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 – bad blood. (riley)

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MessageSujet: – bad blood. (riley)   Mar 27 Sep - 19:00


bad blood
riley et tadhgán / All this bad blood here, Won’t you let it dry ? It’s been cold for years, Won’t you let it lie ? If we’re only ever looking back, We will drive ourselves insane. – BASTILLE.

Tout ça, ça avait bien mérité un verre. Rien qu’un verre, pour se féliciter d’avoir survécu à cette journée de merde, et s’encourager à vivre celle qui viendrait demain. Rien qu’le fond d’une bouteille, histoire de se faire croire, pendant l’illusion d’une soirée, que les choses n’étaient pas si terribles, la vie pas si merdique, et que tout pouvait toujours s’arranger. Même si, au fond de lui, il savait que tout ça, ce n’était qu’un ramassis de conneries.

Son verre, il estimait l’avoir mérité. Et il savait que ça n’aurait pas plus à Maddie de le savoir là — et à Simon non plus. Mais il s’en foutait, aussi sûrement qu’il savait qu’ils n’étaient pas là pour l’en empêcher. L’espace d’un instant, il avait pensé se réfugier chez l’homme d’église. Se coucher sur son canapé, le temps d’une sieste, et repartir lorsque son envie d’arracher la tête de tous les passants serait calmée. Oui, mais voilà : depuis que Maddie était revenue vivre là, l’idée en était naturellement exclue. Elle n’aurait pas compris ce qu’il foutait là — et ne comprenait d’ailleurs pas ce qu’il avait pu devenir avec les années. Alors, désormais, c’était le bar au lieu du canapé. Il n’éprouvait rien de réel à cette idée — trop fatigué de quoi que ce soit, ces derniers temps, pour réellement avoir envie de lutter, de geindre ou de protester.

Lentement, il entre dans le bar où il a l’habitude de se rendre, de temps à autre, lorsqu’une bière lui apparaissait la dernière et la meilleure des amies. Après avoir lâché la porte, sa main retourne se loger au fond de la poche de sa veste. Il jette un rapide coup d’œil autour de lui, s’approche du comptoir. Et alors qu’il arrive au niveau des tabourets, ses yeux accrochent une silhouette familière, installée plus loin. Sa mâchoire se serre, un instant, alors qu’il sent son cœur injustement s’emballer. Riley. Il baisse les yeux rapidement, peu désireux qu’elle n’ait l’impression d’être observée, si d’aventure son regard venait à le trouver. Il renifle doucement, passe sa main dans ses cheveux. Il ne va pas aller la déranger. Pas même aller la saluer, ou s’asseoir dans la même zone où elle était installée. Il va la laisser vivre, la laisser respirer. Et de toute manière, quand bien même il aurait voulu s’adresser à elle, qu’aurait-il bien pu avoir à lui dire ?

