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on vous invite à privilégier les fantômes, les djinns et les petits humains
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 Tonton || Tito & Helena

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MessageSujet: Tonton || Tito & Helena   Sam 1 Déc - 2:50


Sara, tu as tout ce qu'il te faut ? Le nez dans la cuisine, à me dépêcher, alors que son cri perce le calme de l'appartement, en dehors de nous. Oui tonton ! Dépêche-toi ! Le comble. Je souffle un rire, attrapant ce qu'il me faut avant de prendre les clefs pour sortir, la laissant prendre de l'avance. Ne cours pas dans les escaliers ! J'ai l'impression de lui avoir répété cent fois déjà. Sans doute parce que ça fait mille fois, en fait. Je la rattrape pour lui attraper son sac. Non, c'est moi qui le porte ! Bouille ronde, joues gonflées alors qu'elle veut jouer la grande. Je roule des yeux, la laisse monter dans la voiture avec, lui accrochant sa ceinture et vérifiant le tout. Puis on prend la route. Tu n'oublies pas, tu es sage et tu écoutes tout ce qu'on te dit, c'est bien clair ? Et elle hoche, avant de me dire de mettre son cd préféré, même si on a que dix minutes de route. Je souffle doucement avant de le faire, la laissant chanter avant d'arriver chez les parents de son amie chez qui elle va passer la soirée. Chez qui elle va souvent, mine de rien, parce qu'elles s'adorent les deux petites. J'ai confiance dans les parents, ils sont prudents et bien sous tout rapport. Du genre banals, sans histoire particulière. Quand on arrive et qu'on a discuté un peu, que je vais pour la laisser, elle vient me serrer fort. Au revoir tonton ! je t'aime ! Et je souris, lui rendant l'étreinte. Je t'aime aussi, petite patate. Sois sage, hein ?

Sois sage, Sara.

[...]

Un appel, un peu soudain.
Pas même cinq heures du matin.
Le regard flou, le sang de même.
Une main qui tâtonne, qui décroche.
Des sanglots, à l'autre bout du fil.

Effroi.

[...]

Non, non... NON ! J'éclate, alors qu'ils sont là. Il fait nuit, les gyrophares tournent encore, comme pour une scène de crime. Dans le silence de la nuit, que seules mes protestations à cet instant perturbe. NON ! C'est presque animal, finalement. On vient de m'éventrer, de me mettre les tripes à l'air. Je me sens en dehors de moi-même. En dehors de tout. Juste le regard écarquillé, qui ne peut pas y croire. Je veux les secouer, pour qu'ils arrêtent de chialer, qu'ils me disent la vérité. Et que tout le monde éclate de rire de voir ma tronche, pour la laisser sortir et faire surprise. Je veux l'entendre me dire tonton, l'entendre me dire qu'elle n'a pas été sage, mais que c'était drôle quand même. Je veux qu'elle fasse bouh, d'un coup, pour tenter de me faire sursauter. Je jouerais le jeu, je ferais semblant d'avoir peur, promis. Je veux qu'elle soit là. Dites-moi qu'elle l'est. Dites-le moi. Je demande juste ça. Me laissez pas là. Pas comme ça. Elle est où, ma petite patate ? Je me sens frigorifié, à cet instant. Et je crois que mes cris résonnent en tout autre chose. Que ça se mue en désespoir profond, alors que je m'écroule finalement, parce que mes jambes tiennent plus sans elle. Sur le béton, y'a mes poings qui se fracassent. Mes cris et mes larmes aussi. C'est terrible à voir. J'hurle après Dieu, je crois. Qu'il cesse de s'acharner.

Sara, t'as suivie qui ?
Ma patate, ma survie.
Laisse-moi te voir grandir.
Encore et encore, jusqu'à...
Jusqu'à être trop vieux.
Que tu me trouves gâteux.
Pourquoi t'es plus là, Sara ?

Tonton n'est plus rien, sans toi.

[...]

J'ai la tête qui tourne. La peine qui me cisaille sur place. La raison qui s'est fait la malle. Je refuse d'accepter tout ça. Alors je sors de la voiture, plus capable de réfléchir. Juste l'estomac retourné par tout ce qu'il se passe. L'esprit est persuadé de ce qu'il va trouver. Alors j'avance, déterminé, la portière claquée trop violemment. L'adrénaline qui me court dans le sang, la plaque montrée un instant à l'accueil, quand je passe et qu'on tente de me retenir. Mais finalement, ils se disent que ça doit être trop sérieux alors on me laisse passer. Je sais exactement à quelle étage aller. Quelle chambre défoncer, s'il le faut. Je suis sûr que t'as pas encore quitté la ville. Tu dois attendre le petit-déjeuner pour ça, pas vrai ? Qu'elle voit le lac une dernière fois, avant de partir avec à jamais. C'est quoi ton problème ? T'es pas capable de survivre deux semaines sans appel ? J'ai la rage qui pulse, de partout. Quand je frappe à ta porte, il est huit heures trente. Le poing qui se fracasse contre, la tempête qui va s'abattre sur toi soudainement. Et quand t'ouvres, l'air ensommeillé avec la trace de l'oreiller, mon poing est armé. Vitesse prise, phalanges qui s'écrasent contre tes traits. T'as à peine eu le temps de voir le regard fou que je peux me trimbaler. Je rentre dans la foulée, fait claquer la porte pour revenir te saisir, t'en remettre un, avant que le premier éclat ne se fasse entendre. ELLE EST OÙ ?! Je te renverse, sans plus me soucier de rien, me jette sur toi pour te frapper encore et encore, pour t'assommer à moitié sur place, en hurlant encore la même chose. Et je me relève quand t'es pas en mesure de parler, la bouche pleine de sang, cherchant dans la chambre. SARA ?!? Le tour est rapide, mon coeur qui s'affole davantage encore, de pas la trouver là. Je me sens mal. J'en reviens à toi, sortant mon arme pour te pointer avec. Rendu fou, Zac. De douleur, d'épuisement, de vivre. DIS-MOI OU TU L'AS PLANQUÉE ?! La voix qui se brise à moitié. Mais celle qui reste est pleine d'une colère noire. DIS-LE MOI !! Je suis capable de tirer, sans me soucier des conséquences. Un coup de pied qui part, dans ton bide. JE VAIS TE BUTER !! Promis, juré, craché. Je veux juste ma petite patate. Rends-moi ma gamine.

