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 Nerves wound up too damn tight ○ Malone

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Samuel Leonov
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MessageNerves wound up too damn tight ○ Malone » Dim 28 Mar - 13:04


Nerves wound up too damn tight.

À moitié avachi sur la table, Sam observait discrétos la faune si particulière du Qaletaga’s Den. Les chasseurs étaient tendus ces derniers temps. Encore plus que d’habitude. Un mec qui avait merdé, ou qui s’était fait entuber, le russe savait pas grand-chose à ce sujet. Trop occupé par les tourments que lui causait sa putain de sirène pour se préoccuper de comment le monde tournait. Ça faisait déjà une paire d’années qu’il avait débarqué à Blackwater Falls et pourtant c’était bien la première fois qu’il posait ses fesses sur l’un des sièges du bar. Repère de chasseurs, lieu où fallait apparemment être pour dégoter des infos et s’faire des contacts dans le milieu. Exactement ce qu’il recherchait. Il avait comme vécu dans sa bulle, obnubilé par la française, et se sentait en sérieux décalage avec les collègues du coin. Il avait jamais été sociable, était vu d’un mauvais œil par pas mal tous les chasseurs européens et, jusqu’à présent, préférait chasser seul dans son coin.

Mais sa récente cible était un sacré morceau, un truc bien trop gros pour qu’il s’en charge seul. Lui, chasseur à l’esprit tout flingué par les baisers empoisonnés d’une sirène. Il faisait pas l’poids, avait la trouille de se faire avoir à nouveau. Alors l’idée lui était venue un soir, putain d’illumination de génie qui avait débarqué sans prévenir et l’avait plus quitté depuis.

Trouver un gars pour l’aider. Trouver une paire de bras en plus et un cerveau moins déglingué. Il avait pensé à Shaft, l’espace d’un instant, mais avait rapidement laissé tomber l’idée. La chasseuse était déjà bien trop présente dans sa vie, trop au point que ça le fasse flipper quand il pensait à c’qui pourrait arriver. Pas assez cependant pour qu’il se sente envahi par une présence dérangeante et qu’il se remette à craindre l’obsession néfaste qui pourrait naître de tout ça. Le juste milieu parfait, qu’il dirait et il était pas prêt à foutre ça par terre juste parce qu’il avait une putain de trouille.

Alors faute de mieux, il avait traîné sa carcasse jusqu’à l’endroit où c’était presque assuré qu’il croise un ou deux mecs comme lui. Le Qalatega’s Den. Un plutôt chouette endroit, si on passait outre les regards qu’il s’était pris en faisant son entrée. Voyant qu’il faisait pas chier, qu’il s’était affalé dans un coin le plus éloigné de la porte et qu’il se faisait oublier, sirotant tranquillement son verre de whisky l’air morose et le regard noir, les types présents l’avaient laissé tranquille. Tant mieux. Sam avait envie qu’on lui foute la paix quelques secondes. Et tant pis pour sa bonne résolution d’arrêter de picoler. Il avait le moral dans les chaussettes, à cause de la sirène – pour pas changer – et à cause de la boule de poils qui était plus à ses côtés pour lui redonner un peu d’joie de vivre. Quelques jours seulement qu’il avait déposé le chiot à sa maison provisoire et déjà Sam sentait que le clebs lui manquait. Sa vie était un vrai champ de bataille, il avait bien l’droit à un verre.

Il le fit tourner, ce fameux verre, se perdant dans la contemplation du breuvage. Sur le papier, ça semblait simple. Trouver un type. Echafauder un plan. Buter la sirène. Recommencer. Pourtant, il avait eu beau observer les mecs présents, aucun lui inspirait vraiment confiance. Il était exigeant, le russe, avait pas envie de s’associer avec un connard fini qui allait lui prendre la tête au bout de cinq minutes. Il aurait déjà à batailler avec une saloperie de sirène, pas envie en plus d’avoir à se soucier de faire disparaître un cadavre supplémentaire quelque part dans les fourrés.

Il lâcha un soupir, sortit son portable de sa poche. Les noms défilèrent, son regard se posa sur celui de Shaft. Appellera ? Appellera pas ? Le doigt en suspens au-dessus de l’écran, il releva la tête, sentant qu’on l’observait.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Dim 28 Mar - 22:22

nerves wound up too damn tight

Observation. Intervient rarement, Malone. Laisse plus trainer ses oreilles que ses poings. Ici, en tout cas. Quitte à faire profil bas. Pourtant, sa réputation n'est plus à faire ; rares toujours sont ceux à se risquer à sa table. Pioche les infos, les dérobe comme un voleur inconscient, sans jamais laisser trahir une quelconque émotion sur son visage. La nuit est tombée sur la ville comme un couperet et c'est à ce moment-là que le chasseur s'était extirpé de sa forêt. Comme un animal effrayé par le jour ou la peur d'être reconnu. Comme ceux qu'il traquait, inlassablement, jour après jour. Hadès, fidèle au poste, se tient au garde à vous contre sa jambe gauche. Là où la vision s'est réduite de moitié, là où il lui faut une béquille quand bien même il semble s'y être plutôt bien incommodé. La plupart ne le remarquent même pas - ou ont la décence de ne pas poser de questions. Sur cette bille de verre dont on a bien essayé de reproduire chaque nuance d'azur pour imiter au mieux l'autre. Un travail remarquable, Malone doit bien le reconnaître pour la médecine d'aujourd'hui. Quand bien même, ça ne lui a pas rendu sa vue perdue à jamais. Envolée avec le cadeau sacrificié par la sirène. N'y pense pas. Les phalanges en blanchiraient presque autour du verre. Sensible à la tension, c'est le malinois qui dépose sa tête contre sa cuisse. Comme s'il sentait. Comme s'il pouvait lui chuchoter tu l'auras. Et ça tire ce qui ressemble à un sourire sur le bord des lèvres du chasseur. Lui caresse le haut de la tête, avec une affection qu'il ne donne à personne d'autre que lui. Fidèle depuis le premier jour, jusqu'au dernier. Comme Malone l'est à Lui. Pas toujours. L'affront qu'il lui a fait, à s'acoquiner à un monstre. De nouveau, les doigts qui agrippent le verre. De nouveau, le chien qui fait pression contre lui. De nouveau, Malone qui préfère abdiquer.

Projette son attention sur les alentours. Les tables remplies et celles, plus vides. Les oreilles qui se faufilent, les bribes d'informations, le type de l'autre soir - il s'en est sorti ? - et les dernières rumeurs du moment - il a raté un vampire, la honte. Minois figé dans une absence de ressenti, le chasseur finit son verre. C'est là que son regard tombe sur lui. De profil ainsi, il n'est pas certain que ça soit lui. Alors, Malone le fixe. Comme s'il allait pouvoir lire toute sa biographie à même la joue qu'il aperçoit. L'idée lui arrache un sourire. Si seulement c'était si facile. Si ça l'était, il ne t'aurait pas eu. Pas qu'lui, qu'il a eu ! Lui, sa fierté, son oeil, toute cette humiliation toujours lourde à porter même quatre putain d'années plus tard. Définitivement, il lui faut un autre verre pour imbiber les souvenirs, les rendre moins incisifs, moins hargneux. Et puis, il n'est pas là pour ça, sans vraiment avoir de réelles raisons que d'être ici ce soir. Et si le hasard n'existe pas, Malone revient fracasser son regard dépareillé contre la silhouette du gamin esseulé. Seul à sa table, comme lui. Au fond, comme lui. Malone a intercepté quelques regards sur lui, certains curieux, d'autres indélicatement agressifs. Trouverait bien ça ridicule s'il se permettait seulement un jugement. S'en fout, clairement. N'a pas de parti à prendre - un seul, en réalité, l'Unique. Et comme si son regard avait été un véritable cri, ledit gosse lève brusquement les yeux. Malone croise son regard. C'est bien lui. Le chien agrippé à sa botte, il s'est levé un peu brusquement mais sa démarche est légère lorsqu'il se dirige jusqu'au comptoir. Recommande un whisky, et sans se presser, retourne envahir la table du solitaire. « Pas facile, la première fois. » Phrase choisie au hasard, Malone n'en sait foutrement rien - a mis les pieds ici en défiant les lois de la majorité, flanqué de son père, imposant au môme qu'il était déjà toute une réputation familiale. Le dernier Kavanagh, le meilleur, vous verrez ! Repousse les souvenirs inutiles, sans grande importance, indiquant au chien de revenir à sa place. Parce qu'il lui fait la fête, en plus ! Arrache un soupir à ses lèvres plongeant l'instant d'après dans son verre. « Si t'es tombé ici par hasard, y a d'autres bars plus sympas. » Le teste, Malone, la puce à l'oreille. Peut carrément être ici par le plus grand risque de l'infortune, sûrement - mais le chasseur n'a jamais cru au hasard. Le fixe du coin de l'oeil, n'le connait pas encore bien, le gamin. Pas le plus bavard, Kavanagh, surtout quand il ne l'a côtoyé que pour le former, rapidement, sur le terrain qui est maintenant un peu le sien, à savoir, l'immensité de la forêt. « Hadès t'a reconnu avant moi. » N'semble pas gêné pour un sou d'avoir brisé sa solitude peut-être volontaire.


