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 Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)

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Elehiel Thatcher
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MessageSujet: Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)   Mer 12 Déc - 20:29

Je traverse la ville dans mon vieux tas de boue qui finira bien par tomber en rade. Le fait est que cette caisse a vu beaucoup d’asphalte et beaucoup trop d’hivers Canadien pour survivre encore très longtemps.

On est deux, ma cocotte.

Je fais de l’esprit mais en vrai je suis pas du tout jouasse. Je me dirige vers mon pire cauchemar : le cabinet du “ docteur” El-hadji.
Ouais.

Et je peux pas me défiler. J’ai promis, putain. J’ai promis à Kaelig que j’essaierais. Moi, chez un psychiatre, la putain de blague. Ca me fout la rate au court-bouillon, bordel de merde! Et j’ai beau tourner ça dans tous les sens dans ma tête et y a pas d’échappatoire.
J’ai toujours pas vraiment quitté ma peau de mec, j’m’y sens à l’aise. Je débarque devant le cabinet, stoppe la voiture et regarde le bâtiment avec morgue et appréhension.

L’envie d’y pénétrer : nulle.
L’intention d’être sympa : absente.

J’ai pas envie d’y aller. Je l’ai déjà dit? Je sors de la bagnole, m’emmitoufle dans mon gros manteau. J’ai froid, j’ai que la peau sur les os et ça aide pas à endurer la froide journée canadienne. Putain de pays de merde. Qu’est-ce que je fous là déjà? Ah oui, j’promets à des vieux cons trop gentils des trucs absolument stupides comme : aller se faire disséquer le cerveau par le premier connard à diplôme qui passe. Faut-il être incroyablement dénué de bon sens pour faire un truc pareil. Sans déconné, j’me fous le seum toute seule. Le comble du ridicule. J’ai fuis ces enfoirés toute ma vie et voilà que je m’apprête à rentrer dans le cabinet de l’un d’entre eux, pépouse.
Enfin pépouse, c’est vite dit.

Je passe la porte. J’AI PAS ENVIE D’ETRE LA!!! Je suis tendue, j’suis fachée, j’ai la giga haine et j’suis prête à foutre sur la gueule du premier trou du cul qui me touche.

Sans déconné, Kaelig. Je t’aime mais t’es un sale con, putain.

Je m’assois dans une chaise. Dans un coin. Dans celui où je vois toutes les sorties. Hors de question de me faire prendre au dépourvu. Hors de question qu’on m’enferme. J’passerais pas mes derniers jours dans un putain d'hôpital psychiatrique à bouffer mes scratchs.

Faut pas déconner, j’ai plus huit ans.

J’ai mal au bide. Le stress et l’énervement ne sont pas spécialement les meilleurs choses du monde pour moi. Je me courbe un peu, coude sur genoux, tête bêche.

Apparement, nique, moi et la surveillance des entrées. HAHAHA. Bordel de merde.

La porte du cabinet s’ouvre, je plisse les yeux et redresse la tête. Colgate me lance de l’émail diamant, c’est éblouissant. Hahahaha. J’ai pas envie de sourire. Je le détaille un long moment, je reste assise. Je bouge pas. Je décroche pas un mot.

Tu le sens ma grosse envie de pas être ici, docteur Colgate?

Je pousse un long soupire et je me lève pour lui faire face. C’est vraiment too much. J’ai juste envie de me barrer.

Dans l’absolu, j’ai fait ce que j’avais dit. Je suis venu voir Docteur Colgate. Maintenant on remballe. Je fais volte-face et m’apprête à me diriger vers la sortie quand soudain mon portable vibre. Je le sors et regarde le message.

Kaelig.

“Tu verras, son thé est plutôt bon.”

fejzhfkezjgnkrgnelkjrnlkjsdbnf. OK zen!

……….
………….
…………….

Sérieusement! SERIEUSEMENT! Je grogne ostensiblement en voyant le message.

-Putain de bordel de merde.

Je sais plus si j’ai envie de rire ou de pleurer à ce stade. Je me retourne vers Docteur Colgate et range mon téléphone non sans avoir renvoyé un petit  “ D8 “ au passage.

-J’avais rendez-vous.

Ca m’arrache littéralement la gueule de le dire, j’ai vomis cette phrase. Je le jauge et lache.

-Je prendrais zéro médocs. Qu’on soit bien clair.

