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 – righteous side of hell. (elinny)

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MessageSujet: – righteous side of hell. (elinny)   Dim 28 Mai - 13:12


righteous side of hell
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Il ignorait ce qui l’avait poussé à se réfugier ici. C’était le dernier endroit auquel il aurait pensé — et pourtant, le premier vers lequel son instinct l’avait précipité. Assis sur l’un des nombreux bancs disposés en rang, il regardait le fronton et l’autel, soigneusement disposés à quelques mètres de là. Ses avant-bras étaient appuyés sur le dossier du banc devant lui. Et sa mâchoire, elle, refusait de relâcher cette pression qui l’avait saisie plusieurs jours auparavant, lorsque les premières apparitions étaient survenues.

Il avait tout d’abord pensé qu’il s’agissait d’une hallucination due à l’alcool. Bien que la boisson ne lui eût auparavant jamais fait ce genre d’effets, il avait accordé du crédit à l’hypothèse. Peut-être un client avait-il drogué son verre pendant qu’il s’appliquait à faire la discussion à un de ses voisins, ou à aller aux toilettes. Peut-être avait-il juste besoin d’une bonne nuit de repos. Juste besoin de décuver un peu. Il était rentré chez lui, s’était couché. Le lendemain, ç’avait été trois cafés pour le prix d’un — et surtout, pas la moindre goutte d’alcool. La journée s’était bien passée. Jusqu’au soir, à tout le moins. Il s’était résolu à se tenir loin de la boisson — une bonne raison pour arrêter, qu’il avait pensé. Mais alors qu’il était tranquillement installé chez lui, un livre entre les mains et un café à portée de lèvres, les étranges manifestations avaient repris. Les lumières avaient grésillé et, sous son regard fixe, les objets s’étaient mis à tomber des étagères. Immédiatement, il avait lâché son livre et abandonné son café. Il avait attrapé le glock caché sous son lit, avait enfilé sa veste et ses chaussures, et il était sorti. En route pour le bar le plus proche, il avait tenté de se convaincre que la fatigue accumulée ces dernières semaines et le café n’avaient pas fait bon ménage. Il s’était assis au comptoir, avait demandé un verre d’eau. Malgré son étonnement visible, le barman avait obtempéré sans le moindre commentaire. L’espace d’une seconde, le cœur du Murphy s’était calmé. Sa main avait balayé le tracas de son visage, ne laissant qu’un profond sillage d’épuisement à sa suite. Il avait remercié l’autre, avait attrapé son verre d’eau. Le froid de la première gorgée lui avait brûlé la langue. La seconde, en revanche, lui avait fait le plus grand bien.
Et puis, à quelques mètres de là à peine, trois bouteilles soigneusement alignées sur les étagères avaient explosé sans raison apparente.

Il n’était pas rentré chez lui. Il n’avait pas suivi les conseils du barman, et n’était pas allé à l’hôpital pour se faire poser le point de suture que la coupure sur sa joue, provoquée par un morceau des bouteilles, aurait nécessité. Il avait laissé ça saigner, avait épongé le sang avec un mouchoir en tissu. Il avait bu, toute la soirée. Il s’était finalement écroulé sur sa banquette, et le propriétaire de l’établissement n’avait pas eu le cœur de le virer. Trois heures plus tard, lorsque Laura, la petite serveuse qui s’occupait des déjeuners était arrivée, le Murphy n’avait pas bougé.

Il n’était parti que plus tard dans la matinée, après avoir ingurgité suffisamment de café, d’œufs et de bacon pour être capable de survivre à la journée. Il était à peine midi lorsqu’il avait commandé son premier verre de la journée — verre que Laura avait refusé de lui servir avec son premier café. Ils s’étaient par la suite enchaînés jusqu’à une heure avancée de la soirée. Les étrangetés autour de lui n’avaient pas cessé. Et chaque fois qu’une survenait, il migrait au bar le plus proche, et qui n’aurait pas encore été marqué par ces démons qui le suivaient.

Il n’était même pas onze heures lorsqu’il s’était installé contre les quelques marches bétonnées grimpant à la porte arrière d’une boutique. Une petite ruelle calme et sombre, dans laquelle il s’était recroquevillé, les yeux fermés, le dos contre la soufflerie chaude de l’établissement. Autour de lui, le monde était trop engourdi pour qu’il ne réussisse à vraiment comprendre ce qui s’y tramait. Ce qui défilait sous ses paupières suffisait à crisper ses poings. Ses ongles s’étaient enfoncés dans ses avant-bras et, encouragés par le froid, n’avaient pas relâché la pression avant qu’il ne reparte. Les engelures étaient très vite nées aux articulations de ses doigts, mais il ne les avait pas senties. La chaleur de la soufflerie avait réussi à le tenir à une température corporelle acceptable pendant les deux heures qu’il avait passées là. Lorsqu’il s’était finalement relevé, incapable de rester plus longtemps recroquevillé dans un froid pareil, il avait à nouveau échoué dans le bar le plus proche. Il avait enfilé quelques verres, n’était qu’à peine parvenu à se réchauffer. Et puis, ils avaient fermé.