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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Lun 29 Mar - 19:37


Nerves wound up too damn tight.

Le regard du russe se braqua sur celui d’un mec assis un peu plus loin, proprio du regard qu’il sentait peser sur lui depuis quelques instants. Il avait pas oublié le lieu dans lequel il se trouvait. Était pas assez con pour faire chier son monde, à envoyer balader verre et table parce qu’un vieux schnoque s’amusait à le mater. Sam soutint le regard de l’autre, les doigts pianotant nerveusement sur la table. Doigts aux ongles pas mal rongés jusqu’à l’os, conséquence du stress accumulé, du manque occasionné par le zèle qu’il avait mis à rester sobre trois jours d’affilée. Aux chiottes les bonnes résolutions, cela dit. Aux chiottes ces conneries, rejointes directement par l’espérance de voir des jours meilleurs se profiler. Il était au fond du trou, son lieu de résidence permanent depuis un paquet d’années.

Et ça fit tilt dans son esprit, tandis qu’il détailla les traits de l’autre couillon assis tout seul comme lui. Ça fit tilt quand son regard dériva vers les pieds de l’autre et qu’il y trouva – quelle ironie – un putain de clebs, vision qui fit immédiatement se serrer le cœur de ce pauvre petit Sam aux sentiments tout amochés.

« Putain », qu’il marmonna, regard replongeant tout droit dans le verre de whisky presque intouché. Putain. Pas possible d’avoir la paix, dans cette foutue ville de merde. Tout ce qu’il voulait, c’était réussir à mener à bien sa mission toute pétée. Au lieu d’ça, l’Univers lui envoyait son boss, histoire de l’achever.

Ça aussi, ça avait été une sacrée idée. C’était pas comme s’il se faisait déjà pas assez chier, dans le réduit minuscule où il passait pas mal la moitié de ses journées, à lorgner des écrans, à observer mornement le retour des caméras de surveillance du musée. Quand on le foutait pas dans les salles, à faire le piquet près de vieilleries toutes moisies sans aucun intérêt, observées seulement par des vioques clopinant et des mômes passant leur temps à beugler et à coller leur groin sur les vitrines entassées là. C’était pas comme s’il avait déjà pas un paquet de choses à gérer, qu’il se traînait pas déjà deux-trois boulets qui le handicapaient bien comme il fallait. Il avait fallu qu’il se trouve un second job, avec tout le lot d’emmerdes qui l’accompagnait.

Il était fauché. L’avait été toute sa vie. C’était pas ça qui avait motivé sa décision. Plutôt la peur de virer taré, de voir son esprit complètement vriller s’il restait deux secondes inactif. Il avait décidé qu’à partir de maintenant, sa vie, c’était boulot-boulot-chasse-boulot. Plus de bébé chiot dans les pattes. Shaft toujours dans un coin de sa tête mais ça s’arrêtait là. Y’avait que la sirène, qu’il pouvait pas gérer. Celle-là, elle allait et venait dans son existence comme si cette dernière lui appartenait.

Il progressait dans l’art noble du tatouage. Se faisait la main sur de vieux trucs en cuir récupérés – fauchés – à droite à gauche. Il avait la main plus sûre pour dessiner. Pas assez cependant pour espérer faire quoi que ce soit de tout ça.

Il garda les yeux rivés sur son verre. S’il se concentrait assez, peut-être qu’il allait disparaître. Peut-être qu’il allait se dématérialiser, finir par s’écouler entre les lames du plancher. À la périphérie de son champ de vision, il vit l’autre se lever, le clebs trottinant à ses côtés.

Bruit de pas. Sam garda la tête baissée, obstinément, comme un gosse boudeur bien décidé à faire chier ses parents.

Il leva les yeux au ciel. Qu’il lui serve pas son baratin de mec expérimenté, là, où il allait vriller. Le chien s’agita à ses côtés, Sam repoussa la truffe humide du bout des doigts. Il voulait plus avoir affaire avec ça. Cette joie innocente et cette capacité à se réjouir d’un rien. Le portable était toujours sur la table. Sam déverrouilla l’écran, y fit glisser ses doigts, bien décidé à c’que l’autre comprenne qu’il le faisait clairement chier. Il jeta cependant un coup d’œil en coin à son nouveau boss, essayant de capter le message que l’autre essayait de lui faire passer.

Hadès. Ouais, Hadès. Il se souvenait du nom du chien. Ça le fit sourire et il releva la tête de quelques centimètres. « Chouette nom. Et il a l’flair pour sentir les emmerdes, on dirait. » Le type en face, il y avait pas vraiment prêté attention, sur son nouveau lieu de travail. S’était contenté de faire ce qu’on lui disait, de traîner sa grande carcasse à travers la forêt, pestant contre les branches prises en pleine tronche, notant mentalement les infos balancées en masse à son cerveau qui s’accrochait tant bien que mal. Il regarda l’autre par-dessus son verre. « Mon gars, j’fais rien par hasard et je sais parfaitement c’que j’fais. » Alors écrase, qu’il faillit ajouter. Mais l’autre avait l’étiquette PATRON collée en plein sur le front et, même si Sam avait de respect pour personne, il tenait pas à s’faire virer à peine le boulot commencé.

« Par contre, toi, tu t’es planté d’endroit on dirait. Ou tu sors de ta cabane dans les bois pour braver la civilisation deux fois l’an, c’est ça ? »

Il tripatouillait toujours son téléphone, faisant défiler machinalement les noms dans son répertoire. Y’avait pas grand monde qui se bousculait au portillon. Et l’autre couillon qui était parti pour lui tenir la jambe toute la soirée… Il pouvait faire une croix sur la pêche aux infos qu’il était venu effectuer.

À moins que…

Il détacha son regard du portable, observa l’autre sans ciller. « D’où tu connais l’endroit ? », qu’il lâcha soudain.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Mer 31 Mar - 21:03

nerves wound up too damn tight

Et Malone voit bien. Qu'il le dérange, qu'il voudrait qu'il se casse, le laisse à sa piètre solitude. Parce qu'il n'est pas aveugle, Malone - seulement borgne. Et peut-être qu'il joue un peu à l'insolent, à s'imposer de la sorte quand c'est bien le premier à qui ça ferait chier qu'on agisse comme ça en retour. Peut-être qu'il aimerait bien voir le gosse se lever et lui en foutre une. Peut-être que ça le distrairait un peu. Que ça occuperait un peu son esprit, que ça l'éloignerait un peu de lui. Parce qu'il y pense, Malone. Encore, toujours, surtout toujours. Et que ça lui ronge les méninges comme ça lui a rongé la moelle épinière à son contact. Alors, sûrement que c'est dans cette optique de distraction que le chasseur s'installe. S'impose, irrespectueux sûrement, insolent clairement. Le problème, c'est que Malone s'en fiche bien, de comment il peut être vu. Et il préfère même, passer pour le désagréable. Tout, pour pas qu'on lui colle aux basques, finalement. Jamais un sourire de trop, plutôt d'ailleurs souvent en moins. Sauf quand il est d'humeur à emmerder son monde. Comme ce soir, peut-être. À rôder dans une clairière d'ivrognes pour se chercher une victime. Pour se venger, illégitimement, de sa sirène à lui.

