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 – won't see me fall apart. (annabel)

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MessageSujet: – won't see me fall apart. (annabel)   Jeu 8 Juin - 22:33


won't see me fall apart
eli et annabel / And I will stay up through the night. let's be clear, won't close my eyes, And I know that I can survive. I'll walk through fire to save my life. another one bites the dust. – SIA.

La porte claque derrière lui, alors qu’il sort du bar sans même un regard par-dessus l’épaule. Sa main s’était levée vers son nez, essuyant doucement sa lèvre supérieure. Lorsqu’il ramena ses doigts à ses yeux, il constata néanmoins l’absence de sang. Aussi fort que ce gars avait pu cogner, le nez n’était pas cassé et n’avait même pas daigné se mettre à saigner. En contrepartie, son œil avait essuyé le seul véritable coup digne d’envoyer un novice au tapis. Ça ne l’avait pas mis à terre, et il s’était bien rapidement décollé de la table contre laquelle son dos avait frappé. Quelques crochets, et le barman était intervenu pour les séparer. Et pour la première fois depuis longtemps, ce n’était pas à son adversaire qu’on avait demandé de partir. On l’avait regardé, droit dans les yeux. On lui avait fait comprendre qu’ici, l’habitué, ce n’était pas lui. Et il avait tourné les talons sans rechigner, de la même manière qu’il avait vu tant de types faire après l’avoir attaqué dans d’autres bars.

Les graviers qui craquent sous ses semelles, sa main qui s’enfonce dans sa poche. Le reste de ses doigts s’est levé vers son œil, tâtonne doucement la peau sensible qui l’entoure. Il serre les dents, secoue brièvement le menton. La zone était de plus en plus sensible, et il n’avait pas besoin d’un miroir pour deviner le bleuissement progressif de la peau. Il n’avait rien pour empêcher le gonflement, rien pour empêcher la douleur. D’ici à ce qu’il arrive chez lui, l’œil aurait poché, et il lui faudrait supporter les désagréments causés par son impulsivité pour plusieurs jours, avant que les choses ne reviennent à la normale.

Cette simple idée le fit soupirer, alors que sa main s’abaissait pour elle aussi rejoindre le fond de sa poche. Ses yeux se vrillèrent sur ses pieds, observant le bitume défiler sous ses pas. Il aurait pu appeler un taxi, si seulement la batterie de son téléphone n’avait pas rendu l’âme pendant la soirée. Au fond de sa poche, ses doigts remuèrent, agitant les quelques petites pièces qui s’y étaient entassées. Avec ça il aurait de quoi se payer les services d’une cabine téléphonique. Faire venir un taxi, et être temporairement ruiné par le trajet. Et le lendemain, il ignorerait les risques et prendrait le volant. Ce ne serait pas la première, fois et ce ne serait pas non plus la dernière — à moins que la mort en ait finalement décidé autrement.

Il est tombé dans ses pensées. Le regard fermé et toujours vrillé au sol, les mains protégées par ses poches, le froid rongeant sa peau et tentant de s’immiscer sous ses épaisseurs de vêtements. La soirée aurait pu se poursuivre sur encore plusieurs heures. Mais pour ce soir, c’en était assez. S’il devait y avoir encore un verre à siffler, ce serait chez lui. Loin du brouhaha des bars, loin du raffut de tous ceux qui pensaient que leur peine était plus sérieuse que celle du voisin. Loin de ceux qui pensaient avoir plus souffert que tous les autres ivrognes qui les entouraient, et qu’on prenait à s’en vanter. Loin de tous ceux qui n’avaient rien compris, et qui ne comprendraient sûrement jamais.

Ses épaules se sont voûtées, ses dents se sont serrées. Et la douleur autour de son œil persiste, alors qu’il continue de tracer sa route pour s’éloigner le plus possible du parking de l’établissement. Mais alors qu’il s’apprêtait à remettre le col de sa veste en place, il se fige. Son nez se lève instinctivement vers la provenance de la voix qui l’a hélé. Et il l’observe un instant, la petite silhouette dressée à quelques mètres de là. Ses sourcils qui se froncent, alors qu’il se tourne complètement vers elle et fait un pas en sa direction. « Annabel ? » Ça fait une paye qu’il ne l’a pas vue. Depuis qu’elle est partie précipitamment de Blackwater Falls cinq ans auparavant, pour tout dire. Et pourtant, elle se tient là, sous ses yeux. Aussi jolie et aussi simplement élégante que dans son souvenir. L’air visiblement réparée par le temps. À première vue, à tout le moins.