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Amon El-Hadji
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MessageSujet: Re: Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)   Mer 26 Déc - 22:34

Journée éreintante s'il l'en est. Je me savais préparé à converser pendant près de huit heures auprès d'âmes ayant besoin de se confier, mais toujours est-il qu'il est parfois dur de tenir la cadence face à tant de détresse. Surtout lorsque la fatigue vient s'en mêler, consciente que mon stratagème pour tromper la faim viscérale arrive bientôt à son terme. Aucun de mes patients du jour n'étant prêt pour recevoir ma thérapie toute personnelle consistant à soulager leur tourment en m'en abreuvant, je me dois donc d'attendre que la dernière d'entre elle ne fasse son entrée pour ensuite me ruer sur un plaisir sucré.
Et quelle dernière, je dois bien l'avouer.
Lorsque Agatha m'annonça qu'une certaine miss Thatcher avait pris rendez-vous pour aujourd'hui, une certaine forme de soulagement s'empara de moi, mutée d'un étonnement sincère. J'ai tôt fait de prévenir Asmodée de la situation, honorant ma promesse de le tenir au courant. Incroyable. Je l’espérais, sans m'y attendre réellement, bon utopiste chargé d'une mission amicale. Je le souhaitais, du fond du coeur. Que cette petite étincelle parvienne à retrouver un chemin qui lui convient, qu'elle agisse de son propre chef et en vertu de ses propres choix.
Sans liens pour lui barrer la route et la cribler de doutes.

Aussi, je tins bon toute la journée durant, jusqu'à cet instant. Ce moment où la petite Emily repart avec sa mère, en progrès par rapport à ses angoisses et ses crises nocturnes. Ce moment où je sais qu'elle va entrer en suivant, pour ponctuer d'un dernier coup les affaires du docteur El-Hadji.
Ce moment où j'ouvre la porte et que je suis prêt à accueillir son regard glacé, chargé de souvenirs amers quant à d'anciens collègues que je qualifierais de terriblement maladroit à son égard.

Elle est ici, la petite lumière. Tu voudrais me brûler de ta froideur, mais je le sais, ne t'en fais pas. Je le comprends, que tu ne veux pas être là.

Un début de sourire, face à la justification. Un rendez-vous ne fait pas tout. Venir, c'est ça, le véritable courage.

Je le sais. Ravi de vous revoir également, Elehiel.

Ironie aucune, ton doux qui se veut rassurant. La porte se referme et elle met directement ses conditions en avant. Pas de médicaments. Hum. L'expérience psychiatrique a été d'un traumatisme bien trop aliénant. Nous ne sommes pas tous ainsi, bien heureusement.
J'opte pour un silence de circonstances, pesant mes mots. J'ignore ce par quoi cette jeune femme a du passer, mais il est de mon devoir d'en apprendre plus si elle souhaite me le partager.

Avant d'aborder ce sujet, peut-être pourrions-nous faire un peu connaissance au préalable, qu'en dites-vous ?

Un geste vers les fauteuils en vis-à-vis, où la magie s'opère la plupart du temps.

Asseyez vous confortablement, allez-y, je vous en prie. Voulez-vous boire quelque chose ?

Un guéridon près de nous présente une théière encore chaude, des tasses propres, des verres, du jus de fruits frais et de l'eau claire en pichet. Les enfants sages durant les séances ont même droit à un biscuit si le parent et le traitement l'autorisent. Quelques douceurs auxquelles j'ai moi-même du mal à résister dans ces temps de famine. La boîte en fer est presque vide.

La réponse donnée, je prends place, et attends. Avant que les mots ne coulent seuls, sortant peut-être un peu du cadre imposé, mais propices à instaurer un certain climat d'honnêteté.

Avant toute chose... Je tenais à m'excuser pour l'autre fois. Je vous ai manifestement effrayée et ce n'était aucunement mon intention. Comme je vous l'ai dit... Je ne vous veux aucun mal, au contraire.

J'ai du remord à savoir qu'autant de mal a pu lui être fait, au point que la simple vue de mon statut la poussa à penser au pire.
Mais je ne peux que comprendre la force du trauma, et l'amalgame qu'il peut en découler.
Je ne l'excuse pas, mais c'est ainsi. L'horreur est une prison. La passé, ses barreaux.

Je ne peux moi-même plus remettre un pied dans la chaleur du Moyen-Orient.

Un sourire, malgré tout. Car le présent compte plus que le reste, à cet instant.

Aussi... Je suis vraiment très heureux que vous ayez pris l'initiative de revenir vers moi.