Alors, Malone se sent d'attaque, ce soir. D'humeur à lâcher un rire sec, même. « Pourquoi, tu portes l'odeur sur toi ? » Ouais, ça l'fait rire - surtout parce qu'il n'en a rien à cirer. Ce jeune, il l'a formé, point. N'sont ni potes ni alliés ni quoi que ce soit. Bien plus heureux d'ailleurs par l'attitude de Leonov que s'il l'avait accueilli comme un préfet. Il fixe lui aussi son verre, même si son oeil valide suit les quelques rares mouvements d'en face, dans son champ de vision. Voit bien qu'il utilise tantôt sa consommation, tantôt son téléphone, comme boucliers, visiblement. Aurait bien envie de lui balancer qu'il ne va pas le bouffer, mais sûrement qu'il retient ça de justesse derrière ses canines aiguisées par l'envie de provocation. Sans vraiment savoir pourquoi d'ailleurs. « Oh, bon, très bien alors, pardon. » Rictus ironique, évidemment. Aurait peut-être dû relever le mon gars quand finalement, il attache peu de représentation à la politesse. Il passe une main dans sa barbe en faisant mine de réfléchir, l'air sincèrement soucieux. Puis, ses yeux reviennent se braquer contre les siens. « J'crois qu'y a cinq ans, ça m'est arrivé de m'y risquer même trois fois. » Se moque de lui, encore. Sans soulever sûrement tout le préjugé à son encontre. Peut bien passer pour un sauvage qui fuit la ville, Malone, que ça ne le toucherait pas. C'est un peu vrai, aussi, sûrement.

Et c'est en retrouvant le silence qu'il prend une gorgée, offre une caresse à Hadès, à se demander s'il perd pas son temps, finalement. Qu'il aurait besoin d'une meilleure distraction, peut-être. Mais Samuel rouvre la bouche et Malone prend volontairement le temps de le faire attendre, quelques secondes, avant de lui accorder son attention. Il le fixe d'un regard acéré. « Oh ben, mon gars, tu sais quand on est né ici, on a tendance à connaître un peu tous les endroits. » Pourtant, un intérêt nouveau s'est faufilé dans son crâne. Il le fixe avec une intensité qu'il ne contrôle pas vraiment, peut-être à cause du seul oeil qu'il lui reste, peut-être parce qu'il l'a toujours fait - qu'est-ce qu'on en sait, finalement. Il se penche un peu, soupire, comme las. Finement comédien, surtout. « Même quand on sort peu de sa cabane. » Nouveau sourire en coin, suivi d'une autre gorgée. Parce que ça fait du bien par où ça passe, finalement. Et ça lui chauffe la gorge, lui chauffe la voix aussi, peut-être, la dénoue un peu, à avoir l'impression d'entendre un fumeur agressif. Ce qu'il est, finalement. « Mais c'est assez rare de voir des nouveaux. » Il l'étudie, derrière ses cils qui battent très lentement, très peu souvent, aussi. L'étudie sans se demander si ça le gêne, celui d'en face. « La plupart viennent à la pêche aux infos. » qu'il laisse glisser d'une voix plus basse. Pourtant, il ne dévoile rien. Ne s'avance pas trop. Incertain. Est-ce qu'il aurait pu ne pas le voir ? Faut dire qu'il ne lui a pas vraiment prêté attention, dans les bois, pour le former. Parce que c'était déjà assez pénible pour lui d'avoir quelqu'un collé à sa botte avec qui il devait montrer un minimum - strict minimum - de pédagogie. S'dit qu'au pire, si ce n'est pas un chasseur, il pensera qu'il parle de rumeurs. Mais si ça en est un... Tiens, finalement, il sera peut-être plus intéressant que ce qu'il pensait, Malone.


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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Lun 5 Avr - 11:36


Nerves wound up too damn tight.

Mais l'autre était un marrant, dis-dons. Sam leva les yeux au ciel, les reposa sur l'écran du portable. « Je suis les emmerdes personnifiées », qu'il grogna dans sa barbe. C'était quoi ce connard ? Le type avait l'air normal, là-bas dans les bois. Il avait l'habitude de s'changer en chieur fini une fois la nuit tombée ? Il commençait à avoir la bougeotte, ses jambes gigotant nerveusement sous la table. Jamais bon signe pour celui qui se trouvait en face. Il était pas venu pour se bastonner, encore moins avec son boss. Était venu chercher un putain de partenaire de chasse. Mais si l'autre s'entêtait à le faire chier, y'aurait sûrement changement de programme.

Les yeux à présent rivés sur l'autre, il le vit caresser son putain de clebs. Encore une raison complètement conne pour le détester un peu plus, ce mec. La réponse tarda à venir, comme c'était toujours le cas quand celui en face avait décidé de faire chier son monde pour la soirée. Il avala pas sa connerie, l'observant à la place d'un regard suspicieux. Connaître tous les endroits ? Mon cul. Surtout un endroit de c'genre-là. L'autre soupira, rigola, le fixa de son regard bizarre, but une gorgée de whisky. Tranquille. Tranquille parce qu'il avait capté que le russe était accroché à ses lèvres, occupé à décrypter les paroles codées qu'il semblait prendre un malin plaisir à lui balancer.

Des nouveaux. Il réussit à tirer un sourire sardonique au russe, touché dans son ego de se voir démasquer pour ce qu'il était. Un putain de bleu paradant à la face du monde en roulant des mécaniques et vantant ses exploits alors qu'il valait pas mieux que la pire loque végétant dans ce trou du cul du monde. Il cilla pas, cependant, devant le regard dérangeant de l'autre qui le passait aux rayons X, détectant sûrement, dans un coin de son esprit, l'image factice d'une saloperie de sirène devant laquelle il manquait pas d'être en pâmoison.

Les picotements dans ses guibolles avaient cessé. Il était à présent happé par cette foutue conversation, ignorant si les autres clampins attablés non loin captaient que quelque chose se jouait, là-bas, dans la table du fond, entre les deux collègues.

Sam rangea le portable dans la poche de sa veste - reléguant momentanément sa chasseuse préférée aux oubliettes - puis posa ses deux coudes sur la table et scruta le visage de l'autre en face. « Ah ouais ? », qu'il lâcha à voix basse, imitant, sans en avoir conscience, l'attitude de Kavanagh. « Et tu crois ça possible, qu'un blanc-bec ramène son cul ici et laisse traîner ses oreilles pour disons... se renseigner sur la meilleure manière d'éliminer de la vermine particulièrement tenace ? » Il vida son verre d'une traite, s'essuya la bouche du revers de la main et se cala au fond de sa chaise. « Tu crois qu'une âme généreuse pourrait lui venir en aide, à ce pauvre blanc-bec, dans ce repère de pochtrons et de dégénérés accros à l'adrénaline et à la violence ? »

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Mar 6 Avr - 17:24

nerves wound up too damn tight

Et ça lui arrache un nouveau sourire en coin, là où la barbe grignote à peine la peau. Parce que ça l'amuse, Malone. De voir l'autre visiblement irrité de sa présence. Deviendrait bien inintéressant s'il se la jouait plus lassé et indifférent, mais visiblement, c'est sa chance qu'il ne saisisse pas ça. L'apparence détendue, parce que Malone l'est. Qu'il se sent rarement en danger, que ça soit en ville ou en forêt. Que ça soit face à un humain ou à une créature. Le poids de la croix qui lui rappelle qu'il sera pardonné. Que ses pêchés seront effacés toujours un peu plus, à chaque tête tranchée, à chaque coeur bestial qui s'arrête de battre. Et alors qu'il enchaîne les mots, qu'il ne regarde plus vraiment l'autre, il semble remarquer, pourtant. Que sa curiosité s'est éveillée. Qu'il a piqué peut-être là où il fallait. Pour ça sûrement que son oeil revient le passer au radar, comme si le manque de l'autre lui permettait de voir plus loin, plus précisément, plus intensément. Qu'un ramassis de conneries, tout ça. Et il sent bien. Que le gars est ferré, comme ces truites qui préfèrent le vers aux remous des courants. Alors, Malone penche un peu la tête sur le côté. Finit son verre aussi, quand les mots cheminent de ses tympans jusqu'à ses terminaisons nerveuses. Qu'il sent comme un courant électrique lui relever le duvet de la nuque. Un courant d'excitation, sûrement. Celui du taureau quand la cape rouge s'agite.

Ses lèvres qu'il humidifie, comme à récupérer la moindre goutte du nectar qui lui aurait échappé. Comme pour prendre son temps, faire durer le suspens, même si plus il avance, plus il sent qu'il s'approche d'une faille. Il n'a pas vu faux, donc. « Disons que c'est pas tous les jours. » Se penche légèrement en avant, inquisiteur. Intéressé, à son tour, peut-être. Rien n'est encore gagné, bien loin de ses habitudes de tendre une main qu'il sait d'avance pourvue d'épines, qu'il ne donne jamais vraiment comme ça, par générosité. Pas ce qu'on lui a appris, à Malone. « Mais ça arrive. Donc j'imagine que c'est possible ? » Il se recale dans sa chaise, hésite à recommander un verre. Observe un instant Hadès, parfaitement tranquille, couché à ses pieds contre son mollet. Pourquoi il ne se barre pas, simplement ? Qu'est-ce qu'il aurait à gagner, de s'intéresser à son histoire ? N'a pas fini, s'il doit écouter tous ceux en difficulté. Pourtant, il y a quelque chose, comme un pressentiment, qui le pousse à revenir braquer son regard subtilement dépareillé sur lui. « Tout dépend de quelle vermine il s'agit. » Considère encore une fois son verre, vide. « Aucune n'est assez tenace. Tout se tue. » Vraiment, Malone ? Repousse, repousse les effluves qu'il n'a jamais oublié, repousse les remords, la honte, l'humiliation. Se cale de nouveau au fond de sa chaise, croise les bras sur son torse. « Mais si tu as besoin de renseignements pour un cafard particulièrement gênant, il va nous falloir une nouvelle tournée. » Pas encore gagné. Rien ne l'est jamais. Mais peut-être que c'est la distraction qu'il lui faut, ce soir.


