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 An end or a new start • Delias

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: An end or a new start • Delias    Jeu 1 Nov - 9:59


Elias & Delilah


La douleur lancinante avait fini par partir et avec elle, les derniers restes de patience de Delilah s’en étaient allés. Plusieurs fois elle avait taquiné Aser pour que la bataille en vienne aux mains histoire de retrouver un peu de son entraînement au combat rapproché... Sans grand succès. A croire que son grand frère la détestait vraiment... ou l’aimait encore un peu trop. Quoi qu’il en soit, cet état de convalescence n’avait pas terminé de stresser la chasseuse. De combien de temps d’entraînement allait elle avoir besoin pour se remettre de cette trop grande pause forcée ? 
Même courir elle n’y avait pas eu le droit... Alors après un peu moins de deux semaines d’immobilisation, Delilah s’était mise à marcher. D’abord elle avait tourné en rond dans le salon, jusqu’à ce qu’on ne la supporte plus et qu’on la foute presque à coup de pieds au cul dehors. Enfiler une veste dans son état n’avait pas été une partie de plaisir, mais ça avait été nécessaire face au froid polaire qui se profilait déjà en cette fin du mois de novembre. 
Perdre ses muscles était devenu phobique pour Del, à l’image de prendre un kilo pour un anorexique. C’était obsessionnel. Ça la rendait folle. Delilah avait l’impression de s’affaiblir à vue d’œil. Elle n’était plus utile à la chasse, elle n’était plus qu’une semi-fée du logis amputée d’un bras. Aussi, quelques jours plus tôt, la belle blonde avait fini par arracher le bandage qui tenait fermement son bras collé à sa poitrine. Ce n’était pas la première fois qu’elle enlevait son attèle, mais cette fois-ci plus que les autres fois, ça avait été une réelle satisfaction. Malgré les éventuelles protestations, Delilah n’en avait fait qu’à sa tête. Sa douleur n’était plus : elle devait être guérie alors, non ? 
Alors ce matin la chasseuse s’était levée tôt, avait tenté une course sur une dizaine de kilomètres dans le froid glacial de la mi-automne et voyant que même revenue à l’atmosphère tiède de la maison la douleur ne se faisait toujours pas ressentir, elle était allée s’entraîner à tenir une arme, à viser, à encaisser le recul en tirant sur des canettes avec son silencieux. A la première détonation, Delilah avait vraiment eu peur, craint de sentir cette horrible douleur dans son épaule. Mais elle n'avait rien eu. Aucune douleur, juste une impression cotonneuse comme si elle s'était endormie dans une mauvaise position qui aurait engourdit ses membres.
Vers midi elle était rentrée à la maison et avait commencé à faire ses affaires. La chasseuse était restée assez longtemps chez son père et maintenant qu'elle allait mieux, elle allait pouvoir reprendre son travail, son appartement et ses occupations nocturnes qui incluaient des créatures vicieuses et l'emploi d'armes.
Bien sûr, la belle blonde ne partirait qu'après le repas, histoire d'avoir encore le droit de faire la vaisselle en famille. Joie et bonheur. Toute cette ironie pour ne pas admettre que malgré tout, elle avait été bien pendant un mois, de retour dans son petit cocon familial. Entourée par ses frères, elle s'était de nouveau sentie un peu plus insouciante, même si la pause sans chasse n'avait pas été très appréciée, elle avait aimé pouvoir les voir tous les jours. Et prendre soin de Papa aussi. Même si Delilah n'était pas vraiment ce qui se faisait de mieux en teneuse de maison. Peut-être même que les jumeaux faisaient mieux qu'elle...

