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 – in the heart of the jungle. (sylade)

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MessageSujet: – in the heart of the jungle. (sylade)   Mar 20 Juin - 13:27


in the heart of the jungle
sylvia et slade / I lost my mind, in the city of lights. In the backstreets buildings and the neon lights. When I heard the thunder, I could feel the rain. It's the same to me, just a different name. I said, "Oh, Lord", Won't you follow me into the jungle. Ain't no god on my streets in the heart of the jungle. – X AMBASSADORS.

Ce type n’avait pas été facile à retrouver. Pourtant, lorsqu’il s’agissait de mettre la main sur quelque chose ou sur quelqu’un, Sylvia n’avait jamais été la dernière en reste. Ça avait aidé sa carrière de flic à décoller, et ça avait fait d’elle le nom qu’elle portait. On reconnaissait son talent et ses capacités. Mais ce type lui avait définitivement donné plus de fil à retordre qu’elle ne l’aurait pensé. À y penser, ce n’était pas vraiment surprenant. Elle ne savait pas exactement dans quoi il bossait, mais avait suffisamment de jugeote pour comprendre de quel domaine il s’agissait. Ses capacités à lui n’étaient pas non plus à sous-estimer. Et s’il ne voulait pas qu’on le retrouve, il avait de toute évidence les moyens de se cacher.

D’un pas rapide, la jeune femme avale la distance qui la sépare du trottoir d’en face. La rue est tranquille, le quartier encore silencieux. La journée ne fait que commencer, mais la tempête de neige de la veille a laissé la ville dans un étrange état de léthargie. Les yeux grands ouverts, allongée sur son lit, la petite Cohle a observé les flocons tomber pendant des heures, sans prendre la peine de fermer les rideaux. Le sommeil ne venait pas, et elle l’avait accepté. Depuis que l’un de ses contacts l’avait appelée pour faire remonter à la surface l’affaire pour laquelle Slade était venue la trouver, elle n’avait eu de cesse de tenter de retrouver l’homme. Elle avait écumé la ville, deux jours durant. Usant des congés longuement repoussés que son supérieur lui avait donné avec soulagement, elle s’était mise à remonter comme elle le pouvait la trace de ce type. S’était servie d’un service que le gars chargé des portraits robots lui devait et, munie de ce qu’elle avait de mieux en remplacement d’une photo, elle avait interrogé les gens du coin. Elle avait commencé par les endroits où elle l’avait rencontré pour la première fois. La piste était froide, et il lui avait fallu tâtonner dans les quartiers où elle pensait qu’il aurait pu traîner. Et contre toute attente, une serveuse l’avait identifié. Il prend son déjeuner là presque tous les matins, qu’elle avait dit. Du café, des œufs. Pour l’reste il varie. J’l’ai pas vu depuis plusieurs jours. Mais aussi loin que j’me souvienne, il a pas loupé un seul samedi. Alors, elle avait misé le tout pour le tout. Elle avait pris le pari qu’il ne louperait pas ce samedi-là non plus, et elle s’était levée aux aurores pour être sûre de ne pas le manquer.

Elle poussa la porte du petit restaurant, jeta un regard circulaire pour inspecter les divers clients déjà attablés. La serveuse de l’autre jour n’était pas là, mais une autre la reconnut, et lui adressa un signe de tête rapide. Sylvia le lui rendit, mais ne s’attarda pas. Son regard avait été happé par la silhouette qui se tenait assise à une table près d’un mur. Bien que faisant face à la pièce, l’homme passait inaperçu. Une position idéale, stratégique, qui lui permettait de voir les environs, sans pour autant attirer l’attention. D’un pas calme mais déterminé, la jeune femme prit sa direction. Et elle ne chercha pas à demander son autorisation pour s’approcher et s’asseoir face à lui. Elle tira la chaise et y prit place, croisant ses mains sur la table aussitôt installée. C’était lui, y avait pas de doute. Elle se serait souvenue de ce visage entre mille — ce nez tordu, cet air à la fois doux et patibulaire, ces yeux perdus dans un passé dont elle n’avait aucune idée. « T’es pas facile à retrouver. » Avant même que l’autre n’ait eu le temps de lui répondre, la serveuse était sortie de derrière son comptoir pour venir à leur table. « Juste un café pour le moment, s’il vous plaît. » Un petit sourire bref, auquel l’autre répondit par un signe de tête avant de déguerpir. La serveuse venait de lui donner le prétexte idéal pour rester. Pour le reste, elle s’en chargeait. Ce type ne l’impressionnait pas. Pas même après avoir essuyé une raclée de sa part. Surtout pas.