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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Sam 10 Avr - 20:02


Nerves wound up too damn tight.

Le vieux continua son manège, à faire genre qu’il en avait rien à foutre de c’que lui racontait Sam, à se la jouer détendu, tranquille. Mais le russe croyait déceler, au travers de ce jeu d’acteur des plus pourris, une pointe d’intérêt pour ce qu’il racontait. Il sourit intérieurement, sentant que l’autre, sous ses airs nonchalants, était lui-aussi rivé à ses lèvres. Il observa le boss se caler au fond de sa chaise, après avoir jeté un coup d’œil au clebs couché à ses pieds. Il était pas prêt de partir, visiblement. Y’avait quelque chose que le russe avait dit qui le maintenant sur place, en compagnie d’une pourriture qu’il aurait dû fuir. Faire entrer Sam dans sa vie, c’était jamais un cadeau.

De quelle vermine il s’agissait ? Un rictus cynique déforma les lèvres du chasseur et il se tût quelques instants, le temps de trouver les mots adéquats pour décrire ces connasses venimeuses. Il avait pas assez de vocabulaire pour cracher toute la haine qu’il ressentait à leur égard, aussi se contenta-t-il de siffler entre ses dents, visualisant le minois parfait de sa sirène, se remémorant les inflexions de sa voix, son putain d’accent français. Aucune n’était assez tenace. Tout se tuait, qu’il baragouinait, le vieux. Mon cul. L’avait probablement jamais croisé une emmerdeuse pareille, s’était probablement jamais fait avoir comme un couillon par l’une de ces diablesses, pour dire des conneries pareilles.

Sam se pencha, coudes sur la table et dos voûté, semblant porter tout le poids de l’existence sur ses putains d’épaules. « J’parle de saloperies qui manipulent, qui épousent les désirs des pauvres crétins qu’elles croisent pour les rendre dingues. J’parle de connasses dédaigneuses qui carburent au désespoir qu’elles sèment sur leur passage. Du genre à souffler le chaud et le froid, du genre à crever d’envie de t’voir ramper à leurs pieds, du genre à t’faire te rouler dans ta propre merde si telle est leur volonté. Du genre à capter c’qui te fait vibrer, au plus profond de toi, à capter des trucs que toi-même t’ignores, tellement c’est enfoui profond dans ton esprit. Du genre à utiliser ces infos chapardées pour te garder près d’elles, jusqu’à ce qu’elles se lassent et qu’elles te jettent comme une pauvre merde. Du genre à t’faire faire des trucs pas pensables, juste parce qu’elles sont tout pour toi et que t’es accroc à ce qu’elles dégagent. » Il s’arrêta, releva la tête pour croiser le regard du garde-chasse. « Enfin voilà, tu vois l’truc quoi. »

Il haussa les épaules, leva un doigt et héla le barman. Les deux whiskys arrivèrent et Sam ricana devant la tronche pas ravie ravie de l’autre venu les servir. « J’crois pas en ta théorie. J’crois qu’y a des trucs qui résistent à toutes les tentatives pour les buter. » Il hésita, décida que la comédie avait assez joué et qu’il était temps de mettre son putain d’ego de côté. « C’est pour ça que j’recherche quelqu’un pour m’accompagner quelque temps. J’ai une cible en tête, mais pas les couilles pour m’y frotter. » Il porta le verre à ses lèvres, but une gorgée de whisky, trinqua mentalement à toutes ses bonnes résolutions parties en fumée.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Dim 11 Avr - 10:09

nerves wound up too damn tight

Et l'autre se penche, Malone reste aux aguets. Concentré. Bien sûr que ça l'intéresse. Finalement, il s'dit qu'ils en ont raté des bonnes, de conversation, au milieu des bois, à lui étaler les règles de chasse, les délimitations et les lois régissant sur les saisons. Ou peut-être pas. Le connaissant, peut-être qu'il n'en aurait même pas parlé, même s'il avait su avant. Et peut-être que l'autre non plus. Et les traits changent, au fur et à mesure des mots. Il sent le duvet de sa nuque se soulever, comme si un fantôme était venu lui souffler dessus. Le visage qui s'éclaire, de cette ombre vicieuse, contradictoire. La hargne tapie, qui lui fait serrer son verre entre quelques phalanges blanchies, désespérément vide. Les mots font des ricochets contre ses propres échos, ses propres souvenirs et putain, c'est douloureux, c'est honteux, ça fait ressurgir l'humiliation qu'il croyait enterrée. Finalement, peut-être qu'il n'aurait pas dû venir à sa table. Peut-être qu'il peut encore fuir, fuir sa propre honte. Mais Malone reste là, attablé comme un enfant sage, quand l'échine lui picote et que c'est désagréable. Il laisse le silence accueillir sa belle description. Un revers de sourire féroce apparu sur la ligne de ses lèvres, il ne regarde pas le russe. « Non. » C'est un peu abrupte, on ne saurait dire à quoi il répond. Alors, il relève les yeux en gage de précision. « Rien ne résiste. C'est une question de volonté. »

Que Ta volonté soit faite.

« Avec cette espèce-là de vermine, c'est simplement difficile d'en avoir, parfois. » À son tour de se pencher en avant, ignorant ce verre enfin arrivé, tant attendu. Il fige son oeil valide dans le sien. L'observe, avec attention, comme s'il pouvait lire en lui. « Parce que c'est difficile de couper la tête du serpent quand il a déjà planté ses crochets. » Coup de bluff, sûrement. Comme s'il voulait se rassurer lui-même, se pardonne un peu. Se faire pardonner. « N'est-ce pas ? » Histoire d'être sûr de sa théorie. Et comme s'il pouvait deviner, se faire compatissant lui qui ne l'est jamais, il regagne son siège, détourne lentement le regard. Attrape son verre, entre ses phalanges crispées. Il se souvient de ses yeux, de sa voix qui l'aurait fait se pendre lui-même, s'il l'avait voulu. Quatre ans, mais les mots sont toujours frais dans son esprit. Ton oeil gauche me plait, donne-le moi. « Je sais ce que ça fait. » Dans un murmure tranchant, d'une voix basse mais vibrante. L'aveu fait courber son échine, l'indignation voudrait le voir choir à genoux. Mais Malone revient lever la tête, percuter son regard une nouvelle fois. Le sérieux déforme presque ses traits, jusque-là emprunts de cette sournoiserie qu'il porte comme d'une armure. « Rien ne me fait plus plaisir que de les éliminer. » C'est comme un assentiment. Comme s'il acceptait de l'aider, lui si peu enclin à tendre la main. Depuis que ça lui est arrivé, qu'il n'a rien vu venir, que sa haine à l'égard de cette espèce s'est embrasée comme un feu de forêt. Il passe une langue impatiente contre sa lèvre inférieure, avant de venir chercher un réconfort alcoolisé à la liqueur qu'il balance d'une gorgée dans sa gorge. Revient sur le chasseur révélé en face de lui. « J'en ai eu plusieurs. Il n'y a pas de raisons pour que celle-ci résiste. » Son regard se fait plus perçant, un instant. « Le seul obstacle qu'on pourrait rencontrer... » On, comme s'il l'incluait déjà dans une équipe, lui, le loup solitaire. Il sait que parfois, c'est nécessaire. Peut-il qu'il aurait voulu avoir un allié, lui aussi. « ... c'est toi. »


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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Jeu 15 Avr - 12:35


Nerves wound up too damn tight.

Il captait bien un truc dans le regard flippant de l’autre, mais il avait l’esprit trop agité pour mettre un nom dessus. De vagues souvenirs de son propre regard, de sa propre tronche lorsqu’il lui arrivait de se mater dans un miroir, lui revinrent en mémoire. C’était plus profond que la simple envie de buter purement et simplement tout c’qui touchait de près ou de loin au surnaturel. Mais Sam était pas un mec profond. Et il avait pas envie de se taper l’une de ces putains de migraines en essayant de faire tourner son propre cerveau empoté à plein régime.

