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nous sommes présentement en hiver 2017-2018 (décembre, janvier, février)

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 Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel

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Mircea Krantz
vampire // kill of the night
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MessageSujet: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Jeu 3 Jan - 18:42

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Galerie d'Art - Hänsel
Ses pas s'arrêtent sur cette vitrine. Délicats coups de pinceaux pour un visage suggéré, des couleurs chatoyantes pour cette triste matinée. Le bourdonnement des gens qui parlent encore pour parler entre eux, sinon ils ne se voient pas. S'ils ne parlent pas, il ne se voient pas. Il leur faut voir avec la bouche, les lèvres, la langue, les dents, la gorge. Pour de vrai, et un peu pour de faux. Leurs échangent ne seront pas enregistrés, parce qu'il leur faudra autre chose de plus perturbant dans leur petite tête pour se souvenir de leur conversation. Mircea ne  les entend pas, ils sont un bruit de fond, un bruit d'ambiance, un bruit de ville. Un bruit de merde qu'il troquerait bien contre la tendresse silencieuse de la forêt. Les oiseaux ne peuvent même pas se faire entendre là-dedans ; bref. Les yeux rivés sur le tableau, il regarde. Il observe. Dans une bulle. La sienne.
Une inspiration, quelqu'un vient de sortir de la galerie : ça sent. Ça sent quelque chose qui lui fait envie. Quelque chose qu'il n'a pas fait depuis longtemps, dans laquelle il aimerait bien se lover de nouveau, juste pour un instant, histoire de se sentir un peu rafraîchit.
Il fait pourtant bien froid en cette matinée d'hiver.
L'odeur de la peinture, du propre, d'une salle d'exposition où l'on vient tout juste d'accrocher les toiles, de poser sur leur socle les sculptures. L'envie est irrésistible. Pourtant, il regarde la poignée un instant avant de prendre une décision. Combien de temps va-t-il y rester ?
Est-ce qu'il a vraiment envie d'y aller ?

Sa cigarette se consume entre ses lèvres, ses son attitude triste, sombre, les mains dans les poches de son très long manteau, font probablement fuir les clients. Il coupe sa denrée contre le mur pour éviter de la gâcher entièrement, la range dans son paquet avec les autres. Le mouvement est lent, mais les doigts sont ankylosés dans la mort et le froid. Finalement, un souffle : dans ce souffle, il pousse.
Un pas, puis l'autre.

Il a dépassé la porte.

Le voilà.
La galerie l'accueille, plus belle qu'il n'aurait pu l'imaginer. L'intérieur blanc, les peintures finement accrochés aux murs, de toute beauté. Certaines attirent plus le regard que d'autres , mais toute ont cette virtuosité qui le touche en plein cœur - même si celui-ci ne bat plus. Derrière ses cheveux de Méduse, ses yeux semblent s'illuminer d'une lueur qui, depuis longtemps, ne brille plus nulle part. À la fois d'enfant et de spectateur.
Hélas, l'inspiration qu'il prend lui apporte une drôle d'odeur.

Ses sens sont troublés l'espace d'un instant. Sa mémoire se met en quête de l'origine de cette odeur, comme une senteur d'enfance que l'on aurait oublié. Recrée artificiellement ? Non. Non, c'est impossible.
Il reconnaît l'odeur de sa peau, de son sang, de ses cheveux. Il n'est là question d'aucun parfum, d'aucun artifice, mais d'une chimie du vivant, d'une chimie noire qui, subitement, le submerge alors même qu'il se retourne lentement pour apercevoir du coin de l’œil la personne qu'il n'aurait jamais voulu revoir de sa vie. La source de tous ses problèmes, tous ses malheurs, de toute sa déchéance, sa décrépitude, de sa chute vertigineuse. Celui qui aura, pour toujours et à jamais, marqué sa mémoire au fer rouge, tant et si bien qu'il reconnaît jusqu'à la plus ridicule fragrance.

Sa respiration se coupe, ses yeux s'éteignent, il se tasse subitement sur lui-même. Figé. Un cerf face au chasseur. Il va mourir s'il ne fait rien, parce que son esprit tout entier va lâcher. Son esprit entre dans une sorte de déni, une voix dans sa tête hurle de fuir, de s'échapper, de lui foncer dessus, de foncer dehors, de partir loin, très loin d'ici.
Qu'est-ce qu'il fait là, putain ?
Trop de question. L'injustice, la peur et la colère battent à tout rompre dans son corps désarticulé. Il fait un pas en arrière, trébuche, se rattrape par réflexe.
Réflexe déclencheur.

Il a presque arraché la porte en partant. Il pousse quelqu'un qui voulait rentrer, bouscule encore une foule de personne. Il cours vite, pour un humain, mais ses instincts reprennent bien trop le dessus pour qu'il ne puisse les faire taire. Il travers la foule, la rue, prend la première à droite, la deuxième à gauche, remonte, repars, se perd.

Puis comme figé, ses jambes ne bougent plus. Elles tremblent alors qu'il est là, au milieu de la foule, son coeur prêt à ressortir de sa gorge, ses mains tremblantes, ses yeux embués de larmes. Dans son ventre, la plus grosse masse de plomb jamais créée. Il suffoque, subitement, respire fort, bien trop fort, tremblant de toutes part comme secoué par un tremblement de terre qui ne l'atteindrait que lui. Il se retient de hurler, mais ses dents serrées laissent passer l'écume au bord de ses lèvres. Il tient ses propres avant-bras.
Il est pathétique.
Dégueulasse.

    Il se déteste.


Pourquoi il est là ?

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Ça n'a pas suffit ?
Pourquoi il faut que l'on rajoute une couche à tout ce qu'il vit.

La honte la honte la honte.
Noie-toi dans ta putain de honte.
Ma pensée s'éloigne avec un sourire meurtrier et laisse la discordante anxiété rugir dans mon âme...