Rendez-la moi, je vous en supplie.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Sam 1 Déc - 3:40

Pas de nouvelle, en vrai j'espérais au moins un signe de vie, avoir au moins le droit à une photo d'elle, mais rien. Je me fais patient du mieux que je peux. De toute façon tu es le seul qui pourra m'autoriser à la voir, j'ai intérêt de suivre le droit chemin. Je dors plutôt mal, repensant à ce que j'ai manqué, ce qu'aurait pu être ma vie si je ne l'avais pas laissé. Elle serait peut-être encore en vie. J'aurais pu lui sauver la vie, j'aurais pu être un bon papa, enfin c'est encore à prouver ça. La nuit est longue et c'est bien trop tôt qu'on vient frapper à ma porte. Petite grenouillère en place je m'active pour ouvrir, parce que ce n'est pas normal qu'on vienne frapper si fort. Je n'ai pas payé la chambre ? Un type se trompe ? Aucune idée, ouvre la porte sans vraiment réussir à voir qui est face à moi. La seule chose que je vois c'est un poing, en plein dans la face. Je recule en me tenant le visage et te voilà qui me rattrape pour enchaîner les coups avant de continuer au sol. Pas le temps de comprendre, ça tourne, sifflement dans mes oreilles, je dois éviter de m'évanouir, je veux comprendre ce qui m'arrive là. J'entends son nom, je lève le nez vers toi quand tu te rapproches pour m'offrir un nouveau coup. Le sang qui gicle sur le sol, j'en ai plein la bouche, j'ai le nez explosé, l'arcade aussi. Autant dire que je pisse le sang et bien comme il faut. Je tousse mon regard perdu sur le sol essayant de reprendre mes esprits, un réveil de choque et je ne comprends rien à ce que tu baragouines. Quand je te vois pointer l'arme sur moi j'essaie de me relever en mettant les mains en l'air. Je me casse un peu la gueule et je te regarde avec un regard plein d'incompréhension, enfin, je te regarde d'un œil, tu t'es occupé de l'autre. Coup dans le ventre et je reprends ma position au sol en gémissant de douleur.  J'essaie d'articuler, de parler, mais il n'y a que du sang qui part. Quelques insultes qui s'échappent, bien entendu incompréhensible, en même temps si tu voulais parler il fallait peut-être éviter de m'exploser la gueule avant.

Je me tortille au sol avant de venir cracher du sang sur tes chaussures, sans vraiment le vouloir. Je crache ça ou je peux il ne fallait pas t'approcher pour me taper encore. « Qu... ce... passe ? » J'essaie de communiquer, mais c'est une question, je n'arrive pas à comprendre et à écouter tellement je suis sonné. Ça va sûrement t'énerver encore plus, mais malheureusement, il ne fallait pas poser ton cerveau avant de venir. J'essaie de me relever en t'ignorant un peu m'aidant du lit. Je finis finalement juste assis, je dos contre le pied du lit, l'arrière de la tête bien posé et je te regarde avec un air complètement absent. Je n'ai pas l'opportunité de réfléchir là. « Sara ? » Mon semblant de regard se veut inquiet, parce que c'est ce que je suis là, totalement inquiet, bien plus qu'énervé. Comme si j'avais juste envie de comprendre en oubliant qu'on vient de me casser la gueule. Je n'ai aucune peur face à ton arme, une balle dans la tête pourrait pourtant si vite arriver, mais je suppose que je dois le mériter. Aucune idée de pourquoi, mais là tout de suite, j'attends juste que toi tu parles, puisque moi, on m'a fait fermer ma gueule pour un petit temps. Sang qui continue de couler, collant de plus en plus à ma peau, sensation si désagréable.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Sam 1 Déc - 4:08


Incapable de réfléchir de manière rationnelle. Juste la peine d'un parent face à une perte, qu'il ne sait s'expliquer qu'ainsi. D'avec ce géniteur revenu qui lui aurait volé, qui était facilement retrouvable, facilement attrapable. Alors elle s'abat, la sentence, pleine d'un effroi viscéral. Une pluie faites de sang, des larmes qui ne coulent plus à cet instant. Et il s'en fiche du sang sur ses mains, sa chemise, ses pompes. Il s'en fout de tout. Il ne peut qu'hurler, réclamer après sa raison de vivre. Il est une comète à son firmament, prise dans une vitesse que personne ne peut arrêter. Étau terrible qu'est la peine, infinie dans certains cas. Tito qui tente de se redresser. Et qui prononce le mauvais nom, dans le fond. Avec la mauvaise expression. Ca tue Zac, sur place. Il sait, tout au fond de lui. Que ce n'est pas Tito. il sait. Mais il ne peut pas l'accepter. Comme il n'a pas su accepter la mort de sa famille. Pas su accepter que c'était son père. Alors que le suicide sonnait comme un aveu. Que celui de Micaela sonnait comme uen détresse qu'il n'avait jamais su combler. Alors il s'accroupit, tenant par le col de la stupide grenouillère cet homme qui n'a rien demandé, qui ne saisit rien. Canon posé sous le menton, excès de partout chez Zac. SARA, OUAIS ! Il dégueule tout, Zac. L'indifférence est morte au combat, il ne peut pas être ainsi, pour une fois. Tout est brisé, sans plus aucune chaîne pour le retenir. Et lui, il a jamais voulu jeter la clef dans le fond. Il veut la retrouver, qu'elle lui scelle encore et encore les poignets, pour des dizaines d'années encore. Même s'il a jamais su le dire, le montrer réellement. DIS-MOI CE QUE TU LUI AS FAIT... ! L'arme tremble de plus en plus. Zac aussi, en fait. Parce qu'il le scrute, ce visage détruit sous ses coups. De ses propres mains. Et qu'il n'y a rien de ce qu'il cherche. Juste cette inquiétude, grandissante. Elle est où... ?? La voix qui baisse d'un ton, ça se tord davantage encore dans sa cervelle. Dis-moi que c'est toi... Dis-le moi... Mais il ne peut pas lui dire, ça, Tito. Il peut pas. Il l'aurait tant voulu pourtant. Tout aurait été plus simple.

Mais il peut pas.
Parce que c'est
pas la solution.