Il sourit en voyant le rictus cruel sur la tronche de l’autre. Non. Rien qu’ça. Quel con. Encore un putain de bleu qui avait le melon mais qui savait clairement pas d’quoi il parlait. Et quand le boss parla de volonté, Sam fut prêt à se lever et à se tirer loin d’ici, à aller cuver dans son coin les verres qu’il allait s’enfiler ailleurs, dans un lieu un peu moins peuplé d’ignares qui faisaient rien d’autre que d’aligner de pures paroles merdiques.

Mais l’autre vioque était presque hypnotisant, avec sa dégaine qui faisait miroiter l’idée qu’il avait pas mal tout vu/tout vécu. Alors les fesses du russe quittèrent pas sa chaise. Tout juste s’il but une gorgée de whisky, l’envie le tenaillant pourtant depuis quinze bonnes minutes. Il préférait quand l’autre le fixait pas avec son air de malade. Et Sam sentit un frisson parcourir son échine en entendant les propos de Kavanagh. Trop de résonance dans ces quelques phrases. Serpent. Crochets. Ouais. Exactement l’image qu’il s’en faisait.

« Je sais ce que ça fait. » La ferme, qu’il beugla mentalement. Mais y’avait trop de sérieux dans la voix et le regard de Kavanagh, et Sam resta silencieux. C’était quoi ça ? C’était quoi cette discussion codée qu’il fallait se casser le cul à décrypter, menée par un vioque tout juste bon à clopiner dans les bois et à étreindre ses amis les sapins ?

L’esprit du russe pataugeait, se heurtant à des éventualités qu’il voulait pas reconnaître, tiraillé entre l’envie de mettre un terme à tout ce beau bordel – dont l’épicentre était la française – et le désir de faire machine arrière. « Ok… », qu’il souffla, s’efforçant de garder les idées claires. Tâche guère aisée quand y’avait la voix douçâtre de l’autre saloperie dans ses oreilles et le souvenir du contact de ses lèvres sur les siennes.

« D’abord, j’suis pas assez con pour m’faire avoir par le genre de saloperies dont on parle. Mon gars, y’a pas toujours de vieilles blessures qui nous poussent à agir. J’me coltine pas un passé larmoyant, j’vois juste qu’y a de belles saloperies sur cette Terre et ça me fout les boules. J’veux avoir mon rôle à jouer là-dedans, mais faut avouer que j’suis pas au top de mes capacités. » Il s’interrompit, vida son verre qu’il claqua sur la table, déterminé. Nier. Nier la réalité. Nier l’était de dépendance dans lequel il se vautrait. Nier le fait qu’il valait pas mieux que ces putains de camés, la bave au coin des lèvres et les mains rendues tremblantes par le manque. Nier qu’il avait plus le contrôle, qu’il l’avait perdu y’avait maintenant un petit paquet d’années dans cette putain de ville française.

« J’ai une proie en ligne de mire. Qui rend barjo un pauvre mec de Calgary. Je serai ravi d’voir comment tu t’y prends avec un truc pareil. J’cois que ce sont des merdes de la pire espèce, j’crois que ça va nous donner pas mal de fil à retordre, mais si tu dis que rien ne résiste… bah j’te fais confiance, boss. » Et il lui balança clin d’œil moqueur et sourire en coin, histoire de s’éloigner un peu du sérieux qui appesantissait l’ambiance.

Une sirène à la fois. Une saloperie à la fois. Déjà l’autre garce de Calgary, à laquelle il avait aucun attachement émotionnel et qui représentait juste son pire cauchemar, l’incarnation parfaite de sa lamentable foirade de chasseur. Et peut-être qu’avec le temps, qu’avec l’expérience, à force d’enchaîner les exécutions froides de beautés venimeuses, peut-être qu’alors il pourra se pencher sur son propre cas, sur sa propre sirène qui lui pourrissait l’existence. Subsistait encore en lui un maigre espoir de mettre fin à ce calvaire tout en sauvant miraculeusement ses fesses.

Mais c’était pas pour maintenant. Car, présentement, y’avait une part de lui qui crevait d’envie de garder bien précieusement au fond de son esprit tout ce qui se rattachait, de près ou de loin, à Ariane Montaigne.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Dim 18 Avr - 21:32

nerves wound up too damn tight

Alors Malone déballe. Prend le risque - ce qu'il ne fait jamais. Qu'espère-t-il ? Se trouver un pote de on s'est fait avoir ? C'est qu'il n'sait pas, réellement, pourquoi il s'avance à ce point. Pourquoi sa langue se délie de la sorte. Qu'il fait miroiter qu'il pourrait le comprendre. Personne ne le peut et il est bien placé pour le savoir. Et sûrement que lorsque la blessure était à vif, il n'aurait pas voulu entendre ça non plus. Aurait giflé le premier à prétendre comprendre, à prétendre l'avoir vécu aussi. Et manque de bol pour le russe, ce détail l'empêchera de passer pour crédible. Et quand il nie, c'est Malone qui sourit. Parce qu'il l'aurait fait aussi. Et il se souvient des paroles de Michael - En Ton nom, mon ami - qui lui disait, autrefois, qu'il y a toujours une raison. Qu'Malone le niait si souvent. Alors, lorsque l'autre fait une pause et que le verre se soulève de contre la table, c'est à son tour d'entrer dans le discours, l'oeil insistant. « Hm. » Et ça veut tout dire. Le laisse nier pour l'heure. Peut-être parce qu'il aimerait s'dire qu'il s'en fout, Malone, d'savoir qu'une autre connasse pourvue d'écailles a fait une proie. Parce qu'elles n'savent faire que ça, comme le vampire est attiré par le sang - parce que le sien, de fantôme océanique, en a fait d'autres avant lui et après lui. « Pas assez con, hm. » A bien envie de tergiverser en morse, tiens. Sème les indices pour avancer sa naïveté inexistante, lui faire comprendre que de ses mots, aucun ne pourrait le convaincre de ce qu'il avance. Mais soit. Il le laisse se parer de ce châle rassurant. Ce que je nie n'existe pas, hein ? Bien un professionnel lui aussi pour ce genre de conclusions.

Alors, il l'écoute de nouveau. Fait tourner le whisky au creux du verre, lui-même au creux de sa paume qui le balance, le secoue, comme on chercherait à endormir un môme. Minaude l'intérêt - ou peut-être l'est-il plus qu'il ne voudrait l'admettre. Babine qui se retrousse au boss qui s'avance, à darder sur lui un air un peu blasé. « Il va nous falloir saigner un peu ce pauvre mec, dans ce cas. » Sourire cruel au bord du précipice de sa bouche, qu'il jette les mots dans le vide comme on libère des lanternes en espérant qu'elles monteront haut dans le ciel. « C'est l'épreuve de test ? » Retient un gloussement au fond de sa gorge, le noie dans une nouvelle gorgée - la dernière, déjà. Lâche le verre, appuie ses avant-bras sur le bois de la table. Se penche de nouveau, sans déloger ses billes claires du chasseur en face. « Genre, si j'réussis avec le test, tu te décideras à dévoiler la vraie mission ? » Pas un bleu dans l'univers, Malone. Et sa patience connait certaines limites aussi. Pourtant, il semble toujours concentré. « J'dis juste que t'as l'air bien impliqué pour traquer une bestiole qui rentre pas dans tes cases. Tu t'concentres sur quoi, habituellement ? » À son tour d'ouvrir la zone de test. Pour savoir ce qu'il a dans l'ventre, celui d'en face. S'entoure jamais pour la chasse, Malone. Presque jamais. Supporte rarement une présence dans sa traque, le loup solitaire à qui on n'a jamais donné l'envie de vivre en meute.

Alors, il se recule dans sa chaise, incarcère son échine contre le dossier. Le regard toujours comme autant de rayons X. Croise les bras sur son torse, semble le jauger. « Dis-moi, ça fait combien de temps ? » Que t'es sous son emprise. Sous-entendu glacé, malicieux, sans préciser de quoi il parle. Pourra l'interpréter de la façon qu'il le veut, le russe. Malone n'est pas né de la dernière pluie. Surtout pas avec ces parasites-là. « L'arme, ça sera toi, tu le sais ? » Fais comme s'il ne s'intéressait déjà plus au cas de Calgary. C'est pas ça qui l'intéresse, finalement. C'est de voir un autre lutter comme il l'a fait. De chercher cette haine enfouie que le venin dilapide. C'est de pouvoir se dire qu'il n'est pas le seul, quand il n'a jamais cherché à se rassurer de la sorte pourtant. « J'm'engage pas dans un truc pour te voir retourner ta veste au moment venu. » Le prévient, comme une menace. Alors, Leonov, t'en as vraiment envie ? Parce qu'il sait, Malone.

