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les créatures sont présentement surpeuplées ! on vous invite donc à privilégier les petits humains (ainsi que, toujours, les fantômes).
nous sommes présentement en hiver 2017-2018 (décembre, janvier, février)

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 ◈"Almasdar"◈ {Amon&Nathan}

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Nathan Brunelle
djinn // heaven can wait
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MessageSujet: ◈"Almasdar"◈ {Amon&Nathan}   Dim 23 Déc - 11:39




◈المصدر◈


La vie est un peu une succession de portes dans un couloir qui n'en finit pas. Nous nous aventurons à en ouvrir quelques unes, nous en négligeons d'autres. De paliers accueillants et serrures verrouillées, nous avançons quoi qu'il arrive. Hui, comme j'aimerais que tu sois là pour me tenir la main et me donner la force de franchir le seuil de celle-ci. Quatre ans de quêtes, de secrets espoirs, de déceptions et de frustrations m'ont conduit sous cette arcade hospitalière, avec cette plaque dorée sur du joli bois laqué.

Docteur Amon- El-Hadji
Psychanalyste et psychiatre.

Hui, j'ai la trouille comme jamais. Je sers contre ma poitrine la chemise cartonnée qui contient la lettre, le morceau de peau peint, et le dossier compilant mes propres recherches. Je lorgne les poil du paillasson. Je ne comprends pas les intentions de Nadim derrière ce triste et macabre jeu de piste. Pourquoi cet Amon ? Pourquoi pas ma mère ? Pourquoi pas toi, mon chère "papa" ? En quatre années, j'ai acquis la froide certitude que si tu m'avais aimé, tu m'aurais gardé auprès de toi et que si tu m'envoies chez cet "Amon", c'est qu'il est déterminant pour ta personne. Il est "clé".
Et à travers lui, je saurais t'atteindre toi.

Je ne suis pas idiot, cher père. Peut-être que je ne suis pas si bon que cela.
Méfies-toi des pions, une promotion est si vite arrivée.

Je prends une lente inspiration. Nous sommes vendredi, la secrétaire vient de quitter son poste pour toute l'après-midi, je suis mon seul obstacle à cette rencontre. Hui, je t'aime et j'invoque le pouvoir de ton chewing-gum légendaire ! Je frappe contre le bois et j'attends.

Ma vie est au tournant...
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Amon El-Hadji
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MessageSujet: Re: ◈"Almasdar"◈ {Amon&Nathan}   Mer 26 Déc - 14:37

Un vendredi de Janvier, au froid dansant. Attelé dans mon bureau, mes doigts courent sur la tranche cartonnée d'ouvrages bien rangés que je m'occupe de trier. Le chuchotement calme de la bouilloire ponctue l'espace aussi bien que le morceau de De Bussy qui s'exalte tendrement du poste de radio. Agatha est déjà rentrée chez elle, exceptionnellement un peu plus tôt que prévu, pressée qu'elle était de préparer un somptueux dîner aux chandelles pour son mari et elle. Un anniversaire de mariage en grande pompe, qu'elle me confia autour d'un Earl Grey en début de semaine. Trente ans d'amour, ça se fête ! D'un sourire, j'opinais du chef, riant à ses multiples anecdotes sur son cher Francis. Et je lui souhaitais trente ans de plus à ses côtés, tout en bénissant ces jeunes êtres de s'être aussi facilement trouvés.

Le piano s'envole et je continue mon rangement. Ces bibliothèques ont bien besoin d'être remises à la page. Plusieurs ouvrages datent littéralement des siècles derniers, aux pages jaunies porteuses de rêves passés, d'idées concrètes qui avaient peur que les affres du temps ne les relèguent aux souvenirs brisés. J'en relis certains, quand mon propre temps me le permet, à défaut de simplement les conserver en guise de trophée. Et je me rappelle des auteurs, plus que de leurs écrits. Je me rappelle à leur passion de concilier sur papier ébullition de leurs esprits.