Sa voix brisée, comme si on lui serrait violemment la gorge, comme si on voulait l'étrangler, l'étouffer pour de bon, alors que les larmes coulent des ses yeux, que ses cheveux dégoulinent sur son front tels des serpents prêts à lui crever les yeux, qu'à ses lèvres humide la salive vient se loger, il parvient à articuler dans sa langue qui lui est chère :
- J'ai tellement peur.
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Hänsel Lunich
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Ven 4 Jan - 5:24



« Pathétiquement vôtre  »
@Mircea Krantz  & Hänsel Lunich



ϟ Pas qui résonne dans la galerie, rien de plus, rien de moins. La nuit, les choses sont calmes, agréables, désertes. Quelques clients tardifs, quelques insomniaques, couche-tard, mais jamais une foule inhabituelle sauf en cas d’occasions spéciales. La journée, je ne suis jamais présent, laissant le soin à cette nouvelle associée de gérer mes affaires. Décalé, nocturne, ma vie est faite d’étoiles et de lunes, le soleil n’étant plus véritablement accessible. Les contes mentent, je ne suis pas Dracula, je ne vais pas sécher au soleil…non, il est juste plus facile de vivre la nuit, mon espèce semble davantage attrayez par ces heures sombres. Ils chassent, les vampires normaux. Chasses pour boire, pour se nourrirent ou encore, se croisent dans les boites de nuit. Mon repère à moi n’est pas un lieu bruyant, de la musique qui frappe mes tympans sans scrupules. Je préfère de loin le calme, le silence, la plénitude d’une galerie aux senteurs multiples et variées. Peintures plus anciennes, d’autres plus récentes. Toiles abimées par le temps, d’autres plus jeunes, plus fraiches. Cet univers est le mien, il m’est propre, comme l’envie de posséder une unique chose qui pourrait, sans nuls doutes, me définir dans l’espace et le temps. Temps immortel, sadique, cruel. Les années se sont avancées, ne laissant qu’un vide béant, une latitude bien trop cuisante. Devoir sans cesse bouger, déménager, fuir les chasseurs de plus en plus nombreux. Mon sevrage n’aide pas au moral, ayant replongé récemment, je tentais de reprendre mes habitudes…pour ça, je devais travailler sur moi-même, y’a aller petit à petit et tenter de garder une certaine stabilité qui, au fond, m’est impossible à avoir.

Crève-cœur constant, la vie est ainsi faite. Multiples punitions pour mes erreurs passées, pour mes regrets. Jonglant entre les couloirs, les tableaux, je viens à peine de sortir de l’arrière-boutique. Dehors, il y a du monde, trop de monde. Une foule qui m’agace par le bruit, qui vient rompre mes habitudes. Je devrais y être habitué, ayant vécu dans des endroits loins d’être silencieux. Paris, Belgique, Grèce…Ce ne sont pas des endroits réputés pour le calme et la douceur. Non, les endroits sont animés, festivités constantes qui viennent engendrer du monde, des bruits, des résonnances. Un léger soupire caresse mes lèvres, comme si respirer m’était nécessaire. Cœur crevé depuis trop d’années, il a cessé de battre alors que j’avais atteint les trente ans, m’obligeant à abandonner cette vie d’humain trop regrettée. Le nez dans un registre, la porte s’ouvre et je n’y prête pas attention, pas de suite en tout cas…pas avant qu’une odeur familière me fasse brusquement lever les iris, en alerte, reconnaissant entre mille cette progéniture perdue dans le temps. Pupilles qui se dilates, je tourne le visage vers ce gosse autrefois transformé, autrefois chéri, avant qu’il ne m’abandonne lui aussi pour vivre sa vie, pour s’arracher à mon emprise. Les mots avaient été des armes cuisantes, violentes et la rancœur revient caresser mes tripes, mais davantage, le trouble de le voir dans les environs. Mon registre se referme, il recule…j’avance. Il trébuche, je me fige. Déposant doucement le livre sur le comptoir, je le regarde quitter les lieux, arrachant presque la porte d’entrée. J’hésite, l’espace de quelques secondes. La douleur, elle ne s’est jamais vraiment effacée, mais le laisser partir sans savoir, sans comprendre, sans le toucher une dernière fois m’est improbable. Il reste ma seule et unique progéniture, mais également cet homme que j’ai tant affectionné avec le temps, à qui j’ai appris bien des choses.

Anormalement rapidement, je me déplace dans la galerie, sort par la porte de derrière. Je fais face au monde, mais j’analyse les odeurs, je les décortique, les écartes pur retrouver la sienne, me focaliser sur celle-ci. Trop rapide pour l’œil humain, j’arrive à me frayer un chemin dans la foule, me figeant, le fixant. Il est trop émotif, il est trop instable. Je connais ce caractère, je l’ai conçu en quelque sorte, pas entièrement, mais assez pour que la peine de le voir ainsi me ronge de l’intérieur. Ses paroles me parviennent et je soupire doucement, avançant vers lui, sans jamais le quitter des yeux. Il a été mon enfant, mais davantage par la suite, une romance subtile et dangereuse, une romance que je me suis souvent refusé par punition, par cruauté. « ça va aller.. » Dis-je plus bas, sachant que ses oreilles pourraient percevoir mes mots. Je n’ai pas envie de lui courir après, malheureusement, je sais que je le ferais, que je ressentirais le besoin troublant de le faire. Mes iris plongent dans les siennes, je ne souris pas, les traits tirés, l’esprit en vrac, menaçant de se perdre dans des méandres plus obscurs. L’odeur du sang est partout, je me force à ne pas inspirer, ne pas tenter le monstre qui n’a jamais véritablement été endormi. Ses larmes s’écoulent, un enfant perdu, un enfant brisé. Je n’ai jamais plus transformé personne après lui, ça m’était impossible, le résultat est trop chaotique. « Mircea, ça va aller. » Que pourrais-je dire d’autre ? Je ne le touche pas, lui faisant simplement face, ayant de nouveau murmuré dans sa langue natale. La mienne n’est que rarement utilisée, sûrement parce que la parler me rappel que j’ai perdu bien trop de choses. Mes doigts tressautent légèrement, l’envie d’écarter ses larmes, mais les remords l’en empêchant, les regrets, une pointe d’amertume également. Il est parti, je suis resté, aujourd’hui, le monde semble vouloir faire en sorte que je le retrouve. Je déteste ce monde.



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Mircea Krantz
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Ven 4 Jan - 9:48

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Galerie d'Art - Hänsel
Il entend les pas pressés de le rejoindre, il entend l'absence de battement de cœur, il entend l'adrénaline de la peine couler dans ses veines. Tout est tellement exacerbé, tout est à une intensité que jamais il n'a atteint. Son ouïe, son odorat, ses sens sont en alerte, comme ceux d'un loup qui viendrait de se réveiller d'un endormissement forcé avec une trop grosse dose de sédatif. Il voit flou, mais ce sont les larmes qui bouchent sa vue, qui voilent ses yeux. Son cœur ne bat plus, et pourtant dans ses tympans c'est une fanfare de forces de l'ordre qui marche au pas militaire. Il lui semble avoir cessé de respirer tant sa gorge est serrée, ses poumons contractés, sa mâchoire écrasée. Son corps secoué de tremblement ne lui répond plus, et ses mains crispées sont remontées jusqu'à ses cheveux dans lesquelles elles se mêlent avec les serpent de Méduse.