Après le repas, Del avait donc trainé les pattes un peu, retardant un peu le moment de partir, cherchant des affaires à ranger qui n'existaient pas, quand on sonna à la porte d'entrée.
Deli se précipita dans l'entrée comme une gamine, comme quand ils faisaient encore la course pour être le premier à ouvrir la porte – n'était-ce pas Rhys qu'elle avait entraperçu vouloir la doubler alors qu'elle fonçait déjà sur la poignée ?
La belle blonde en bonne prudente qu'elle était, qu'elle avait apprit à être, jeta d'abord un coup d'oeil par le judas. Son cœur s'arrêta un moment avant de repartir à toute vitesse, comme devant rattraper le temps perdu.
Delilah hésita un instant, la main au dessus de la poignée. Celui qu'elle venait d'apercevoir de l'autre côté de la porte ne pouvait venir que pour elle. Et si ça n'avait pas été le cas, elle en aurait été déçue de toute manière. Del poussa un soupire, colla un sourire à ses lèvres... Considéra sans même se voir qu'il semblait faux. Enleva le sourire de ses lèvres.
Sa décision était prise. La jeune femme posa sa main sur la clanche et l'abaissa.

‹‹ Bonjour, Elias. ››

Avant de fixer le beau brun un moment, le considérer un peu.
Peut-être un peu trop.
Puis Delilah s'écarta légèrement.

‹‹ Tu veux entrer ? ››


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MessageSujet: Re: An end or a new start • Delias    Sam 10 Nov - 11:29



Delilah
Elias
« an end or a new start »


Si c’était une mauvaise idée ? Bien sûr que c’en était une. Et il le savait, Elias, en ralentissant à quelques mètres de la baraque, de son pas qui creusait la neige et le froid avec patience parce que sa moto avait obstinément refusé de sortir du garage. Et il le sentait, Elias, comme un mauvais pressentiment, comme la certitude qu’il était en train de faire une foutue bêtise, peuplée d’engueulades, de fierté mal placée, et de rancœurs qu’il était à peu près certain de se prendre en plein visage. Si c’était une mauvaise idée que de venir ici, pour ce prétexte-là, en plus ? Bien évidemment. Et s’il avait envie de faire demi-tour, une envie violente, pressante, presque douloureuse de se barrer tout de suite sans demander son reste ? Oui, bien sûr que oui. Mille fois oui. La seule chose qui le retenait, c’était le risque qu’on l’ait déjà vu. Et le fait de s’être crevé à venir jusqu’ici, aussi : les dépenses d’énergie pour du vent, ce n’était pas dans ses habitudes. Et les fenêtres étaient hautes, dans les étages, sa silhouette connue dans le coin, et la raison de sa venue par ici… plus que logique, prévisible et raisonnable. Il avait soigné des Baker une paire de fois. C’était lui qui avait replacé l’épaule de Delilah. C’était lui qui lui avait fourgué dans les mains des antalgiques, des prescriptions et même une ordonnance à renouveler. C’était lui qui lui avait même foutu le bras en écharpe, avec des frissons au bout des doigts à chaque fois qu’il avait eu le malheur d’effleurer sa peau. Alors oui, il avait une bonne raison d’être là. Et bien plus encore pour partir, vite. Très vite. Trop vite. Il regretta son geste dès qu’il décolla sa main de la sonnette, en entendant le bruit se répandre dans l’entrée pour mieux le ferrer au sol. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’elle ne soit pas là, que personne ne soit là pour qu’il puisse s’en aller la tête haute, avec la certitude du travail bien fait, et de la conscience professionnelle aussi soulagée que sa propre culpabilité et son inquiétude.

La porte s’ouvrit sur Delilah. Et Elias ne parvint pas à retenir un « putain… » qui sonna entre ses lèvres, très discrètement, presque inaudible, comme un soupir de lassitude. Elle était là, devant lui. Et il y avait autant de colère et de silence entre eux qu’il y avait eu de cris et d’obstination dans la dispute qui avait mis un terme à leurs entraînements, à leurs chasses communes, à leurs discussions, à leurs soirées complices et bon enfant. Et il était là. Alors qu’elle lui avait clairement faire comprendre qu’il était inutile de chercher à la recontacter. En définitive, c’était elle qui l’avait recontacté. Et Elias ne parvenait toujours pas – quand il se décidait à y repenser sans avoir envie de hurler de frustration et de malaise – à déterminer si ça avait été une bonne ou une mauvaise chose.

