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les créatures sont présentement surpeuplées ! on vous invite donc à privilégier les petits humains (ainsi que, toujours, les fantômes).
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 Not to disappear [Amon]

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Helena Murdock
paranormal // walk the line
messages : 624
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MessageSujet: Not to disappear [Amon]   Jeu 27 Déc - 1:08

    Not to disappear

L’ironie lui pend au nez, cette sale manie de retracer les mêmes cercles à ses pieds. Tourner en rond jusqu’au vertige, jusqu’à la chute. Les genoux trop souvent égratignés par le passé, les hématomes qui se sont multipliés sur les mollets. Mais elle n’apprend rien, Helena. Elle régresse sans arrêt, peut-être dans l’espoir de tout recommencer. Ça ne fonctionne pas comme ça, elle le sait. Et pourtant, ça ne l’empêche pas de persévérer sur cette voie. A courir pour se prendre le mur au bout du cul-de-sac. Est-ce que tout se terminera toujours comme ça ? La polonaise construit un énième cycle en franchissant le seuil de cette bâtisse, en portant sur ses épaules, le chagrin d’un autre. Dans la salle d’attente, les guiboles commencent à douter de la direction empruntée après s’être légèrement emmêlées dans l’entrée. L’instinct lui suggère la fuite, la raison ne commente pas cette décision à l’heure où l’émotion la cloue sur place. Tout ici la renvoie à son mal être au lieu de l’apaiser. Il faut  être tarée pour aller s’aventurer dans un tel cabinet. Son beau-père le confirmerait. Pour lui, fallait l’envoyer à l’armée pour la recadrer, qu’elle soit disciplinée, qu’elle ait les pensées appropriées. Recrachée des champs de bataille, la gosse de l’époque n’a été que plus détériorée, psychiquement mutilée. En quoi lui foutre un flingue et une grenade entre les mains allait lui permettre de résoudre ses comportements jugés inadaptés ? En quoi ça allait réparer les brèches que l’absence du père a créées ? A force de se tenir là, sur son siège, à suffoquer, la nerveuse finit par tout analyser du plafond au plancher. Appréhender son environnement pour diminuer l’anxiété, c’est ce qu’on lui a appris durant sa thérapie. Brève et écourtée parce qu’elle n’en a rapidement plus voulu une fois rentrée au bercail. N’en pouvait plus de répondre à des demandes incessantes, de devoir expliquer ce que ça faisait là-bas, dans le sable et sous le soleil de plomb, de tuer pour le compte du pays où sa famille s’est exilée.

Avec Amon, il n’a jamais été question de remuer le passé. Juste de comprendre les intentions d’un adolescent introuvable, sonder un professionnel pour multiplier les idées et orienter la recherche. Sauf que dans l’histoire d’Ernest, y a la sienne qui y est forcément contée. Y a celle du géniteur aussi qu’elle a assassiné d’un coup de volant pour envoyer la bagnole dans le fossé. Des faits que la furibonde a refusé de dévoiler. Et plus, elle a tenté de parler de son fils, plus elle s’est mise à dangereusement flirter avec ses propres limites. La peur l’a tenue éloignée de cet endroit répudié. C’est cette même émotion qui la fait revenir aujourd’hui. Pas pour elle, pas pour son gamin mais pour un homme prêt à tomber. Les problématiques liées à l’alcool, la trentenaire ne les maitrise pas, ignore comment assister quelqu’un incapable de se sevrer. Incapable de se tenir à l’écart d’une bouteille quand ça va mal. Le choc ne passe pas, l’appréhension ne s’estompe jamais. Elle vit hantée par la perspective de sa mort prématurée. Ça ne serait qu'un coup de plus dans un parebrise déjà fissuré. Tout son monde ne tient qu'à cet équilibre précaire, son existence repose déjà en partie dans les mains d’un gars pas fichu d’assurer sa propre survie. Voilà où elle en est. Foutu Castellano, qu’elle s’entend une fois de plus penser. Pourtant, s’il la savait ici pour lui, ça risquerait de l’énerver. C’est une bonne raison pour ne jamais le révéler. Plus question de reculer, l’antre est délivré, la silhouette familière dessinée. Le cœur se met à déconner. Une inspiration, les pas qui s’additionnent pour le rejoindre. Hochement de tête respectueux, main tendue pour la cordialité. « Bonjour. » Un marmonnement tout au plus. Les yeux ne se heurtent jamais aux siens comme si le toubib était capable d’y détecter ce qu’elle tente si ardemment de planquer. Faut la voir préciser avec empressement ce qu’elle fout là avant même de s’être installée. « Je ne viens pas pour moi. J’ai besoin d’un avis compétent sur une situation particulière. Celle d’un ami. » Ce terme résonne si mal qu’elle se demande comment elle peut encore l’utiliser. Sauf qu’il n’existe, de toute façon, aucun mot pour décrire ce qu’il se passe - ou ne se passe pas d’ailleurs, entre eux. Alors il faudra se contenter de cette annotation générique en priant pour que le médecin accepte le mensonge sans même rechigner.
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Amon El-Hadji
djinn // heaven can wait
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MessageSujet: Re: Not to disappear [Amon]   Lun 21 Jan - 15:06