« Mircea, ça va aller. »

Le son de sa voix le terrifie. À peine a-t-il traversé le bourdonnement dans son crâne que les souvenirs vieux d'il y a cinquante ans sont ravivés, rallument la flamme qu'il essaye de faire taire depuis tout ce temps, créant désormais l'incendie dans la forêt de ses sentiments. Sa voix est une bourrasque violente de vent glacial sur ses larmes brûlantes. Cherchant à respirer, sa cage thoracique se soulève fébrilement, douloureusement, s'abaisse d'un coup. Ses soubresauts lui font perdre l'équilibre tant ils sont violents ; mais il tient. Il tient, parce qu'il ne peut pas flancher. S'il flanche, il perd tout, il donne une chance à ce monstre qui a eu l'audace de venir à sa suite. La panique et l'anxiété ne sont pourtant pas encore prêtes à céder la place de la colère. L'angoisse noue sa gorge, il suffoque.
Il suffoque, mais il relève la tête pour faire face à cet homme qui a causé sa perte. Il a envie de tout. Lui sauter à la gorge, l'attraper et le jeter, lui hurler dessus, pleurer. Même le serrer dans ses bras. La tornade d'émotion ne parvient pas à nettoyer le champs, à labourer la terre et à faire table rase. Elle entraîne tout avec elle, même sa propre capacité à penser. Il ne sait pas comment réagir, que dire, que faire.

Il est juste là, planté, les genoux tremblants, l'écume au bord des lèvres et une nausée abominable. Son corps tout entier lui fait mal ; il lui semble entendre ses ligaments rompre.
Hänsel est là. En face de lui. À moins d'un mètre. Il ne le touche pas, mais Mircea sent que le contact avec son aura est déjà trop.
Un animal choqué, incapable de bouger. Il suffoque tellement, se sent fait prisonnier. Les gens se retournent et les regardent, mais Mircea n'en a cure. Ils commencent à discuter, certains se disent qu'ils vont peut-être devoir intervenir. Le roumain tend le dos. Si une seule personne s'approche, il ne sait pas de quoi il sera capable.

Enfin, il parvient à faire un pas.
À attraper le col du monstre qui l'a blessé.
À trouver la force de le ramener d'un coup sec vers lui.
De relever la tête, de plonger ses yeux dans les siens.

De lui dire, avec ses prunelles sombres, au combien il lui en veut. Au combien il a peur. Au combien il veut le voir disparaître pour de bon. Au combien il le déteste et se sent trahi, cinquante ans après.

- Qu'es-c-qu-... Sa mâchoire trop crispée l'empêche de parler. Il tremble tellement qu'il se sent privé de toutes ses forces. Elle est morte. Parvient-il finalement à articuler. Elle est morte par ta faute.

Enfin. Depuis toutes ces années.
Enfin la porte s'ouvre pour aller faire tourner son fantôme sur lui-même.

Il éclate en sanglots, les poings serrés sur le col en tissu, les dents crispés pour s'éviter de hurler tant la peine est douloureuse, violente. Ses yeux sont fermés, sa tête basse.
Dans le noir, il voit des couleurs.

Il fallait qu'il sache.
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Hänsel Lunich
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Sam 5 Jan - 13:30



« Pathétiquement vôtre  »
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ϟ Il tremble, semble pris dans un tourbillon d’émotions. Contradiction étrange avec l’homme que je suis, que je suis devenu. Des années auparavant, les choses n’étaient pas ainsi. Humain, je respirais la joie de vivre, je croyais en une force supérieure, chérissais la vie et ses bienfaits, mais également ses épreuves. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de ce souvenir, mort avec elle, avec lui. Oui, c’est ce qui s’est passé, l’homme a fini par sombrer, laissant la bête prendre le dessus. Aujourd’hui, la froideur fait partie de mon quotidien, l’isolement est ma punition, mon épreuve. J’en fais les frais jour après jour, ayant déjà pensé à me faire tuer sans broncher, à les laisser me rattraper. Je n’en ai jamais véritablement eu le courage, l’après me faisant peur, l’après me faisant trembler. Où irais-je après cette vie ? Sûrement pas retrouver les nuages, car si l’enfers existe alors, je suis en plein dedans et pire m’attend pour la suite. Je reste impassible, calme, froid et sans véritables émotions. Pourtant, à l’intérieur, les choses se bouscules, se frappent, s’étripent. Une guerre violente que je peine à masquer. Les curieux s’arrêtent, observent, se demandent ce qu’il se passe. Le genre humain est naturellement curieux, aimant se mêler des affaires d’autrui. Ce soir, nous ne sommes pas seuls, exploser reviendrait à nous exposer et je ne peux aisément pas laisser ma progéniture en arriver à ce stade. Déjà, je me prépare à intervenir, à simuler quelque chose. Une bagarre peut-être, une crise de nerfs. Peut-être dirais-je que c’est un membre de ma famille, qu’il n’est pas bien, qu’il a besoin de médicaments ou d’un traitement quelconque. Une excuse comme une autre, mais les hommes y croiront. Dans l’immédiat, je dois absolument le contenir, canaliser l’enfant violent et au bord du gouffre pour ne pas qu’il sombre dans une crise bien trop improbable et folle.

Quand ses doigts s’emparent de mon col, je le laisse faire, je ne bronche pas. Il m’attire brusquement contre lui, mais mes iris ne quittent pas les siennes. Je pourrais aisément le reculer, le plier pour qu’il cesse de s’exposer. Ma force est plus grande que la sienne, mes années étant plus élevées que les siennes. Il n’a que 80 ans, j’en ai pratiquement 200 de plus, il ne fait pas le poids, mais j’aimerais éviter d’en arriver là. Alors, je l’écoute. Elle est morte. Ma mémoire tante de retrouver le « elle » en question, mais à l’époque, je n’avais d’yeux que pour lui, du moins, jusqu’à ce que je me souvienne d’une gamine qui sautillait à ses côtés dans les rues. Sa sœur ? Peut-être, sûrement, qui sait. Il sanglote, dents serrées, prêt à exploser. Délicatement, mes mains viennent se poser sur ses poignets, mes prunelles toujours plongées dans les siennes. « Un fardeau de plus à porter. » Murmurais-je. « Je suis désolé, sincèrement, mais t’exposer ainsi ne fait qu’attiser la curiosité. Si tu m’en veux, si tu veux te défouler alors fais-le, mais ailleurs… » Dis-je délicatement, reprenant cette voix doucereuse, cherchant à le calmer comme je le faisais autrefois, comme j’avais si souvent dû le faire. D’un mouvement sec et presque imperceptible, je tors ses poignets pour ouvrir ses doigts, baissant ses bras. Je n’ai jamais lâché ses yeux, pas une seule fois. La sensation de sa peau sous mes doigts me semble brûlante, mais je résiste à l’amertume qui coule dans nos veines, dans nos cœurs. Il n’a pas changé, sa beauté reste la même, figé dans le temps. Cette beauté que j’ai tant désirée, que j’ai rapidement remarqué alors qu’il profitait de cette vie qui lui a été arrachée.