Un instant, il hésite à traverser la route qui s’étale entre leurs deux trottoirs. Peut-être qu’il vaudrait mieux passer son chemin. Éviter d’avoir à essuyer des questions — sur son œil, et sur sa vie ces dernières années. Sur l’œil vitreux et l’haleine alcoolisée, malgré ses sens toujours en alerte. Peut-être aurait-il mieux valu qu’il parte d’ici. Qu’il appelle un taxi, et qu’il fasse comme si elle s’était trompée. Comme si ce n’était pas lui. Comme si ce n’était plus lui.

Mais c'était trop tard, et il le savait. Sa voix ne s'était peut-être pas élevé puissamment, mais elle l'avait toujours fait suffisamment pour que la jeune femme l'entende, de là où elle était dressée. Il n'y avait plus qu'à attendre, désormais. Attendre et voir si elle traverserait. Voir si elle avait véritablement envie de s'approcher et de laisser la mélancolie réveiller tout ce qui leur était arrivé, durant ces cinq dernières années.

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I wear this crown of thorns, Upon my liar's chair, Full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time, The feelings disappear. You are someone else, I am still right here. ⚭ ⚭ ⚭
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MessageSujet: Re: – won't see me fall apart. (annabel)   Mer 5 Juil - 1:33


won't see me fall apart
eli et annabel / And I will stay up through the night. let's be clear, won't close my eyes, And I know that I can survive. I'll walk through fire to save my life. another one bites the dust. – SIA.

La soirée est tranquille au bar de l’auberge. L’occupation est loin d’être à son maximum et même si tu sais que c’est normal après un changement de propriétaire, tu ne peux t’empêcher de t’inquiéter à savoir si tu vas vraiment être en mesure de réussir ce changement de carrière. Tu as travaillé longtemps auprès de tes parents pour l’auberge, mais tu n’as jamais été en charge et tu ne  parviens pas toujours à faire taire cette petite voix dans ta tête qui te rappelle que tu n’aurais jamais dû revenir, que tu aurais dû rester à Kingston, où tu t’étais bien établie, où tu avais ta vie désormais. Tu tentes de chasser les pensées alors que tu essuies une des nombreuses tables vides de la grande salle. « Annabel? » Tu lèves la tête et tu aperçois Casey, le barman travaillant ce soir qui te fait signe de venir le voir. Tu laisses sur la table le linge que tu utilisais pour essuyer et t’approche du long bar où tu déposes tes mains alors que le jeune homme est occupé à essuyer un verre. Il y a trois ou quatre clients le long du bar et une dizaine dans la salle, rien d’hallucinant mais assez pour garder le jeune homme occupé. « We are very low on ice. I don’t know if I’ll make it through the night. » Il n’est pas réellement inquiet, mais tu sais que la commande ne rentre pas avant le surlendemain et si Casey ne manque pas de glaces ce soir, ce sera certainement le barman de demain soir qui va se retrouver avec le problème. « I’m gonna go buy some before the store close. » Il hoche de la tête et se retourne vers un des clients qui lui fait signe alors que tu sors rapidement de la grande salle pour te rendre à l’accueil de l’auberge où tu attrapes ton manteau. Tu changes tes souliers d’intérieur pour une boîte de printemps et puis tu sors, le froid de la soirée te faisant frisonner sur le coup.