Eli était parti sans protester. L’idée de rentrer chez lui ne l’avait pas effleuré. Les coups de deux heures étaient passés, et ceux de trois heures approchaient. Mais au fond de son esprit, le temps avait perdu toute emprise sur sa vie. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il ne pouvait pas rentrer. Tout ce dont il avait conscience, c’était des objets qui semblaient se presser autour de lui, et du choc puissant qui était en train de s’opérer au fond de ses pensées. Le mal de crâne était de ceux qu’il n’avait pas expérimentés depuis plusieurs années déjà. De ceux qu’il aurait voulu ne jamais avoir à ressentir à nouveau. Sa paume appuyait sur son front comme s’il pensait que cela aurait pu faire passer la douleur. Mais ses grimaces, elles, trahissaient l’implacable vérité. Ça ne passerait pas. Ça ne passerait pas, et il n’y avait rien à faire pour cela.

C’était sans même qu’il ne le décide que ses pas l’avaient porté dans l’église. La porte était déverrouillée, malgré l’heure ; à croire que l’endroit était toujours disponible pour ceux qui recherchaient l’asile. Et lorsqu’il était entré, il lui avait soudainement semblé qu’un poids s’envolait de ses épaules. Sans qu’il ne parvienne à se l’expliquer, il avait eu l’étrange sentiment que l’étrangeté qui le suivait depuis deux jours déjà ne l’avait pas suivi là. Son cœur s’était calmé. Au bout d’une trentaine de minutes, ses pensées embrumées par l’alcool avaient fini par s’apaiser. Il avait reniflé, avait attrapé son téléphone. Sans prêter attention à l’heure, il avait fouillé dans son répertoire. Les coups de trois heures avaient sonné en même temps que la tonalité du petit appareil. Et c’était seulement à cet instant qu’il avait réalisé l’incongruité de l’appel. Il avait fermé les yeux, prêt à décoller le téléphone de son oreille. Et à cet instant précis, elle avait décroché. Sa petite voix lui avait instantanément attrapé les boyaux. Une douce chaleur, rassurante et plus apaisante qu’il ne l’aurait jamais cru, s’y était insinuée. Elle était levée. « Hey. Hum… Désolé de t’appeler si tard. » Il avait baissé le nez, doucement. Les doigts qui avaient massé ses paupières, alors qu’il ne pouvait retenir un léger rire. « J’arrive pas à croire que t’es encore debout. » Un petit silence. Il avait relevé les yeux vers la statue de la crucifixion, disposée un peu plus loin. Et l’espace d’une seconde, il n’avait pas trouvé pas les mots qu’il cherchait. Comment lui expliquer ? Comment lui demander une aide dont il avait désespérément besoin, mais dont il ignorait la nature ? Sa gorge s’était nouée, et c’était péniblement et à grand peine qu’il avait réussi à continuer, d’une voix faible. « J’suis en plein cauchemar, Len’. J’arrive pas à m’réveiller. » Sa main rejoignit à nouveau son front, relevant les quelques mèches qui y étaient éparpillées. « J’y arrive pas. » Sa voix mourut entre ses dents, alors qu’il sentait son rythme cardiaque remonter. Incapable de demander ce dont il avait besoin. Incapable de savoir ce qui lui aurait fait du bien.

Et puis, contre toute attente, c’était elle qui avait posé les questions. Qui avait voulu savoir s’il était en sécurité. Savoir où il était. J’arrive, qu’elle avait dit. Tu bouges pas, j’arrive. Il avait bien tenté de se lever. Avait bien tenté de changer de banc, de se rapprocher un peu plus de la présence rassurante de la Vierge Marie, immobile près de l’autel.
Ses jambes n’avaient pas répondu, et il n’avait pas lutté. Depuis, il était immobile. Son téléphone avait émis un ultime petit son d’avertissement en s’éteignant, à court de batterie. Et Eli ne bougea pas. Les yeux perdus dans un monde qui n’appartenait qu’à lui, il sentait son cœur se débattre sauvagement dans sa poitrine. Perdu entre la douleur et la peur — entre l’espoir et le désespoir.

Et lorsque, finalement, il entendit la porte de l’église s’ouvrir, il ne bougea pas. La douleur et la peur étaient d’armes égales. Mais le désespoir, lui, avait complètement écrasé son adversaire. Et il sembla alors à l’homme que toutes ses années à lutter pour garder la tête hors de l’eau venaient d’être balayées. Il lui sembla, inexplicablement, que quelque chose venait de se terminer.