Il sait que lui, il se serait mis entre un canon et le coupable.

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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Ven 23 Avr - 20:30


Nerves wound up too damn tight.

Saigner ce pauvre mec. Le russe se départit pas de son air qu'il imaginait détaché, l'air du gars qui prend tout par-dessus la jambe et que rien n'atteint. Lui était juste là pour éliminer des saloperies, un peu plus touché par la sournoiserie des salopes précédemment mentionnées. Rien de plus. Rien de personnel là-dedans, et certainement pas une rencontre un peu trop privée avec l'une de ces merdes. Il était rien d'autre qu'un bon gars, chasseur consciencieux qui voulait juste faire son boulot, éradiquer les saloperies qui peuplaient cette Terre, sauver les pauvres manants qui s'étaient fait avoir comme des bleus. Rien d'autre. Aucune française dans le tableau, aucune addiction honteuse à leurs sécrétions dégueulasses. « Ouais. J'ai cru comprendre que c'était le seul moyen d'en venir à bout. Une lame de bronze dégoulinante du sang du couillon infecté. » Douloureux souvenirs de sa rencontre avec Shaft, qui tenait autant du miracle que d'une promesse faite par le Bon Dieu de l'faire souffrir un peu plus. Elle avait été la première à mentionner l'idée et depuis ça trottait dans la tête de Sam.

Mais c'était pas d'lui dont il était question. « Pas de test. Pas l'temps pour ce genre de conneries. C'est ça la vraie mission. Buter cette saloperie, parce que pour le moment c'est la seule que j'ai dans le viseur. Pas compliqué putain. Un môme de trois ans pourrait piger. » L'autre commençait à le rendre nerveux et ses guibolles crevaient d'envie de danser la salsa sous la table.

« Le mec qui m'a initié à tout ça, il est chasseur de vampires. Après, j'me suis formé tout seul. A la dure. Goules, loup-garous, fantômes. Quelques humains dégénérés aussi. J'bute c'qui passe par là. J'suis pas du genre regardant. » Un sourire étira ses lèvres et il se cala contre le dossier de sa chaise, dardant un regard de défi sur l'autre qui, visiblement, tenait à savoir ce qu'il avait dans l'bide.

La question le prit par surprise et fut à deux doigts d'effacer de ses lèvres le sourire moqueur tout juste apparu. Mais il tint bon. « Ça fait huit ans. Huit putains de longues années », qu'il lâcha en soupirant. « Et pourtant, j'ai encore tant d'trucs à apprendre. C'est pourquoi j'compte sur toi, boss. Un vieux avec de l'expérience. J'pouvais pas mieux tomber. » Regard innocent et haussement d'épaules. J'comprends pas. J'saisis pas. « Je t'ai dit que j'étais pas con. J'vais quand même pas m'faire avoir par une saloperie que j'suis censé buter. Ironique, pas vrai. » Il ricana, laissa dégueuler toute la pitié qu'il ressentait pour sa pauvre carcasse. Pathétique chasseur en carton.

Il riva son regard à celui de Kavanagh. Il crevait d'envie d'lui balancer une réplique de cinéma, mais son esprit déglingué tournait dans l'vide. Le vioque venait de toucher un point sensible et Sam se retrouvait une nouvelle fois comme un con face aux doutes et aux interrogations qui se bousculaient sous son crâne. Plus sûr de rien, incapable de parier sur ses actions futures. Voilà pourquoi il faisait l'ménage dans sa vie. Dégageait un par un le peu de gens qui comptaient. Priait intérieurement pour que ça soit temporaire et que sa vie redevienne vivable, une fois l'autre connasse écartée. « J'veux les buter une à une, ces putains de sirènes. Et je m'arrêterai pas avant d'avoir terminé. T'as ma parole, boss. » Cracher sa détermination à la face de l'autre avant qu'elle disparaisse, anesthésiée par les baisers venimeux d'une beauté cruelle.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Mar 27 Avr - 11:59

nerves wound up too damn tight

Il le fixe toujours avec la même insistance. Sans se soucier de savoir si ça l'gêne ou pas, l'autre d'en face. Pianote du bout des doigts sur le tour de son verre vide, avant de faire signe au barman de leur en ramener deux de nouveau. Devine que la soirée n'est pas terminée, alors qu'il hoche lentement la tête. « En effet. » C'est bien, au moins l'russe a appris ses leçons. Malone ne lui en aurait pas vraiment tenu rigueur. Lui-même n'y connaissait rien, pour ce type de vermine, quatre ans plus tôt. Les loups et autres bestioles de passage lui suffisaient. Mais c'était devenu personnel et aujourd'hui, il aurait voulu se plaire à croire qu'il était devenu un pro dans ce domaine-là. Croire, ce qu'il fait le mieux, sûrement. Et comme en écho à ses pensées, sa main libre se porte instinctivement à son cou, tripotant entre ses doigts la croix qu'il y porte. Mais Malone n'est pas né de la dernière pluie et visiblement, l'autre s'agace. Et ça n'est jamais sans raison. Alors, il le fixe d'un air suffisant, l'air de dire ouais ouais c'est ça sans répondre pour le moment. Il attend son verre, qui revient enfin plein, avant d'en piquer une gorgée qui lui réchauffe l'oesophage. Son oeil viable semble s'être mis à briller au fur et à mesure de la conversation. « La seule que t'as dans le viseur, hm ? » Essuie un rire discret, un peu moqueur, certes. Aurait eu le même comportement, lui aussi, des années plus tôt. Après l'affront. Même si l'humiliation est toujours aussi dure à porter, qu'elle lui brûle toujours autant l'échine à chaque fois qu'il y pense. Il lui semble sentir le plateau de table trembler. N'a pas besoin de jeter un oeil en-dessous pour savoir que c'est sa guibolle, à l'autre, qui joue des claquettes.

L'écoute déballer ses habitudes, sans grande conviction. Têtu, le chasseur. « C'est bien, d'être polyvalent. » Il le fixe toujours. Détaille ses traits, attrape les réactions qui s'y impriment comme des indices sur une scène de crime. Concentré, Malone, à lire au-delà des mots qui parviennent à ses oreilles. Parce que les mots sont des mensonges, toujours. Mais le corps ne trahit pas. Et ça encore, ça révèle beaucoup trop de sa propre histoire. Alors, il délaisse son verre, croise ses bras et sous le regard de défi, sûrement que Malone se braque un peu face à l'attaque involontaire. Involontaire, vraiment ? Darde sur lui un regard plus froid. « Donc moi, j'suis con ? » Sourire qui se révèle carnassier quand les babines daignent se relever sur le bord de sa bouche. Et qu'il se penche en avant, de nouveau. « T'aurais pu t'faire avoir sans savoir que ç'en était une. » Comme moi. Et ça l'rassure, le Kavanagh, de s'dire que tout aurait été différent s'il l'avait su dès le début. Et pas après. Après le dernier acte. Ton oeil gauche me plait beaucoup, donne-le moi. Légère grimace qui s'incarcère sur son faciès alors qu'il reprend son verre en main.

Et brusquement, sa patience s'effrite. Son sourire provocateur disparait et son regard clair se fait légèrement plus perçant. « Arrête avec ton boss. » C'est presque plus une menace qu'un conseil. « Et arrête de me prendre pour un abruti, Leonov. » Et ça se crache avec un peu moins de sympathie, soudain. Pas là pour s'faire des amis. N'en aurait jamais eu qu'ça lui aurait convenu aussi. Même aujourd'hui, les compterait sur les doigts de la main. D'une seule main. Un seul doigt, peut-être. « On déteste pas les sirènes juste comme ça. » Parce qu'y a toujours une raison, comme lui disait Michael. Et qu'à l'époque c'est lui qu'il ne voulait pas l'entendre, ça. Qu'il avait fini par capituler au fil des années. Qu'il aurait aimé lui dire, ses raisons à lui, mais qu'la vie le lui avait fauché avant qu'il ne puisse le faire. Nouvelle gorgée, le verre qui se vide déjà trop vite. Lui faudrait ralentir, mais la discussion et le sujet de celle-ci le touchent peut-être bien trop. « Alors soit t'arrêtes ta comédie, soit tu te démerdes. » Aussi simple que ça. Et il attend, Malone. Ne se sent responsable de rien, de toute façon. Prêt à se lever dans l'instant si l'autre continue son manège mensonger, bien qu'il aurait pu avoir de la compassion, parce qu'il aurait eu le même comportement, lui aussi, si on avait voulu le coincer. Mais la compassion, Malone ne l'a jamais apprise. Aucune pitié, règle d'or, parmi tant d'autres. Esprit cadenassé, dès le plus jeune âge.