On lui sert sa bière, et il paye. Il s’autorise un dernier coup d’œil, furtif et minuscule, vers la Riley, toujours installée un peu plus loin. Au moins, elle n’a pas fui. Pas encore. Aussi rapidement qu’ils s’y sont posés, ses yeux se détournent de sa petite silhouette. Et ses pieds le traînent jusqu’à l’autre bout de la salle, où il avise rapidement une table inoccupée et s’y installe, absorbant une longue gorgée de bière fraîche. Le passage de l’alcool dans sa gorge lui procure une étrange sensation d’apaisement. Il pose le verre sur la table, attire doucement à lui le journal laissé nonchalamment un peu plus loin. Ses yeux parcourent rapidement la une — un flic enragé, abattu par un civil pour protéger un autre que le policier attaquait. Il fronce doucement des yeux, intrigué. D’une main, il déplie le journal, partant à la recherche de l’article complet. Mais alors qu’il s’apprêtait à se rendre à la page indiquée par le rapide sommaire, une paume claque sur la table, à ses côtés. Il relève le nez vers le type visiblement fort mal luné qui le dévisage avec une expression de pitbull enragé. « Ça va, j’te dérange pas ? » « … Un peu, si. » La main vient frapper le journal, le refermant sèchement. Le chasseur retire ses doigts, les mâchoires subitement crispées. Et ses yeux bleus se lèvent plus franchement vers l’homme, tandis que sa voix gronde, insolente et irritée. « C’est quoi ton problème ? » « Mon problème, c’est qu’t’es assis à ma table, ducon. » « J’vois tes affaires nulle part, ducon. » Les doigts plaqués sur le journal se réduisent à un index, tandis que le type incline la tête sur le côté, un air franchement mauvais ancré dans les prunelles. « Et ça, petit malin, c’est quoi ? » « C’est un journal. Comme y en a qui traînent dans tous les putains de bars et dans tous les putains de cafés. » « Casse-toi. » Et il le toise, l’inconnu. Ses yeux dégueulent les insultes que ses lèvres ne prononcent pas, tandis que l’irlandais lui rend un dédain à peine descriptible d’une unique œillade. « À toi l’honneur. C’pas ma faute si t’es trop demeuré pour faire garder ta place par autre chose que trois bouts de papier. » Et il le voit écarter sa veste, dès que l’insulte sort. La silhouette de la crosse d’un pistolet attire son œil rapidement, et lui fait serrer les dents. Tous ses muscles se contractent, alors qu’il se rend compte de la menace que l’autre émet silencieusement. Tout ça. Pour une. Putain. De place.

C’est pas l’envie qui lui manque de se redresser, et de lui verser son verre dessus sans même sourciller. De lui attraper le col et de lui péter le nez d’un coup de tête bien placé, ou de lui promettre un bel œil au beurre noir pour le lendemain. Pourtant, il ne fait rien. Ses mains se lèvent très doucement de la table, en un minuscule signe d’innocence. Autour d’eux, personne n’a pu voir le revolver, coincé dans son holster et à peine dévoilé — personne ne panique, et personne ne tente de les virer. Une des mains de TJ se referme sur son verre, silencieusement, alors qu’il va pour se lever. Mais alors que son corps se décolle de la chaise, peu désireux de se faire davantage insulter ou menacer — apeuré à l’idée de s’faire virer alors que, dans un coin, Riley n’attend sûrement qu’un prétexte supplémentaire pour le traiter lui-même de demeuré —, il se fige net. Ça ne prend que quelques mots, crachés avec mépris par un esprit embrumé de l’alcool ingéré. Ça ne prend que quelques foutus mots, balbutiés avec une haine sans fond, mais une innocence certaine de ce qu’ils pourraient déclencher. « C’est ça, tire-toi d’là. Ta mère t’a p’t-être pas appris la politesse, mais elle t’aura au moins appris à pas t’frotter à plus fort que toi. »

Les doigts ont quitté la bière, et le corps s’est relevé d’un bond. Les deux mains se sont refermées sur le col du type, le projetant avec une violence inouïe sur sa foutue table. Son pied fauche sa cheville pour le forcer à tomber, et sur le coup de la surprise, l’autre ne réagit tout d’abord pas. Il reprend à peine son souffle alors qu’un poing se décolle de sa chemise pour venir s’écraser une première fois sur son visage. Puis une deuxième. Et alors que la troisième s’en vient, il tente de porter sa main à sa veste. Son flingue. Il lui attrape le poignet, lâche son col pour lui en coller une de l’autre main. Puis ses doigts plongent vers le holster, alors qu’il revient se saisir de son col.

Il voulait sortir son arme et jouer les caïds ? Très bien. Voyons voir s’il continue de faire le malin, une fois son propre flingue entre d’autres mains.

Voyons s’il continue à parler d’sa mère sur ce ton, avec le canon collé au fond de la gorge.