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MessageSujet: Re: – righteous side of hell. (elinny)   Mar 30 Mai - 18:37

righteous side of hell

Un soupir agacé s’échappa de ses lèvres à la vue des chiffres rouges s’affichant sur le petit cadran. Cela faisait près de deux heures que Lenny tentait de trouver le sommeil – sans succès. Il était tard, pourtant, et la journée avait été longue. Les yeux lui piquaient lorsqu’elle s’était réfugiée sous les couvertures, et elle avait cru que s’endormir serait facile. Mais les bras de Morphée lui échappaient. En effet, Lenny était incapable d’arrêter son esprit de tourner. Même si elle essayait de cesser de réfléchir, les pensées revenaient doublement à la charge. Depuis qu’ils étaient revenus de Californie, elle ne pouvait cesser de penser à Eli et à cette stupide montre. Pour l’instant, cette dernière était en sureté dans ses affaires, le temps qu’elle trouve comment la détruire sans nuire à Eli – et pour ça, il fallait qu’elle comprenne en quoi consistait la fameuse malédiction qui l’entourait. Ses nombreuses recherches et ses heures passées à la bibliothèque et devant son écran d’ordinateur depuis les derniers jours n’avaient pas portées fruits. Rien. Elle ne trouvait absolument rien, et c’était incroyablement frustrant. Parce que ce n’était pas des simples recherches pour s’informer ou se préparer – non, cette fois, c’était vraiment une question de vie ou de mort. Une inquiétude cinglante se tenait constamment en elle depuis Sacramento. Elle avait peur, tellement peur. Car c’était la vie d’Eli qui était en jeu, et s’il devait arriver quelque chose à Eli, elle ne pourrait jamais s’en remettre. Jamais. C’était à elle de le tirer d’affaire, et d’espérer qu’il s’en sorte le plus indemne possible. Elle avait gardé un oeil sur lui, durant les derniers jours – mais ça semblait aller, aucun incident majeur à reporter. Elle s’était un peu tenue à l’écart, pour la simple bonne raison qu’elle voulait débarquer avec une solution. Une vraie solution. Et si possible, une solution qui n’impliquerait pas de le mettre davantage en danger, ou de même lui faire voir des choses qu’il ne voulait pas. Car Lenny savait qu’Eli n’était pas au courant que le surnaturel existait vraiment – et elle désirait plus que possible que ce fait ne change pas. Mais alors que les heures s’écoulaient, cet espoir s’affaiblissait de plus en plus.

Lenny était donc incapable de trouver le sommeil, et alors que 1:23 s’affichait sur le cadran, elle décida de laisser tomber son plan de dormir et de tout simplement continuer le boulot. Elle dormait quand tout serait réglé – elle savait que le repos la fuirait avant cela. Se levant du lit, elle passa à la salle de bain pour se passer un peu d’eau sur le visage – ses yeux étaient rouges, et elle avait bien mauvaise mine. Ignorant son reflet, elle revint dans la chambre. Elle enfila donc une paire de jeans, un t-shirt et un pull, et alla se chercher un soda et une Kit-Kat dans la machine distributrice à l’extérieur de sa chambre. Puis, elle s’installa au petit bureau, ouvrit son ordinateur, et se plongea dans les articles et les sites de recherche. Rapidement, la jeune femme perdit toute notion du temps – tellement qu’elle sursauta quand son cellulaire se mit à vibrer sur la table de chevet environ deux heures plus tard. Intriguée, elle se redressa. Qui pouvait l’appeler à une telle heure ? Frottant ses yeux, qui piquaient à nouveau, elle s’empara du téléphone. Son coeur manqua un battement en voyant le nom affiché sur l’écran – Eli. C’était Eli. Il était 3 heures du matin et Eli l’appelait. Ça ne voulait rien dire de bon.

Le coeur débattant à toute allure dans sa poitrine, Lenny appuya frénétiquement sur le bouton pour répondre. « Eli ? » Elle tenta de ne pas paraître trop inquiète ou trop paniqué – après tout, c’était peut-être une simple erreur, ou un appel aucunement relié à l’histoire de la montre. Mais l’estomac de Lenny était trop tordu – son instinct lui hurlait que l’appel d’Eli n’avait rien d’inoffensif. La voix d’Eli sonna à l’autre bout du fil – une voix fatiguée, lasse, rauque. La voix d’un homme qui n’avait pas bien dormi depuis quelques jours. Une voix étranglée, empreinte d’une anxiété incapable d’être entièrement dissimulée. Le coeur de Lenny se serra, ses doigts empoignant le petit téléphone si fort qu’elle en avait presque mal. Elle le laissa parler, se rasseyant sur le lit pour le laisser trouver ses mots. Une main s’était instinctivement levée pour se déposer contre sa poitrine, où son coeur – comme pour l’aider à se calmer. Puis, les mots claquèrent; j’suis en plein cauchemar, Len. J’arrive pas à m’réveiller. J’y arrive pas.