« Tu arrives à un âge où les personnes que nous aimons disparaissent. Femme, enfant…la vie continue son trajet cruel alors que nous, nous restons les mêmes. Apprendre à surmonter de telles épreuves n’est pas chose aisée mon enfant, mais ça fait partie de cette malédiction que je t’ai transmise et crois-moi, j’aimerais tellement qu’il n’en soit pas ainsi. » Dis-je alors que mon regard se rempli d’une douleur virulente, d’une souffrance épuisante. Je ne le lâche pas, je garde ses poignets dans mes mains, comme pur l’empêcher de fuir, de m’abandonner une fois encore. « Viens avec moi…Il est temps de nous éloigner, les regards curieux deviennent trop nombreux. »

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Mircea Krantz
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Dim 6 Jan - 19:10

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Galerie d'Art - Hänsel
C'est comme un coup de le crâne répété pour t'assommer. Pour te faire sortir les yeux de leurs orbites, pour te faire mordre ta langue. Avec cette prise dans ta gorge ; les loups se battent tout autour de toi et s'en devient insupportable. Le carnage. Le brouhaha de leurs hurlements. La cacophonie des crocs qui s'entrechoquent les uns contre les autres. La fanfare funeste qui vient les piétiner, briser les os de leur colonne, broyer leurs muscles, leurs museau, jusqu'à ne faire plus qu'une triste bouille de sang et de fourrure gisante au sol.
Il tremble tellement fort qu'il en est secoué de partout. Ses genoux le tiennent à peine ; aussi, il ne résiste pas à ces mains aussi glacées que les siennes qui saisissent ses poignets. La force est maîtrise, un jeu d'équilibre parfait, contrôlé. Il tord les mains, ça lui tord le visage. Dans un gémissement étouffé au fond de sa gorge trop serrée, Mircea ne peut pas résister. Même s'il essayait, il ne pourrait pas. Entre ses mains, les tremblements s'accentuent. La crise est là, au bord de ses lèvres, alors que les joues déjà dégoulinent piteusement sur son visage, dans sa barbe mal taillée depuis cinquante ans déjà.
Les yeux dans les yeux, c'est trop dur.
Le corps proche du sien l'est d'autant plus. Son visage fuit la réalité, ses paupières se ferment alors qu'il éclate dans un sanglot déchirant. Il lâche prise. La voix, comme une lance, le perce çà et là. Ses poumons, son foie, ses tripes, son cœur. Plus rien. Il ne restera plus rien quand le loup aura dévoré sa chair.

La colère, la tristesse, la hargne, le regret, l'angoisse, l'amour, la douleur, la peine, les remords, la violence, la douceur, l'envie, la haine, les sentiments contraires et paires qui sont prêts à déborder, aux bords de ses lèvres, au bord de son passé. Un lit de rivière qui déborde. De nouveau sa voix. Ça y est. Il déborde.

Les mots l'atteignent à peine alors qu'il éclate en sanglots. Des sanglots d'enfant, des pleurs d'antan. Des gémissements sonores venus des tréfonds de son être, ceux qui ne sont jamais sorti en tant de temps. La douleur est telle que, parfois, son ventre se tord et le fait gémir de douleur. Il n'entend plus les paroles du loup : naturellement est-il venu cacher son visage dans son épaule. À regrets. Mais son corps ne lui répond plus : le choc est trop violent. Il tente de frapper le torse contre lequel il repose : sans succès. Sa force n'est plus qu'un vague souvenir.

- Pourquoi, entre deux sanglots, c'est l'italien qui s'élève. La langue qu'il n'a pas parlé depuis des décennies, leur langue à eux. Pourquoi tu es revenu. Une immense inspiration, voire une toux de douleur. Comme les poumons d'un nourrisson : il pleure parce qu'ils lui font affreusement mal. Pourquoi tu lui as fait ça...

L'espace d'un instant, il oublie, occulte, le sujet de sa phrase. Il ne sait pas s'il parle de lui, de Mira, ou du monstre qui a fait du mal à Hänsel. La source de tant de décennies de mal-être et de douleur.

Soudainement, et comme si ce n'était pas assez, ses poumons accélèrent la pompe. Son corps redouble de tremblements, si c'eut été possible. L'impression de se noyer dans le vide avec les chaînes accrochées aux pieds. Ça fait bien longtemps qu'elle n'était pas venue le visiter, sa vieille amie parasite. L'angoisse est là, présente dans toutes les vaisseaux de son corps. Incapable de bouger, incapable de serrer, il hyperventile. Même lever les yeux, il n'y parvient pas. La douleur dans ses poumons redouble : il n'a pas fini de se battre qu'il est déjà épuisé. Son corps tout entier est en train de lâcher.

Le remoud d'une cinquantaine d'année qui a tenté de décanter fait déborder même les issues de secours.
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Hänsel Lunich
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Mer 16 Jan - 15:18



« Pathétiquement vôtre  »
@Mircea Krantz  & Hänsel Lunich



ϟ Et ça fait mal. Les souvenirs reviennent, remontent. La rancœur, la souffrance des années passées face à son départ, l’abandon de ce seul être que j’ai fais mien en plus de deux cents ans. Les regrets amers…Peut-être aurais-je dû le laisser s’en aller ce jour-là. Lui tenir la main, lui murmurer quelques mots pour l’encourager à lâcher prise. Oui, peut-être aurais-je dû réagir autrement, et pourtant, la simple idée de le laisser s’en aller m’était insupportable. J’avais déjà tellement perdu. Mon fils, ma femme, ma famille. Il ne me restait plus rien, la folie s’était employée à me grignoter de l’intérieur. Je m’étais mis en tête que le perdre serait me perdre aussi, que le laisser s’en aller serait le point de non-retour…Alors, j’ai fait ce qu’il me semblait le mieux, ce qui semblait être le plus logique et j’ai fais de ce jeune homme un être immortel. Dès lors où ce fut fait, je savais oui, je savais que j’allais le regretter. Mais inconsciemment, je l’aimai. Peut-être pas de la bonne façon, peut-être trop intensément, trop égoïstement, mais je l’aimais assez pour le garder à mes côtés, l’emprisonner dans ces filets invisibles. J’avais brisé sa vie autant qu’elle, elle avait brisé la mienne. J’avais répété les erreurs de ma créatrice, je ne lui avais pas laissé le choix que j’aurais tant voulu avoir. Mais je m’étais réconforté en me disant que moi, contrairement à elle, je l’avais fait par amour et non par jalousie, non par méchanceté. Je voulais qu’il vive, je voulais que ses sourires éveillent le monde, que sa voix résonne encore dans les rues. Oui, je l’ai fait par amour, mais le résultat reste le même…Il reste une épave, il reste l’ombre de lui-même…Il s’effondre, je le retiens, je le bloque. Il doit se calmer, mais ne le fait pas.