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MessageSujet: Re: – bad blood. (riley)   Mer 14 Déc - 20:56

bad blood
RILEY & TJ
Ça faisait longtemps que Riley n’avait pas eu une bonne nuit de sommeil - trop longtemps, même. Elle n’arrivait même pas à se rappeler de la dernière fois qu’elle s’était levée avec l’impression de s’être vraiment reposé. Non, ces derniers temps, la nuit n’égalait que cauchemars et terreurs, que sueurs froides et frissons dans l’échine. Ça avait empiré depuis cet épisode dans le magasin de son père. Pourtant, elle avait promis à ce foutu fantôme de laisser cette histoire à propos de la mort de sa mère tranquille. Mais il fallait croire que cette histoire ne voulait pas la laisser tranquille, elle. Comme si le simple geste d’avoir ouvert ce dossier, d’y avoir posé les yeux, avait fait en sorte qu’il s’était attaché à son esprit, comme une glue impossible à déloger. Non, depuis ça, Riley ne dormait jamais bien. Les seules fois où elle était parvenue à prendre du repos, c’était quand elle était trop épuisée même pour faire des cauchemars. Elle avait donc abandonné l’idée, depuis quelques temps, d’essayer de faire des grosses nuits, et elle veillait tard, trop tard. Repoussant avec entêtement le moment où elle devrait se glisser entre ses draps et fermer les yeux. Parfois, même, elle parvenait à rester debout toute la nuit, et à s’arranger pour ne dormir qu’une fois l’aube arrivée. Les cauchemars semblaient moins fréquents, moins intenses, quand le soleil brillait dans le ciel, aussi faible sa lueur soit-elle. Alors certes, il était tard, mais Riley n’en avait rien à faire. La fatigue était devenue familière, et la rendait étrangement absente à ce qui l’entourait. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, l’épuisement semblait la rendre moins abrupte, moins dure, avec elle-même et avec les autres. Comme si l’énergie qu’elle prenait habituellement pour ne laisser rien ni personne entrer s’effaçait. Non pas qu’elle discuterait avec le premier inconnu – mais son regard était inévitablement plus las, moins froid qu’à son habitude. Elle avait décidé de venir prendre un verre avec Roe, qu’elle n’avait pas vu depuis quelques temps, mais cette dernière avait du annuler à la dernière minute. Riley, qui s’était déjà rendue au bar et qui avait déjà commandé quelque chose, décida de rester. De toute manière, personne ne l’attendait, même pas Asmodée qui devait être bien occupé avec son club et ses problèmes de coeur. La jeune femme eut un sourire en se rappelant les quelques conversations nocturnes qu’ils avaient eu – en emménageant avec lui, elle n’aurait jamais cru pouvoir même apprécier un homme tel que lui, mais voilà qu’elle oserait presque l’appeler son ami.

L’esprit de Riley est étrangement calme, alors qu’elle boit tranquillement sa bière au bar. Personne ne vient la déranger, et ça lui va parfaitement – elle resterait jusqu’à terminer sa bouteille et retournerait chez elle. Et alors, elle sent quelque chose se poser sur elle. Un regard. Instinctivement, ses yeux se tournent pour en chercher la source. Et alors qu’elle aperçoit la masse de cheveux blonds familière, un soupir s’échappe presque de ses lèvres. Bien sûr. On ne pouvait pas être tranquille dans une si petite ville. Agacée, Riley ne fait cependant aucun mouvement pour bouger de son siège. Elle va le laisser tranquille s’il fait de même – après tout, ce n’est pas parce qu’ils sont dans la même pièce qu’ils doivent se parler, non ? Et ça, malgré tout ce qui a pu se passer dans la boutique de son père. Malgré ce qu’il a fait pour elle, malgré ce qu’elle a ressenti pour lui. Aujourd’hui, Riley laisserait TJ tranquille. Elle n’était pas d’humeur pour des lancers de piques ou d’insultes. Elle n’avait pas d’énergie pour ça. Heureusement, il semblait être d’une humeur semblable, car après avoir commandé son verre, il prends le chemin de l’autre côté du bar, et Riley sent ses épaules se détendre. Elle chasse cette petite voix dans sa tête qui a bien aperçu la mine fatiguée du jeune homme, et qui se demande ce qui peut bien l’emmener ici ce soir. Elle n’en a rien à faire, après tout. Rien du tout.