S'il n'avait pas déjà les genoux à terre, il se serait encore effrondré. Encore esquinté, ouvert davantage. Et l'arme qui s'abaisse à peine, alors que les yeux s'écarquille de plus en plus, sous l'horreur de la situation. Où est Sara... Rends-la moi... Je dirais rien... Il tente de négocier. Veut juste la récupérer. Il s'en fout, du reste. Il veut juste ça. Et le souffle commence à lui manquer. Et la colère qui se ravive, qu'il reprend des forces parce que sa cervelle nie tout en bloc. L'arme revient contre la peau. Mais il tremble, Zac. Tellement. Parce que le corps a déjà compris. Que le coeur sait déjà ce que la tête refuse de voir. C'est toi qui l'a enlevé, pas vrai ?! Il crache encore ses mots, ceux pleins de sanglots qui s'expriment de trop pour lui. Mais c'est pas Tito. C'est pas lui. Ça le sera jamais. Et il secoue la tête, Zac, celle qui veut rien savoir. C'est pas possible, non, NON ! Ca ne peut qu'être ce géniteur sorti de nul part, pas vrai ? PAS VRAI ?! Il est à bout, Zac. Totalement usé, jusqu'à la dernière parcelle de ce qu'il est. NON, NON ! Et il frappe à terre, encore, s'en fout de se fracasser les os encore. Il fait fi de la peau éclatée, de son propre sang qui s'est mêlé au reste. Il recule, vivement, soudainement, pour chercher encore, retournant ce qui peut l'être, soulevant même la couette dans un élan d'espoir qui se fait tuer la seconde d'après. Sara, patate, t'es où ?? Il fouille encore la salle de bain. Mais il n'y a qu'eux. Deux, pour une seule âme qui soit encore en vie. L'autre est morte, définitivement. Il tremble, Zac. Encore plus fortement, au fur et à mesure que la cervelle doit accepter les faits. Qu'elle n'est pas ici. Alors il se tourne vers Tito encore, l'air plus dévasté que jamais. Tu l'as tué... ? Comme tes parents... ? Il a fouillé pour son affaire. Découvert toutes les suspicions. Il ne savait pas quoi en penser, mais à cet instant... La folie de la perte le pousse à y croire, soudainement. T'en as fait quoi... ?

Il reste là, planté tel un drapeau sans plus aucune patrie pour lui donner des traits. Figé dans la douleur d'exister sans plus rien pour le tenir debout. Alors il s'écroule contre un mur. Se laisser glisser, une main qui vient à s'écraser sur le visage. Et les larmes qui commencent à affluer de nouveau. Qui teinte d'humidité le regard, qui viennent à faire une percée sur le visage, creuser des sillons au travers du sang, de la fatigue. Il étouffe les sanglots, de ceux qui comprennent. Qu'elle fait partie du lot d'enfants disparus. Et la cervelle qui se refusait de comprendre se dit soudain qu'ils la retrouveront jamais. Alors l'arme change de cible. Il la pose contre cette salope qui murmure que c'est terminé. Qu'il reverra jamais plus sa nièce. Sa-a-rr-ra-a... C'est tellement douloureux à entendre. Le désespoir à l'état brut est ce qu'il y a de pire. Il est prêt à tirer, Zac. Il le savait, qu'il pourrait faire un mort. Il n'avait juste pas prévu que ça serait lui. Pas si tôt. Mais finalement, c'est de famille, le suicide. C'est dans les veines de chacun. Il est comme mort à son tour, Zac. Comme sa soeur avait pu l'être, pendant tant d'années. Ce sont les adieux qu'il signe, de cette voix sanglotante, de ce prénom qu'il ne pourra plus jamais prononcer autrement. L'homme est mort quand l'oncle a été rayé par la vie.
Plus de Sara.
Plus de Zacarías.
L'équation était pourtant si simple.


Time to say goodbye.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Sam 1 Déc - 5:09

Je frissonne en sentant le canon de l'arme sous mon menton. J'ai peut-être un peu peur là, peur que tu appuis, peur que tu fasses une connerie, mais petit à petit je commence à comprendre, comprendre ce que tu penses et ce qui se passe. Sara a disparu, je ne peux que voir ta souffrance, tu es son papa. Je te laisse faire ne pouvant pas vraiment parler avec l'arme sous le menton, mais je te regarde dans les yeux. J'ai de la peine pour toi et bien entendu je suis inquiet. J'attends sagement que tu arrêtes, parce qu'un simple faux mouvement et j'y passe, je sais bien qu'au fond de toi, tu n'as pas envie d'appuyer, tu sais que ce ne peut pas être moi. Du moins je l'espère parce que là, ça risque d'être mon dernier jour sur terre, c'est un peu comme si dieu m'avait juste laissé après notre première rencontre, juste le temps de te rendre totalement fou. Je sens cette arme qui tremble et ta voix qui s'élève encore. Ton poing contre le sol, comme un connard, dans un réflexe je viens foutre ma main entre la tienne et le sol. Je te laisse te relever et aller chercher de nouveau Sara. Ta voix qui me brise, tu partages ta peine avec moi là. Je te suis du regard toujours en peine, je fais de mon mieux pour ne pas m'évanouir comme une merde et finalement tes mots me rattrapent, ils me frappent, comme quoi, tu sais faire mal avec les poings et les mots.  Je me force à me lever même si ça tourne et je vais me prendre de quoi boire histoire de dégager le sang et cette sensation que j'étouffe. Je finis par prendre la parole en te regardant. «  J'ai tué personne. Je sais pas où elle est, Castellano. » Mon regard qui se pose sur toi qui glisse contre le mur. Avant de venir te rejoindre, j'attrape l'arme pour venir doucement te la faire baisser. «  Fais pas de connerie. On va tout donner pour la retrouver. Je donnerais tous pour ça. » Je te retire doucement l'arme des mains pour la poser un peu plus loin histoire que tu ne puisses pas l'attraper facilement et je reste assis à côté de toi. Larmes qui montent aussi. «  On va la retrouver, okay ? »