‹‹ Bonjour, Elias. ›› Elle ne l’insulta pas. Elle ne repoussa ça. Elle venait même de lui ouvrir la porte. Elias inspira, décida que ça ne pouvait qu’être bon signe. Ou qu’il y avait quelqu’un d’autre dans cette fichue baraque et que Lil’s refusait tout simplement de perdre la face. Elle allait le laisser sur le perron, comme un con. Elle allait lui imposer le froid, la crève, l’angine et l’hypothermie, en restant bien au chaud, Elias était prêt à le parier. Ou elle allait lui claquer la porte au nez, et… elle se décala. Elias fronça les sourcils sous son bonnet. Enfonça le clou. ‹‹ Tu veux entrer ? ››  Il haussa les épaules. « Si possible » qu’il répondit, alors qu’il était partagé entre le oh putain, non, surtout pas, et le silence. Peut-être aurait-il mieux fait d’opter pour le silence. La porte se referma derrière lui, Elias se sentit comme pris au piège, comme un loup pris dans un piège à ours, comme un con, en somme. Et à s’insulter mentalement de la sorte, il eut l’impression de faire écho aux multiples insultes qu’il lui avait crachées à la gueule, la fois dernière. Il les avait retenues, contre toute attente. Parce qu’elle le lui avait demandé. Tu vas t’en souvenir, pas vrai ? Chacun des mots que tu as utilisés. Elias s’humecta les lèvres, en ôtant les unes après les autres les diverses épaisseurs qu’il avait placé entre lui et le froid polaire qui régnait à l’extérieur, marque d’un hiver bien établi, qui allait s’installer et se densifier encore dans les mois à venir, sans leur laisser le moindre répit. Si seulement. Il eut un petit rire nerveux, aux résultats de l’élection du nouveau maire de la ville qui allaient être annoncés incessamment sous peu, d’ailleurs.

Echarpe, manteau, gants, bonnet, une à une, les protections se délièrent, pour le laisser en simple pull face à la Harker. Et silencieux, toujours silencieux, sa voix rauque n’avait pas émis le moindre son depuis que la porte s’était refermée. Pas plus qu’il n’avait fait le moindre pas dans le couloir, il fallait le noter. Pas plus qu’il n’avait osé réfléchir au moindre truc. Elias considéra son sac à dos, laissé tomber au sol en premier, qui contenait toutes ses affaires de médecin qu’il avait jugé bon d’amener.  Quelle connerie, tout de même. Il inspira : il n’avait plus rien sous la main pour s’octroyer davantage de raison de se la fermer. « Je suis venu pour voir comment tu allais. » Il grognait : Elias ne parlait pas, il grognait, sans faire l’effort d’articuler, sans faire l’effort de mettre le moindre enthousiasme dans sa voix. C’était le moyen le plus simple pour garder une distance raisonnable entre elle et lui, après tout, ce qui était pour le mieux. « Mais si t’as déjà vu un doc pour qu’il t’ausculte, je peux me barrer, si tu veux. » Du menton, il désigna l’épaule de Delilah : qu’il n’y ait aucun quiproquo. « J’espère que je te dérange pas. » Se souvenant d’où il était, il se rectifia dans la foulée. « Enfin… que je ne vous dérange pas. » Il fronça les sourcils, attrapa par une bretelle son sac à dos. « Toute la smala Harker est dans le coin ? » Qu’il sache s’il allait pouvoir se permettre de gueuler ou non. Histoire de tâter le terrain. De confirmer aussi qu’il n’avait clairement pas eu l’idée du siècle, en cédant à ce besoin de la voir, de saisir ce prétexte facile, évident, pour venir la voir en toute légitimité.