Elle retourne à son verre, déterminée dans sa résolution de juste rester là où elle est. Mais bien sûr, quelque chose attire son attention – des éclats de voix, provenant de la direction vers laquelle TJ se dirigeait. Elle essaie tant bien que mal de se concentrer sur ses propres pensées, à la bouteille dans sa main, à la musique qui joue, mais elle n’entends que la conversation à l’autre bout, et la voix sifflante de TJ. Elle est trop loin pour bien comprendre ce qu’il dit – mais le ton est révélateur. Et alors que les remarques pleuvent elle ne peut s’empêcher de tendre l’oreille. D’essayer d’attraper quelques mots. Concentrée sur sa tâche, Riley sursaute brusquement alors qu’un bruit sourd emplit le bar. Et alors elle suit le mouvement de masse, alors que la foule se tourne vers le fond du bar, et quelque chose bloque dans sa gorge. Car TJ est bien là, mais il a les poings qui se déferlent sur un type qu’il vient clairement juste de plaquer sur une table. Les coups sont violents, brutaux – Riley peut presque entendre le son du nez du type qui se casse. Elle se lève, presque instinctivement, de son banc, sa bière déjà oubliée sur le comptoir alors que ses yeux se rivent sur les cheveux de TJ. Il est dos à elle, mais elle peut presque voir sa mine sombre, ses yeux remplis de rage, ses lèvres serrées, alors qu’il frappe. Et quelque chose, elle ne sait pas trop quoi, la pousse à s’avancer. Tout ce qu’elle sait c’est que quelqu’un doit l’arrêter. Car elle sait de quoi il est capable – elle sait aussi que personne ne pourra l’arrêter. À part peut-être elle. Et si elle peut lui éviter de se faire arrêter par la police locale, encore, elle le fera. Elle lui doit ça. Autant que ça peut l’énerver.

La fatigue est oubliée, alors qu’elle s’approche de TJ. Elle le voit s’emparer de l’arme du type pour la pointer sur lui. Elle s’arrête à ses côtés. Pose une main sur le bras qui tient le revolver. Et un seul mot sort de ses lèvres. « Tadhgán. » Elle ne lui crie par après, pour une fois. Son ton est neutre, mais clair. Ferme. Elle serre un peu sa main autour du bras du blond. « Arrête. Lâche-ça. Ça vaut pas la peine et tu l’sais. » Encore une fois, sa voix est sans jugement – simplement déterminée. En espérant que le blond possède encore un peu de bon sens pour ne pas tirer ce type en plein visage, en public de cette manière. Elle ne sait pas trop ce qu’il a bien pu dire pour mettre TJ dans cet état – mais au fond, elle s’en fiche. En autant qu’il l’écoute. Car elle est bien prête à l’aider, tant qu’il veut bien l’écouter. Juste cette fois. Elle lui doit bien ça. Et alors que l'autre imbécile ouvre la bouche, il a à peine le temps de prononcer un syllable que la voix de Riley perce à nouveau le silence. « Toi ta gueule. »

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MessageSujet: Re: – bad blood. (riley)   Dim 23 Avr - 18:28


bad blood
– BASTILLE.

Il s’en était fallu de peu. Quelques mots de moins, et il aurait laissé couler. Quelques gouttes de salive épargnées, et il aurait fait demi-tour, sa bière dans la main, pour aller s’asseoir à une autre table. Il aurait retenu son poing, retenu sa langue fourchue. Il aurait fait en sorte que l’ambiance du bar ne l’enveloppe à nouveau, et qu’il puisse finir son verre. Il s’en était fallu de peu. Mais voilà que les quelques mots avaient été prononcés, et les quelques gouttes de salive dépensées. Voilà que le type avait franchi le point de non-retour. Et voilà que la sentence s’était appliquée, rapide et parfaitement contrôlée.