J'ai beau ne pas être le papa que j'aurais dû être. Je ne veux pas la perdre, je ne veux pas perdre Sara. Sans la connaître, j'ai déjà envie de tout donner pour elle. Parce qu'elle est une partie de moi, une partie de cette femme que j'aimerais toujours malgré tout. Je te regarde longuement avant de venir me relever pour récupérer ma peluche dans le lit. Je pose mes fesses au pied de celui-ci et je te donne un petit coup de pied dans les chaussures. « Donnes moi toutes les informations que tu as... pour le journal. Dis-moi quoi faire, je le ferais. » Je te le dis, je donnerais tout pour la retrouver. Tu sais beaucoup de choses sur moi, tu sais que j'ai peut-être tué mes parents, actuellement, je suis l'un des seuls à savoir qui l'a fait. Je baisse la tête, un instant avant de venir te jeter un paquet de mouchoir. Pas de pleure pour moi, je retiens ça, je ne veux pas souffrir du sel sur mes plaies. Pas doué pour retenir mes sentiments, Je ne peux pas m'empêcher de hoqueter tout le temps. « On va la retrouver... » Je serre les points, comment ça a pu arriver, comment elle a pu échapper à ta vigilance toi qui ose me juger sur tout ce que je fais. Ce n'est pas le moment de t'en vouloir, c'est le moment de travailler ensemble. « Mon frère m'a avoué les avoir tués. Il en voulait à mon père. C'est ma faute si ma mère était dans cette foutu voiture...J'ai jamais voulu ça, même avec le nombre de menace de mort qu'il a pu me faire, jamais j'aurais pu... » Encore et toujours des regrets. Je ne dis pas ça pour que tu m'apprécies plus, je dis ça pour que tu comprennes que je veux partir sur de bonne base. Que tu arrêtes de t'imaginer de mauvaises choses à mon sujet. Quitte à détruire un peu plus ce qui me restait de famille. Sara passe avant Alejo, parce qu'elle ne mérite pas ce qui lui arrive. Tu ne mérites pas non plus de souffrir autant. Tu as beau dire que ta sœur était une lâche. Tu l'aimais. Tu aimes aussi Sara, te voir détruit comme ça, pleurer face à moi, comment veux tu que je ne mette pas toute ma vie de côté pour t'aider. Pas seulement parce que c'est ma fille, aussi parce que même si toi tu me hais, moi j'ai envie de faire partie de sa vie. J'ai envie de la voir sourire, rire, jouer avec elle et faire tout ce qu'elle a envie de faire. « Si tu abandonnes maintenant... Qui va m'aider à la retrouver ? Elle a besoin de toi. »
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Lun 3 Déc - 0:36


L'arme est éloignée et il ne fait rien pour la garder là. Il n'en a pas la force. Peut-être espère-t-il, quelque part, que Tito va vouloir se venger du tabassage. Qu'il va lui dire qu'il va s'occuper lui-même de son cas. Cela lui irait, très sincèrement. Tant qu'il meurt, au  bout du compte, la manière de se faire ne lui importe que peu. Mais non. Pas de métal froid contre le front, pas de mots glaçants, pas de Mort pour l'embrasser. Comme si elle l'évitait toujours, comme s'il parviendrait à l'esquiver toujours. Et c'est pesant, cette sensation d'être le survivant là où il n'aurait pas dû. Là où il était le moins méritant de la famille. Parce qu'il avait abandonné ses frères, sa soeur, ses parents, pour voyager. Pour simplement voyager. Et il y songe trop souvent, à ce que ça aurait pu être, s'il n'avait pas fait ça. S'il avait continué d'endosser le rôle de ses parents pour eux, continuait simplement à se sacrifier sans rien en dire. Il étouffait, à l'époque. Aujourd'hui, c'est bien pire. Assommé sur l'instant, il 'écoute sans le faire. Les mots tombent et il ne réagit pas. Parce qu'il s'en fout, de ce frère qui a tué leurs parents. S'en fout bien, de la culpabilité de Tito, exposée à même devant lui. Le flic n'est pas là. L'homme non plus. Mais le frère ressort, quand Tito use d'une manière de parler qui fait relever un regard noir à Zac, malgré le rouge qui imbibe le blanc, à force de trop pleurer. Qui va T'aider, à TOI... ? Et ça lui coupe littéralement le sifflet, sur l'instant, alors que le visage à de ses mimiques que la colère seule sait faire. Mouvement bref de la lèvre supérieure, contraction du menton, sourcil qui tressaute... Autant de signes qui annoncent qu'il est en pleine implosion, encore et toujours. Tu veux te racheter une conscience, faire croire au père modèle alors que t'es que le géniteur ?! Il crache les mots avec hargne, malgré ce qui reste encore dans la gorge. Tu sais rien d'elle... De nous... Rien de rien... Et il n'était pas prêt à cet instant de les lui donner, les cartes qui lui permettraient d'avancer. Ferme-là... Juste... Ferme-là... Il essuie ses larmes d'un revers de paume, du mal à fermer les mains. Et il va attraper son téléphone, sentant qu'il ne va pas tenir.



Le téléphone retombe à terre. Ça ne fait même pas de bruit, étouffé par l'espèce de moquette. On entend encore Helena qui tente de le maintenir là. Mais ça ne sert à rien. Zac n'est plus capable de tenir. Plus assez lucide, plus assez rien. En pleine période traumatique, où il n'en est même pas encore à pouvoir tout accepter. Où il n'a plus aucun repère. Il se tait, fixant le vide tout en tremblant encore. Il lui faut de longues minutes, avant de réussir à émerger. De regarder le téléphone, de comprendre ce qu'il vient de se passer. Ce qu'il vient d'accepter de dire. N'aurait-il pas dû attendre de se calmer, auparavant ? Ne vient-il pas d'offrir bien trop à Helena ? Regard absent, avant de se dire qu'elle a de quoi le tuer depuis un moment. Qu'elle savait déjà sur quels boutons appuyer. Qu'elle l'avait déjà fait, de toute manière. Que la bombe était déjà éclatée. Ce n'était qu'un soubresaut, aujourd'hui. Qu'un minuscule soubresaut. Les yeux qui se déportent sur les mains. Puis sur lui-même, sur le sang qu'il a volé en quantité à Tito. Et il relève les prunelles, le cherche, l'incriminé. Il le fixe, sans plus aucune animosité. Zac est vidé de lui-même. Désolé. Pas de ce qu'il a pu dire. Il ne le sera jamais, ça. Il pense chaque mot qu'il a pu balancer. Il pense sincèrement que Tito n'a rien le droit de réclamer. Qu'il ne peut pas s'inclure dans ce "on" qui se profile. Mais il a les mains couvertes de sang, Zac. Comme après les trous noirs, les nuits où on a coupé dans la pellicule. Il ne se souvient même plus exactement de ce qu'il a réellement fait, à Tito. Ne sait même plus qu'il l'a braqué de son arme. Il soulève les pognes, comme pour marquer de quoi il s'excuse. Et elles retombent, mollement. Il baisse les yeux, regard dans le vague. Et ça perle de nouveau sur le rond d'une joue, puis d'une autre. En silence, sans esclandre cette fois. Elle est magnifique. Devant lui, il la distingue. La petite, qui sourit. Elle a les dents du bonheur, comme sa mère... Elle lui ressemble beaucoup... Zac n'est plus vraiment là, oui. Il est avec Sara, lui. Et elle sourit, énormément, tout le temps... Elle aime les costumes... Et dessiner... Il lui tient la main, à Sara. Sans comprendre que c'est le vide qui le recueille, seulement. Personne pour lui dire qu'elle n'est plus là.