La lèvre inférieure de Lenny trembla légèrement. Elle inspira profondément – ce n’était pas le moment de se laisser submerger par ses émotions. Eli avait besoin d’aide. Eli avait besoin de son aide. Elle ne le laisserait pas tomber – certainement pas. Lenny ignora donc son coeur serré, et ravala son angoisse. « Ok. T’es en sécurité ? » Sa voix trembla légèrement mais elle l’ignora. Oui, qu’il répondit. « T’es où ? » À l’église, dans le quartier résidentiel. « Ok. J’arrive. » Elle prit une longue inspiration. « Tu bouges pas, j’arrive. » Le téléphone à peine raccroché qu’elle était debout – elle enfila un manteau par-dessus son pull et ses bottes pour ensuite s’emparer de son sac et de ses clés, et juste comme ça elle était partie. La route était glissante, la nuit froide, mais Lenny ne s’arrêta pas, conduisant presque dangereusement vite. Elle n’en avait rien à faire – elle n’arrivait à penser à rien, sauf au fait qu’elle devait retrouver Eli, et vite. Sa voix résonnait encore dans sa tête. J’suis en plein cauchemar, Len. Lenny en tremblait presque de rage. Elle l’avait mis dans ce bordel – elle devait lui en sortir, et ça devait arriver ce soir. Le temps des recherches était révolu. Arrivée à l’église, elle se gara et sorti avec son sac et un fusil à pompe glissé dans sa ceinture. Les esprits ne pouvaient habituellement pas entrer dans les églises – mais dans cette ville, il fallait être prêt à tout. Le souffle court, elle accouru jusqu’aux grandes portes et les poussa. C’était ouvert.

Il était là, assis sur un banc – le dos vouté, le visage dissimulé derrière ses mains. Elle s’approcha rapidement, presque à la course, son coeur battant la chamade dans sa poitrine. « Eli ? Eli. » Elle s’agenouilla à ses côtés, venant chercher du regard son visage. Ses mains se portèrent instinctivement jusqu’aux siennes – elle les serra, plongeant son regard dans le sien. « C’est moi. J’suis là. » Elle déglutit. Sa bouche était pâteuse, sa gorge bloquée. Elle avait un très mauvais pressentiment. « Est-ce que ça va ? T’es blessé ? » Elle avait une trousse dans la voiture, juste au cas. « Qu’est-ce qui se passe, Eli ? » demanda-t’elle finalement d’une voix plus douce. Pour l’instant elle voulait s’assurer qu’il aille bien – et puis elle se batterait. Jusqu’à la fin. Jusqu’à ce que tout soit terminé, et qu’Eli puisse rentrer chez lui, et qu’il puisse dormir à nouveau. Et elle était prête à tout pour ça.

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MessageSujet: Re: – righteous side of hell. (elinny)   Mar 6 Juin - 20:54


righteous side of hell
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Elle était venue.

Si une part de lui y avait toujours cru, il était une autre qui n’avait pu se résoudre à accepter l’idée que Lenny quitterait son lit pour venir le retrouver. Il n’était après tout qu’un fantôme, égaré au cœur d’une église dans laquelle il n’avait jamais prié — n’était jamais venu espérer. Il y avait trouvé asile à défaut de pouvoir se réfugier dans la rue, comme l’avait été sa première idée. Le froid était encore trop mordant, et le printemps avait encore quelques semaines à attendre avant d’être autorisé à pointer le bout de son nez. Avant de pouvoir dormir dans la rue après une soirée trop arrosée, il lui faudrait attendre que les températures soient plus clémentes. Refuser un toit n’était pas refuser la vie, et il refusait de laisser le froid lui arracher celle-ci. Pas alors que la chaleur étouffante du Moyen-Orient n’y était jamais parvenu. Pas alors qu’il avait tenu jusque là sans jamais véritablement baisser les bras.

Elle était venue.

Elle était là, près de lui. Elle s’était approchée, et elle s’était assise à ses côtés. Elle avait pris ses mains, avec une tendresse inquiétée. Les échos du prénom, prononcé avec précipitation, retentissaient encore contre les tympans de l’homme. Et quelque chose, au fond de lui, s’était instinctivement calmé. Entendre son nom, lâché par la voix de Lenny, c’était plus apaisant qu’il ne l’aurait espéré. Plus apaisant qu’il ne l’aurait jamais pensé. Et dès l’instant où leurs peaux étaient entrées en contact, ses épaules s’étaient relâché. Ses muscles s’étaient détendus, et il avait laissé ses mains s’approcher de la jeune femme. Ses doigts se glisser doucement dans ses paumes, sans qu’il ne réagisse à la douleur que ce frottement produisait. Les engelures parsemaient ses phalanges, ses jointures. Pourtant, il ne fit pas le moindre commentaire. Il leva le nez vers la petite Morland, laissa son regard doux et réconfortant happer le sien. Et alors, seulement, il articula quelques mots faibles. « Non, ça va. J’ai rien. » À part le froid qui m’a bouffé les mains, les joues, les oreilles. À part l’alcool qui m’étrangle le foie, et la vie qui me déchire les boyaux. « J’vais bien. »