Même si je sais que l'impulsion vient peut-être d'ailleurs. Que le coeur n'y est peut-être pas vraiment. Qu'importe. Il s'agit là d'un pas en avant, d'une chance qu'elle m'offre et que je suis prêt à saisir. Pour elle, pour Asmodée. Pour Kaelig sans doute, aussi.

Commençons donc, mademoiselle Thatcher, évitons le pire pour ne garder que le meilleur.

Alors. Comment vous sentez-vous, depuis votre sortie ?

Même si celle-ci n'a pas été des plus conventionnelles, j'en conviens...
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Elehiel Thatcher
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MessageSujet: Re: Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)   Mer 26 Déc - 23:52

Docteur Colgate m’observe avec son sourire de merde. J’ai déjà envie de le claquer ou de me barrer. Fight or flee, right?

-Je le sais. Ravi de vous revoir également, Elehiel.

J’ai jamais dit que j’étais ravie de te voir Email Diamant, calme ta joie tout de suite. Je plisse les yeux. Il a l’air sincère et allez savoir pourquoi ça me crispe. Je donne mes conditions et il reste d’un silence de marbre. Les voix me titillent et ricanent et j’aimerais qu’elles me foutent la paix. J’ai envie de hurler. Il finit par se remettre à parler. j’ai pas bougé de  ma chaise de salle d’attente.


-Avant d'aborder ce sujet, peut-être pourrions-nous faire un peu connaissance au préalable, qu'en dites-vous ?


Je plisse les yeux en suivant son geste des yeux. Ca me semble être le bout du monde. Traverser son bureau pour me foutre dans son fauteuil me parait plus compliquer que de traverser le désert à cloche pied. J’ai plus de remarque intelligente, plus vraiment de hargne.

Juste la peur.

-Asseyez vous confortablement, allez-y, je vous en prie. Voulez-vous boire quelque chose ?

Ca ne me laisse pas trop le choix. Et surtout, c’est quoi l’intérêt d’être venu là si je rentre même pas? Putain, j’aimerais que Kaelin soit là pour me tenir la main.

-J’ai pas envie.

Je ferme les yeux et grimace. Putain, les anciennes habitudes ont la vie dure. J’ai promis à Kaelig que je le ferais putain. Faut que je me fasse violence. Pourtant mes jambes ne bouge pas d’un seul centimètre. Je le regarde aller dans son bureau et je sens la panique monter d’un cran. Ma respiration s’accélère et je plaque ma main dessus pour le calmer. Je ferme les yeux et j’essaie de me concentrer. T’as rien à craindre, Kaelig y va et il est pas dans un HP.

Oui, mais Kaelig est en dépression, il n’entend pas des voix et n’a pas des crise d’angoisses de la taille de la planète.

Tu n’es pas aussi saine d’esprit que ton âme soeur.


J’ai un rire désespéré avant de me faire violence. Je me lève et d’une démarche mécanique, je rejoins le fauteuil désigné. Je m’y assois et ramène mes jambes à moi. Je regarde docteur Colgate, méfiante comme un pou.

-… Je… Je veux bien un thé…

Tu peux t’asseoir sur les politesses, j’ai pas le time pour ces conneries. J’ai pas envie et j’ai trop peur, ok?

-Avant toute chose... Je tenais à m'excuser pour l'autre fois. Je vous ai manifestement effrayée et ce n'était aucunement mon intention. Comme je vous l'ai dit... Je ne vous veux aucun mal, au contraire.


Je fronce les sourcils à cette annonce et je m’exhorte à ne pas le voir comme les autres médecins. tout tient à Kaelig. Si Kaelig lui fait confiance, c’est qu’il ne doit pas être si méchant. Je le vois, maintenant, après la crise… Même si j’ai du mal à y croire.

Si vous le dites…

-Aussi… Je suis vraiment très heureux que vous ayez pris l'initiative de revenir vers moi.

Je hausse les épaules et je rapproche mes jambes de moi, c’est instinctif et ça m’agace parce que je sais ce qu’on en déduit. Et je sais que la déduction est juste.

-J’ai promis à Kaelig… J’ai dit que je viendrais. Et je mens pas. Je mens jamais. J’pouvais pas ne pas venir…

Je m’arrête là, je me sens m’expliquer. Trop. Je parle toujours trop de toute façon. Je soupire.

-Alors. Comment vous sentez-vous, depuis votre sortie ?

Je laisse le silence s’étirer entre lui et moi, je l’observe comme un animal sauvage observerait un chasseur de trophées.