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MessageSujet: Re: An end or a new start • Delias    Dim 11 Nov - 17:40


Elias & Delilah

 
Il était difficile pour Delilah de ne pas avouer qu'elle était heureuse de voir Elias. Malgré leur dispute, malgré leur dernière entrevue, malgré tout le silence qu'il y avait pu avoir entre eux depuis le soir où elle était arrivée chez lui avec Skylar et aujourd'hui. Mais dans sa fierté, la fille Harker ne voulait rien laisser transparaitre. Ni son bonheur de le voir, ni l'envie constante de sentir le contact de sa peau contre la sienne dès lors qu'ils se trouvaient dans la même pièce. Del se souvenait encore de ses doigts effleurant son épaule dénudée quand Elias nouait le bandage autour de son bras. Elle se rappelait avoir évité son regard, elle se rappelait avoir du se concentrer sur son souffle pour ne pas qu'il trahisse son désir ardent d'un touché plus prolongé encore... Alors même qu'ils se trouvaient dans la même pièce que Skylar avec qui elle avait partagé un lit quelques temps plus tôt. Le visage de la belle blonde se durcit dans l'optique de ne laisser paraître aucune émotion.
Mais quelque part, Delilah avait le sentiment d'avoir gagné une bataille. Parce que c'était lui qui revenait – la fois où elle était venue se faire soigner ne comptant évidemment pas. Et pour la jeune femme, ça sonnait comme si le beau brun lui demandait directement pardon. Ce qui était assez incroyable pour que Del, gamine qu'elle était, ait un mal fou à cacher en plus, cette satisfaction.
Tentant donc difficilement de cacher son petit air supérieur, la jeune femme proposa au fils Baker d'entrer. Il avait fait un pas, elle en faisait un autre. Bien que plus petit. Il ne méritait pas encore plus.

« Si possible »

La jeune femme ne releva pas, se contenta de fermer la porte sur un froid qui semblait s'être durcit.
Cela fait, Deli dépassa Elias puis se retourna pour rester à une respectable distance de lui pendant qu'il se dévêtissait dans son entrée. ‹‹ T'arrêtes pas en si bon chemin... ›› elle se mordit l'intérieur des lèvres, mais continua à le fixer de son visage impassible. Ce n'était pas à elle de parler. Ce n'était pas elle qui était venu le voir chez lui. La Harker ne lança même pas un regard vers les chambres pour voir si un de ses frères les surveillait avec un sourire moqueur au visage. La belle blonde ne cilla pas non plus quand le grand frère Baker laissa son sac ouvert à dos tomber au sol.

« Je suis venu pour voir comment tu allais. » 

Dans une voix d'ours à peine audible. Il parlait aussi mal qu'il écrivait ! Del continua à le fixer sans répondre : si elle était debout sans atèle face à lui, c'était qu'elle allait bien, non ? Son effronterie répondait dans ses traits figés alors que son coeur semblait fondre comme neige au soleil. Elias était venu pour voir comment elle allait. A pied. Et dans le froid. De ce que Deli pouvait en voir de ses joues encore rougies du froid extérieur...

« Mais si t’as déjà vu un doc pour qu’il t’ausculte, je peux me barrer, si tu veux. »

Oui, elle avait vu des gens, s'était rendue seule à l'hôpital ou s'était faite accompagner pour qu'on lui change régulièrement ses bandages. C'étaient ses collègues qui s'en étaient chargées, entre deux patients, en profitant pour se donner quelques nouvelles. Delilah ne voulait pas emmerder ses frères avec ça et elle ne serait pour rien au monde retournée chez Elias.

« J’espère que je te dérange pas. »

La belle blonde leva un sourcil interrogateur et un rictus amusé lui échappa.

« Enfin… que je ne vous dérange pas. »

Un sourire fini d'échapper à la chasseuse, tordant doucement ses lèvres. Un instant, Del laissa flotter les mots du beau brun dans les airs. Il ne l'avait pas habitué à des paroles aussi attentionnées. Et puis elle lâcha sans le quitter du regard :

‹‹ Tu peux m’ausculter, Elias.  ››

Elle avait choisit ses mots, avec attention. Ne tentant même plus de retenir la lueur d'amusement dans ses yeux. Quelque part elle s'en voulait, de toujours jouer avec Elias, de jouer de la façon dont il la regardait, dont il se comportait avec elle... Mais il aurait seulement fallut qu'il décide de jouer aussi... Et ce n'étaient pas les perches qu'elle lui tendaient qui manquaient.