L’heure avancée de la soirée explique la tranquillité des rues alors que ton pas est rapide jusqu’au dépanneur qui se trouve seulement à quelques coins de rues de l’auberge de tes parents. Il n’y a personne dans le dépanneur sauf toi, seul le bruit de la lumière au plafond brisant le silence entre chacun de tes pas. Tu prends un gros sac de glace, paye et remercie le caissier avant de reprendre le chemin inverse, retournant à ton lieu de travail. Tu fais des grosses journées depuis que tu as repris l’entreprise familiale, commençant souvent avant le réveil des occupants et finissant tes journées avec les derniers hommes au bar. Tu en fais plus que nécessaire, mais tu te dis que c’est ce qu’il y a de mieux pour le moment puisque l’entrée d’argent n’est pas aussi certaine qu’elle l’a pu l’être autrefois alors tu maximises ton efficacité. Toutefois, la fatigue te rattrape et tu te dis que ce soir, puisque c’est vraiment tranquille, tu pourrais rentrer à une heure décente et avoir une bonne nuit de sommeil. Tu te dis qu’après avoir déposé la glace au bar, tu pourrais demander à Casey de tout fermer derrière lui et rentrer chez toi, dans ton appartement trop grand pour une seule et simple personne. Tu as réussi à te convaincre que c’est ce que tu dois faire lorsque tu aperçois une silhouette de l’autre côté de la rue qui t’es étrangement familière. Plus tu te rapproches, plus tu es persuadée de connaître l’homme qui avance lentement. Et puis, comme un flash, tu le reconnais complètement. « Eli? » Ta voix est puissante et tu le vois qui lève la tête, cherchant la provenance de la voix. Lorsque sa tête tourne en ta direction, tu vois qu’il cherche lui aussi qui vient de parler pendant quelques secondes avant qu’il ne prononce ton nom en retour. Tu regardes des deux côtés de la rue avant de courir et traverser les quelques mètres qui vous séparent, te retrouvant rapidement à son niveau. La première chose que tu remarques, c’est les marques sur son visage, son œil qui semble enflé seconde après seconde. La deuxième chose que tu remarques, c’est à quel point il semble avoir vieilli dans les cinq dernières années. Si ton premier réflexe aurait normalement été de lui demander comment il va, tu décides qu’en vue de son état, ce n’est peut-être pas une question appropriée. Tu te contentes simplement de lui montrer le sac de glace, un sourire se posant sur tes lèvres. « J’crois avoir de quoi mettre sur ton œil. Viens, l’auberge n’est qu’à quelques minutes d’ici. » Pas de question sur le pourquoi du comment, pas de reproche non plus. Tu espères seulement qu’il va accepter ton offre de l’aider, aussi simple soit-elle. Tu recommences à marcher en direction de l’auberge, t’assurant que le jeune homme te suit. Sans le regarder, tu ajoutes un « J’suis contente de te revoir Eli » qui sonne réellement sincère. Si tu es partie de Blackwater Falls pour chasser beaucoup de souvenirs, Eli est quelqu’un avec qui tu aurais bien aimé garder contact mais avec qui tu n’as jamais osé, pour le bien de ta coupure complète avec ce que représentait la ville. La mort de Benjamin, ta séparation avec Lester, la perte de sens de ton univers.

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MessageSujet: Re: – won't see me fall apart. (annabel)   Lun 28 Aoû - 19:34


won't see me fall apart
eli et annabel / And I will stay up through the night. let's be clear, won't close my eyes, And I know that I can survive. I'll walk through fire to save my life. another one bites the dust. – SIA.

C’était inattendu. Et pourtant, elle était là. Il n’aurait jamais pensé la revoir dans les environs, après ce qui s’était passé. Et certainement pas aussi près de l’auberge qu’elle avait quittée avec une précipitation non dissimulée, cinq ans auparavant. Il ne pensait pas qu’elle reviendrait, ne pensait pas qu’il la reverrait. Pourtant, au fond de lui, il ne pouvait empêcher le soulagement de le submerger. C’était un visage connu qui l’avait trouvé. De ces visages qu’il était heureux de retrouver, et auprès de qui il n’était pas inquiet de se réfugier.