Qu’est-ce que je fais…? Est-ce que ça serait mentir si je devais faire de la mauvaise foi? Est-ce que je suis prête à faire ça…? Je ferme les yeux, je m’imagine à la maison, dans mon plaid avec un ami… Loin du cabinet. Il me vouvoie mais c’est pas grave.

C’est. Je. Ca va…

Je me mordille la lèvre, terrorisée par tout ça malgré tout les stratagèmes que je mets en place.

-Kaelig m’a aidé. Il est resté avec moi. Pendant ma crise. Et…Euh… C’était la première fois.

Je regarde par la fenêtre.

-C’est tes collègues qui m’ont rendue comme ça, Docteur Colgate. Et tu me fous une trouille bleue. J’ai pas envie d’être là. Je… Mais j’arriverais pas à négocier avec moi-même pour trouver une porte de sortie qui n’implique pas de  d’essayer franchement. Sinon, j’trahis ma promesse et j’peux pas faire ça….

Parce que ça va déclencher une crise. Parce que les voix guettent, tu vois. Je peux pas faire ça. Je regarde Docteur Colgate et je demande une chose simple :

-Je sais pas qui t’as demandé de venir à l’hôpital mais wild guess, je vais dire que c’est Baltasar. J’veux pas qu’il soit au courant de tout ça. 

Je baisse les yeux et tripote mes doigts, mal à l’aise avant de jeter un coup d’oeil à la porte de sortie.

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Amon El-Hadji
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MessageSujet: Re: Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)   Lun 21 Jan - 14:04

Tout en lui tendant la tasse de thé finalement demandée, mes yeux glissent sur la silhouette recroquevillée, se protégeant du mieux possible, utilisant ses propres armes pour ériger ses défenses. Seule attaque possible pour prendre le dessus, pour contrôler l'angoisse qui transparaît de tout son être.

Pauvre enfant...

La pensée me traverse, empathique à l'extrême. Il y a bien trop de vécu dans une si courte vie, une multitude d'expériences traumatisantes dont je ne fais qu'effleurer la surface. Par pudeur. Il n'est en aucun cas mon devoir de la mettre davantage mal à l'aise face à ce qu'elle doit subir au quotidien, ou ce que son passé l'a obligée à vivre.
Ce n'est pas mon but. C'est même tout le contraire.
Mais je crois que malheureusement, je vais devoir défaire les erreurs de mes confrères. Je ne jette la pierre à aucun, si ce n'est les insidieux qui usèrent de méthodes inconcevables. Que se cachait-il donc dans votre esprit, Elehiel, pour qu'il effraie tant le reste de ces humains ?

Je l'ignore encore. Alors je m'attache pour l'instant à ce qu'elle veut bien me livrer. Et le sujet tombe, d'une évidence somme toute attendue. Kaelig. Un sourire en coin, pour moi-même. Vous avez le don de savoir choisir vos lumières dans l'obscur, tout les deux.

Je suis ravi de l'entendre. Vous avez manifestement beaucoup à vous apporter l'un à l'autre. Je l'ai bel et bien constaté lorsqu'il est venu vous chercher...

De nos jours, peu osent réellement braver les systèmes établis, par amour, peu importe sa forme. Une gorgée de thé, pour indiquer qu'il n'y a rien de terrible à l'intérieur, qu'il est buvable et délicieux. Une sécurité de plus pour tenter de la rassurer.

J'entends les mots tremblants, les phrases qui s'amoncèlent au cours des minutes passantes. Silence solennel, entièrement disposé à l'écoute. Entièrement là pour elle, qui confie, petit à petit, les réticences et la peur palpable. C'est une chose que j'ai noté dés son arrivée. Les souvenirs de l'épisode de l'hôpital restent ancrés, difficile de passer à côté. Assis désormais, face à face, je prends et analyse les moindres sons, les moindres expressions. Les yeux fermés, l'envie d'être ailleurs, de mettre sa confiance sous clé sans la moindre envie d'ouvrir le verrou pour l'instant.
Je le comprends.

Je suis désolé pour ce que les autres ont pu vous faire. Je sais qu'il n'y a pas forcément... des opinions avec lesquelles je peux me raccorder, quand il s'agit de discuter avec mes collègues. Tous ne voient pas. Les âmes sont uniques et même parmi la profession, ce point fait défaut à quelques pairs à recadrer. Les affres d'une jeunesse qui se sent forte et pleine. Une qualité comme un défaut. Toujours est-il que vos efforts sont là, et qu'ils méritent d'être soulignés. C'est très bien, de rester fidèle à vos serments. Je souris, pour cette peine qu'elle s'inflige à me consulter. Mais d'une nécessité absolue, je le crains.