Doucement, il renifla. Un petit sourire se posa sur ses traits, tentant vainement de balayer l’épuisement. À la dernière question qu’elle lui posa, pourtant, le petit rictus vacilla un instant, avant de disparaître. Ses doigts glissèrent péniblement contre ceux de Lenny, s’en échappant avec une délicatesse empêchée par la douleur. « J’sais pas. » Tout d’abord, il n’y eut rien d’autre à dire. Ses yeux fuyèrent un instant ceux de la jeune femme, ce pendant que ses mains s’éloignaient. Il renifla à nouveau, retourna poser ses bras sur le dossier du banc devant lui. « Je suis plus sûr de comprendre. » Un petit rire nerveux, une main qui revint vers son crâne pour tirer ses cheveux vers l’arrière. Il secoua un peu la tête. Le sourire qui tenta un retour, doux et rassurant à l’égard de la petite brune. « J’ai sûrement un peu trop bu. Ce serait pas la première fois. » Le ton badin sur la dernière phrase, et pourtant, le clin d’œil complice se fit désirer. Ce ne serait pas la première angoisse qui le saisirait après une soirée trop arrosée, et tous deux le savent. Mais la vérité, c’était qu’il savait que l’alcool n’avait rien à voir avec ce cauchemar. L’explication qu’il y trouvait était moins plaisante à accepter, et il n’était pas certain d’avoir envie d’y être confronté. Pourtant, il ne pourrait pas y couper, il le savait. Ou du moins, il le pensait.

« J’suis désolé de t’avoir appelé pour rien. » Le sourire essaya de rester en place. Un instant, ses yeux retournèrent se perdre dans ceux de la petite Morland. Et alors qu’il se sentait s’enfoncer progressivement dans les prunelles qui l’observaient, sa volonté flancha. Les mots restèrent murés au fond de sa gorge, mais il ne put retenir la sensation qui lui déchira la poitrine. Il continua de la fixer, impassible. Se demandant ce qui, au fond de lui, le rendait bien incapable d’assumer qu’il allait mal. Et ce qui, chez Lenny, le faisait craquer plus facilement que chez n’importe qui.

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MessageSujet: Re: – righteous side of hell. (elinny)   Ven 16 Juin - 15:50

righteous side of hell

L’église était silencieuse. Pas un son, pas une voix. Il n’y avait que le sifflement du vent, à l’extérieur, qui perturbait la quiétude. Un endroit paisible, sécuritaire – mais Lenny ne voyait pas tout ça. Elle n’entendait que les battements sourds de son coeur dans sa poitrine, elle ne ressentait que la brûlure dans ses poumons, que la sécheresse dans sa gorge. Une inquiétude froide, une anxiété prenante, à la vue d’Eli. Assis là, sur le banc, solitaire, le visage tendu et les yeux affolés. Elle aurait voulu pouvoir l’envelopper totalement, une couverture apaisante, qui aurait pu détendre ses traits, calmer cette peur qu’elle pouvait lire dans son visage. Mais elle ne savait comment s’y prendre – elle était hésitante, incertaine. Elle pouvait se douter de ce qui était en train de se dérouler, mais les détails lui étaient inconnus. Elle voulait désespérément aider Eli, désespérément trouver une solution, mais tout semblait lui couler entre les doigts. Les derniers jours avaient été un véritable désastre, et elle réalisait à présent qu’elle avait laissé filer beaucoup trop de temps avant d’agir. Elle aurait du le surveiller de plus près, le protéger comme il se doit. Et même, elle aurait du le prévenir. Peu importe s’il lui avait dit qu’elle était folle, peu importe s’il ne l’avait pas cru. Au moins, il aurait été prévenu. Au moins, il n’aurait pas été seul aussi longtemps. Mais le moment n’était pas aux regrets – il lui fallait agir. Obtenir des détails et trouver une solution, le plus rapidement possible. Elle ne voulait plus que ce cauchemar continue pour Eli – ça devait se terminer ce soir.