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MessageSujet: Re: – in the heart of the jungle. (sylade)   Jeu 6 Juil - 15:52

in the heart of the jungle

Le samedi matin, il allait chez Lucy. C’était une drôle d’habitude, qui s’était installée d’elle-même sans qu’il n’ait trop à y penser. Parfois il y allait d’autres jours de la semaine, parfois pas. Mais le samedi, il allait chez Lucy. Il était là cinq minutes après l’ouverture, et il repartait avant que les gens ne commencent vraiment à arriver. Il aimait prendre son p’tit déjeûner là, sans être dérangé par personne. La serveuse – c’était toujours la même – avait compris qu’il aimait sa tranquilité. Elle lui apportait sa bouffe et son café sans un mot, juste un sourire, et ça allait à Slade. La café était bon, les oeufs étaient chauds. Parfois il prenait un peu de bacon, quand son estomac le réclamait. Et c’était comme ça. Une habitude modeste, qui lui plaisait bien. On le laissait tranquille et c’était tout ce qu’il demandait, après tout.

Une fois installé dans sa banquette, un peu passé six heures, la serveuse lui avait apporté son café. Noir, brûlant, Slade attendait qu’il refroidisse un peu avant d’y plonger les lèvres, mais pas trop – il appréciait la légère sensation de brûlure dans sa gorge pour commencer la journée. Frottant ses yeux un peu endoloris, il laissa son regard traîner sur le journal ouvert sur la table. Des tragédies, encore et toujours. Des questionnements, des mystères. Cette ville était un vrai trou à rats, il le réalisait de plus en plus. Pour une ville paumée du fond de l’Alberta, il s’y passait beaucoup de merde. Mais en même temps, y’avait pas mal de boulot et ça allait à Slade. Tant qu’il pouvait s’occuper un peu et faire du fric – en attendant que les salopards reviennent, pour qu’il puisse finalement leur fracasser le crâne. Quelques minutes passées, il but finalement une gorgée de son café, claquant légèrement la langue en appréciation du goût et de la chaleur. Ça faisait du bien après la nuit de merde qu’il avait passé – une nuit toute en terreur et en sueurs, à rêver de Miranda, à rêver d’elle inerte par terre, à rêver de lui-même, les mains couvertes de sang. Parce que c’était sa faute – il le savait. Il avait pas appuyé sur la gachette mais il avait prononcé les mots – bouge pas.

La serveuse apporta le reste de son petit déjeuner – et alors que Slade allait plonger sa fourchette dans les oeufs brouillés, quelqu’un tira une chaise et prit place face à lui. Il leva les yeux, pas toute de suite énervé, même pas choqué – l’impassibilité toujours présente sur son visage. Il reconnut tout de suite la fille – celle qui lui avait donné bien du fil à retordre. Cohle. Sylvia Cohle. Slade n’oubliait jamais un nom. Elle avait toujours cette même tête, celle d’une femme déterminée qui n’allait pas bouger de cette chaise en plastique avant d’avoir eu ce qu’elle voulait. Pas aujourd’hui, alors – pas de paix. « T’es pas facile à retrouver » dit-elle. Slade continua simplement de l’observer, alors que la serveuse arrivait sans un mot. « Juste un café pour le moment, s’il vous plaît. » Il garda les yeux sur elle, plongeant sa fourchette dans ses oeufs pour commencer à manger. Il allait quand même pas se gêner. Et de toute façon, elle lui avait rien demandé – alors il n’avait rien à répondre. Et alors il continua simplement de manger, sentant le regard insistant de la policière sur lui. Au bout de quelques secondes, il releva les yeux. « J’peux t’aider, p’t’être ? » Elle avait commandé un café. Clairement, elle avait besoin de quelque chose. Autant mieux aller droit au but.
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MessageSujet: Re: – in the heart of the jungle. (sylade)   Ven 7 Juil - 20:49