Et le sujet dérive, à nouveau. Vers un autre. Vers le début de tout cela, un démon qui m'a conduit sur la route de l'âme en dérive. Baltasar, comme il se dit. Un temps d'arrêt. Je ne souhaite pas mentir, moi non plus.

En effet. Il m'a mandaté, par inquiétude pour vous. Un temps. Mon regard s'imbrique dans le sien, légèrement plus fixe, d'une sincérité transparente. Mais il ne saura rien de ce que vous pourrez me dire. Tout ce qui est dit ici ne sort jamais de ce cabinet. Je vous le promets. Ce n'est pas seulement une question de conscience professionnelle. C'est au-delà. C'est un lien tacite, une preuve de confiance pour permettre un soulagement certain.

Un nouveau ton, bien plus doux. Me représentant bien plus que ce que l'étiquette de psychiatre peut me donner.
Elehiel. Je comprends vos réticences. La confiance ne se donne pas comme ça mais... Je peux seulement vous affirmer une chose : vous n'avez rien à craindre. Je ne suis pas là pour vous forcer à quoique ce soit.

Ni sangles. Ni terreurs.
Rien.

Aussi, et si vous le souhaitez bien sûr... Vous voulez bien me parler un peu de vous ? Je ne vous connais, au final, que par le prisme d'autrui. C'est assez peu. Et je suis sûr que vous avez beaucoup à dire vous-même. Tête penchée sur le côté, prête à tout entendre. Commencez par ce que vous voulez.

Peu importe le chemin que tu choisis. Aiguille donc ta propre voie, je te suivrai.
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Elehiel Thatcher
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MessageSujet: Re: Tête de cristal, peau d'acier, docteur d'or (Pv Amon)   Mar 22 Jan - 11:03

Docteur Colgate me tend une tasse et, j’avoue, je le regarde comme un alien pendant un moment. J’ai presque oublié que j’avais demandé une tasse de thé. Je l’attrappe doucement comme si elle allait m’éclater à la gueule. Roulée en boule sur le fauteuil en face de lui, je l’épie comme un animal en fuite. C’est exactement ce que je suis : en fuite. Tout le temps.

Je dévie systématiquement le sujet sur Kaelig. C’est plus facile de penser si je pense à lui. Plus facile de ne pas avoir peur. D’avoir moins peur, en tout cas. Cet endroit me met mal à l’aise. Je me demande pourquoi je m’inflige ça alors que je vais crevé de toute façon.

-Je suis ravi de l’entendre. Vous avez manifestement beaucoup à vous apporter l’un à l’autre. Je l’ai bel et bien constaté lorsqu’il est venu vous chercher…

J’ai un sourire furtif. Il est venu me chercher et il m’a sortie de mon cauchemar.

Mais tu lui as fait mal, juste après.

Je perds mon sourire immédiatement.

-J’l’ai soigné.

Tu l’as frappé.

Grimace tordue, je me détourne du docteur et me crispe sur la tasse qui tremble comme une feuille dans mes mains. Je l’ai frappé et il a dit que c’était pas grave mais ça l’est. C’est même terriblement grave.

Le sourire du Docteur réapparait devant mes yeux quand je les ouvre. Il est attentif et ça me fout une trouille bleue.

-Je suis désolé pour ce que les autres ont pu vous faire. Je sais qu’il n’y a pas forcément… des opinions avec lesquelles je peux me raccorder, quand il s’agit de discuter avec mes collègues.

Qu’est-ce que ça peut bien me foutre. Les dégats sont là. Ils sont là et ils m’ont fait vendre mon âme.

-Toujours est-il que vos efforts sont là, et qu’ils méritent d’être soulignés. C’est très bien, de rester fidèles à vos serments.

Je fronce les sourcils et je secoue la tête.

-C’est… J’ai pas le choix. Parce que… Si… Si je tiens pas paroles… Si je mens.

Tu m’appartiens.

Frissons de terreur pur, yeux embués de larmes. Bouffées brusques de colère. Je repose la tasse, elle sent le chloroforme, c’est insupportable.. On parle d’Asmodée, je suis sûr que c’est lui qui l’a envoyé à l’hopital. Il a ses entrées partout. La réponse ne se fait pas attendre.

-En effet. Il m’a mandaté, par inquiétude pour vous.

Rire pas amusé. Il s’inquiète tellement pour moi que depuis que je suis malade, il m’évite comme si c’était contagieux. La suite me rassure quelque peu.