Il se débat, n’arrive à rien. Je ne bronche pas, pourtant, au fond, les sentiments résonnent, font mal, bien trop mal. J’aurais cru qu’après deux cent ans, les émotions auraient fini par disparaître, par s’étouffer. Cruauté effroyable que c’est d’avoir un cœur mort, mais un cerveau en fonctionnement pour se rappeler ce que c’est que d’éprouver quelque chose. Il se fatigue rapidement, trop rapidement et moi, je reste sans broncher. Pourquoi suis-je revenu ? Je soupire. « Je ne savais pas que tu étais ici. » Franchise dévorante, j’ai appris depuis bien longtemps à ne plus mentir, ça ne sert à rien et la sincérité semble la meilleure arme. Non, je n’étais pas revenu pour lui, j’avais abandonné l’idée de l’aimer davantage, de retrouver cet enfant perdu. Après tout, je me suis toujours dis que j’avais l’éternité pour croiser sa route…l’éternité fut plus courte que je ne l’aurais imaginé. Pourquoi je lui ai fait ça ? Doucement, je me dis que la mort de sa sœur pourrait avoir un rapport avec sa transformation, qu’elle ne serait peut-être pas morte de vieillesse…La faute me serait alors rejetée, chose logique, il est ce qu’il est à cause de moi. « Tu auras dû rester avec moi… » Murmurais-je simplement en glissant mon regard sur lui, sur ce corps fébrile qui tremble, qui perd ses moyens. Non, décidément, nous ne pouvons plus rester ici. Sans lui demander son avis, je passe un bras dans son dos, le bloque contre moi. Simplement, je le traîne avec toute cette force surnaturelle vers une ruelle sombre, loin des regards curieux de ces humains qui suivent nos mouvements. Je déteste ça…Nous devons nous éloigner, disparaître avant que les choses tournent mal. Une fois dans la ruelle, cette fois-ci, j’accélère, prend une vitesse bien plus grande et ce, jusqu’à nous retrouver dans l’arrière court de ma boutique.

Une fois sur place, je le relâche et pourtant, je me tiens prêt à le rattraper si il tente de s’enfuir. « Mircea, ne tente pas de fuir, tu dois te calmer avant, tu n’es pas en état de déambuler dans les rues, pas avec les tensions qui y règnent. Maintenant, expliques-moi, défoules-toi si tu le désirs…mas tu dois me parler. » Parler…Une chose qui me fait cruellement défaut depuis des années, me renfermant dans un mutisme évident, laissant les remords s’acharner sur mon âme morte et déformée. Mon regard change, un regard enclin à cette tristesse évidente. « Laisse-moi t’aider. » Murmuras-je presque trop tendrement, presque comme une plainte évidente.


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Mircea Krantz
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Dim 20 Jan - 14:04

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Galerie d'Art - Hänsel
Éternité. C'est un drôle de mot ça, éternité. Un drôle de concept. C'est une durée - qui assume donc qu'il y a une notion de temps - qui n'a commencé nulle part, qui ne finira nulle part. Comment quelque chose qui n'est pas peut avoir une durée ? Comment peut-on, en tant qu'humanoïde doué d'une conscience et de capacité cognitives, accepter le concept même de l'éternité alors que la notion du temps est une des bases fondamentale de la société humaine, et ce, depuis toujours. Comment accepter que l'éternité puisse être ce qui n'a pas de fin, et encore moins de commencement ? Le temps n’est qu’une partie de l’éternité. L'humain a changé le sens de son mot pour se complaire dans sa panique et ses angoisses : l'éternité peut avoir un commencement, mais pas de fin. Quelle triste finalité ; pour eux, pour ces deux hommes dans les bras l'un de l'autre, en plein milieu de la rue, l'un avachi, l'autre droit, solide, stoïque, l'éternité semble bien courte. Le concept même d'immortalité semble se dérober sous leurs pieds à l'instant présent. Triste et drôle de vie, si tant est qu'on puisse encore qualifier ça de vie.
Mircea s'est avachi contre lui. Il a baissé les armes, il a abandonné. Son corps entier a lâché, mais une chose reste tenace dans son esprit : il patine pieds nus sur le givre de son angoisse qui s'amuse à faire le yo-yo avec ses tripes. Comme si cela n'était pas suffisant, l'ombre d'Hänsel plane au dessus de lui, vive et féroce, avec ses mots tranchants. "Tu aurais du rester avec moi." Et quoi ? Finir comme toi ? Il a fini comme lui. Peut-être que s'il était resté, il aurait pu, oui, peut-être qu'ils auraient pu vivre une belle histoire, mourir ensemble ou vivre l'éternité à deux. Ils se seraient terrés dans un coin de l'Italie, auraient fuit le monde des vivants pour se faire l'amour dans le monde des morts.

Ça aurait été terrible.

Il se sent emporté quelque part, la lumière du jour s'atténue ; à l'ombre, il fait plus froid. De la buée s'échappe de son souffle hypertrophié et trop puissant pour lui permettre de voir clair. Sa vue est brouillée par des millions de fourmis qui envahissent son visage - visage qu'il cache dans ses mains pour pleurer plus fort, sangloter à s'en déchirer la gorge. Quelque chose est coincé dans son œsophage et ne veut pas sortir. Alors qu'il ne se sent plus tenu, il vacille, tombe au sol. Des bras le rattrapent in extremis, il balance sa tête en arrière, mimant un "non" de la tête, le visage tordu par tout ce qu'il essaye de contenir.
Quelque chose est coincé dans son œsophage et ne veut pas sortir.
Les mots d'Hänsel l'atteignent à un point inimaginable. Plus les secondes passent, plus la peine et la douleur montent crescendo. Il ne pensait pas qu'un jour il pourrait atteindre un tel stade de panique. Sa crise d'angoisse le paralyse, le secoue violemment, le fait trembler de toute part. Il cherche son souffle, les yeux fermés, serrés très forts pour empêcher les fourmis de rentrer. Incapable de concentrer sa propre respiration sur un rythme régulier, il s'accroche d'une main fébrile à la veste d'Hänsel.