L'expression aussi calme que les symphonies qui s'égrainent alors, je me prends d'une petite pause pour en saisir quelques uns et les poser sur un guéridon. Mais la bouilloire se fait capricieuse et réclame un peu d'attention de ma part. Eau versée sur un mélange de feuilles tibétaine et de fleurs séchées, une décoction idéale pour affronter l'hiver bien installé. Son parfum imprègne la pièce et se mélange à celui des pages tournées. Quelques titres m'octroient un sourire immédiat. D'autres m'intriguent, me faisant me souvenir que le dernier tri date d'il y a bien trop longtemps. Tiens donc, les ouvrages de Louis étaient donc ici ?...

Un soupire quand je parcoure l'un d'eux pendant quelques secondes, le breuvage contre mes lèvres. J'ai eu beau lui reprocher tout un tas de choses, son talent était certain. Mots incisifs et précis pour cette plume à son image. Louis, Louis, Louis... ce véloce impudent. Je me demande ce qu'il devient.

Les rangeant à nouveau, je continue d'apposer les autres qui passent au crible de mon regard avant de rejoindre l'étagère. La plupart sont gravés de quelques mots posés, manuscrits, rien que pour moi. Des œuvres offertes et paraphées de secrets entre moi et ces Hommes et Femmes de talent.
Pour moi, quelque soit l'époque.
Pour Vibhât, James, Solal. Amon. Une multitude de morceaux de ce que j'ai été. Des fragments conservés dans les coeurs de ceux qui se sont allés.
Ou qui demeurent. Quelque part ailleurs.
A écrire quelques nouveaux chapitres de leur vie.
Peut-être que toi, aussi...


Un instant soudain coupe court au fil de mes pensées. Quelqu'un toque à la porte directe donnant sur mon bureau, peu après la salle d'attente. Le regard vers cette dernière, mon esprit tourne et tente de se recentrer sur le temps présent. Non, aucun patient de prévu, et de toutes manières ce n'est plus l'heure pour ça. Étrange.
Délaissant mon activité et ma tasse fumante, je baisse le son du piano pour finalement aller ouvrir. C'est un jeune homme qui se présente devant moi. Une vingtaine à peine entamée pour des traits et un regard marquant sa juvénilité. Un visage sculpté qui me désarçonne quelques secondes. Je ne l'ai jamais vu ici.

Bonjour ?... Je suis vraiment désolé, mais je ne fais pas de consultations cet après-midi... Je suis en plein rangement et mon bureau est un vrai capharnaüm ! Un sourire, voire un rire, tout de même, preuve de bonne foi et volonté de le rassurer. Ce garçon semble aussi fébrile qu'une lame de papier. Mais je peux toujours arranger un rendez-vous pour demain matin, si vous le souhaitez. Vous êtes ?...

Un regard peut-être un peu trop insistant qui balaie le jeune homme un instant. Quelque chose me rappelle à lui. Un sentiment familier. Une impression vivace, née en mon coeur à la seconde où j'ai posé mes yeux sur lui.
Ce sentiment inexpliqué que j'éprouve lorsque je croise un congénère.

Mais je le sens. Je le sais. Il y a autre chose.
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Nathan Brunelle
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MessageSujet: Re: ◈"Almasdar"◈ {Amon&Nathan}   Ven 4 Jan - 10:30

La porte s'ouvre sur un petit homme au teint cuivré, le regard de gazelle, les prunelles en marc de café. Nadim -je peine à l'appeler "papa"- a su retranscrire avec un certain talent son tarin de caractère. Il avoisine la quarantaine, mais je sais aussi que la nature des Djinns est trompeuse quand au nombre des années. Ses lèvres incroyablement picturales - cette toile m'a certainement influencé plus que de raison - s'ébrouent la pulpe sur quelques politesses banales que je n'entends qu'à moitié. Je fronce les sourcils. Mode bloqué sur automatique.

- Nathan Brunelle.

De, quoi, hein ?

