a un évident.

« Pourquoi tu dis que ça aurait pas dû arriver ? » C’est un murmure, ça sonne confus. Probablement pas assez, en même temps. Mais peut être qu’on pardonne tout à quelqu’un d’émotif. Peut être. Il boit un nouvelle gorgée avant de soupirer et de poser son menton dans sa main, prétextant une fatigue qui n’a pas lieu d’être. « Pardon, t’as sûrement pas envie de parler de ça. Mais j’aimerai bien comprendre, quand même. Et franchement je prendrai n’importe quelle explication, je crois. Alors parle-moi, si tu veux. Je trouve ça moins bête, je suis peut être la seule personne avec qui tu peux en parler. Et j’ai envie d’écouter. » Et surtout de savoir à quel point elle a déjà compris qu’il y avait un problème. A quel point elle se rapproche, et à quelle vitesse. Parce que quelque part, il n’a pas vraiment envie d’avoir à la faire paniquer, elle aussi. Parce qu’il n’est pas sûr d’en avoir la force, pas déjà.
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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Jeu 22 Nov - 6:53


Ezekiel & Delilah


Ce n’était pas son truc les discours, Ezekiel avait répondu. Et Delilah ne chercha pas à savoir s’il disait la vérité ou si cela cachait tout un tas d’autres raisons bien plus profondes. L’ex fiancé lui dirait ce quil aurait envie, ce n’était pas aujourd’hui que la chasseuse allait le forcer à quoi que ce soit. Sauf peut être de l’emmener boire un verre.

« Avec plaisir. »

A la réponse du brun, la jeune femme poussa la porte du pub et choisit une table reculée pour les laisser juste au bord du brouhaha ambiant. Assez dans le vacarme pour entendre mais pas assez pour être entendus.
La serveuse arriva bientôt, ne broncha pas quand Del commanda un whisky a l’heure du gouté et ramena bientôt les verres de leurs deux commandes. Entre Ezekiel et la fille Harker le silence s’était fait. D’une part parce que la belle blonde n’avait aucune idée de quoi dire à un veuf, de l’autre parce qu’elle n’avait plus envie de parler de Louise alors qu’en même temps c’était le seul et unique sujet qui tournait dans sa tête, encore et encore.
Quand le verre fut posé devant elle, la jeune femme le considéra, jugea qu’elle avait encore la gorge trop serrée pour boire et se contenta de se reculer sur sa banquette en attrapant une mèche de ses cheveux du bout des doigts en se laissant replonger dans ses sombres pensées.

« Pourquoi tu dis que ça aurait pas dû arriver ? »

A ses mots, Deli releva vivement les yeux avec l’impression pendant un moment qu’Ezekiel avait lu dans ses pensées. Puis elle se souvint des mots qu’elle avait murmurés un peu plus tôt et auxquels la question du fiancé faisaient écho. Il l’avait donc entendu... La jeune femme fronça les sourcils en sondant les yeux de son compagnon et avant qu’elle n’ait eu le temps de répondre, il enchaîna :

« Pardon, t’as sûrement pas envie de parler de ça. Mais j’aimerai bien comprendre, quand même. Et franchement je prendrai n’importe quelle explication, je crois. Alors parle-moi, si tu veux. Je trouve ça moins bête, je suis peut être la seule personne avec qui tu peux en parler. Et j’ai envie d’écouter. »

Delilah n’était pas le genre de personne à avoir facilement confiance. C’était quelque chose qu’elle avait apprit, en théorie puis plus efficacement encore : en pratique... Surtout qu’au fond, si elle y songeait bien, elle connaissait à peine Ezekiel. Certes ils avaient passé de nombreuses soirées ensemble, mais jamais en l’absence de Louise. C’était presque comme si elle ne l’avait toujours vu qu’à travers les yeux de sa meilleure amie. La belle blonde lâcha comme une évidence :