Elle s'appelait Sarah elle n'avait pas huit ans.
Sa vie, c'était douceur, rêves et nuages blancs,
Mais d'autres gens en avaient décidé autrement.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Lun 3 Déc - 1:18

Tu me cris encore dessus. Mouvement de recule comme si j'étais encore sûr que tu allais me taper dessus, mais tu ne bouges pas. C'est presque rassurant et en même temps, je ne contredirais pas ce que tu me balances. « Je sais. Je ne suis rien, je veux juste aider. » Je suis juste l'homme qui a rendu Micaela enceinte. Le connard qui l'a abandonné avec un enfant sur les bras. Je n'ai rien à réclamer et je ne le ferais jamais. Surtout en me rendant de plus en plus compte que tu l'aimes plus que tout au monde, je m'en doutais, mais là, je me le prends en pleine face ton amour pour elle. Alors, tu sais, même si Sara n'était pas ma gosse, j'aurais quand même tout donné pour la retrouver. Je me la ferme, je te laisse à ton appel pour aller trouver de quoi me soigner. Ne trouvant rien je passe dans la salle de bain en gardant la porte ouverte pour te surveiller, passant la tête de temps en temps pour te surveiller. J'essuie le sang comme je peux le tout en lançant des insultes en espagnol. Tu m'as bien défoncé le visage, mon nez me tue, c'est sûrement le plus chiant. Parce que autant les plaies ça passe, mais si tu m'as cassé le nez ça va prendre bien plus longtemps à se remettre. Je finis par revenir dans la chambre pour me poser sur le lit. Nos regards qui se croisent de nouveau, tu sembles avoir reprit un peu de ce que j'ai pu voir de toi la dernière fois. Moins bestial, plus humain, enfin, tu restes toujours fermé et je comprends.

Tu t'excuses, m'expliquant en me montrant tes mains, tu parles donc des coups que tu m'as offerts. « C'est rien. Ça aurait pu être pire. » Il en faut peu pour être heureux, encore et toujours. Peluche sur les jambes, assis en tailleur je continue de te regarder, toi l'homme qui a voulu me tuer, puis qui a songé à ce tuer lui-même. Je ne te connais pas, mais je m'inquiète alors je ne peux pas m'empêcher de te surveiller et d'aller foutre ton arme encore plus loin de toi, parce que, cette chose est dangereuse pour toi et moi. Mon regard qui se pose sur toi quand tu viens à me décrire Sara, elle ressemble à Micaela plus qu'à moi, ce n'est peut-être pas plus mal. Je reviens vers toi avant de juste te ramener un linge humide pour le sang sur tes mains. Je ne sais pas qui nous rejoint, mais tu as besoin de cette personne alors autant que tu ne lui affiches pas le sang que tu as pu foutre un peu partout dans la chambre,enfin, au moins le sang que tu as sur les mains, pas question de faire le ménage. « Elle doit être vraiment magnifique et adorable. On va la retrouver et je ne rentrerais pas dans sa vie si tu ne veux pas. Je veux aider, pas m'imposer. » Aucune idée de si tu finiras par comprendre que c'est toi qui choisi et que jamais je ne forcerais les choses, même si je veux réellement la voir, parce qu'elle est une partie de moi et une partie d'elle. Castellano, tu ne me vois que comme un connard qui essaie de te la voler, tant pis je devrais passer ma vie a essayer d'avoir ma chance de la rencontrer . Je me prends un verre d'eau pour toujours essayer de dégager le goût de sang de ma bouche, heureusement pour moi, j'en ai perdu aucune. Je reste là silencieux sans savoir quoi faire pour toi, tu  n'acceptes rien de moi, alors je n'ose même pas te proposer un verre d'eau ou un café.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Mar 4 Déc - 0:22


Elle l'est... Qu'il dit, simplement, sans plus se soucier du reste. Sans plus se soucier de ce qu'il offre, comme vision. Sans plus s'en faire du pathétisme affiché. Il dit, véritablement. Alors qu'il devrait être chez lui, là où lui a dit de se reposer pour la journée. Son attention se porte sur le linge humide. Incompréhension, face à celui-ci. C'est juste froid. Ça ne calme en rien ce qui se passe en lui. Mais dans un réflexe mécanique plutôt qu'humain, il s'essuie les mains dedans, sans se soucier de se faire mal à trop frotter, de pousser les plaies à saigner de nouveau. Puis il le remonte, pour se laver la gueule aussi. Et il s'en rend compte qu'il pleure encore. Des larmes qui coulent sans force, comme un trop plein qui ne cesse de déborder. Un raz-de-marée qui laisse des dégâts. Au moins, ça lui donne la sensation que ça tire moins, dans le visage. Mais c'est à peine s'il le remarque. Il le laisse retomber sur le côté, ensuite. Laisse choir son visage, entre ses pognes. Se laisser aller à la peine, parce qu'il ne sait rien faire contre. Qu'il n'a plus aucune force. Qu'il n'existe tout simplement plus. Il aimerait s'endormir et qu'au réveil, tout soit redevenu normal. Pas même revenir des années en arrière. Simplement à hier soir, dire à Sara qu'il préfère dormir avec elle, pour cette nuit. Et la serrer fort entre ses bras, pour que ce matin, elle le réveille en le secouant, pour qu'il assume ce rôle qui n'est pas le sien mais qu'il a accepté quand même. Juste à hier. Quand, finalement, tout allait bien encore. Il relativise sur tout. Et il pleure ce quotidien soudainement pas si mal. Pleure ce qu'il a perdu sans en avoir mesuré la pleine importance auparavant. Prostré, les épaules secouées par les sanglots qu'il ne parviendra pas à cesser de lui-même, le sang qui s'écoule doucement, se mélange au sel des larmes. Tout ce qu'il a pu garder tout au fond de lui, pendant des années, qui ressort enfin. Tous les regrets qu'il pleure, d'un coup. Tous les morts, des premiers jusqu'au dernier. De la fausse-couche de sa mère, de sa propre mort à elle, de celles de la fratrie, de sa première nièce, de celle du père. Il chiale parce qu'il n'y aura plus que ce moment-là, précis, pour ce faire. Parce que c'est la dernière fois qu'il pourra verser une poignée sur les regrets. Parce que demain, tout sera pire. Tout sera changé. C'est le dernier instant. Où il dit adieu à tout le monde. Parce qu'il faudra avancer différemment, à l'avenir. Avec cet espoir fou qui naîtra, de ne pas être le dernier Castellano tenant debout. Encore en vie, du moins. L'acier se reformera, plus tard. Mais la tête, là tout de suite, se doit d'être en accord avec le coeur, trop palpable. Et dans les tempes, ça bat si fort. Pour réussir à se relever, demain. Tout donner aujourd'hui, pour ne plus jamais laisser la peine s'épancher. L'homme qui s'enterre, sous une dernière pluie chaude. Le cercueil contient bien des morts, déjà. Et aucun ne murmure que tout ira bien.