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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Mar 27 Avr - 20:42


Nerves wound up too damn tight.

Il regarda l'autre boire une gorgée, crevant d'envie d'en faire de même. Pourtant, il ne bougea pas, résista à l'appel du doux breuvage. Presque une épreuve qu'il s'imposa, maintenant que ses pensées étaient toutes tournées vers l'autre salope venimeuse qui lui bouffait tout son self-control. « Ouais. La seule. » Aucune hésitation dans son ton, son regard flancha pas. Que l'autre l'examine à sa guise, l'observe comme s'il souhaitait le dépouiller de tous ses secrets. Son visage se ferma, ses yeux devinrent vides à nouveau et il se concentra sur ses guibolles gigotantes, comme animées d'une vie propre. « J'débute, je viens d'te dire », qu'il lâcha, histoire d'en rajouter une couche sur le fait qu'il était qu'un pauvre gars paumé qui souhaitait s'attaquer à plus gros qu'lui.

« Donc moi, j'suis con ? » Ce fut Sam qui resta silencieux comme un couillon, un poil déboussolé par le message caché que recélaient ces propos. Il laissa son regard dériver sur les traits du chasseur, cherchant quelques indices lui indiquant la bonne manière d'interprétation l'allusion. « Te fous pas d'ma gueule », marmonné dans sa barbe et teinté d'incertitude. « Ça s'repère comme un putain de pif au milieu d'la tronche, ces saloperies. Te fous pas d'ma gueule. » Son corps se tendit et il balança sa tête de droite à gauche, dénouant les muscles crispés de son cou. L'impression de passer un putain d'interrogatoire revenait au galop et l'idée que l'autre avait bel et bien des supers pouvoirs commençait à faire son ch'min dans l'esprit du russe. Il se colla un peu plus contre le dossier de sa chaise, remettant de la distance entre eux-deux, s'écartant de l'autre qui était pas loin de lui foutre les j'tons, avec sa trogne grimaçante.

Et, malgré lui, un fin sourire étira ses lèvres. Fallait déjà être couillon pour s'faire avoir, fallait être le pire con d'la Terre pour se jeter volontairement dans les griffes d'une saloperie pareille. Il s'était toujours dit qu'il était timbré. Et le fait qu'il développe une obsession pour une sirène, avant même de s'être fait galocher, le confortait dans son idée qu'il en tenait une sacrée couche. Un putain de sketch, qui lui ferait se taper le cul par terre s'il était pas l'anti-héros de cette histoire des plus givrées. Et c'était ce qu'il avait envie de cracher à la figure de Kavanagh lorsque ce dernier s'emporta léger, balançant ordres et menaces à tour de bras. Il attrapa le verre entre ses mains, histoire de contenir la colère qu'il sentait monter en lui. Manquerait plus qu'il fracasse la gueule de son patron sur la table pour clôturer la soirée en beauté.

Bataille intense contre son ego, ce putain d'ego qui refusait de lui faire cracher la vérité, raconter l'existence minable qu'il menait depuis cinq putains d'années. Hurler la frustration et la colère qu'il lui rongeait le bide. Il était au bout du rouleau, avait chopé un dernier brin d'espoir et s'y était accroché avec le peu d'force qui demeurait dans sa carcasse bouffée par le manque et la peur.

Ouais, la peur. Il avait la trouille, Leonov et, s'il gardait son attitude de petit merdeux je-sais-tout, c'était presque autant pour se convaincre lui même que ses interlocuteurs.  C'était quand sa vie avait commencé à changer, qu'il avait repris un tant soit peu les rênes et qu'il s'était surpris à se projeter dans le putain d'avenir incertain qui l'attendait que la trouille avait débarqué avec ses gros sabots et l'avait eu en pleine tronche. Il avait alors réalisé qu'il perdait son temps, à tirer des plans sur la comète. Que son futur à lui, c'était d'crever de sa propre main, ensorcelé par les belles paroles d'une connasse sur talons aiguilles.

« J'peux pas m'démerder. Si t'étais pas con, tu t'en douterais. » Vérité à moitié lâchée, noyée sous des paroles incertaines. Son regard passa de l'autre au clebs à ses pieds, dériva sur les quelques clampins affalés sur leur siège, sur le barman planté derrière le comptoir, faisant semblant d'rien voir. Les mots se pressaient contre ses lèvres mais ça passait pas sa gorge, ce putain d'aveu qui lui brûlait les lèvres. Y'avait que Shaft dans la confidence et l'ombre de la française planait au-dessus de leurs têtes depuis. Il était figé, incapable de s'décider, incapable de se tirer, incapable de lâcher les mots qu'il crevait d'envie de balancer depuis un paquet d'années. Son regard revint sur l'autre, sur sa tronche de mec qui avait vu la mort. Et ses pensées dérivèrent à nouveau vers Shaft. Se rappela combien ça pouvait être facile d'oublier le temps qui s'écoulait, quand il glissait ses doigts dans les mèches brunes, qu'il se laissait happer par ce regard beau à en crever. C'était concret, bien réel, pas comme l'autre saloperie venimeuse sortie tout droit de son esprit de cinglé. Il voulait plus d'cette vie. « J'croyais que j'avais l'contrôle. J'avais un plan et j'me suis jeté dans ses pattes comme un con. » Son regard se posa sur son verre, se perdit dans le liquide tentateur. « J'me suis fait avoir en beauté. » Le récit de sa propre déchéance manqua pas de lui tirer un sourire. Parce qu'après tout, y'avait de quoi bien s'foutre de sa gueule. « Vas-y, marre-toi. Je t'en voudrais pas », qu'il lâcha, balayant ses propos d'un geste de la main.

« Par contre, j'racontais pas des craques quand j'disais avoir qu'une de ces connasses dans l'viseur. La salope du mec de Calgary, et rien d'autre. » Il releva la tête, braqua son regard sur celui du chasseur. « Tu vois c'que j'veux dire, boss ? »

Pas touche à la saloperie qui m'a pourri l'existence.

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Malone Kavanagh
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Jeu 29 Avr - 21:53

nerves wound up too damn tight

C'est qu'il a du cran, le gamin. Pas vraiment un gosse en face de lui, certes. Pour Malone, sous la trentaine, tous des mômes. Mais il sait que dans le milieu, ni l'âge ni le sexe ne compte. A déjà vu des jeunes bien plus redoutables que des anciens. Tout est dans le mental. Et il aurait pensé que le sien était plus dur que ça. Qu'une putain de sirène. Alors, Malone hoche la tête. Fait mine de le croire, encore quelques secondes. Mais il ne tarde pas à l'attaquer de front. Pas son truc de tourner autour du pot pendant un siècle, de toute façon. Se mouille beaucoup trop, sans doute. Pourquoi lui donne-t-il la preuve que lui, il s'est laissé avoir ? Pourquoi afficher ce qui le consume, le brûle de honte, lui crame l'échine d'humiliation ? Et enfin, l'autre semble comprendre. Le chasseur reste imperturbable, à toujours le fixer de son seul oeil valide, mais sûrement qu'ça se voit pas si on le fixe pas pendant une bonne heure sans ciller. Qu'on remarque pas vraiment que l'autre peine parfois à suivre le mouvement. Que la couleur reste figée, alors que dans l'autre, la bille vivante se laisser envahir par les émotions, celles-là même qu'il dénigre toujours, qu'il dit ne jamais ressentir.