Il ne peut rien faire de plus que de chercher son souffle.

Quelque chose est coincé dans son œsophage et se décide enfin à sortir.
La peine explose, et en plus de ne plus pouvoir respirer, ses sanglots et soubresauts redoublent. Une armée arrivée en renforts. De nouveau, son front vient à la rencontre de l'épaule qui lui est présentée. Et doucement, incapable de tenir debout plus longtemps, il se laisse glisser au sol, les genoux contre son torse, la tête contre le genoux qui lui servira de tuteur. Il sanglote, là, par terre. Il rêverait de parler, d'avoir la force d'ouvrir sa gueule, d'ouvrir les vannes, de tout lâcher, de hurler ses mots pesants, sa peur de l'abandon, ses réflexes à la con, ses accès de colère, sa culpabilité bidon, sa sexualité en vrac, sa peur panique des autres, ses regrets, ses erreurs, ses névroses, ses obsessions, ses méta-obsessions, de hurler sa phobie de la douleur, de la perte, du suicide, de la dépression.

Qu'est-ce qu'il peut dire d'autre ? Plus rien n'a d'importance.

Il aimerait s'endormir pour toujours et se réveiller ailleurs, dans un monde où l'éternité a enfin un sens.
Son corps fébrile peine à respirer, à trouver de l'air.

Il aimerait parler, putain, Hänsel. Tu comprends rien. Tu comprends rien, et tu ne veux pas comprendre on dirait. Il est pathétique, là, à se vautrer contre ta jambe comme un clébard, à pleurer tout ce qu'il a, à se faire une crise d'angoisse phénoménale au point de ne plus pouvoir avoir d'air. Tu vois pas que là, il se sent partir, lentement, difficilement. Peut-être qu'il va se réveiller dans des draps blancs, là où il se sentira mieux, bien mieux.

Peut-être qu'il ouvrira les yeux sur ce visage si semblable au sien qui lui affichera un grand sourire soulagé et plein des larmes de joie.
Qu'est-ce qu'elle lui manque...

Les yeux fermés, sa tête se fait lourde contre la jambe d'Hänsel.

À trop manquer d'air, on fini par perdre connaissance.
Ainsi, il plonge dans les limbes de ce qui ne peut pas être avoué.
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Dim 20 Jan - 14:31



« Pathétiquement vôtre  »
@Mircea Krantz  & Hänsel Lunich



ϟ J’aimerais tellement remonter le temps, faire filer les aiguilles en arrière pour remonter des années plus tôt. J’aimerais tellement lui laisser le choix entre mourir et exister à mes côtés, ne pas répéter les erreurs de ma créatrice. J’aurais dû songer aux conséquences, ne pas voir qu’avec mes propres envies, qu’avec mon cœur. J’aurais dû faire tellement de choses et pourtant, je n’ai rien fait, ne faisais que marcher dans les pas de celle qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Comme il doit me détester autant que je la déteste, autant que je lui arracherais bien la tête, marcherais sur sa dépouille. Ressent-il la même chose pour moi ? Je sens ma gorge se nouée à cette idée. Contrairement à elle, j’ai joué avec mon cœur, pas par jalousie, mais par amour malsain. Dois-je encore être puni pour ça ? Dois-je encore supporter milles supplices pour payer mes erreurs ? Oui, apparemment oui. Et la scène qui se déroule est digne d’un film dramatique, d’une mauvaise comédie. Deux vampires, un en état de choc, sanglotant, manquant d’air. Il s’écroule et je le rattrape avec rapidité, refusant de le laisser toucher sol trop brusquement. Je me penche en avant, sa tête sur mes jambes alors que je suis à genoux sur le sol froid. Il ne parle pas, se contente de s’épuiser, de crever intérieurement. Je ne m’en inquiète pas, un vampire ne peut pas succomber de cette façon…Si il doit perdre connaissance alors, qu’il s’en ailles, c’est mieux ainsi, pour lui, pour moi, pour nous. Tendrement, inconsciemment, mes doigts caressent ses cheveux pour tenter de le rassurer alors que je murmure une mélodie en italien comme un père borderait son enfant en pleine crise. Parce que c’est ce que je suis, père, d’une façon différente, mais il existe ainsi grâce à moi.

Il fini par échapper au réveil, sombrant dans l’inconscience alors que je l’observe. Il semble plus paisible que quelques secondes auparavant, assez pour que ça me fasse doucement sourire, pour que mes doigts se placent sur sa joue et que mes lèvres frôlent son front. « Si tu savais à quel point je te déteste autant que je t’aime. » Murmurais-je, sachant que de toute façon, il ne se souviendrait de rien. Je l’emporte dans ma galerie et le dépose sur un canapé du bureau. En silence, je note quelques petites choses sur un papier pour mon personnel, annonçant que j’enverrais quelqu’un me remplacer pour quelques jours, qu’un souci de famille m’appel et que je me dois de répondre présent. Ce n’est pas faux, pas totalement du moins. Une fois fait, je récupère Mircea dans mes bras, toujours inconscient et le dépose dans ma voiture, la galerie étant à présent fermée pour causes exceptionnelles. Sur le siège arrière, il n’ouvrira pas les yeux et ça ne m’étonne pas plus que ça. C’est avec douceur que je le dépose dans mon lit, le chalet silencieux pour l’acceuillir. Un endroit moderne possédant plusieurs œuvres d’arts ici et là. Sur un mur de la chambre, un tableau. Une femme dans une chaise roulante, un enfant qui joue dans un parc à ses pieds…Une œuvre faite par mes soins mais qu’ils n’ont jamais pu admirer, ils ne savaient pas que j’étais là, pas bien loin, mais les années avaient fait que j’avais dû m’effacer pour les protéger. Mon fils semblait heureux, mais elle…elle gardait ce regard mélancolique, triste, effrayé aussi. Ce jour-là, je m’en étais rendu compte, j’avais voulu aller vers elle, murmurer que je n’étais pas bien loin. Je n’en avais rien fait, refusant de les attirer dans mon monde.