Il est de ces temps où l'on repense aux échecs, aux erreurs, aux valeurs perdues dans les grains d'eau d'une trop grande clepsydre.
Ils sont là, à frapper contre les carreaux, une pluie diluvienne qui s'abat sur la ville. A l'image des heures qui s'écoulent, toutes porteuses d'un moral pesant. L'ambiance festive s'est rapidement éreintée, pour laisser place à plus de noirceur, un versant des lieux que les locaux n'imaginaient pas, mais qui s'installe et baigne Blackwater Falls d'une terreur sans nom.

Des enfants disparaissent. Des créatures sortent de l'ombre. Des conflits naissent.

Les cycles d'horreurs s'alignent pour recommencer. Peu importe l'époque, au final.

Il est de ces temps où je me remémore les facettes terribles de mon impuissance. Les choses que je ne suis pas capable d’appréhender en dépit de ma bonne volonté, et de toutes ces années écoulées. Ces choses qui fuient mes mains poussiéreuses, vaguement occupées présentement à griffonner sur du papier blanc. C'est le visage de Jordan qui ressort des traits enchevêtrés. C'est plus fort que moi. Je ne passe pas une seconde sans m'inquiéter de son sort, de ce que ma fille pourrait vivre en ces lieux. Je la sais surveillée et pourtant, je sais aussi que d'autres pourraient déjouer ces défenses préparées pour sa sûreté.
Mes pensées dérivent, tambourinent contre le son de la pluie. Beaucoup de bruit. La fatigue joue certainement beaucoup aussi.
Encore trop de jours et de nuits où je ne me suis pas nourris.

Une sonnerie me délivre, un instant. Agatha m'appelle, ce canal-ci n'est que pour elle.

Docteur, Mademoiselle Murdock est ici. Elle souhaite s'entretenir avec vous, vous êtes disponible ?

Murdock. Murdock. L'attention se prête aux mots de ma secrétaire, sortant du téléphone relié à l'accueil. Un battement manque, quand j'y songe. Quand je me rappelle de l'affaire de cette patiente particulière, plus fuyante que persistante, venue chercher des réponses à la fugue de son fils. Plus les séances passaient, plus les verrous se formaient, empruntés au passé pourtant nécessaire pour comprendre. Vague remuée, raz-de-marée provoquée. Elle ne vient plus. Échec. Erreur. Elle qui souhaitait simplement mon aide.

Une aide que je n'ai peut-être pas su lui apporter.
Ou bien qu'elle n'était pas capable de recevoir.

L'un dans l'autre, la faute m'incombe, pour ne pas avoir été capable de le cerner. Je me demande à quoi me servent ces siècles passés si je ne sais toujours pas en saisir la clarté des épreuves traversées...
Il est peut-être l'heure de crever les nuages, de laisser un brin de lumière percer. De saisir à pleines mains ce qui semble être une nouvelle chance de réparer ce que j'ai pu abimer.

Je donne le feu vert à Agatha, et me lève de mon siège pour pouvoir l'accueillir. Les choses ne tardent pas à venir. Politesses rendues une fois la porte ouverte, un sourire pour rendre l'ensemble de la situation plus simple. Plus naturelle, aussi.

Bonjour, Helena. Comment vous portez-vous ?

Question de principes. Il est évident que quelque chose la tracasse plus que de raison. Pour qu'elle revienne vers moi, au demeurant, et qu'elle ne consulte pas quelqu'un d'autre.
Ses mots le confirment plus ou moins. Une situation particulière concernant un ami. Hm. Les défenses sont toutes présentes. J'entends les informations, sans leur donner tout de suite mon crédit. Avançons prudemment.

... Bien sûr, entrez donc, asseyez-vous.

Je me décale, la laisse reprendre ses marques dans le cabinet. J'ai déplacé un meuble depuis, changer quelques éléments de décorations aussi. Le temps a passé, c'est une donnée que je ne peux modifier.
Je prends place à mon tour, en face d'elle, comme à mon habitude. Quelque soit l'angle qu'elle utilise, je suis prêt à l'écouter.

Parlez-moi de la situation de votre ami. Si je suis en mesure de vous aider, je ferais ce que je peux.

Je ferai tout ce que je peux. Tout ce qui est en mon pouvoir. Même si je n'ai pas été capable de pleinement comprendre cette femme, par le passé.

En dépit de tout ça, Helena Murdock...
Votre confiance m'honore.
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