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Elle sentait ses yeux sur lui. Deux billes noires — deux poids immuables, qui ne l’impressionnaient pourtant pas. Elle ne lui avait rien demandé, et elle ne s’attendait donc pas à ce qu’il ouvre la conversation. Pas pour lui parler de la pluie ou du beau temps, en tout cas. Pas pour s’adonner à ce genre de distraction badine que les autres occupants du restaurant semblaient trouver un certain plaisir à faire, malgré l’heure encore jeune de la journée.

Dès que la serveuse fut partie, elle plongea ses yeux dans les siens pour ne plus en sortir. Elle n’avait jamais eu aucun problème avec le contact visuel, et était bien souvent la dernière à détourner le regard — sans pour autant en avoir jamais fait une compétition. Pourtant, elle avait le sentiment qu’avec Slade, ce genre de choses pourrait durer une éternité avant que l’un d’eux ne se décide à détourner le nez. Et là où beaucoup en auraient été mal à l’aise, elle se prenait à apprécier ce genre de situation. Enfin quelqu’un qui n’a pas honte de regarder son interlocuteur. Enfin quelqu’un qui n’a pas honte de se tenir droit pendant une discussion.

Discussion qu’il débuta finalement, après avoir détourné les yeux pour se concentrer sur ses quelques plusieurs bouchées d’œufs. La question était justifiée, et Sylvia ne s’en sentit pas le moins du monde attaquée. Elle se contenta de hausser les épaules tandis que, dans le coin de son champ de vision, elle voyait la serveuse revenir avec un pot de café fumant. « C’est c’que j’suis venue vérifier. » Elle laisse les mots en suspens, alors que la jeune femme au tablier lui verse une tasse. Un remerciement rapide, et elle la laisse partir. Elle n’a pour le moment aucune idée du temps que prendra cette rencontre. Et elle n’a pas assez faim pour se décider à forcer davantage la compagnie à son interlocuteur.
« J’ai quelque chose pour toi. » Détournant le regard, elle attrape un petit pot scellé de lait. Elle en retire l’opercule, versant les quelques millilitres blancs dans sa tasse fumante avant d’en reprendre un autre. « T’es peut-être déjà au courant, mais j’ai pensé que ça valait le coup de venir m’en assurer. » Le deuxième petit pot vidé s’enfonce dans le premier. Elle les pose sur la serviette en papier que la serveuse lui a amené, tournant sa cuillère dans le récipient pour mélanger café et lait. Et lorsque finalement le mélange se fait homogène, elle relève les yeux vers lui. « Ils sont dans la région. En ville, probablement. » La cuillère s’est reposée sur la table, tandis qu’elle le fixe à nouveau. La voix s’est faite plus basse, alors qu’elle a croisé les bras sur la table, laissant le café refroidir. Elle savait qu’elle n’avait pas besoin d’en dire plus pour que son vis à vis sache de qui elle parlait. Ils ne s’étaient jusqu’à lors vu qu’une seule fois, et qu’à un seul sujet. Les possibilités n’étaient pas nombreuses. Et s’il y avait bien une chose que Sylvia avait appris avec les années, c’était que lorsqu’il s’agissait de vengeance, les gens ne se sortaient pas les choses de la tête avant de les avoir terminées. Surtout pas les gens comme lui. Surtout pas les gens comme eux.