Aucun.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Mar 4 Déc - 23:36

Les mains se bousculent chaotiquement contre le volant, les pensées suivent la même trajectoire au-dedans. La concentration s’amenuise, gestes mécaniques et conduite imprécise. Là-haut, l’information se transforme en mélodie. Sara, Sara, Sara. Ça se mêle peu à peu à d’autres échos. Ernest et Sara. Une équation à deux inconnues pour aucun résultat.  Quelque part, au fond de cet hôtel, Zacarías l’attend pour établir un constat. Du moins, le croit-elle. Un cadavre ou un vide conséquent ? La polonaise ne préfère miser sur aucune de ces options. A défaut de pouvoir s’en inventer de plus belles, de plus arrangeantes, elle a le pied qui titille l’accélérateur et le compteur qui s’affole. Le moteur proteste, la vieille carcasse ne soutient pas le poids de l’urgence mais Helena ne l’écoute pas. N'entend les ratés de son pouls. Que son souffle pesant qui s’écrase contre le parebrise. Le reste n'est qu'un océan de couleurs brouillées, de contours éclatés. Tous ces feux la ralentissent, tous ces panneaux de signalisation l’obligent à s’arrêter. Le monde semble ne pas réaliser qu’à cet instant précis, un homme joue peut-être avec sa survie. Au milieu de la litanie formée par les prénoms des gosses, il y a cet autre élément, bien présent. Celui qui la rend aussi nerveuse et aussi imprudente. Le manque de vivacité du policier aux prises avec ses démons depuis trop longtemps maintenant. Le détail de trop, la faille de plus et la nuit se repliant sur chacun de ses projets. Il peut vouloir mettre un terme à la douleur, décidé d’abandonner. Et elle, elle ne peut pas vivre avec cette idée. Ne pourra pas l’accepter.

Après deux coups de frein brutaux, la bagnole se parque entre une moto délaissée et la caisse défoncée d’un gars de toute évidence fauché.  La femme trébuche en s’extirpant de son véhicule, le tibia heurte la carrosserie adverse. Les effets du somnifère n’ont pas encore été entièrement dissipés. La gueule de travers, l’empreinte des draps encore imprimés sur la joue, la mécano trouve hasardeusement son chemin dans l’établissement, fonce jusqu’à la porte convoitée. Face à la paroi, l’effroi se manifeste et la lâcheté grimpe le long de la colonne vertébrale pour la paralyser. Faut qu’elle fouille ses tripes pour dénicher le courage, pour parvenir à balancer son poing contre le bout de bois. Une fois le mouvement initié, l’impatience reprend ses droits. Elle frappe avec vigueur jusqu’à ce qu’on lui ouvre. Dès que l'entrebâillement est suffisant, elle s’y glisse précipitamment. Le regard fouille la pièce, tombe sur l’inconnu ensanglanté, sur l’argentin échoué et si son premier pas s’esquisse en direction de l’oncle dévasté, ses yeux restent figés sur la présence non-anticipée, d’un total étranger. Accusation, méfiance et aucune présentation à mener. Pas le temps. « Toi ! Qu’est-ce que tu lui as fait ? » Qu’elle l’accuse immédiatement, confondant les rôles, ne s’attardant que sur la posture défaite de l’inspecteur qu’elle se voit déjà protéger férocement. Le regard ne dévie jamais tout à fait du trentenaire quand elle se rapproche de son allié.

L’orgueilleuse finit par l’oublier très vite pourtant dès qu’elle s’accroupit pour mieux jauger, le flic recroquevillé. Un genou heurte le sol en conséquence. La main vient se poser sur le bras, l’autre attrape l’épaule. La détresse de son acolyte lui noue l’estomac, agrandit la boule au fond de sa gorge. L’air entre si difficilement dans ses poumons quand elle prend conscience des pleurs secouant inlassablement le désespéré. « Qu’est-ce qui se passe ? T’es blessé ? » Les sourcils s’arquent, le chagrin du policier fond sur sa poitrine. Ses paumes remontent son cou, atteignent ses joues pour le forcer à redresser le visage, la regarder. « Zac, parle-moi. » Face à cette crise de larmes, elle se sent si démunie que l’idée ne lui vient même pas d’éprouver de l’embarras ou même de rétablir leurs barrières habituelles faites de mépris, de moqueries et d’insensibilité. Le gouffre sous les pieds de l’alcoolique parait trop réel. Et elle s’est jurée, Murdock, de ne pas être celle qui l’y projette mais bien celle qui l’en préserve.  
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Mer 5 Déc - 1:44

La pièce n'est plus que silence, comme si je n'osais même respirer au cas ou ça pourrait te déranger. Je ne peux rien faire pour t'aider, parce que tu n'en voudrais sûrement pas de mon aide. Je ne suis que l'homme qui n'a jamais su être là. Hijo de puta comme tu dis. Le reste était totalement vrai.  Je sais bien que dans tous les cas, tu me détesteras, mais je préfère ne rien ajouter, ne rien faire de plus, t'avoir empêché de te tuer suffit. Dans ce silence vient un son, un coup contre la porte, au début je ne réagis pas avant que le son devienne plus intense, est-ce qu'on vient encore me casser la gueule ? J'ouvre la porte en reculant directement, parce que la première fois m'aura suffit pour que plus jamais je n'ouvre la porte de façon normal. Voilà donc la personne que Zac a appelée, l'inquiétude qui semble envahir la pièce et moi, bien on m'engueule comme un enfant pas sage. Je ne peux que lancer un regard d'incompréhension. Je regarde la jeune femme fixement avant de hausser les épaules. « Je lui ai retiré l'arme de ma gorge et ensuite de son front. Je peux lui rendre si c'est ça le soucis. » Autant que Castellano me défonce, je peux l'accepter, mais là, j'ai rien fait de mal, d'autre que d'être le géniteur de Sara et de me pointer au pire moment. Justement il n'y a que lui qui peut vraiment me faire mal. « Pardon. Il pensait que Sara était ici. » Je reste sans bouger debout à côté de la porte. Regard perdu sur les deux. La seule chose qui a ramené Castellano ici c'est son désir de retrouver Sara, son inquiétude, malheureusement, j'aurais préféré que ce soit vraiment moi qui l'ai. Même s'il m'aurait tué, au moins, je serais sûr qu'elle va bien.