-Mais il ne saura rien de ce que vous pourrez me dire. Tout ce qui est dit ici ne sort jamais de ce cabinet. Je vous le promets.

Je l’observe, il me regarde droit dans les yeux. J’arrive pas à voir de mensonges mais les gens comme lui mentent toujours. Ils hochent la tête et vous assomme à coup de médocs. Non?

-Elehiel;
-Elie. J’aime pas qu’on m’appelle Elehiel.
-Je comprends vos réticences. La confiance ne se donne pas comme ça mais… Je peux seulement vous affirmer une chose : vous n’avez rien à craindre. Je ne suis pas là pour vous forcer à quoique ce soit.

Je l’observe dire ça, les oreilles bourdonnant de milles autres bruits. J’ai envie d’y croire, il n’a pas empecher Kaelig de partir avec moi. Il ne peut pas être si méchant…

-Aussi, et si vous le souhaitez bien sûr… Vous voulez bien me parler un peu de vous ? Je ne vous connais, au final, que par le prisme d’autrui. C’est assez peu. Et je suis sûr que vous avez beaucoup à dire vous-même. Commencez par ce que vous voulez.

Je l’observe un moment; un très long moment en fait. Je pèse mes options et je sens bien que j’ai besoin de sortir tout ce que j’ai à sortir. Et d’un autre côté, c’est stupide, je vais mourir. A quoi ça sert.

-Je vais mourir. Dans quelques mois. J’ai du mal à savoir…

Je me tais à nouveau, je baisse les yeux.

-J’aime pas Elehiel parce que… Parce que c’est une blague de ma mère… C’était une occultiste et j’vais partir du principe que si tu rends des services à Asmo, c’est que tu sais ce qu’il est… Ma mère frayait avec pas mal de démons… Elehiel, ça vient de Elemiah. Le Seraphin? Ouais… Elle trouvait hilarant que mon père soit un prince démon et que j’ai un nom d’ange; Haha. On est tous morts de rire.

Lourd soupire.

-Kaelig m’appelle Elehiel mais lui, il a un passe-droit.

Je regarde par la fenêtre et hausse les épaules.

-Chai pas si elle se marre autant depuis qu’elle est morte… En tout cas, j’aime pas qu’on m’appelle par mon prénom en entier. J’ai l’impression d’être une blague.

Ca me rappelle trop que j’étais qu’un outil pour devenir la mascotte des démons et que j’ai été à la hauteur de rien.

-J’sais pas trop quoi te raconter… J’sais pas ce qui craint ou pas. J’me suis anesthésiée à la merde. Kaelig m’a fait promettre quand il a vu l’armoir.

Je m’arrête net, coup d’oeil furtif au docteur.

-J’étais à New York avant, j’étais une klub kid. C’était une belle époque. J’ai fait les tabloïds à l’époque… A cause de Enzo.

Je ris un peu. Repenser à cette époque me fait du bien. Revoir Enzo et sa moustache guidon, les soirées de fou qu’on faisait.

-C’est un modèle photo super célèbre. Je sais même plus bien comment on s’est rencontré, tout les deux. Probablement qu’il voulait me baiser, ça lui ressemblerait bien. C’est une vrai bite sur pattes. En tout cas, il a pas réussi et on est devenu amis. C’était sans doute le premier à respecter le fait que j’pouvais très bien être une pute et être parfaitement assexuelle. Lui, il est aromantique, on fait la pair. Enfin, on faisait. Il doit plus se souvenir de moi ou alors il doit plus beaucoup m’aimer…

Il me manque. Lui et ses cariño. Les journées lose gueule de bois à regarder des télé novelas. Ca me fait penser à Even… Et à tout les autres qui sont partis.

-J’viens de finir mes études, aussi. J’ai eu mon diplôme d’horloger et automaticien. Major de promo. Y avait personne pour voir ça. Even est mort… Daagan a disparu… Hunter s’en foutait et a probablement fait une overdose… Suibhne m’a laissé deux cents balles et un blouson avec un désolé...Asmodée et Simone avaient pas le temps. Ils ont jamais le temps.

Regard au sol.

-J’y ai vraiment cru… Que j’serais pas toute seule pour ma remise de diplôme. J’avais réussi à m’entourer un peu. C’était… agréable. Et puis ils sont tous partis…

J’ai même pas la force d’être vraiment triste. Je suis épuisée par tout ça. Juste complètement vidée de mon énergie.

-Mais c’est pas grave. Ca passera. Tout finit par passer.

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