‹‹ Elle n’aurait pas dû mourir, elle était trop jeune.  ››

Visiblement affectée. Les mots prononcés lui avaient coûté mais Del ne pouvait pas se permettre de jeter ses soupçons à la tête de tout le monde, surtout pas quelqu’un d’aussi proche et sans aucune preuve tangible. Ce n’était pas forcément parce que la fille Harker pouvait soupçonner Ezekiel - au contraire, elle voyait mal les raisons d’un meurtre dans la relation si équilibrée qu’ils semblaient avoir - qu’elle taisait ses doutes. Plutôt parce qu’elle ne voulait pas réveiller des inquiétudes ou des colères injustifiées. Delilah ne croyait pas au suicide, pas une seule seconde, mais elle n'avait pas le droit de déranger les certitudes, pas encore. Tout le monde avait déjà bien assez à faire avec un deuil pensant sur le cœur.

‹‹ Parlons d’autre chose, tu veux ?  ››

Delilah tenta un sourire mais s’en retrouva incapable et se contenta donc de baisser la tête pour fixer son verre.

‹‹ Comment ça va au travail ?  ››

Le seul sujet qu’ils avaient vraiment en commun : la médecine. Après tout c’était grâce à ça qu’ils s’étaient tous rencontrés. Louise, Ezekiel, et la fille Harker... Et puis Del se souvint du métier du brun : médecin légiste. Elle passa une main sur son front alors qu’elle aurait préféré se taper la tête contre le table.

‹‹ Hum non laisses tomber, mauvais sujet.  ››

En réalité, Del s’en rendait bien compte que les sujets sérieux ne pouvaient vraiment être évités. Tout était encore trop proche. Et tout la relation qui la liait à Ezekiel gravitait autour de Louise.
La jeune femme poussa un soupire et lâcha la mèche de cheveux avec laquelle elle jouait pour poser ses deux mains autour de son verre. Finalement elle laissa s’échapper sans quitter la boisson des yeux.

‹‹ Tu vas faire quoi de l’appartement ?  ››


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MessageSujet: Re: larmes de crocodile | Del   Dim 2 Déc - 11:42

Elle a l’air ailleurs. Redoutablement ailleurs. Il avait presque oublié que ça faisait ça, le deuil. Que ça vous dévorait chaque seconde de votre vie, que vous ressassiez encore et encore les mêmes questions, que vous aviez toujours l’impression que quelque chose clochait. Même si cette fois, quelque chose clochait réellement. Et alors que lui l’observe discrètement en essayant de caler son confortablement sur elle pour jouer un deuil crédible, il a affreusement envie de le boire, ce whisky, et de soupirer, et de parler de travail. D’aller travailler, peut être, même. Parce qu’on lui avait donné des jours de congés, et qu’il ne savait déjà pas quoi en faire. Parce qu’il ne pouvait pas les refuser sans avoir une explication crédible, et qu’il n’en trouvait aucune. Parce que le deuil, c’est censé être un processus douloureux, lent et cruel, et que lui, tout ce qui commençait déjà à le dévorer, c’était l’ennui. Alors il se jette corps et âme dans cette conversation quand il y voit une ombre d’intérêt, en jouant son rôle, en essayant de la ménager, un peu. Parce qu’elle, en soit, elle n’avait rien demandé. Même si elle aussi, c’était une chasseuse, et qu’elle n’était probablement pas bien mieux que Louise, avec les gens comme lui. Quelque part, sans la connaître, il n’arrivait pas vraiment à la mépriser.

Il repère le doute dans ses yeux, et il reste incapable de l’identifier. Alors face à sa réponse volage, il ravale ses questions et ses soupçons et se contente d’acquiescer comme si les mots n’étaient pas assez dits. Mais il les avait déjà entendus cent fois aujourd’hui, et ils sonnaient creux. Alors ça ne pouvait pas être à ça qu’elle pensait, pas vraiment. Pas alors qu’elle était chasseuse, et que ce suicide était si imprévu. Pas alors qu’elle connaissait aussi bien Louise. Mais le mieux est de se taire, pour ne pas attirer ses soupçons et ses questionnements sur lui. Pour ne pas laisser sa propre curiosité et sa propre méfiance prendre le dessus sur son instinct de survie. Il n’avait tout de même pas causé la mort de sa fiancée pour ensuite être exorcisé par la meilleure amie de celle-ci. Ce serait un comble.