TJ n’avait pas hésité une seule seconde avant de frapper. Il n’avait pas non plus hésité avant d’attraper le revolver que l’autre tenait caché sous sa veste. Rien ne l’avait empêché d’enlever la sécurité et de l’enfoncer dans la bouche de l’homme, qui tentait alors vainement de reprendre son souffle. Et tel qu’il le concevait, rien ne pourrait désormais l’empêcher d’appuyer sur cette détente, et de faire payer à ce crétin les mots qu’il aurait mieux fait de garder enterrés au fond de sa gorge. Rien.

Lorsque la main se posa sur son bras, pourtant, ses doigts se figèrent. Sa poigne se referma autour de l’arme, mais son index s’éloigna doucement de la gâchette. La voix était parvenue à ses oreilles, cotonneuse et lointaine. Le sang bouillait à ses tympans, l’empêchait d’y voir clair. Mais la présence qui était soudainement apparue à ses côtés ne l’avait pas surpris. La voix ne l’avait pas fait sursauter, et ne lui avait pas fait instinctivement retourner l’arme contre la silhouette qui s’était approchée sans qu’il ne la remarque.

Doucement, son poignet tira l’arme hors de la bouche de l’homme. Ses muscles, toujours contractés, se mirent à trembler légèrement. Dans ses yeux, l’eau était montée. Les mots résonnaient encore dans sa boîte crânienne, cruels et assassins. Les souvenirs s’agitaient, lui flanquant un mal de cœur dont il ne semblait pas capable de se débarrasser. Et alors que sa main se desserrait du col de l’homme, le chasseur fit un pas en arrière. Ses dents toujours serrées l’empêchaient de respirer convenablement. Ses poumons commencèrent à brûler, alors que son pouce réenclenchait instinctivement la sécurité de l’arme. Il vit le type ouvrir la bouche pour parler, mais la voix de Riley claqua à nouveau dans l’air. La sensation de ses doigts fins sur son bras lui tira une vague de chair de poule, alors qu’il reculait d’un nouveau pas. Il ne parvenait pas à relâcher l’arme, trop anxieux à l’idée que l’autre ne se précipite pour la récupérer. Trop apeuré à l’idée qu’il ne tire sur lui — ou pire, sur Riley.

Les larmes lui brûlaient les yeux. Et lorsque, finalement, ses dents se desserrèrent, l’air rejoignit à nouveau ses poumons. Sortant de sa longue apnée, il prit plusieurs inspirations, profondes et bruyantes. Les premières perles salées glissèrent sur ses joues sans qu’il ne se rende compte de ce qui se produisait. Il se contenta de reculer d’un pas encore, les yeux vrillés sur la silhouette du pauvre homme, qui tentait tant bien que mal de s’éloigner vers la sortie du bar.

Il aurait voulu oublier ce que le type lui avait dit. Pourtant, rien n’y faisait. Les souvenirs l’assaillaient toujours, l’empêchaient de respirer. L’anxiété le dévorait, menaçant progressivement de le submerger. Seule la poigne de la jolie blonde parvenait à le maintenir ancré la réalité. Seules la chaleur de sa paume et la douceur de ses doigts le retenaient de sombrer définitivement dans les abysses du chagrin et du désespoir. Les ténèbres lui rongeaient les tripes, enserraient progressivement son esprit. Mais tant que Riley était là, il lui semblait qu’elles ne parviendraient pas à l’ensevelir. Tant qu’il y avait la présence de la petite Mayfair pour les contrer, rien ne pourrait lui arriver.

Instinctivement, ses doigts se resserrèrent encore davantage sur l’arme. Il n’avait plus la moindre intention de s’en servir. Pourtant, à cet instant précis, elle était aussi rassurante que ne pouvait l’être Riley. Une arme, contre les démons qui avaient été libérés dans sa tête, et qui griffaient les moindres recoins de son âme. Une arme, contre les monstres qui menaçaient de lui sauter à la gorge dès qu’il aurait le dos tourné.

Une arme, contre ce chagrin et cette terreur que les années n’avaient jamais réussi à effacer.

