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 MERMAID MOTEL - REED+SIN

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MessageSujet: MERMAID MOTEL - REED+SIN   Lun 5 Nov - 1:31

MERMAID MOTEL
Maybe we could go to Coney Island
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God bless the universe, god bless the ocean
God bless you and god bless me
God bless you and god bless me
@Reed Taylor



Elle lui en veut. Sa rancœur est en train de prendre une telle place dans son corps qu'elle peine parfois à respirer. Reed s'est barré. Au petit matin, il n'était plus dans ses draps comme ils l'avaient convenu. Ce que Sinéad n'avait pas vu venir par contre, c'est cette douleur en elle, comparable à un organe ou une tumeur suffisamment grosse pour la sentir en soi, encombrante, pompeuse d'énergie. Son organisme la réveille parfois la nuit pour lui rappeler son absence, faire de son départ une plaie tellement profonde qu'elle pourrait s'y cacher entière dedans.
Et s'il ne revenait pas ?
L'abandon est un affront si lourd qu'elle le porte en elle, jour et nuit, jusque dans son regard vide lorsqu'elle passe le balais une fois la salle de l'auberge vidée. La gérante a accepté de la garder entre ses murs. Peut-être sait-elle ce que Sin cache, ce qu'elle est réellement, au delà de ses airs de gamine blasée. Remuer la poussière l'aide à oublier celle qui prend toute la place dans sa tête. Son crâne renferme tout un monde que Reed a laissé partir en fumée en quittant sa chambre.

Des jours qu'ils ne se sont plus croisés, qu'elle n'a même pas vu sa bécane sur le parking. Comme s'il n'avait jamais existé ailleurs que dans ses souvenirs. Elle a parfois la sensation d'être une gamine qui s'invente un monde pour se protéger de la réalité. On la regarde avec ce grands yeux lorsqu'elle s'énerve pour demander si personne n'a vu un grand type dans le coin avec un air peu aimable. Ce même connard ayant brisé la lampe de l'entrée. Mais non, pas de signe de lui, rien. Même la lampe est à sa place, comme pour le narguer. Et ce manque qui grandit en Sinéad, qui la trahit sur tout ce qu'elle croyait.
Tu n'es rien sans lui. Les hommes sont ta création mais aussi ta continué. Ils tiennent ton existence à  bout de bras et dont ce qu'ils désirent de toi.

Elle a dans les bras un sac en papier plein de courses qu'elle tient fermement contre son torse. Un bonnet fait au crochet sur la tête la protège tant bien que mal du froid alors que Sinéad porte sur ses épaules un pull épais de Taylor qui lui rappelle qu'elle n'est pas folle, qu'il était bien là ces derniers mois avec elle. L'auberge se dessine à quelques mètres dans la brume matinale qui peine à laisser respirer le paysage. Lorsque Sin redresse la tête, son regard se plante sur une silhouette. Celle qu'elle n'espérait plus. Elle a la sensation de faire face à une hallucination mais presse tout de même le pas. Ses cheveux sont légèrement frisé par l'humidité et tellement longs qu'ils atteignent ses fesses. Elle a toujours su que Reed aimait les longues chevelures pour les tenir entre ses doigts pendant l'amour. Les traits de son visage sont plus durs, vieillissent de quelques années pour lui donner cette impression de maturité dont il a trop souvent douté ces derniers temps. Ses yeux s'assombrissent un peu plus pour être certaine de pouvoir le noyer dans le noir de ses pupilles. Sent-il la rancœur qui déborde de sa bouche lorsqu'elle l'ouvre pour briser le silence ? Qu'est-ce que tu fiches ici ? Silence, le temps de le détailler, de relever légèrement le menton pour sembler plus grande. Dans son jean taille haut et ses vieilles chaussures, seul le pull de Taylor lui donne du réconfort. T'as pas une bécane à réparer ... Dans ses yeux on peut lire qu'elle lui en veut. Sinéad lui fait le reproche de lui avoir fait croire qu'il pourrait sans aller loin d'elle, briser leur duo qui a marqué sa place dans son être sans qu'elle ne le remarque jusqu'à ce qu'il parte.
A toi, Reed. A toi de prouver que sa rancœur n'est pas légitime.
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MessageSujet: Re: MERMAID MOTEL - REED+SIN   Mer 7 Nov - 2:18

