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 chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Ven 1 Sep - 17:32

Le ronronnement du vieux moteur se tut alors que les freins couinèrent légèrement en stoppant face au petit chalet perdu sur les abords du lac. Pendant un instant, dans le silence du soir tardif, où seul le tintement de l’eau clapotant sur la rive lui parvenait, Maxwell resta immobile, le regard perdu dans le vague, ses doigts raides tombant du volant. Il laissa sa nuque basculer en arrière dans un long soupir éreinté, se rendant enfin compte que cette chasse de plusieurs jours dont il revenait était vraiment terminée. Trois jours, en compagnie du vieux. L’enfer sur terre. Passant une main sur son front, le jeune homme finit par s’extraire de sa voiture et, d’un pas lent et lourd, se dirigea vers l’entrée de sa demeure. Il commençait déjà à imaginer les pires visions cauchemardesques de désordre en entrouvrant la porte. Depuis que Shioban logeait chez lui, d’une, elle n’avait jamais payé un loyer entier… deux, elle n’aidait pas franchement aux tâches quotidiennes… Maxwell avait l’habitude de s’occuper de ses affaires comme un grand, le linge, la vaisselle, le rangement, le ménage… mais ça, c’était quand il y en avait deux fois moins.

Pourtant, le jeune prof était incapable de mettre Shioban dehors. Certes parce qu’elle faisait un bon épouvantail anti-Harker indésirables, il n’avait suffi que de quelques visites impromptues pour qu’on remarque cette… chose qui lui servait de colocataire. Et pour qu’on n’éprouve plus l’envie de revenir frapper à sa porte. Un repousse-gens très efficace, cette fille. Mais à quel prix ! Celui d’un désordre éternel quand il rentrait, d’une cuisine épouvantable, d’une profiteuse insatiable de sa carte de crédit et, le pire du pire, un chat démoniaque qui s’installait tous les soirs dans le fauteuil de Max. Et rien qu’à la pensée de Méphistophélès, le jeune homme esquissa une grimace désenchantée. Cependant, au fond, il l’appréciait un peu, cette fille bizarre, morbide, sinistre et à l’état un peu pathétique, quoique plutôt jolie si on oubliait ses allures de cadavre mal réveillé.

Il tourna la poignée et, du bout des doigts, poussa doucement la porte. Le chasseur se glissa à l’intérieur, appréciant immédiatement la tiédeur qui contrastait avec le vent glacial de l’extérieur. Fermant les yeux, il s’avança de quelques pas dans la grande pièce à vivre et, en rouvrant les paupières, il crut faire un arrêt cardiaque. La vision d’horreur le figea sur place. Pourtant, à force de traiter avec des fantômes et toutes sortes de créatures pour le moins immondes, Maxwell avait plutôt le cœur bien accroché. Mais là… A vrai dire, son salon ne ressemblait plus à un salon mais à une décharge. Des boites de pizza, pas toujours vides, qui trainaient ça et là, sur les meubles comme sur le sol, des vêtements abandonnés sur un fauteuil, des feuilles volantes avec quelques croquis des plus joyeux. Et l’odeur qui se dégageait de cet endroit… non pas l’habituelle effluve boisée du feu dans la cheminée, mais le rance, le renfermé, la malbouffe réchauffée. Le chasseur parvint à faire quelques pas, à s’avancer jusqu’au canapé qui s’était transformé en poubelle. Il crut tourner de l’œil. Mais il tint bond, toujours vaillant face à l’épreuve.

Et là, au milieu du tapis qui reposait face à l’âtre bizarrement crépitant – bizarre, vu le reste du salon, il s’était attendu à ce qu’elle oublie aussi d’entretenir le feu –, s’étendait la silhouette mince de Shioban, emmitouflée dans un plaid et entourée de toute une forteresse de livres. Maxwell inspira un grand coup avant d’expirer d’un air complètement dépité, blasé, incapable d’être fâché en voyant la jeune femme endormie au coin du feu. Il recula d’un pas et se laissa tomber sur son canapé de cuir, sans apercevoir le chat démoniaque qui dormait dessus. La chose à poil noir, réveillée en sursaut, cracha d’horreur et de mécontentement et, dans un sursaut, le jeune homme se redressa en lâchant un hoquet de surprise, sentant son cœur faire un bond dans sa poitrine. Saleté de chat !
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 12:14

La solitude, un besoin devenu vital. Mais cette même solitude ne lui réussissait clairement pas. Shioban avait la sale manie de se laisser aller, peu soucieuse de l'environnement dans lequel la jeune femme vivait. Elle s'était promis de tout ranger avant le retour de Max, mais absorbé par la fatigue, par ses livres, elle avait fini par se laisser choir sur le tapis duveteux devant la cheminée, tête reposant sur l'oreiller, enroulée dans un plaid moelleux. Il y a encore quelques mois, elle n'aurait jamais imaginé vivre dans un chalet comme celui-ci, bloquer entre les murs d'un appartement miteux où la lumière passait occasionnellement. Mais pour une obscure raison, Maxwell avait accepté de la sauver de sa misère, lui offrant un foyer chaleureux et une présence bienveillante. Ne en un rien elle était passé de la misère la plus pathétique au cocon familial rassurant et protecteur.

C'est le miaulement de Méphistophélès qui l'arrache à son sommeil alors que le chat bondit du canapé dans un feulement menaçant après s'être fait écraser sauvagement par un fessier. La patte se lève, les griffes cherchent à atteindre la chair en vain. Finalement le fauve s'éloigne dans un coin de la pièce, le dos rond, la queue gonflée et observe le propriétaire des lieux d'un regard noir tendit que sa maîtresse émerge doucement de son sommeil. Il faut bien plusieurs secondes à Shioban pour comprendre que Max est enfin de retour et lentement, elle se redresse, repoussant sa chevelure d'ébène. Il est là, sur le canapé, l'air épuisé. Dans un soupir, la peintre murmure d'une voix pâteuse.