C’était Annabel qui l’avait trouvé. Qui avait traversé la rue au pas de course, son sac de glace dans les bras. Avalant la distance qui les séparait pour être capable de lui parler. Et s’arrêtant nette. Le regardant, restant silencieuse un petit instant. Et alors, pas besoin d’être un génie pour comprendre ce qui l’avait stoppée. Pour comprendre ce qu’elle observait. Sans un mot, sans pouvoir retenir ce petit sourire triste qui venait de poindre sur ses lèvres, Eli baissa les yeux. Honteux de la situation qui s’imposait pour leurs retrouvailles. Honteux qu’elle le surprenne ainsi, visiblement mal en point et dans le besoin. Honteux à l’idée de la regarder dans les yeux, et d’y voir le reflet de ce qu’il était devenu avec les années. D’y voir ce qu’il avait été, et ce que le temps avait changé. Car où qu’elle en soit désormais, il ne faisait aucun doute qu’elle n’avait pas besoin de ça. Pas besoin de ramasser un chien errant dans la rue, et de devoir s’occuper de lui en souvenir du doux vieux temps, et de tous ces moments agréables qu’ils avaient pu passer.

Pourtant, Annabel, elle ignore la honte. Elle lui tourne délibérément le dos, et elle la balaye d’un sourire. Sa voix douce force l’ancien soldat à relever le nez, et à l’observer. Elle lui montre son sac de glace. Elle lui propose de lui donner ce qu’il faut pour éviter que son œil ne poche complètement, et ne soit un véritable fardeau pour les jours à venir. Elle n’a même pas hésité. Et la tendresse enveloppante de sa voix a attrapé le chien errant par le collet. Il va la suivre, et il le sait. Il ne peut pas le lui refuser. « D’accord. … Merci. » Sa voix se coince dans sa gorge, rauque. Sa langue patauge dans le goût du sang, et il déglutit pour tenter de s’en débarrasser. En vain. Les mains enfoncées dans les poches, ne sachant quoi lui dire. Ne sachant par où commencer. N’étant pas encore certain que la suivre soit une bonne idée pour elle.

Elle commence à marcher, et il lui emboîte le pas sans même y penser. Trop attaché pour rester sur place — trop heureux de trouver quelqu’un qui ne le jugera pas, en cette soirée qu’il avait définitivement gâchée. Et lorsqu’elle reprend la parole, il ne peut s’empêcher de poser son regard sur elle pour de bon. Elle n’a pas fait de même, pourtant. Malgré le ton sincère qu’elle emprunte, ses yeux sont perdus sur la route qu’ils empruntent, un peu plus loin. Et il déglutit doucement, laisse passer quelques secondes. La regardant, s’imprégnant de ces traits qu’il avait pensé ne plus revoir. « Moi aussi. » Brièvement, son pas s’allonge pour lui permettre de revenir à son niveau. Une fois à sa hauteur, il cale son allure sur la sienne. Les mains dans les poches, pour cacher la peau arrachée et les phalanges abîmées. Le cœur dans une petite boîte, à espérer qu’Annabel ne forcera pas trop pour l’ouvrir. Et à se prendre à souhaiter, pourtant, qu’elle en gratte la surface avec cette douceur qu’il lui connaît. « J’pensais pas que tu reviendrais. » Il lui jette un regard en coin, lui donne un sourire. Sincère, pesé. Il a mauvaise mine, mais son regard ne ment pas : il est content qu’elle soit là. Et son sourire persiste, alors qu’il détourne un peu les yeux. Il secoue la tête, ne pouvant retenir un rire. « Et je pensais certainement pas avoir l’air de ça le jour où je te reverrais. » Il enfonce encore davantage ses poings dans ses poches, la serrant un peu autour de lui. Soupirant, longuement. Contre toute attente, le froid ne lui est pas désagréable. Après le chaos du bar, il a l’impression de se remettre à respirer. Que le vent chasse la douleur et s’attaque à la honte, miette par miette, alors qu’il lève les yeux au ciel pour en contempler les quelques filaments nuageux qui y flottent. « Tu dois pas avoir très grande estime de moi. » Son sourire revient. Doux, simple. Effaçant la dimension de victime que les mots pouvaient lui donner, pour simplement redonner aux mots leur dimension de faits. « J’vais travailler là-dessus, pour la prochaine fois. » Essayer d’avoir l’air moins mal. Essayer de ne pas avaler la lumière par sa simple présence. Essayer de sourire, et de dissimuler le fond du trou dans lequel il se tenait, depuis plusieurs années, sans jamais parvenir à remonter.

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