La femme ne semble pas savoir qui je suis, heureusement pour moi je suppose, j'aurais sûrement pris un coup de plus. Je ne m'autorise pas à t'aider avec Castellano, je ne peux pas. Alors si tu veux que je fasse quelque chose faudra gueuler ou demander, mais je ne compte pas me frotter à lui si rapidement. Je dégage le bordel que du lit et je laisse la place pour que peut-être tu l'emmènes là. Aucune idée, de toute façon tout est floue pour moi là. Il y a une semaine, l'homme m'agressait et me disait mes quatre vérités, aujourd'hui il vient me tabasser et m'apprendre que la petite a disparu. C'est comme si j'avais attiré ça. Pendant quelques instants je comprends pourquoi tu as pensé que ça pouvait être moi. Après m'avoir comme interdit un contact avec elle, certain aurait certainement pu en arriver là et avec mon casier judiciaire qu'apparemment on peut lire sans bonne raison, il est normal qu'on en soit arrivé là. « Installez le sur le lit. J'aimerais bien aider, mais je ne veux pas l'énerver encore. Deux fois suffisent. » Direction la salle de bain, parce que j'ai du sang encore partout sur les fringues et que là maintenant, je peux te laisser plus de cinq secondes, parce que tu n'es plus seul. Vous avez sûrement des choses à vous dire, des choses que de toute façon je vais forcement entendre, mais au moins, Castellano, tu n'es plus seul avec un homme que tu hais.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Mer 5 Déc - 3:21


La lionne rentre dans l'arène, ne trouve que deux gladiateurs écroulés dans la poussière de l'instant. L'un qui a subit la tornade précédente, le dernier face à ce qu'il y a de pire : la vérité. Il n'est pas blessé, Zac. Ce ne sont que les conséquences de ses actes qui s'établissent de manière frontale sur la peau. Ce ne sont que des phalanges qu'il a trop balancés dans le vide, avant de se rendre compte qu'il était le plus solide des éléments. Ce ne sont pas des blessures, non. Rien de plus qu'une constatation, oui. Sans doute qu'il ne mérite pas qu'on se batte encore pour lui, qu'on ne sorte pas les crocs pour mordre une chair déjà entamée par la fatigue. Mais celle-ci pèse si fort sur ses épaules qu'il ne remarque rien. Ni les gestes à son encontre, ni le son de cette voix qui pourtant l'a déjà tiré des Enfers plus d'une fois, extirpé par une force de caractère qui n'appartient bien qu'à elle. Ce sont des traits tirés et lessivés qu'elle trouve. Et les crocs semblent tomber face au désolant spectacle. Comme s'ils avaient compris que ce n'était pas le moment. Qu'achever n'était pas la solution pour le coup. Et le dévasté reprend un peu conscience du monde qui l'entoure, quand il trouve ceux d'Helena. Quoique, le regard est hagard encore quelques secondes alors que la peau fraîche ne se voit nullement contournée par les larmes. Il y a cette lutte interne qui s'enclenche, pour réussir à parler. Pour combattre le mal en-dedans, pour refouler l'envie de vomir son coeur plutôt que les mots. Une pogne qui s'élève pour entourer le poignet allié, comme pour se raccrocher à quelque chose de concret. Et les yeux brillent d'une lueur qui n'a rien de plaisante, rien de jolie. L'homme aimerait savoir ne serait-ce que murmurer, réellement. Avoir un élan quelconque, maintenant.

Mais il lui avait dit.
Qu'il ne l'aurait pas.
Sa force à elle.


Tito s'agite, offre une plaine confortable. Mais il n'y a plus le moindre gramme de force, dans l'homme à terre. Alors ils resteront sans doute ainsi, parce qu'aucun n'a la force pour soulever la carcasse. Les doigts se resserrent sur le poignet, sans violence pourtant. Juste pour s'assurer que c'est bien concret. Qu'elle est bel et bien là, Helena. Qu'au moins, elle, n'a pas disparu. Pas encore, que murmure la cervelle pernicieuse. Et il trouve refuge contre elle, le front contre l'épaule, le même contre lequel le canon de l'arme allait pour sévir à peine plus tôt. La solitude qui dévore l'être entièrement et qui a besoin d'être repoussée pendant un instant. L'autre main s’agrippe au flanc d'un vêtement et l'humidité vient à tomber sur un pan de jean, en contre-bas. Ils sont oubliés, les moments où ils se détestent. Elles sont mises de côté, les armes, les estafilades. Il se raccroche à elle comme on pourrait le faire avec la vie. Comme pour se souvenir qu'il y a encore une bonne raison. Et elle porte son odeur à elle, quand bien même le nez est incapable de la percevoir à cet instant. Zac comprend doucement mais sûrement ce qu'a bien pu ressentir exactement Helena. À l'exception près qu'il n'a pas donné vie à Sara, lui. Presque exactement, ainsi. Les sons sont étouffés, quand il parvient enfin à communiquer. Elle a été... Et Helena qui ne peut que sentir la violence d'un corps qui s'en prend à lui-même à cet instant. Au travers des épaules qui tressautent trop fortement sous les sanglots déchirants. Il est la propre machine qui le trahit, à présent. Sara... Elle... Elle a disparu... Tout simplement. Sans réveiller personne d'autre dans la maison. Sans même perturber le sommeil de l'autre petite fille. L'instant d'avant, elle dormait, puis celui d'après il n'y avait plus rien. Nuit noire. Sara... Qu'il semble l'appeler. Mais il manque de souffle, de voix. De tout. Et surtout, d'elle.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Sam 8 Déc - 23:47