‹‹ Tu as fait un long chemin pour ça, non ? ››

Question à laquelle Deli n'attendait pas de réponse.

« Toute la smala Harker est dans le coin ? »

La fille Harker se décida enfin à lever les yeux vers le chambres. Les portes semblaient closes. Mais pour ce que cela avait d'importance chez les Harker... On avait vu des discussions traverser plus que de simples portes fermées !

‹‹ Il y en a quelques uns... ››

Alors que le regard clair de la jeune femme retombait sur Elias.

‹‹ Mais aucun dans la cuisine. ››

Son amusement fana doucement - en apparence tout du moins - alors qu'elle se tournait vers la-dite pièce de la maison en espérant voir le chasseur la suivre.
Cette salle là avait au moins l'avantage d'être assez reculée pour laisser aux deux jeunes gens un peu d'intimité. Au cas où la discussion dont la tension sous-jacente était toujours palpable, malgré la joie que Del gardait souvent dans son cœur trop vif, faisait tourner les choses en nouvelle engueulade. Après tout n'était-ce pas comme ça qu'Elias aimait communiquer ? Et comme Delilah n'était pas d'une bien plus grande maturité...

‹‹ Tu veux un café ? ››

Elle demanda le dos encore tourné au brun, pour qu'il ne voit pas l'éclat de malice qui dansait toujours dans le bleu de son regard. Il était impossible qu'il ne voit pas la référence au café que Del avait refusé de boire chez lui, le soir de leur querelle.

‹‹ Ou tu préfères m'examiner tout de suite ? ››

Cette fois-ci elle se retourna. Pour le sonder, sonder son regard, sonder ses pensées si elle le pouvait. Pour le provoquer aussi, comme elle le faisait toujours, comme elle continuait à le faire même si tout se passait bien souvent mal après coup.

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MessageSujet: Re: An end or a new start • Delias    Hier à 16:28



Delilah
Elias
« an end or a new start »


Elias n’avait pas franchi le pas de la porte que déjà, il se faisait la remarque qu’il aurait dû rester chez lui, au chaud, avec ses bouquins et le silence, et surtout une distance clairement posée entre lui et la Harker. Mais c’était trop tard pour regretter, vraiment trop tard, et tant mieux : Delilah le dépassa, attendit qu’il laisse tomber ses multiples couches de protection contre le froid, alors qu’un silence pensant se décharger sur eux et qu’il devait se retenir de la détailler du regard, de l’ausculter et de la disséquer de manière gênante. Echarpe, gant, bonnet, manteau, tout y passant avec une lenteur exaspérante, comme pour repousser encore et encore ce moment de malaise vers lequel il était en train de courir, malgré l’immobilité dérangeante dans laquelle ils étaient empêtrés. Elias soupira. Un rire nerveux, un nouveau soupir, il devait paraître complètement dérangé à ne pas savoir comment se comporter face à Delilah. Mais… dans un soupir, encore un soupir, il dut se rendre à l’évidence, il n’allait pas non plus rester muet et les bras ballants plus longtemps, ce serait se faire davantage ridicule qu’il ne l’était déjà. Et ce n’était pas peu dire. Un grognement se fit sa voix, comme une excuse, comme une justification. Sans aucun effort pour articuler, pour paraître aimable et enjoué. De la distance, il s’agissait de mettre de la distance, de l’indifférence et du détachement entre eux. Et si elle avait déjà vu un médecin entre temps, ça ne serait pas plus mal, il pourrait faire demi-tour, se casser et se frapper la tête contre un mur pour que plus jamais une idée aussi stupide que celle qui l’avait poussé à tracer son chemin dans la neige jusqu’ici ne creuse le sien dans son crâne. Elias claqua la langue devant le silence de Delilah, se sentit obligé de poursuivre, clairement mal à l’aise. Qu’est-ce qu’elle lui avait dit, déjà ? Qu’il avait de sacrés problèmes dans les relations sociales ? Et bien ouais, peut-être bien, mais il ne fallait clairement pas compter sur elle pour l’aider ou arranger les choses. Comme s’il le méritait. Même si c’était elle qui avait fait de la merde, il fallait qu’il s’en souvienne sinon il allait bientôt commencer à s’excuser et ça, vraiment, franchement, très honnêtement, il en était tout simplement hors de question.