MERMAID MOTEL

@Sinéad Harris & Reed Taylor



Il a commencé par négocier un fusil de chasse. 600 kilos de viande morte en deux cartouches, une dans la tête, l'autre dans les cervicales. Un putain d'orignal. Des bêtes comme ça, on n'en trouve pas là d'où il vient. Echange de bon procédé : l'armurier n'en croyait pas ses yeux. S'il avait accepté le deal, c'était surtout parce que Reed l'avait saisi par le col, histoire de lui faire comprendre qu'il n'avait pas d'autre choix que de lui avancer l'arme avec laquelle il comptait bien rembourser sa dette. La carcasse démembrée laissée sur le parking de l'armurerie, Taylor s'était alors retiré dans la foret. Un endroit hostile et froid, plein d'ombres et de sentiers semblables en tous points, tout juste bons à se perdre pour qui n'est pas sauvage comme le gibier qui s'y cache. La chasse, tout ce qu'il sait faire, tout ce qu'il a toujours fait. Aux bêtes, aux hommes et, depuis l'au revoir, à ses propres démons. Un refuge comme un autre pour un homme ayant besoin de travailler sur lui-même. Les jours passés à remonter les pistes n'avaient pour but que de calmer ses humeurs, de concentrer son esprit sur autre chose que sa colère et de permettre à sa violence de s'exprimer à travers des pratiques ancestrales. S'improviser trappeur n'était qu'un moyen justifié par la faim.

En ville, Reed sait qu'il tirera un bon prix des différentes peaux arrachées aux cadavres de ses victimes. C'est pourquoi il avance un sac de jute perché sur l'épaule. Dedans, un pelage d'ours en guise de monnaie d'échange. Cela devrait suffire à régler les frais de la bécane. Plusieurs centaines de dollars pour un grizzli de cette taille. Ses pas le mènent jusqu'à cette rue qu'il avait remonté au petit matin, sans un regard en arrière. Des jours qu'il est parti, il ne les compte même plus. La vie dans la foret ne s'encombre pas de repères chronologiques. Autour de lui, la brume est la même que ce jour là, en plus glaciale. Ici, les températures chutent à une vitesse vertigineuse. Encore une semaine ou deux et la cabane dans les bois ne sera définitivement plus un refuge acceptable, même pour lui et sa capacité à serrer les dents pour leur éviter de claquer. La neige approche, là bas, derrière les montagnes, il le sent, c'est comme un sixième sens. Taylor pourrait se contenter de prendre la première à droite et descendre l'avenue plus fréquentée menant au garage mais son être tout entier réclame la façade de cette auberge dont il garde un souvenir à la fois dur et doux. Sa barbe de plusieurs jours dépasse du col de sa veste remontée sur sa nuque. Sous ses sourcils froncés, ses yeux perçants témoignent de la rudesse de son quotidien. La vie d’ermite apaise son âme mais durcit son physique. Les sourires et les rires se sont tus avec la fin de l'été, ne reste que l'image peu rassurante qu'un géant portant sur son dos les restes de sa proie.

Silencieux, il avance sans la voir, le regard tourné vers le bâtiment, se demandant vaguement si elle y dort encore, seule ou avec un autre. Qu'est-ce que tu fiches ici ? Silence. La voilà qui apparaît là où il ne l'attendait pas, comme elle seule sait le faire. Reed lui rend la pareille, détaille de haut en bas son être qu'il a l'impression d'avoir quitté depuis des lustres. Il reconnait son pull, observe la couleur de sa peau là où ses mains tiennent fermement le sachet de courses et se garde de proposer son aide. Sa voix est rauque, plus que d'habitude. Des jours qu'il n'a adressé la parole à personne. C'est ce que je fais. Qui est l'ours, qui est l'homme ? Il pourrait tout aussi bien porter sa propre enveloppe sur l'épaule qu'on n'y verrait que du feu. Approchant d'un pas, il l'attrape par le cou, la force à combler l'espace pour la coller à lui, n'en déplaise aux victuailles qui se cassent la gueule. Elle est tiède, elle sent bon. Lui pue la sueur, le mâle et le gibier. Son nez se perd dans sa tignasse mal protégée par son bonnet. Elle n'est pas sienne, mais, pour quelques secondes, elle est sa prisonnière. Sa poigne, rare sont ceux capables de s'en défaire. Il n'ajoute pas un mot, ce contact lui suffit. Et quand bien même elle irradie de rancœur à son égard, Reed lui vole cette étreinte sans une once de remords. La bouche non loin de son oreille, il reprend, aussi désagréable qu'elle : Tu me manques aussi, petite garce.
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siren ○ hell's angels
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MessageSujet: Re: MERMAID MOTEL - REED+SIN   Hier à 14:44