La brume passe du crâne aux prunelles. Aveuglée par l’horreur, la polonaise peine à discerner le contour de l’arme mentionnée. L’attention va et vient. Au-dedans, ça tangue un peu plus, les images alimentent le vertige. Le monde a basculé, les rôles se sont renversés. La voix de l’inconnu grésille, comme une radio mal réglée qui diffuse des informations éparses et parfois cryptées. Trop difficile à digérer, trop compliqué à observer. Voir Zacarías se décomposer, savoir qu'il a cherché à se flinguer. Helena se sent d’autant plus désemparée quand l’homme se rapproche, s’accroche. Ce n’est plus l’homme qu’elle se plait à détester. Plus le gars qui lui donne l’envie de gueuler. Ne reste qu’un gamin se sentant orphelin. Qu’un gosse qui tente de retrouver son chemin dans une sombre forêt sans posséder l’équipement adapté. Qu’un enfant qui la supplie de l’orienter, de ne pas l’abandonner au creux des arbres là où les loups rôdent pour le dévorer. La paume serre le poignet en conséquence. La trentenaire a lancé des appels de ce genre elle aussi quand Ernest est parti. Et les animaux la rongent depuis, nuit après nuit. Les crocs, parfois, relâchent la peau quand il est à proximité, qu’il la guide à travers l’obscurité. La douleur s’estompe grâce à lui. Ça ne s’en va pas tout à fait mais les mâchoires se desserrent juste assez pour qu’elle puisse respirer, se rappeler qu’au bout du sentir, y a le reste du monde qui l’attend, là-bas, à l’orée. Les mains chassent les hurlements lupins, viennent entourer la carcasse du policier. Elle n’a peut-être pas assez de force pour les protéger tous les deux mais elle va essayer. Au moins le temps qu’il puisse lui-même contrattaquer. Elle lui doit ça. La paume grimpe dans la crinière de l’éploré, caresse doucement la nuque pour le calmer, le bambin dont la tête a atterri contre son épaule en un geste si peu familier. Ils ne sont que des mômes face à l’adversité, ramenés à cet état d’incompréhension et de vulnérabilité. Livrés à un monde trop cruel pour être toléré.

L’autre bras s’enroule autour des épaules de l’argentin, une étreinte secouée par les pleurs du dévasté. La position devient trop intime pour être avisé par un parfait étranger. Et pendant de longues minutes, la mécano décide de ne pas s'en préoccuper. De toute façon, il s'est barré. Elle se concentre alors sur les faits bien trop limités. Les perspectives nébuleuses que le peu de détails lui fournissent, ne lui permettent aucunes conclusions. Elle entend avec les tripes plus qu’avec les oreilles. Le sens de cette scène lui échappe de ce fait. Ne demeure que la perte de la petite. Et de commencer à l'intégrer cette idée, ça propulse de nouvelles épines contre la trachée.« On va la retrouver. » Elle le murmure sans jamais arrêter de faire glisser ses doigts contre ses cheveux. « Je vais t’aider, ok ? Je vais pas te laisser. » Des promesses par millier. Le besoin de le rassurer pour se rassurer aussi. « Je vais t’aider. » Qu’elle réitère plus déterminée que jamais. Ça va aller qu’elle aimerait pouvoir ajouter. La formule toute faite qui n’aide pas, qui ment seulement pour accéder à un répit momentané. Son comparse n’a pas besoin de phrases creuses. Il n’a pas besoin qu’on lui dise ce qu’il aimerait entendre. Ni d’être interrogé jusqu’à ce que ça l’achève.

Bien consciente de la précarité émotionnelle de son allié, la mère décide de ne pas insister pour lui arracher un semblant de vérité. A la place, après un certain temps, elle tente de relever l’idée du témoin disparu. Parti pas si loin cependant. Elle l'interpelle après avoir défait sa prise autour de l'inspecteur. «  Je peux savoir t’es qui, toi au juste ? Pourquoi il a voulu te butter ? » Le ton se fait peu amène, augmente de volume vu qu'il est dans la pièce d'à côté et qu'il faut qu'il l'entende beugler. « Et pourquoi il a cru qu’elle était ici hein ? Je peux savoir ce qu'il se passe ici à la fin ? » A retardement la question se pose et à la seule personne qui puisse lui répondre correctement peut-être. A retardement, elle saisit le bras de son acolyte pour le pousser à se relever comme l’a suggéré ce type qu’elle ne connait pas. « Zac, lève-toi et viens. Tu vas pas rester là. Viens t’asseoir. On va réfléchir à ce qu’on peut faire ensemble, ok ? » La paluche coulisse contre la tempe adverse avec douceur, vient effacer un sillon distraitement. L'ancrer à la réalité en passe par ces contacts qu'elle s'est jurée de ne pas exécuter.
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MessageSujet: Re: Tonton || Tito & Helena   Dim 9 Déc - 0:30

La voix de la femme qui s'élève, apparemment tu n'auras pas parlé de moi à ton amie. Ce qui est totalement normal, puisque tu aurais sûrement voulu que je n'existe plus. Peut-être un espoir que je parte aussi rapidement que j'ai pu arriver dans ta vie. Désolé, je compte rester un très long moment ici. Pas le temps de prendre une douche super longue, juste de quoi dégager le sang et d'admirer les futurs dégâts qui prendront place bien rapidement. Séchage rapide et je reviens dans la chambre serviette autour de la taille, parce qu'il ne faut pas pousser non plus, je suis quand même chez moi. Enfin, dans ma chambre. « Je suis quelqu'un qu'il aurait préféré rencontrer il y a des années je suppose ou jamais. » J'enfile mon t'shirt avant de retourner dans la salle de bain pour enfiler un boxer et un jogging, on ne sait jamais si l'énervement reprend. « Autrement, je suis le géniteur de Sara. » Je reviens dans la pièce pour poser mon regard sur vous deux. « Comme il m'a... rencontré il y a une semaine, je dirais qu'il a juste fait un lien. Enchanté, malgré la situation. » Je ne sais pas du tout si tu vas aussi vouloir me taper dessus alors comme un réflexe je m'éloigne de nouveau de vous deux. Je te laisse te débrouiller avec Castellano, de toute façon si j'essaie juste de l'approcher il va le garder en tête et me détester un peu plus.

Je finis par préparer des cafés et en ramener un à qui veut. Je ne sais pas quoi faire dans ce bordel, l'inutilité dont je fais preuve n'a pas de limite aujourd'hui, même si je t'ai empêché de te tuer et que tu as pu passer tes nerfs sur quelqu'un. Ma seule utilité sera donc de jouer les victimes et me faire taper dessus. J'accepte le rôle, c'est toujours ça de gagné. « Tenez. Je suis vraiment désolé. » est-ce que tout le monde s'en fiche, oui. Même intérieurement j'arrive à me dire qu'on s'en balance de mes excuses inutiles, la seule chose qu'on veut là, c'est un Castellano sur pattes et retrouver Sara. je vais continuer de faire des cafés, j'arrêterais quand il n'y aura plus de café disponible.  
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Tonton || Tito & Helena

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