Il attrapa son sac par une bretelle, le laissant osciller au bout, prenant le parti de dissiper la tension et son malaise en regardant autour de lui, à la recherche d’intrus venus voir qui avait sonné en pleine soirée, ou juste pourquoi Delilah tardait à revenir. Ou juste venus les emmerder – il avait un frère et une sœur, il savait ce que c’était que de prendre un malin plaisir à faire chier les autres. Et à cette pensée, à laisser ses pensées dériver vers Skylar par exemple, Elias eut un sourire crispé. Et en vint presque à sursauter quand Delilah se décida enfin à lui répondre. ‹‹ Tu peux m’ausculter, Elias.  ›› Il plissa les yeux en fixant la blondinette. Perturbé par la lueur d’amusement qu’il trouva et dans sa voix, et dans son regard. ‹‹ Tu as fait un long chemin pour ça, non ? ›› Mouais, on pouvait dire ça. En fait, c’était le cas, mais pas uniquement pour ça. Pour la voir, aussi. Pour saisir sans réfléchir le prétexte idéal pour la voir, pour mettre fin au calvaire de la savoir à distance, à faire il ne savait quoi, à peut-être retourner chasser sans lui. Seigneur, il était d’un ridicule, c’était réellement affligeant à entendre. Mais bon. Un haussement pour toute réponse – on pouvait remercier Elias pour son bavardage assommant – il préféra, et de loin, chercher à faire un état des lieux. Toujours aucun autre Harker n’avait pointé le bout de son nez : c’était soit rassurant, soit très inquiétant, dans les deux cas, Elias devait bien s’avouer qu’il n’était pas tranquille. Et qu’il avait plutôt envie de savoir à quoi s’en tenir pour la suite. Surtout s’il devait être consciencieux et demander à Delilah de se déshabiller pour qu’il ausculte son épaule… Elias regarda ses chaussures, consigna ses pensées dans un recoin de son esprit et choisit soigneusement de se concentrer davantage sur la voix de Delilah que sur sa silhouette et son attitude pour que son imagination ne l’emporte pas trop loin. ‹‹ Il y en a quelques-uns... ›› Trop tard, il releva la tête. ‹‹ Mais aucun dans la cuisine. ›› Et se recroquevilla dans son grognement, et derrière son attitude d’ours qu’on lui reprochait souvent. « Ah. Cool. » Cool, avait-on déjà vu plus ridicule ? Oui, certainement. Mais plus succinct, peut-être pas. Passant la bretelle à son épaule, il suivit Delilah sans rajouter le moindre mot, trop concentré à avoir une démarche des plus normales, dans un pas à mi-chemin entre la lourdeur et la lenteur, un pas aussi traînant qu’énergique, subtil mélange illogique de celui qui était si concentré sur le fait de lever un pied avant l’autre que ça en devenait complètement artificiel.

Et c’était ridicule. Il était venu des dizaines de fois chez les Harker, il connaissait toute la fratrie, peut-être pas tous aussi bien que Delilah, mais ça n’était en aucun cas un problème : les garçons ne l’avaient jamais attiré. Il était déjà venu ici. Il était un ami de la famille, un chasseur aussi, il…