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MessageSujet: Re: – bad blood. (riley)   Sam 20 Mai - 11:57

bad blood
RILEY & TJ
Pendant les quelques secondes de flottement qui suivirent son intervention, Riley ne relâcha pas prise. Ses doigts enroulés autour du bras de TJ, elle resta plantée là, déterminée. Elle ne bougerait pas – elle ne flanchirait pas. Les secondes passèrent, et finalement TJ commença à reculer, se retirant du combat de gestes mécaniques. Riley ressentit un certain soulagement à l’idée que le chasseur n’insisterait pas plus, mais ne retira pas son emprise sur son bras, au cas où. Comme si le contact était suffisant pour lui démontrer qu’elle ne le laisserait pas faire, qu’elle était là, juste derrière lui. Riley ne voyait toujours pas son visage – elle avait les yeux rivés sur la chevelure blonde emmêlée de TJ, et tandis qu’il reculait de plus en plus, elle s’insista pas pour qu’il se retourne. Que l’autre type prenne la fuite, que TJ respire, et que tout ça se termine. Que les ennuis s’arrêtent là avant que ça ne tourne trop mal. Le bar était silencieux, trop silencieux, alors que l’autre type disparaissait par la porte du bar, et que les autres clients avaient les yeux rivés sur TJ, comme par peur qu’il ne craque à nouveau et ne frappe le premier venu. Mais Riley le tenait toujours, doucement et fermement à la fois, et elle leur jeta à tous un regard noir. « C’est bon, le spectacle est fini, mêlez-vous de c’qui vous regarde. » Sa voix résonna dans le bar et peu à peu, les quelques clients se retournèrent et la soirée reprit son cours. Et là, seulement là, Riley fit un pas pour faire face à TJ. Les traits du chasseur entrèrent dans son champ de vision, et le coeur de Riley se serra, bien malgré elle. Il y avait une telle douleur dans sa dégaine, dans la manière qu’il fixait le vide, qu’elle en fut une seconde choquée. Mais qu’est-ce que ce type avait bien pu lui dire pour avoir une telle réaction ? « Tu f'rais peut-être mieux de… » Et elle allait pour lui demander s’il voulait sortir, et pour enlever finalement sa main, mais c’est alors qu’elle remarqua les fines coulisses sur les joues du chasseur – des larmes. Riley le toisa, comme incertaine si c’était une blague ou le fruit de son imagination, et jeta à TJ un regard confus. Mais elle devait se rendre à l’évidence – TJ pleurait.

Une fois le choc passé, une partie d’elle avait envie d’éclater de rire. Ce n’était qu’un connard dans un bar, et quelques coups. Mais malgré son incompréhension, il y avait aussi une partie d’elle qui n’avait pas envie de rire du tout. Elle hésita, un peu mal à l’aise face à cette soudaine expression d’émotion qu’elle n’avait jamais vu de la part de TJ. Sa main toujours enroulée autour de son bras, sa poigne se fit un peu plus douce, et elle tenta de peser ses mots, pour une fois. « TJ ? » C’était bien une des premières fois qu’elle l’appelait ainsi. Trop souvent, il était Jones, trop souvent, elle évitait même de prononcer son nom. Mais cette fois c’était différent. Elle n’aurait pas trop su l’expliquer. Sourcils haussés, elle tenta de garder ses yeux sur lui. « Est-ce que ça va ? » Riley n’était pas douée avec ce genre de choses – réconforter les gens ou avoir les bons mots. Même qu’elle était très mauvaise, et il n’y avait jamais d’exception ou presque à cette règle. Elle se racla alors la gorge, piétinant sur place. Il y avait encore trop de curieux, et elle n’aimait pas ça. « Tu veux sortir ? Ou t'prendre un verre ? » Elle ignorait tout simplement comment aborder la situation – peut-être lui dirait-elle simplement de foutre le camp. Dans tous les cas, Riley respecterait ses voeux, mais pour l’instant, elle essayerait au moins d’être là pour lui – comme il l’avait été pour elle.

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