MERMAID MOTEL
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@Reed Taylor



Elle a l'impression de faire face à un ogre quittant sa forêt pour venir enlever les enfants du village et repartir avec sans savoir ce qu'il fera d'eux. Reed dégage quelque chose de menaçant mais Sinéad ne le perçoit pas. Après avoir vécu dans la violence des hommes toute sa vie elle n'est plus en état de faire la différence entre ce qui lui fait du bien ou ce qui la tue. Ses pupilles s'attachent à cette silhouette géante alors qu'elle semble soudainement minuscule et inutile. Ce n'est que lorsqu'il la prend dans ses  bras, qu'il la serre contre lui en écrasant au passage ses légumes que sa peur lui tombe dessus. Elle était persuadée de ne plus le revoir, presque certaine qu'il ne reviendrait pas la chercher alors qu'elle n'attendait que ça. Son cœur se gonfle de colère et de soulagement, cocktail délicat qui la déstabilise. Sin est figée dans une glace qui ne cesse de fondre à chaque fois qu'elle entre en contact avec lui, l'ours pourtant plus froid que n'importe quel iceberg. Sa main se pose entre eux pour tenter de quitter plus vite cette étreinte dont elle se sent trop prisonnière pour pouvoir en profiter. Il y a en elle un mécanisme étrange qui la pousse à se ressaisir lorsque ses sentiments prennent le dessus sur le reste. La voix de Taylor la tourmente.

Son regard dégringole dans son sac où elle remarque ses légumes dans un mauvais état. Elle lui aurait jeté au visage en temps normal mais se recule d'un pas. La brume les encercle dans un silence agréable, les ramène à cet état solitaire qu'ils partagent depuis des mois. La claque, elle l'avait oublié et ne se la remémore même pas maintenant. Ce n'est qu'en étant à une distance raisonnable qu'elle ose lever la main pour lui rendre sa gifle. Ses doigts claquent contre sa barbe alors que la matinée devient soudainement plus brutale, plus réelle. Reed est là, elle en est à présent certaine.
Ce n'est pas seulement une illusion.

Ses phalanges lui piquent et des fourmis remontent jusqu'à ses coudes mais Sinéad se sent déjà mieux. Ça, c'est pour ne pas avoir donné de nouvelles. Elle remet son bonnet en place, encore couvert de l'odeur de Reed et plante ses yeux sombres dans les siens. Ses iris sont d'un brun si foncé qu'ils durcissent les traits de son visage. Sa longue chevelure, encore légèrement humide de sa douche matinale barrent son visage mais l'orpheline ne prend pas le temps de dégager son regard. Sin sent dans sa gorge un poids remonter du plus profond de ses tripes. Elle a besoin de parler, pour la première fois depuis qu'ils se connaissent, la gamine ne peut plus se taire. Elle a l'habitude que Taylor lui demande de la fermer, ouvre la bouche dans l'unique but de se soulager elle-même de ce qui la ronge. Si t'as l'intention de te barrer seul tu peux aussi me le dire et je rentre tout de suite. En stop, elle se débrouillera, elle a les atouts pour aller plus vite. Enfin, elle termine par rendre les armes, fixer l'horizon étouffé par sa brume. Il y a un surplus d'émotions en elle depuis qu'ils se sont arrêtés ici qui ne demande plus qu'à s'évacuer. Parfois je me dis que c'est encore pire que l'Idaho. Tu trouves pas ? On s'est voilé la face, ici ou ailleurs, rien n'évoluera jamais. Plus rien ne tient la route, les filtres et les barrières qu'elle avait mis en place, Sin ne les sent plus et se sent moins forte, plus à découvert. Sans compter ses nausées matinales qu'elle se trimbale depuis des jours. L'odeur forte que porte Reed lui fait lâcher son sac à terre et se retourner brutalement pour vomir ses tripes par terre. Elle le connaît suffisamment pour savoir qu'il ne lui en portera pas rigueur.

On a merdé. Il sait de quoi elle parle lorsqu'elle s'essuie la bouche du revers de la main. Lui était trop con ces derniers mois pour utiliser une capote et elle trop fauchée pour penser à la pilule. Elle se pensait intouchable mais son organisme est finalement comme les autres. En elle, il y a un petit être qu'elle voit comme une erreur, une vie dont elle ne pourra jamais être responsable puisqu'elle ne sera jamais mère et Reed jamais père. Ses yeux le fuient cette fois, Sinéad ne verse pas une larme, trop réservée pour cela, trop forte pour lui laisser entendre qu'elle est touchée par ce qu'elle vit et ce qu'il lui fait vivre. Ce qui la perturbe le plus, ce n'est même pas cette grossesse dont elle pourra se débarrasser mais plutôt son amour pour Taylor dont rien ne pourra mettre fin, si ce n'est la haine.
Elle ne veut pas ça, le haïr.
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