La distance se fait entre eux, Malone l'étudie toujours. Comme on observe un lion derrière sa cage, en se demandant s'il fera un bon spécimen pour le prochain numéro. Le teste, assurément. Alors, en silence alors que l'autre s'agite, il essaie de capter les signaux. Les indices. Si les lèvres restent muettes, le corps parle toujours. Et lui ne peut pas mentir. Il lui semble que l'air autour de leur table se charge en électricité. Est-ce l'orage qui s'amène ? Rictus discret sous ses lèvres toujours closes. « Et si je l'étais, j'me serais déjà barré. » Et enfin, les langues semblent se délier. Malone l'écoute avec attention. Les histoires semblent différer sur bien des points même si la finalité reste la même. Ils se sont faits avoir comme des bleus. Bien plus dur à assumer pour lui, peut-être, au vu de son ancienneté dans le milieu. Bien plus difficile à porter quand lui a déjà connu la faim de la créature, aussi. Et même face à l'incitation de se marrer, le Kavanagh reste de marbre. Pas franchement envie de se foutre de sa gueule, au russe. Sinon, la ville entière pourrait se foutre de la sienne, tiens. À la place, il plisse un peu les yeux. « T'avais sûrement l'contrôle jusqu'à-ce qu'elle te roule une pelle. » Et rien que pour cette image, pour sûr cette fois, ça lui arrache un rire sec. Bref, qui se meurt dans sa barbe l'instant d'après. Pas vraiment moqueur. Mais les mots d'après lui coupe net l'envie de plaisanter, soudain. Sur son épiderme, un courant glacé semble lui arracher un frisson polaire. Et il se rapproche, brise la distance, repose ses coudes sur la table, son verre entre eux. « Je vois parfaitement. »

Est-ce qu'il se mettrait entre un chasseur et lui, lui aussi ? Non. Assurément pas. Quelle idée ! Quelle putain d'idée. Se rassure lui aussi comme il peut. Qu'est-ce qui lui a pris de partir sur ce sujet ? De se dévoiler comme ça ? Putain. Soudain, il lui prend l'envie terrible de se lever et de jouer au con. Et donc de se barrer. Qu'il se démerde, l'autre, qu'est-ce que ça pourrait bien lui faire, après tout ? Depuis quand il s'amuse à montrer de la compassion et offrir son aide ? Alors, ce sont ses dents qu'il sent grincer les unes contre les autres dans sa mâchoire contractée. Et il reste là, malgré-tout. « C'que je saisis, c'est que j'ai en face de moi un mec qui fait des exceptions, donc, hm ? » Et c'est accusateur, sans s'en cacher. Tu ne devras faire aucune exception. Jamais. C'est une des règles d'or. De ses règles, à lui, martelées si fort dans son crâne. Alors, il le provoque. Un test supplémentaire, même si ça passera peut-être facilement pour de la colère sincère. « T'en as peut-être trop dit à la mauvaise personne, alors. » Observe les alentours lentement avant de revenir braquer son visage vers le sien. Il se permet même un sourire en coin. « J'suis pas du genre à laisser quoi que ce soit en vie si j'sais qu'une de ces saloperies rôde dans le coin. » Sourire carnassier, retrouve la hargne pour remplacer le malaise et l'envie de fuite. La colère, pour enterrer la honte et l'indignation de son propre cas. « Pourquoi tu veux l'épargner ? » Et toi, Malone, pourquoi ? « Ou... pourquoi moi, je l'épargnerai ? » Oui, pourquoi toi, tu l'épargnes, ta propre vermine ?

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Samuel Leonov
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MessageRe: Nerves wound up too damn tight ○ Malone » Ven 30 Avr - 20:57


Nerves wound up too damn tight.

Le contrôle, il l'avait perdu à peine ses yeux posés sur l'autre, dans cette putain de ville française. Il avait été comme happé par quelque chose que dégageait la silhouette délicieuse. Avait presque admiré l'aplomb de la gonzesse, son assurance. C'était qu'après ses petites séances d'observation entamées qu'il avait capté sa véritable nature. Passées maîtres dans l'art de la manipulation et de l'illusion, elles pouvaient pas cacher leur apparence dégueulasse, bien loin de tout ce que leurs talents naturels pouvaient suggérer. Et malgré tout ça, il avait pas été refroidi. Avait couru après la française, l'avait suivie jusque dans ce bled merdique où les gens semblaient attendre la mort, pourrissant dans leurs baraques, à naviguer sans l'savoir parmi la pire vermine que la Terre ait vu passer. Il s'était jeté dans les bras de cette beauté empoisonnée, à moitié prêt à batailler, à moitié prêt à céder. Il l'avait jamais eu, le contrôle, s'était piégé tout seul dès l'départ en bon couillon qu'il était. Mais ça, pas moyen d'le lâcher à Kavanagh, même si lui aussi semblait avoir donné dans l'même genre de merdier qu'il était en train d'expérimenter.

Et l'autre manquait pas de taper dans l'mille, d'esquinter un peu plus son ego déjà bousillé. La grande gueule qu'il était s'était toujours vantée de jamais avoir de pitié. D'exécuter froidement toute pourriture surnaturelle qu'il croisait, sans jamais se perdre dans des idéologies à deux balles, sans jamais s'poser de question sur la bonté potentielle de la vermine qu'il traquait. Pourtant ouais, il faisait une exception avec sa française. Et l'autre connard en face de lui se délectait de sa petite menace balancée l'air de rien, bien conscient de la vague de rage et de terreur qui venait de submerger Sam. Parce que sa sirène, il l'avait dans la peau et qu'il était prêt à la buter avec la même ardeur qu'il était prêt à s'débarrasser de n'importe quelle menace qui pesait sur elle.

Il était à deux doigts de vriller, le russe, d'exploser la tête de l'autre sur la table, de tirer son flingue et de le refroidir sans état d'âme. Pourtant, un mince sourire étira ses lèvres et il garda le regard braqué sur celui de Kavanagh. Se démonta pas malgré la crainte d'en avoir trop dit, comme l'autre venait de le suggérer. Fit taire la paranoïa qui commençait à obscurcir ses pensées.

« Déjà, pourquoi j'veux l'épargner. » Il se pencha à son tour, planta ses coudes sur la table sans se départir de son sourire malgré tout c'que ses propos allaient pas manquer de provoquer chez lui. « Parce qu'elle m'a bien baisé, mon gars. Parce que j'suis plus qu'un pauvre camé en manque, incapable de m'tenir éloigné de cette salope, de lui régler son compte une bonne fois pour toute. Parce que j'en suis venu au point où, si j'la bute, c'est pas mal pareil que de m'arracher une partie d'mon âme. Parce que j'vois plus la vie sans sa putain de présence qui rôde dans le coin. Parce que j'serai capable de m'rouler dans ma propre merde si elle me l'demandait. J'ai plus l'contrôle, la question de savoir si j'veux l'épargner ou pas se pose même pas. Rendu là, j'suis plus capable de faire un choix. » Et il vida son verre d'une traite, envoyant balader ses bonnes résolutions. Foutu pour foutu, pas vrai. Autant s'faire du bien avec ce qu'on pouvait.

« Ensuite, pourquoi toi tu l'épargnerais. » Le verre claqua sur la table et le russe s'essuya les lèvres d'un revers de main. « Facile. Parce que j'ai un putain de flingue, plus un poil d'espoir qui m'anime, plus aucune prise sur mon esprit. Et la rage du désespoir. J'serais toi, j'me tiendrais tranquille. Un faux pas et j'te louperai pas. »

Maintenant venait la partie la plus poilante. L'autre pensait provoquer chez lui une réaction, oubliant qu'il venait d'lui servir sur un plateau de quoi l'abattre bien tranquillement. Oubliant qu'il prenait de haut un mec qui était pas si différent d'lui, au final. « Tu l'as butée, ta saloperie ? Tu lui as fait sa peau ? Entre deux sanglots ? J'parie qu'avant qu'tu te décides de t'bouger le cul - si tu t'es bougé l'cul un jour - elle t'a murmuré des trucs pas joyeux. Des trucs qui t'foutent les boules, en y r'pensant, des trucs que t'as fait sans t'poser de question, parce que t'étais plus capable de lutter. Elle t'a fait faire quoi, hein ? » Il se recula brusquement et son dos heurta le dossier de la chaise. « Et si tu l'as butée, tu crois que c'est la fin de ton calvaire ? Moi, j'crois pas. Parce qu'y a toutes les fois où t'étais plus qu'une loque à peine humaine, obéissante, dégoulinante de pathétisme, qui reviennent te hanter, encore et encore. J'me trompe ? T'y penses à ça, hein ? Et ton cinéma de dur à cuire, ça vaut que dalle. On m'la fait pas, à moi. »

Cracher des vérités, aussi blessantes et dévastatrices soient-elles, était une manière plutôt jouissive de prolonger un peu plus l'auto-apitoiement dans lequel il se vautrait régulièrement. La situation de l'autre en face, la sienne, difficile de mettre les limites dans son esprit, tout se mélangeait pour former un magma de honte, de rage, de haine et de trouille.

« Alors, elle est toujours parmi nous, ta putain venimeuse ? » Paroles presque beuglées à pleins poumons, faisant se retourner quelques têtes de connards qui eurent le bon réflexe de s'faire oublier direct. « Tu lui as réglé son compte ? » C'était presque vital, cette putain de question. Parce que si l'autre en face avait su saisir sa chance, y'avait peut-être un espoir pour Sam.

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Nerves wound up too damn tight ○ Malone

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