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MessageSujet: Re: – in the heart of the jungle. (sylade)   Jeu 13 Juil - 12:08

in the heart of the jungle

Elle avait pas peur de regarder les gens dans les yeux. Elle lui rendait son regard comme si y’avait compétition, mais sans arrogance ou défi. Elle le faisait juste parce qu’elle était comme ça, et ça plut immédiatement à Slade. Au moins, on pouvait dire de cette fille qu’elle savait ce qu’elle voulait. Mais ça, il l’avait compris dès leur première rencontre, où elle avait écrasé son poing sur son nez et avait voulu le tabasser. Slade n’en était pas le moindrement vexé, ou rancunier. Elle avait fait ça en le croyant impliqué – il se devait de respecter sa réaction. Même si au fond, il aurait peut-être mérité cette raclée. Mais ça, c’était une autre histoire pour un autre moment, et il n’allait pas raconter ça à une inconnue, aussi farouche soit-elle.

« C’est c’que j’suis venue vérifier. » Slade plissa légèrement les yeux, alors que la serveuse vint verser du café dans la tasse vide en face d’elle. Visiblement, elle s’était démerdée pour le retrouver dans une ville pas si grande que ça. Mais Slade était doué pour rester discret – il avait fait ça toute sa vie. Il continua d’avaler quelques bouchées de ses oeufs avant que ceux-ci ne deviennent froid. Pour l’instant, la conversation n’était pas assez intéressante pour le faire arrêter de manger. Après tout, son estomac était affreusement vide. « J’ai quelque chose pour toi. » Il releva les yeux pour l’observer verser du lait dans son café – le tout un processus calculé et automatique, alors qu’elle continuait à parler. « T’es peut-être déjà au courant, mais j’ai pensé que ça valait le coup de venir m’en assurer. » Slade reposa les yeux sur elle, attendant la suite des choses. À savoir s’il était en train de perdre son temps, ou si cette fille était venue avec des informations véritablement intéressantes. Et puis, les mots tombèrent. « Ils sont dans la région. En ville, probablement. »

Elle le fixait, attendant visiblement une réaction de sa part. Mais le visage de Slade ne laissa rien transparaître – surtout pas sa poitrine se contractant soudainement à l’idée que ces salopards puissent finalement être à portée de main. Son poignet en tressaillit presque. Il ne fit que se redresser légèrement, déposant sa fourchette dans son assiette, ses yeux toujours plantés dans ceux de la fille. Elle avait d’épais cheveux bruns qui retombaient autour de son visage – et des légères marques sous les yeux. De la fatigue. Slade débatta quelques instants de quoi répondre. Mais la vérité était là – non, il ne savait pas. Et peu importe ce que cette fille savait, il fallait qu’il le sache aussi. « Ok » répondit-il simplement, la voix un peu lourde. Il rajusta sa casquette sur sa tête. La fumée s'élevant entre eux, se dégageant des deux tasses de café, semblait créer un voile. Slade la dévisagea au travers. « Et j’peux savoir tu sais ça comment ? » Après tout, il ne connaissait pas encore très bien cette fille. Elle lui racontait peut-être des histoires – il avait appris à se méfier des gens voulant livrer des informations aussi facilement. Une fois qu’il serait certain que tout ça était pas une manière de se faire avoir, il lui demanderait les détails. Et ça attendrait pas plus longtemps.
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MessageSujet: Re: – in the heart of the jungle. (sylade)   Dim 3 Sep - 22:19


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Le moins qu’on pouvait dire, c’est que peu de choses semblaient être capables de le perturber. Pourtant, lorsque le petit manège de Sylvia fut terminé et que les mots furent posés, elle ne put s’empêcher de remarquer les mouvements que le corps face à elle retint. Le léger tressaillement avorté de la main. Les muscles qui se tendent, bien contre le gré de celui à qui ils appartenaient. Car au fond de lui, quelque chose avait remué. Quelque chose qu’elle comprenait, tout en se sachant incapable de correctement l’imaginer. Quelque chose qui la dépassait visiblement, et qu’elle espérait ne jamais ressentir. Une chose qui pouvait pousser un homme aussi bourru à ce genre d’actes désespérés. À écouter les paroles d’une inconnue, quand son désir apparent n’était que de déjeuner en paix.