Deux jours vont s’écoulés sans que je ne bouge réellement…Non, je vais chasser en forêt, je ramène quelques animaux dans les parages pour stocker du sang et en avoir sous la main si nécessaire. Il dort…Il dort encore et toujours sans que je ne le réveil, dormant sur le canapé du salon, prenant quelques fois des nouvelles de mon établissement qui tourne sans moi. L’inquiétude ne me prends pas, je sais que le moment venu, Mircea se réveillera. La nuit est bien avancée lorsque j’entends du bruit dans la chambre, mon ouïe finie parvenant à entendre le moindre signe de vie. Je ne bouge pas, fixe le feu dans la cheminée, immobile, de glace, un verre de sang entre mes doigts. Je redoute le moment où il comprendra, où, encore une fois, il partira pour ne laisser qu’une ombre derrière lui.


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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Lun 21 Jan - 15:27

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Chez Hänsel - Hänsel
Très vite, peut-être même trop vite, tout est noir. Les sanglots s'arrêtent, le flot des larmes s'interrompt ; plus rien n'est une menace à l'instant où le soleil se couche. Il y fait presque bon. C'est drôle, on parlait d'éternité juste avant, et là c'est une fraction de seconde. Juste le temps de se sentir partir très loin. Trop loin pour être atteint par qui que ce soit, pour se sentir trimbalé à l'arrière d'une voiture, puis jusque dans un lit. Les jours sont longs lorsque l'on ne dort pas, mais les nuits courtes lorsque l'on rêve. Pour Mircea, aucun rêve à l'horizon, rien, pas même la moindre poussière d'absurde dans un coin de son cerveau. Profondément, il dort. Là où il est, plus rien n'a d'importance. Ni lui, ni les autres, ni la vie, ni la planète. Tout pourrait brûler demain, il se réveillerait comme si de rien n'était. Il foulerait le sol de cendre de ses pieds nus, effleurerait de ses doigts glacés la peinture écaillée d'une voiture garée à l'entrée. Il marcherait dans les rues pavées, à slalomer entre les débris. L'activité humaine se serait stoppée net, et lui pourrait continuer dans un avenir qui ne lui fait plus aussi peur qu'avant.
Finalement, son problème, ce n'est peut-être pas lui, c'est peut-être les autres.

Ses paupières tremblent faiblement. La lumière est basse, très très basse ; non, attends. C'est sa vision nocturne : il fait nuit dans la chambre. Il fait nuit, et, à première vue, il est seul. Sa respiration s'accélère, il ouvre la bouche pour humer les odeurs du monde un peu mieux : sang, feu de bois, produit pour le parquet... Et celle d'Hänsel. Partout, qui lui agresse les narines comme une odeur d’ammoniaque. Ses yeux s'ouvrent soudainement, comme pris de panique. Il halète déjà, ça y est. Un instant, il pense avoir rêvé : non, non, il n'est pas chez Asmodée. Il en aurait rêvé. Se réveiller dans les draps doux avec le démon près de lui qui lui fait des sourires et qui vient lui caresser les cheveux.
Viens me caresser les cheveux, je t'en prie.
Comme un enfant perdu réveillé d'un cauchemar au beau milieu de la nuit avec une fièvre épouvantable. Ses sanglots brisent déjà le silence de la pièce. Rien n'est rassurant, rien. Pas même une douce lumière qui pourrait le guider dans la pénombre. Son corps mort sent à quel point il fait froid dans cette pièce ; il est terrorisé. Son souffle s'accélère encore, et ses soubresauts ne tardent pas à arriver. Il se sent perdu dans l'immensité de la pièce, et toutes ces choses personnelles çà et là. Le tableau lui glace le sang. Un sanglot étouffé par le coussin qu'il a mis devant sa bouche.

Pourquoi s'est-il réveillé ? Il regarde sa tenue : un t-shirt et le boxer qu'il portait. Il tremble, vulnérable, triste.
Son cerveau est en ébullition. Il n'a plus de repères de temps, de lieu. Combien de temps a-t-il dormi ? Où est-il ? Pourquoi les murs de cette baraque ressemblent à ceux de Rivers ?
Ses sanglots se multiplient, et il pleure. Penser à Rivers l'a complètement achevé ; au fond de lui, il songe qu'il l'aimait, cet homme. Pour tout ce qu'il pouvait lui apporter de bon. Il sentait qu'un jour, ils se détruiraient, mais... Mais non, il a disparu avant même qu'il n'ait pu se faire pardonner pour les trois heures de retard de la dernière fois.
La dernière fois.
La culpabilité de tout lui ronge le ventre. Ça lui fait tellement de peine de se voir comme ça, putain.
Il ne sait pas s'il a envie d'appeler ou de fuir.
La fenêtre peut être ouverte en une fraction de seconde, mais il ne se sent pas la force d'y aller.

Ses tremblements redoublent.

Depuis le salon, il sait qu'il l'entendra s'il murmure :

- Viens.

Ce n'est pas une invitation.
Il veut juste que le monstre sorte du placard.
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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Lun 21 Jan - 16:23



« Pathétiquement vôtre  »
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ϟ Du mouvement, des sanglots…Je me fige alors que mes paupières se ferment, que mes mâchoires se crispent. En quelques secondes je suis au milieu du salon, à mi-chemin entre ma chambre et le canapé où je me trouvais. Je m’arrête, je m’oblige à me stopper, à m’empêcher de faire les quelques pas qui reste. Réflexe premier…besoin de le consoler, de lui murmurer que je ne suis pas son ennemi, que je ne suis pas un monstre mais que mon cœur est détruit, anéanti depuis son départ. Je soupire, reculant d’un pas, puis d’un autre et encore un autre. Mes jambes touchent une chaise et je me laisse aller dessus, lourdement, épuisé par tout ça. Va t’en si c’est pour ne pas te sentir à ta place aurais-je voulu hurler. Va t’en toi et tes sanglots, toi et tes larmes. Mais je me tais, parce que la rage, la déception sont comme un feux ardent qui me bousille de l’intérieur, qui vient rogner mes os douloureusement. J’aimerais tellement que les choses soient différentes, que nos chemins aient pris une tournure moins dramatique. Parce que là où je le déteste, je l’aime également et c’est ça le plus cruel dans cette histoire. Ma main passe sur mon visage alors que je retiens un sanglot de rage, d’épuisement, de peine. C’est contagieux. L’entendre dans cet état est d’une cruauté sans limite pour moi…Ma rancœur elle-même n’est pas assez cruelle pour que ça me fasse plaisir, parce que oui, je sais que si il est dans cet état c’est à cause de moi Peut-être voudrait-il être ailleurs…mais c’est ici qu’il est ce soir, ici, avec moi. Pour combien de temps ? Pas assez, j’en suis certain. Il partira, une fois encore, ne laissant que des miettes sur son passage, m’arrachant le cœur une fois encore.