Alors il acquiesce, de nouveau, quand elle propose de changer de sujet, et un petit « Ah ben c’est calme, hein. » automatique quitte ses lèvres pour répondre à la question qu’elle retire déjà. Presque amusé, mais quand même un peu triste. Pour ne pas gâcher l’illusion, mais parce que même en deuil, il se sentirait probablement forcé de faire toujours un peu d’humour noir. Parce que même en deuil, il ne pourrait pas prendre la mort trop au sérieux, pas en y étant confronté si souvent. « C’est rien. Ca me dérange pas. » Aucun risque, en effet. Même si elle l’a amusé, quelques secondes. Même si le dépit sur le visage de la jeune fille a envoyé un léger sourire sur ses lèvres. Ca fait du bien, quelque part, au milieu de ce rôle détestable, de pouvoir rester un peu soi même.

Un soupir s’échappe de ses lèvres à la question, et il hausse les épaules en regardant à son tour le fond de son rêve avant d’en ingurgiter la moitié d’une traite et de se laisser bercer par la brûlure du whisky. Il n’y avait même pas pensé. « Je sais pas. Je vais le rendre, je pense. J’ai aucune envie d’y retourner. » De toute façon, la fenêtre était cassée, et la moitié du mobilier fragile aussi, à cause de la crise de Louise. Ce serait bien trop fatiguant de tout réparer. Et il avait une bonne raison de déménager loin des voisins trop bruyants. Et quelque part, même sans la tristesse exagérée du deuil, ça lui éviterait aussi de la voir partout, et de se souvenir qu’elle l’a trahi alors même qu’il l’aimait. Alors même qu’il lui faisait confiance, à ce sujet. Saloperies de chasseurs.

Son regard se repose sur l’autre chasseuse qui a partagé son quotidien à cette pensée, et il se demande quelques secondes ce qu’il est censé advenir d’eux deux. Parce qu’ils ne se fréquentaient que par rapport à Louise, et que Louise ne risquait pas de les pousser l’un vers l’autre de nouveau. Pourtant, alors qu’il essaie de boire une nouvelle gorgée, le whisky se coince quelques secondes dans sa gorge qui se serre brutalement face à l’éventualité qu’il n’avait pas prise en compte, et il repose son verre pour tousser doucement, s’étouffant en avalant de travers. « Merde … » Une quinte de toux, deux, trois. Il lève un peu la main en signe d’excuse, pour dire à Del de ne pas s’en faire, avant de reprendre son souffle et de passer une main sur son visage pour se remettre de ses émotions en essayant de les contrôler. Non. C’est impossible. Mais pourtant si.

« Tu crois que … » La question meurt dans sa gorge, et il lui faut tout son courage pour revenir soutenir le regard de la blonde alors que les théories se forment dans son esprit en lui envoyant des frissons de peur dans le dos. Faites qu’elle dise non, parce que c’est la seule qui pourrait lui donner une réponse objective, puisque c’est la seule qui se doute que l’histoire est fausse. Et même si elle était vraie, la possibilité resterait probablement la même. « Elle m’a expliqué, un peu, toutes les bestioles que vous croisiez … » Elle doit savoir. Ou se douter, au moins. Qu’il est censé être au courant de ce qu’elles sont, et de ce qu’elles chassent. Même si elle ne sait pas que c’est lui, qu’elles chassent. « Tu crois qu’elle pourrait être … toujours là, quelque part ? » La question est un peu tremblante, sur la fin. Heureusement, puisqu’elle est censée venir d’un espoir, alors qu’elle vient d’une crainte. Un fantôme. Elle pourrait être un fantôme. Et pour quelqu’un qui a une phobie de ces êtres, ça ne peut pas être bon signe. Parce que c’est de lui, qu’elle devrait se venger.
(c) AMIANTE
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