Finalement, elle avait son attention. Elle n’en avait jamais demandé autant — et, à dire vrai, elle s’en fichait. Elle était venue lui donner ce qu’elle avait trouvé. S’il en voulait, tant mieux pour lui. Sinon, eh bien tant pis. Elle lui servirait les faits exactement de la même manière. Après quoi, elle s’en irait. Elle avait beau accorder de l’importance à cette recherche de vengeance, il ne s’agissait pas de la seule affaire qu’elle devait traiter. S’il lui demandait son aide — ce dont elle doutait —, elle n’hésiterait pas à la lui donner. Mais d’ici là, elle n’avait nullement prévu de la lui donner de son plein gré. D’ici là, elle considérait avoir fait assez.

Il avait finalement déposé sa fourchette dans son assiette. Et désormais, il la regardait. Elle ne détourna pas le regard — pas une seule seconde. Accusant la réception du ton sec, ne prêtant aucune attention sensible aux mots brutaux qu’il lui servait. Il semblait douter d’elle. Pouvait-elle le blâmer ? « C’est mon boulot. » Elle haussa brièvement les épaules, ne lâchant pas ses yeux pour autant. Elle n’avait jamais cherché à le cacher, jamais cherché à l’esquiver. S’il le lui avait demandé, elle lui aurait répondu sans ciller. Elle se moquait bien de ce qu’il cherchait à fuir, et avait compris depuis longtemps qu’il n’était pas de ceux qui œuvraient dans la légalité. Mais, comme tant d’autres choses, elle s’en fichait. Chacun faisait de sa vie ce qu’il voulait. Tant qu’elle ne faisait rien qui entraverait sa juridiction à elle, elle le laisserait aller. Tant qu’il ne débordait pas, elle ne voulait pas s’en soucier. « Les gens ont beau détester les flics, ça ne change jamais rien au fait qu’on sait s’informer. » Elle délaisse finalement son regard, attrapant sa tasse de café pour la lever à ses lèvres. « Certains d’entre nous, en tout cas. » Elle prend une gorgée de liquide brûlant, et repose le récipient. Ses doigts toujours autour de la hanse, elle relève à nouveau les yeux vers l’homme. « Ils ont pas été très discrets, et plusieurs plaintes ont été déposées dans les commissariat des environs. Ça ne veut rien dire pour ceux qui ne les cherchent pas. Mais pour les autres, c’est suffisant. » Ses informations étaient certaines. Elle avait fait ce qu’il fallait pour s’en assurer, avait vérifié avec quelques collègues des alentours et les témoins associés. Elle n’aurait sans doute pas tout ce qu’il lui faudrait, mais elle était persuadée qu’une fois qu’il aurait les dossiers en main, il ne tarderait pas à remplir les trous manquants. Son petit doigt lui disait qu’il n’arrêterait pas avant d’avoir terminé. Qu’il n’arrêterait pas avant de les avoir face à lui et de pouvoir les toucher. Ce qu’il en ferait, après cela, ça ne la regardait pas. Elle avait bien sa petite idée — et une part d’elle-même s’en satisfaisait. Ces enfoirés ne méritaient sûrement pas mieux. Et tant qu’il ne lui fallait pas s’occuper de l’affaire personnellement, tant qu’il ne salissait pas ses plates-bandes à elle, tout irait pour le mieux. Il pourrait bien faire ce qu’il voulait — une fois encore, elle s’en ficherait.

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