Il ferma la porte derrière lui, glissant son sac sur la table, entreprenant immédiatement de l’ouvrir pour axer sur son regard sur autre chose que Delilah, qui semblait vouloir jouer avec ses nerfs. ‹‹ Tu veux un café ? ›› Elias s’immobilisa, la pommade qu’il avait amené au cas où dans la main, les yeux rivés sur la Harker qui lui tournait le dos. Elle le provoquait, là. Vraiment ? Dès maintenant ? Elle voulait vraiment lancer de suite les hostilités ? Il reposa durement le pot, faisant claquer le verre sur la table, au lieu de son poing fermé. ‹‹ Ou tu préfères m'examiner tout de suite ? ›› Et quand elle se tourna vers lui, elle eut la joie de se heurter à son visage fermé, crispé, et son regard noir. Et un mutisme agacé, qui ne se dissipa que lorsqu’Elias se décida à se faire violence pour ravaler son irritation, avec autant de plaisir que s’il avalait une poignée d’orties fraiches. Il s’adossa à la table, croisa les bras sur la poitrine. « Avec plaisir, pour le café. » Et il allait lui jeter à la tronche dès que possible, ne surtout pas le boire ou y toucher, merci. Ou juste le laisser dans un coin refroidir. Ou lui faire doucement couler dans le dos. Ou… « T’as qu’à lancer la cafetière et le temps qu’il se fasse, je t’examine. » Un bon compromis, mais pas vraiment une bonne idée, qu’Elias regretta sitôt prononcé. Parce que l’ausculter, ce n’était pas vraiment juste la regarder en souriant et papillonner des yeux avant de dire d’une voix enjouée que tout allait parfaitement bien. Elias jeta un coup d’œil dans son sac, laissant de côté tout ce qui concernait plutôt un suivi régulier qu’une auscultation de rémission d’une luxation de l’épaule. Ne trouvant que la pommade apportée et ses connaissances, parce qu’en définitive, en dehors d’une immobilisation – que Delilah avait de toute évidence abandonné – et une rééducation qu’elle pouvait faire seule, il ne lui restait qu’une seule chose à faire.

Il ne voulait pas sourire, vraiment. Mais c’était sourire ou rougir, et quand il articula un maladroit et pourtant presque assuré « Il va falloir que je regarde si tout s’est bien remis en place, du coup, faudra que tu te déshabilles », son instinct de survie sembla juger la première option comme la moins dangereuse. Et un sourire nerveux et gêné fleuri bien malgré lui, contrebalancé par une tentative de se justifier. « Je veux dire, juste le haut, que je puisse palper… enfin… » Et comme souvent lorsqu’Elias se trouvait à court d’arguments et dans une situation qu’il ne maîtrisait pas, il opta pour le plus simple : l’agacement et l’emportement. « Bref, enlève moi ton haut, je vais pas non plus lire ta santé dans des feuilles de thé ou le marc de café. Et t’en fais pas, quand je te l’ai remise en place, c’était un acte chirurgical, on est dans un domaine de kiné que je maîtrise. » Si ça pouvait la rassurer.

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MessageSujet: Re: An end or a new start • Delias    Hier à 17:41


Elias & Delilah

 
A quoi est-ce que cela ressemblait ? Des personnes qui s'entendaient sans se comprendre. Et puis se comprenaient sans s'entendre. C'était inégal. C'était déséquilibré, tangent. A chaque instant, Elias et Delilah semblaient jouer avec le feu, risquer leur relation pourtant construite depuis si longtemps. Comme s'ils pouvaient aussi bien appartenir à la même famille et disparaître de la vie l'un de l'autre sur un faux pas... Un adulte paumé et une gamine mature. Le beau tableau !


« Ah. Cool. »

Au moment de le faire rentre dans la cuisine, Deli avait au moins eu la satisfaction de voir un Elias un peu mal à l'aise, moins sûr de lui, moins assassin que sur son propre terrain, dans son appartement.
Alors elle en profita, continua à taquiner, crevant à sa façon l’abcès parce que c'était comme ça que Del faisait. Elle ne prenait pas quatre chemins, elle fonçait directement dans les flammes, à ses risques et périls, mais au moins avec des résultats. Alors elle proposa un café. Plutôt ça que d'éviter le sujet. Derrière elle, un verre heurta la table dans un claquement évident. Delilah retint difficilement un rire. Ce que c'était facile de toucher les nerfs du grand frère Baker...
Puis pour tenter de lui couper un peu l'herbe sous le pied, la belle blonde relança la conversation sur ses soins. Et sous cette idée, le fait qu'il allait devoir s'approcher d'elle. Le fait qu'il allait devoir la toucher aussi.
Sur ces propos, la chasseuse se retourna pour voir le visage de l'ours comme elle le connaissait. Fâché, fâché, fâché et les yeux plus noirs que les eaux du Styx. Habituée, Delilah soutint son regard.