Le souffle court, Lenny garda les yeux sur Eli, tentant de discerner chaque mouvement de ses traits, d’y trouver des réponses. Il lui sembla que le contact de ses mains lui avait fait du bien, mais elle n’aurait pas pu dire avec certitude. Les mains d’Eli étaient froides, tellement froides – ça avait envoyé un frisson à travers l’échine de Lenny qui n’avait rien à voir avec le froid. Avait-il passé la nuit dehors ? Elle tenta de garder sa respiration stable, mais son coeur serré et sa poitrine comprimée empêchait cela. Finalement, les yeux d’Eli vinrent rejoindre les siens, et elle garda le contact. « Non, ça va. J’ai rien. » Elle acquiesça doucement – au moins il n’était pas blessé. « J’vais bien. » Lenny ne dit rien à ces mots. Elle savait que c’était faux. Tout lui indiquait le contraire – la voix d’Eli avait beau être calme, tout le reste contredisait sa déclaration. Mais elle ne lui en tint pas rigueur. Elle le connaissait, malgré tout, le Murphy. Elle serra les mains dans les siennes, tentant de lui transmettre un peu de chaleur, mais c’était bien faible – elle n’était pas particulièrement bien habillée non plus, clairement pas assez pour l’hiver glacial de Blackwater Falls. Mais elle le sentit s’éloigner, les doigts glisser. Incapable de réagir assez rapidement pour le rattraper, les mains fuyèrent les siennes. « J’sais pas. » Son ton disait tout – Lenny n’avait pas besoin de plus de détails. Bien qu’elle ignorait ce qu’il avait pu voir, elle pouvait se construire une idée. « Je suis plus sûr de comprendre. » Un sourire étira les traits d’Eli, mais Lenny ne le lui rendit pas. « J’ai sûrement un peu trop bu. Ça serait pas la première fois. » Quelque chose tira les entrailles de Lenny – elle le sentait. C’était les dernières tentatives d’Eli pour garder la face, pour tenter de se convaincre que tout ça était dans sa tête, et qu’il n’était pas en train de vivre un cauchemar. « J’suis désolé de t’avoir appelé pour rien. » Lenny garda son regard dans le sien quelques instants. Ça lui faisait mal au coeur de le voir comme ça. Et tout ça, à cause d’elle. Non, elle n’accepterait pas. Elle ne laisserait pas faire ça. Pour une fois, ça serait elle qui sauverait Eli. Elle se redresa d’un coup, passant une main dans ses cheveux bruns. Fermant les yeux un instant, elle prit une longue inspiration. Pas le choix. Il fallait se jeter dans la gueule du loup. Elle se fichait bien de l’état dans lequel elle allait ressortir. Si elle ressortait.

« Non. » Le mot fut soufflé doucement, mais suffisamment fort pour lui donner de la contenance. Elle se retourna vers lui, lui faisant face. Son visage démontrait de son inquiétude, autant que de sa détermination. « Tu m’as pas appelé pour rien. Et t’as pas trop bu. » Elle ne lui parlait pas durement, elle ne lui faisait pas la leçon – mais elle voulait qu’il comprenne qu’elle n’accepterait pas ses excuses. Elle s’approcha, déposant son sac, et vint prendre place à ses côtés sur le banc, qui craqua légèrement à son contact. Sa voix fut plus douce à ses prochaines paroles. « T’es pas devenu fou. T’hallucines pas. » Elle leva les yeux vers lui, se réfugiant dans le gris-bleu auquel elle avait tant rêvé durant la dernière décennie. Ce gris-bleu qu’elle n’avait jamais su oublier. « Il faut que tu m’dises ce qui s’est passé. Sinon je pourrai pas t’aider. Je sais qu’t’as peur. Je sais qu’tu comprends pas. Mais il faut m’dire c’que t’as vu. Peu importe c’que c’est. » Elle tenta de le regarder pour qu’il comprenne – qu’elle n’avait pas peur de sa réponse. Qu’elle prendrait ses mots comme ils viendraient. Que c’était elle, et pas n’importe qui, qui se tenait là. Et qu’elle ferait n’importe quoi pour lui. « S’te plaît, Eli. » Sa voix tremblota légèrement, mais il n’y fait pas attention. « Fais-moi confiance. » Et le silence retomba dans l’église, alors que les immenses vitraux les surplombait.

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MessageSujet: Re: – righteous side of hell. (elinny)   Ven 30 Juin - 23:42


righteous side of hell
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Il aurait voulu se dire que c’était la première fois. La première fois que Lenny le ramassait dans un tel état, la première fois qu’elle avait à calmer ses peurs et à le ramener à la raison. Il aurait voulu, mais il ne pouvait pas. Pour la simple et bonne raison que ça ne l’était pas, la première fois. Plus depuis longtemps déjà. Les cauchemars étaient déjà là, à l’époque où Charlie était encore debout. Et le Morland, lui, n’était pas toujours là pour tempérer ceux de son meilleur ami. Alors il avait fallu que Lenny le fasse. Plusieurs fois, c’était elle qui avait entendu les toussotements étouffés au fond de la baignoire, et l’eau couler à des heures improbables. C’était elle qui s’était glissée hors du lit pour le soulager. Pour le faire parler. C’était elle qui avait été là. Et même s’il avait toujours voulu oublier cette faiblesse dans laquelle elle l’avait déjà trouvée, la situation dans laquelle il venait de la traîner ne faisait que lui rappeler toutes ces nuits où il avait dû ravaler sa honte pour se laisser aider. Toutes ces nuits où elle avait réussi à briser défenses et carapace pour le forcer à revenir à la réalité. Il n’était pas fait de pierre. Il ne l’avait jamais été. Il avait le droit de craquer. Et depuis qu’ils se connaissaient, c’était ce qu’elle tentait désespérément de lui faire assimiler.