- Je... Non, pas  de rendez-vous ! Je suis désolé, je ne suis pas venu pour ça... Hum... Comment dire... Je me dandine malencontreusement sur mes deux grandes guibolles, les yeux rivés sur mes chaussures. Mes mains gantées jouent nerveusement sur la pochette cartonnée. Je suis là.. parce que... J'entends la voix de Hui me secouer les os... Parce que je pense que nous sommes peut-être apparentés, dis-je précipitamment.

Le docteur El-Hadji laisse glisser un regard pénétrant qui me brûle presque l'échine. Je n'arrive pas à échapper à ces deux lacs noirs. J'éprouve un brusque malaise.

- Ecoutez, je comprends que mon arrivée paraisse impromptue et... mordillement de lèvre... carrément burlesque. Moi, ça me ferait flipper à votre place ! Mais, je ne suis pas un illuminé ou un arnaqueur, je veux juste résoudre le mystère de ma naissance. Je ferme la porte derrière moi. Nulle besoin d'oreilles pour ce que je vais dire. Je sais que vous êtes un djinn. J'en suis un, également, apparemment, comme mon p... Mon géniteur. Visiblement c'est une maladie génétique. Quoi qu'il en soit, je ne sais rien de lui, à part son prénom. Et le votre. J'ai extrapolé que vous étiez peut-être son frère, ou bien son cousin. Quelqu'un de proche et de confiance, en tous les cas...

Fébrilement, je repousse les élastiques qui claquent sur le carton libéré. J'extirpe le morceau de peau tannée que je viens déplier consciencieusement sur le plat du bureau de sa secrétaire.

- C'est vous n'est-ce pas ? C'est mon... c'est lui qui l'a peinte.

Un silence, je regarde mon interlocuteur avec gravité, à l'affût de la moindre réaction.

- Il s'appelle Nadim.

Dis-moi que tu le connais.
Dis-moi que la piste ne s'arrête pas là.
Il y a tant de choses que je dois encore définir !
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Amon El-Hadji
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MessageSujet: Re: ◈"Almasdar"◈ {Amon&Nathan}   Sam 5 Jan - 10:45

Nathan Brunelle.

Nathan Brunelle, tu m'apparais comme une grande tige aux traits coupés, francs de cette jeunesse hésitante mais pourtant porteuse de grands espoirs dont elle ne se doute pas. Allure timide et timorée, perdue dans l'espace qui lui est confié. Tu t'avances, de ton ombre encore tendre, encore frêle, quand tes mains tremblent et que tes yeux fuient. Qui es-tu, jeune âme ? Le sais-tu, du moins ?

Et quelle est cette sensation toute particulière qui m'anime, quand je cherche à atteindre le pourquoi de ta visite, niché au creux de ton regard d'enfant ?
Ce sentiment d’ambiguïté, de déjà-vu personnifié sans pouvoir le qualifier...
Cette étrange impression de familiarité.

Pourtant, ton nom, ton allure, tout ça n'a aucune signification à mes yeux. Je n'ai pas croisé ta route, je peux le certifier. Les visages et les noms tendent à vouloir s'imprégner plus que le reste dans mon esprit. Aussi, lorsque tu entres, que tes mots cherchent leur chemin, je ne peux m'empêcher d'observer avec insistance ta silhouette inconnue. Peut-être un peu trop, tant ma gorge m'insuffle une forme de méfiance méconnue de mes réflexes habituels. L'intuition flamboie malgré moi, me poussant à réfléchir alors que tu relâches toutes tes intentions les plus pures.

Apparentés... ? La surprise se lit sur mes propres traits. A ma connaissance, rien ne prouve que tes dires soient vrais. Mais pourtant... pourquoi  en douter ?
Toi-même, tu tentes de désamorcer les soupçons, ce qui m'arrache un sourire des plus compatissants malgré la bizarrerie apparente de la situation. Calmez-vous... Je veux bien vous écouter, il n'y a aucune raison pour que vous vous inquiétiez. Et j'ai déjà entendu pire que ça, vous savez... Un rire, tentative d'alléger le drame qui pèse ta voix d'oisillon tombé du nid. J'étais sur le point de boire un thé. En voulez-vous un peu ?