« Avec plaisir, pour le café. »

Woaw. Ah bon ? Delilah lança un regard appréciateur au beau brun. Il venait même de faire toute une phrase ! Maintenant, la jeune Harker était bien curieuse de savoir ce qu'il allait en faire de ce café...

« T’as qu’à lancer la cafetière et le temps qu’il se fasse, je t’examine. »

Sans attendre, la belle blonde acquiesça.

‹‹ Cool. ››

Comme un écho, gardant son air léger bien que tout à coup, son cœur avait commencé à battre plus fort dans sa poitrine. Cachant une nouvelle fois ses émotions, la jeune femme se tourna vers la cafetière, vérifia qu'il y avait suffisamment de grains, d'eau et après avoir placé une tasse sur le socle, alluma l'appareil pour le laisser chauffer.
Ses mouvements avaient été machinaux, répétés de nombreuses fois, mais imperceptiblement plus tremblants qu'à l'habitude.
Et puis Delilah se retourna, agrippée nonchalamment au rebord du plan de travail.

« Il va falloir que je regarde si tout s’est bien remis en place, du coup, faudra que tu te déshabilles »

Cette fois-ci ce fut Elias qui sourit, mais pas Delilah. Ca avait été drôle jusqu'à maintenant, tant qu'ils se tenaient loin l'un de l'autre, tant qu'elle avait le contrôle. Mais rien qu'à l'idée qu'il allait s'approcher... Del ne pouvait plus se cacher derrière ses plaisanteries et ses piques.

« Je veux dire, juste le haut, que je puisse palper… enfin… »

Enfin c'est ce qu'elle pensait jusqu'à ces mots du grand frère Baker. Dans la nervosité du moment, Deli pouffa de rire. Palper. Il avait bien dit palper ? La belle blonde porta une main à ses lèvres comme pour cacher son amusement quand bien même c'était parfaitement inutile et qu'elle n'en avait après tout pas vraiment l'intention.

« Bref, enlève moi ton haut, je vais pas non plus lire ta santé dans des feuilles de thé ou le marc de café. Et t’en fais pas, quand je te l’ai remise en place, c’était un acte chirurgical, on est dans un domaine de kiné que je maîtrise. »

L'énervement d'Elias fini de détendre la fille Harker pour un moment encore. Comment cet homme si puissant, si doué pour la chasse, pour le maniement des armes, à la fois rapide et précis, pouvait-il être si maladroit ?

‹‹ Je n'ai jamais remit en doute tes compétences médicales, Elias. ››

Elle fini par dire, presque gentiment.
Et puis le silence se fit. Ils n'avaient plus rien à se dire. Ils n'avaient plus de manière de repousser encore le moment.
La tension palpable sembla retomber aussi vite qu'elle s'était envolée. C'était oppressant. Tellement oppressant que Delilah avait l'impression de sentir un poids sur sa poitrine l'empêchant de respirer normalement.
Elle se concentra sur les battements de son coeur, puis du bout des doigts attrapa son pull en même temps que son sous-pull. En un mouvement, elle passa le tout au dessus de sa tête et se retrouva en sous-vêtements devant Elias. Pendant tout ce temps, son regard n'avait pas fuit, ne s'était pas baissé. Delilah posa ses vêtements sur une chaise près d'elle, puis toujours aussi lentement, retardant l'échéance malgré tout, la jeune femme saisit la bretelle de son soutient-gorge et le fit glisser le long de son bras pour laisser son épaule parfaitement dénudée.

‹‹ Ca ira comme ça ? ››

Alors que ses yeux ne quittaient toujours pas le beau brun, mais qu'elle n'avait pas fait un pas. Encore à l'abri loin de lui.
Derrière elle, la machine à café émit un petit son qui indiquait qu'elle était prête, mais Delilah n'y fit pas attention.

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An end or a new start • Delias

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