Le non résonna dans l’église, alors qu’elle restait redressée, lui faisant soudainement face. Il releva les yeux vers elle, silencieux. Les lèvres scellées par l’autorité douce dont elle faisait soudainement preuve, il la laissa poursuivre sans tenter de l’interrompre, ou même de protester. Pourtant, il avait trop bu — il le savait. Elle le savait aussi, et elle était suffisamment proche de lui pour sentir le genre d’haleine qui ne trompait personne. Mais à en juger par la manière dont elle s’adressait à lui, ce n’était pas de ça dont elle parlait. T’es pas fou. T’hallucines pas. Comme si, pour une fois, l’alcool n’avait rien à voir avec les distorsions étranges du monde qui l’entourait.

Fais-moi confiance.

Il a fermé les yeux. Les paupières closes, le cœur tentant désespérément de ralentir un rythme effréné. Il l’avait appelée parce qu’il lui faisait confiance. Mais elle lui en demandait davantage, cette fois. Elle voulait qu’il se confie, voulait qu’il dise ce qu’il était réellement en train de lui arriver. Et si une part de lui savait qu’il pouvait lui parler, l’autre craignait le moindre des mots qu’il aurait pu prononcer. Il refusait d’admettre ce qu’il se passait. Il refusait depuis de trop nombreuses années, désormais. Et il n’était plus sûr de savoir comment accepter et assumer ce qui l’entourait. Pas comme elle le voulait. Pas comme ça.

« Je sais pas. » Lorsque sa voix sort finalement, c’est éraillée et pénible qu’elle se fraye un chemin dans sa gorge. Il a l’impression que le sol s’effondre progressivement sous ses pieds. Que, pour la première fois depuis de très longues années, les choses lui échappent pour de vrai. « Je sais pas ce qu’il se passe. » Il déglutit, le regard détourné. Plus capable de regarder Lenny en face, plus capable de passer au travers de la vérité en affrontant ses yeux si profonds et si perçants. Ceux de n’importe qui, oui. Mais pas ceux de Lenny. « Quand je rentre dans un bar, les bouteilles tombent, les chaises aussi. Les verres pètent entre la main des gamines de quinze ans qui seraient même pas capable de broyer une mouche dans leur poing. » Sa main vient trouver son front, et repousse une mèche de cheveu. Le cœur s’accélère à nouveau, alors qu’il est finalement forcé d’admettre la vérité. Admettre ce qui ne va pas, et ce qui est en train de se passer. Il devient fou, il le sait. Il ne peut plus le nier. Pas avec tout ça. Pas cette fois. « J’aimerais croire que c’est pas de ma faute. Mais même quand j’marche dans la rue, ça me suit. Ça m’lâche pas. Ça fait trois jours que ça m’lâche plus. » Un léger rire, nerveux, s’échappe d’entre ses lèvres, alors qu’il passe à nouveau sa main sur ses traits. « Sauf ici et maintenant, bien entendu. » Ici et maintenant, alors qu’il avait besoin d’une preuve pour éviter que Lenny ne le fasse enfermer. Ici et maintenant, alors qu’il aurait souhaité que la petite Morland puisse constater par elle-même qu’il n’était pas en train d’affabuler.

« J’aimerais te croire, tu sais. » Ses yeux qui se relèvent vers Lenny, le sourire douloureux qui s’installe sur les traits. « Mais comment t’expliques que soudainement, ici et maintenant, alors qu’j’en parle finalement, tout s’arrête ? » Longuement, il soupire. Ses prunelles quittent à nouveau la jeune femme, se posent sur la statue du Christ, un peu plus loin. Il ne servait à rien d’insister — Lenny nierait. Mais il se sentait devenir fou, sans pouvoir l’expliquer. Les vieilles pensées qui l’avaient conduit à se faire enfermer rejaillissaient progressivement. Mauvais souvenirs, mauvaises idées. Et ça tournait en boucle, dans sa tête. Ses parents, Charlie, le verre brisé. Ses parents, Charlie, la tôle froissée.
Ses parents.
Charlie.
Les cris.

Tout ça ne s’arrêterait-t-il donc jamais ?