Attendant la réponse, je saisie la tasse délaissée encore fumante, tandis que ton discours persiste. La nature se dévoile, et me saisit à mon tour, plus brutalement. Un djinn. Un très jeune djinn, à en croire les mots pleins d'erreur et de peur latente.
Corps qui se tend, qui se tourne, à nouveau. Les yeux qui arpentent et les oreilles à l'écoute, qui n'en finissent pas de glaner la myriade d'informations. Je n'arrive pas à répondre. Pas maintenant. Je te laisse terminer. Je te laisse infirmer les terreurs qui sont en train de germer.

Un djinn, qui me connait depuis longtemps.

La liste des candidats potentiels est plus longue que tu ne le crois, Nathan. J'ai croisé la route de bien de mes congénères au fil des années.
Mais il en est un, malheureusement, dont le nom doit être tue.
Un, enseveli sous des sables brûlants.
Un, à l'oeil fou, à la liberté éprouvée, aux chaines encore cloitrées dans l'abîme du cœur.

Un qui savait me sourire, aussi.
Un qui ne savait que trop me regarder.
Dans la lumière et l'ombre à la fois.

Un qui s'est sans doute fendu d’œuvres comme celle que tu me montres.

Je ne me reconnais que trop bien, sous ces traits-ci.
Maculés d'un souffle ancien.

... Impossible...

Murmure au bout des lèvres. Yeux rivés sur la toile de peau d'un autre temps, palpitant qui s'agite, effrité par la vérité qui tombera dans quelques secondes. Les mains tremblent déjà. Subitement, le destin reprend sa course.

"Il s'appelle Nadim."

Bruit à mes pieds. La tasse a glissé, échappée de doigts sans force ni vaillance. Le liquide brunit le tapis, une tâche qui se répand. Terrible comme le sang.

... Ah, p-pardon. Je suis un peu... maladroit.

Un genou plié, je ramasse un à un les morceaux. Un peu de moi, brisé avec perte et fracas. Un regard vers toi, à nouveau, à la recherche du vrai.

Vous... enfin, tu...

Et je comprends, je comprends finalement, tout ce qui a pu attiser mon trouble en te voyant. Les pommettes. Le nez. Le visage dans son ensemble.
Ces grands yeux face au monde.
C'était donc ça.

Oui... Je peux voir... la ressemblance...

Voix faible de peu de contenance. Je me redresse, jette les restes de la pauvre tasse, et demeure muré d'un silence implacable.
Pauvre garçon qui ne fait que chercher l'insondable et l'horreur, sans avoir la moindre conscience de ce qu'il en est.
Je suis profondément désolé.

Je prend finalement place sur le sofa, à croire que mes jambes me poussent au repos elles aussi. Je te laisse un peu de place, si tu souhaites faire de même. Et les yeux dans mes souvenirs cachés, je tente de débuter la folle épopée de ma propre perdition.

... J'ai connu Nadim il y a des siècles. Littéralement. Nous n'étions que des enfants... Et nous... avons connu l'enfer, tout les deux.

Et nous avions choisi de le devenir.
Nadim a perduré.
Et je l'ai abandonné à son sort.

... Nous n'étions pas seulement des "frères". Nous étions... davantage que cela.

J'ignore encore comme le qualifier. Après quatre cent ans, nous demeurons ce mystère qui nous a habité pendant près d'un siècle. Des parts d'âmes nouées qui se sont battues pour exister... impossibles à séparer, dans les faits. Des monstres en maraude, dont l'un avait le regard aussi clair que le ciel qu'il souhaitait tant attraper.

Dieu que j'ai pu l'aimer.

Un coup d'oeil vers le morceau de cuir peint. Les images reviennent, quand les questions fusent. A mon tour de savoir.

Comment t'es-tu procuré cette peinture... ? Regard dans le tien. Et comment sais-tu son nom ? D'où viens-tu, Nathan ?

J'ai le coeur qui tressaute, la peur viscérale de me confronter à ce passé auquel j'ai tenté d'échapper.
Mais j’appréhende depuis trop longtemps l'instant où ma punition viendra me frapper.
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