Les minutes s’écoulent et je garde les yeux fermés, la tête baissée, écoutant sans pouvoir rien faire. Du moins, jusqu’à ce que son murmure résonne, m’appel. Lentement, mes paupières s’ouvrent. Du revers de la main, j’essuie mes yeux humides. Depuis quand n’aies-je plus pleuré ? Oh, depuis bien trop longtemps. Quelques fois, je sanglote sans que rien ne sorte, des fois, je hurle sans que rien ne se passe…de simples yeux humidifiés, rien de plus, mais c’est plus que généralement et c’est ce qui me fait le plus peur dans cette histoire. A peine est-il revenu, que déjà, mon monde s’effondre, prend une autre tournure. Je prends quelques secondes pour me reprendre, pour prendre une grande respiration. Silencieux, je prends soin de prendre un verre de sang avec moi. Mircea doit être affamé, des jours sans boire c’est impossible pour un vampire en éveille, j’en sais quelque chose. Nous devons nous nourrir trois fois par jour en règle générale, comme les humains, mais de sang. Lentement, je m’avance dans l’obscurité, ne prenant pas la peine d’allumer. Mes pas sont silencieux et, doucement, j’ouvre la porte de la chambre pour apparaître. Je ne fais pas un pas de plus, je ne le regarde pas, incapable d’affronter son regard, de lui faire face. La gorge nouée, le visage tendu, ravagé par le temps, par les émotions. Nous voilà bien servi…deux âmes en peine, deux êtres brisés et pourtant, qui ne peuvent exister sans l’autre. Il est mon enfant, je suis son géniteur vampirique. Si ce n’était que ça… « Tu dois avoir soif, c’est du sang d’animal. » Je préfère préciser, je ne sais pas si il se tient encore à ce régime ou non, mais ici, il n’aura rien d’autre. Mais ça, je suis certain que Mircea le sait ou du moins, qu’il s’en doute.

Je ne dis rien de plus. A quoi bon ? A quoi bon parler alors que je ne peux le regarder, voir approcher…Mais doucement, je me dirige vers la commode de nuit, déposant le verre sans le regarder, jamais. Je sais que ça me serait trop douloureux. J’ai les traits tirés, je manque cruellement de sommeil, mais davantage, mentalement, je fatigue, je perds pieds, je sens cette noirceur ricaner, prête à bondir. « Tes vêtements sont sur le bureau, ils ont été lavés. Tu trouveras un sous-vêtement dans l’armoire du bas, des tee-shirts dans celle du haut. » Ma voix se brise légèrement et mes paupières se ferment un peu. « Tu peux partir, tu n’es pas prisonnier. » Moi je le suis, de toi.


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MessageSujet: Re: Pathétiquement vôtre ☽ Hänsel   Hier à 15:25

« Je prie la nuit pour que le diable t'emporte. »
Janvier 2018 - Chez Hänsel - Hänsel
Son appel porte ses fruits ; il a entendu les bruits de pas dans le salon, ces pas qui regrettent ses sanglots, et les sanglots même de l'étouffé qui entre dans la pièce. Avec lui, une odeur de sang ; ses propres pleurs s'arrêtent presque subitement, sa narine remonte lentement dans un reniflement imperceptible pour capter les effluves du sang que ses pupilles dilatées suivent des yeux. Il a faim, terriblement faim. Du sang animal, très bien, tant mieux, au moins une bonne chose que lui aura apporté Hänsel dans tout le malheur qu'il a libéré en ouvrant la boîte de Pandore. Un battement de cils et les yeux se rivent sur la silhouette à ses côtés. C'est peut-être lui qu'il devrait dévorer.
À l'intérieur, on lui hurle de ne pas boire devant lui ; ça serait assumer sa défaite. Mais plus rien d'autre ne fait de bruit. La tempête s'est étrangement calmée, pour une raison qu'il ne s'explique pas. Subitement. Le bateau ne tangue plus de gauche à droite, n'est plus porté par la mer déchaîné. Quelque chose s'est brisé : peut-être que le siphon de sa baignoire a tout emporté.
Il n'y a plus d'eau, là, tout de suite.
La tête penchée vers le haut : il n'y a plus de ciel non plus.

Son corps tout entier est parcouru d'un frisson. Le plus gros qu'il n'ait jamais eu, dans ses souvenirs, toute sa peau s'est dressée subitement. Il souffle par la bouche, écoute ce qu'a a dire le monstre enfin sorti du placard. Lorsqu'il le regarde, quelque chose le ramène sur terre ; quelque chose qu'il n'a pas eu l'occasion de voir - d'entendre. Un sursaut en le sentant renifler par réflexe. Sa tête, comme si sa nuque ne la tenait subitement plus, penchée vers l'avant. Il regarde ses mains : elles tremblent. Et c'est absolument effrayant.
Mais plus rien de tout ça ne se manifeste dans son corps, si ce n'est ses yeux trempés, sa gorge enrouée, ses cernes énormes. Il tend fébrilement le bras vers le verre qu'il porte à ses lèvres. Les tremblements projettent des gouttes partout, sur les draps, des dégoulinures sur ses lèvres, son menton, dans sa ridicule barbe éternellement de cette taille-là. Il tousse, crache même un peu du sang qu'il avait dans la bouche ; sa main qui tremble trop ne peut plus tenir le verre, il tombe sur les draps.

Ses prunelles brune se redressent vers Hänsel alors qu'il essaye d'essuyer grossièrement ses lèvres, qu'il étale le sang malgré lui. Sa main purpurine s'accroche au bras du monstre, sa deuxième aussi. Il le tire vers lui, sans le quitter des yeux : la sensation d'une peau morte sur une autre peau morte est désagréable au possible. Un chat sur son griffoir, une fourmi sur son arbre, il grimpe, jusqu'à ses joues, avec ses mains tremblantes de chaque côté de sa tête. Les yeux rivés dans les siens.
Je vois ta peine, Hänsel.
Il rapproche leurs deux visages, très lentement, comme on grossirait la lentille d'un télescope pour voir la lune.
Tu vois la mienne ?

- Tu te trompes. L'italien gifle l'air accompagné d'une voix sombre, rauque, mais surtout, profondément triste. Depuis le début. Tu te trompes tellement.

Leurs visages sont proches, terriblement proches. Mais tout ce qui importe à Mircea, à cet instant précis, ce sont les yeux qu'il fixe à tour de rôle.

- Tu as arraché la confiance de mon humanité.

Délicatement, il pose son front contre le sien.
Quelques secondes s'écoulent.

La fenêtre est ouverte, le vent s'y engouffre, et les flocons de neige aussi.
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