(c) blue walrus

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MessageSujet: Re: – righteous side of hell. (elinny)   Ven 7 Juil - 20:49

righteous side of hell

Lenny avait peur. La vérité, c’est qu’elle était terrifiée. Terrifiée pour Eli, terrifiée qu’elle soit incapable de le débarrasser du mal qui l’affligeait. Terrifiée de ne pas être à la hauteur au moment où il avait le plus besoin d’elle. Terrifiée de l’avoir impliqué dans une histoire qui au final, lui gâcherait la vie. Terrifiée d’ajouter des fantômes et des démons dans l’esprit d’un homme qui, elle savait, en avait suffisamment assez. Ce qu’Eli méritait, c’était un peu de paix, pas plus de problèmes. Pas une malédiction sur les talons, pas de fantômes au coin de l’oeil. Il méritait de se reposer un peu, et de souffler. Lenny le savait mieux que personne. Et voilà qu’ils étaient là où ils en étaient. Non – Lenny se le promettait. Elle sortirait Eli de ce merdier même si elle devait y laisser sa peau. Pas question de le laisser tomber – pas lui, surtout pas lui. Elle espérait qu’il comprenne. Qu’il comprenne qu’elle acceptait tout ce qu’il pourrait bien lui dire, que non, il était pas cinglé. Mais cette étape, c’était toujours la pire – faire comprendre à une personne que les monstres étaient réels. Pendant quelques chasses, Lenny avait eu à le faire. Elle avait eu à confronter ces gens qui devaient accepter cette nouvelle réalité. Mais c’était toujours des inconnus. Des hommes et des femmes dont elle connaissait seulement le nom, et peut-être même pas tant que ça. Là, c’était Eli. C’était différent. Ça avait toujours été différent avec Eli. Et Lenny s’en voulait d’être celle qui l’avait plongé là-dedans. D’être celle qui l’avait mis sur le bon chemin pour avoir à accepter ça – les monstres existent.

Les yeux d’Eli étaient fermés – mais Lenny n’avait pas besoin de les voir pour deviner ce qui se passait dans sa tête. Une tempête, un ouragan. Les souvenirs s’entrechoquant. Elle déglutit. Tout ça, c’était de sa faute. « Je sais pas. » La voix s’éleva finalement. « Je sais pas ce qu’il se passe. » Elle garda ses yeux sur lui, guettant son moindre geste. L’observant comme elle l’avait tellement fait. Ça lui rappella ces soirées-là, où ils semblaient seuls au monde tous les deux, jeunes, libres, ou presque. Où tout disparaissait pour ne laisser place qu’à eux, qu’à leurs voix, qu’à leurs histoires. Mais ils n’étaient plus jeunes, plus libres. Et le reste du monde était bien là – trop là, même, pour se permettre de l’ignorer. « Quand je rentre dans un bar, les bouteilles tombent, les chaises aussi. Les verres pètent entre la main des gamines de quinze ans qui seraient même pas capable de broyer une mouche dans leur poing. » La gorge de Lenny sembla s’assécher. « J’aimerais croire que c’est pas de ma faute. Mais même quand j’marche dans la rue, ça me suit. Ça m’lâche pas. Ça fait trois jours que ça m’lâche plus. » Le coeur de Lenny se serrait si fort que sa poitrine la faisait souffrir. La honte. La culpabilité. La terreur. « Sauf ici et maintenant, bien entendu. » C’était clair – Eli était persuadé qu’elle le croirait fou.

« J’aimerais te croire, tu sais. » Le sourire d’Eli lui fit brûler les yeux. « Mais comment t’expliques que soudainement, ici et maintenant, alors qu’j’en parle finalement, tout s’arrête ? » Lenny déglutit. Sa gorge semblait être fait en papier sablé, tellement elle était sèche. Mais elle ignora l’inconfort. Elle plongea son regard dans celui d’Eli, pesant chacun de ses mots. Tentant de ne pas céder à cet effroyable envie de juste pleurer. « C’est l’église » commença-t’elle doucement, avec un triste sourire. « Y’a rien qui peut se passer ici. Ils peuvent pas entrer. C’est un sol consacré. » Lenny se redressa légèrement, tentant de trouver les bons mots à adresser à Eli. Tentant de donner des explications à une situation inexplicable. « Y faut que tu saches. Que tu comprennes. T’es pas fou. Tout c’que t’as vu… c’est réel. C’est pas dans ta tête. Ça existe pour vrai. »

Un soupir passa ses lèvres. La panique s’installait dans ses veines. Les mots sortaient emmêlés, désorganisés. Mais elle ne pouvait plus les contrôler. « C’est la montre. Qu’on est allé voler. Lorsque tu l’as touchée… j’crois que ça a déclenché un truc. Ça fait des jours que j’essaie de trouver comment l’arrêter. Mais j’y arrive pas. » Sa voix tremblota légèrement à ses derniers mots, mais elle ravala le trémolo. Elle devait rester forte. Pour Eli. « Mais j’te jure… j’te promets que j’vais trouver. Si j’arrive à comprendre c’qui s’passe, j’vais pouvoir t’en débarrasser. » Un petit silence suivit ses mots. « J’suis tellement désolée, Eli... C’est ma faute, tout ça. »

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