« Salut. »

Les salutations ne sont pas chaleureuse mais avec elle, c'était régulier, récurrent même. Son enthousiasme toujours aussi sombre que ses toiles, elle n'est clairement pas la compagnie dont l'on peut rêver. La jeune femme baille longuement, s'étirant avant de se lever, tirant le plaid avec elle. Sans gêne, elle s'affiche sans pudeur avec un des caleçon de Maxwell et d'un de ses t-shirt à l'effigie de ses super héros favoris. Elle contourne la table basse, se laisse tomber sur le canapé à ses côtés et l'observe un instant.

« Alors, ton séminaire ? »

Il n'avait clairement pas la tête de quelqu'un qui rentrait d'un séminaire mais plutôt d'un marathon perdu dans les montagnes. Le sinistre de demoiselle replie les jambes, ajustant le plaid et viens poser sa tête contre le dossier du canapé sans lâcher le professeur du regard.

« Tu avais dit que tu partais deux jours... ça fait trois jours, Max. Je t'ai appelé, je t'ai textoté... Qu'est-ce que tu foutais ? T'as une tête à faire peur. »

Sa main se lève et amicalement, elle le repousse du bout des doigts. Shioban tente de le faire réagir mais elle parvient difficilement à déchiffrer l'expression de Maxwell. Quelque chose lui dit qu'elle va finir par prendre un sacré savon pour l'état du salon... Et ce sera sans doute mérité.

« Tu sais Max, je crois que je sais ce que tu me caches... » Elle hausse les épaules. « Tes voyages à répétition, les jours entiers où t'es injoignables sans compter que tu refuses clairement qu'on ramène nos plans culs à la maison... » Le silence retombe et avec le plus grand sérieux du monde, Shioban lui souffle. « Tu es gay, c'est ça ? T'es gay tu veux pas que je le sache parce que tu crois que je vais te juger ? »
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 13:05

Maxwell observa le chat s’éloigner, son regard étant l’exact reflet de celui que l’animal lui lança, avant de se laisser enfin tomber dans le canapé pour ne plus s’en relever. Il grimaça en sentant ses nouveaux hématomes l’élancer, cachés sous son blouson de cuir, se gardant toutefois d’y jeter un œil pour le moment. Le bruissement d’une couverture attira son regard en direction de la jeune femme qui venait de se réveiller. Son œil bleu se fixa sur le tee-shirt bien trop large pour elle, et surtout, à l’effigie de Superman. Le jeune homme eut un instant de blocage, un léger mouvement hésitant et perplexe. Mais ce n’était rien par rapport à son expression quand elle se leva et qu’il remarqua le caleçon : les traits de son visage se figèrent comme si son cerveau s’était arrêté de fonctionner. Il rêvait ou quoi ? Entre ça ou l’état de son salon, il n’arrivait pas à se décider sur ce qui était le pire.

Le professeur répondit aux chaleureuses salutations de Shioban par un vague signe de la main qui vint s’écraser sur le canapé. « C’est… mes… vêtements… », lâcha-t-il d’une voix robotique, éteinte, comme s’il ne réalisait pas encore complètement, avant d’ajouter en reprenant pleinement ses esprits : « Shioban, personne ne touche à ce tee-shirt là. » Il était plus sacré que le sol consacré d’une église. Secouant légèrement la tête en signe de désapprobation, il finit par tourner son regard vers sa colocataire assise à côté de lui. Son séminaire ? Quel… Bon sang, oui, l’excuse officielle à son absence. Le trajet du retour ajouté à la fatigue due à la chasse lui avait clairement mis l’esprit en pelote. « Passionnant… » Toutefois le regard que la jeune femme lui lançait l’empêcha de déballer toute une histoire. Le soupçon qui résidait au fond de ses prunelles contribuait à le pousser au désespoir de cette soirée.

Et alors qu’elle lui demandait des comptes, Maxwell ne put s’empêcher d’entrouvrir les lèvres, bien qu’incapable de la couper en pleine phrase et surtout, incapable de prononcer le moindre mot. Ah bon ? Elle l’avait appelé ? Il ne risquait pas de le voir avec un téléphone éteint. « Merci, le compliment qui fait toujours plaisir… », rétorqua-t-il en s’emparant du smartphone dans sa poche pour le rallumer. « J’ai raté mon avion à New-York. En guise de retour, j’ai eu droit à une escale à Vancouver avant de pouvoir enfin toucher le sol de Calgary et me farcir les six heures de route. », finit-il par ajouter en ronchonnant. Comme si un maniaque des horaires tel qu’il l’était pouvait rater un avion sans une sérieuse raison ! Et tout en parlant, il constatait en effet les sept appels en absence de Shioban et les quatre messages pressants qu’elle lui avait envoyé. Les « Max, t’es où ? », « Sérieux Max, qu’est-ce que tu trafiques ? J’ai la dalle ! » et les « Bon sang Max, tu rentres quand ? » et enfin, l’achèvement psychologique : « C’est quoi ton code de carte de crédit ?? » Oh, oui, il constatait à quel point il lui avait manquée. Ou plutôt, sa carte de crédit.

Mais il n’eut guère le temps de lui en faire la remarque acerbe que le discours de la jeune femme le força à se figer. Quoi ? Comment avait-elle pu découvrir que c’était un chasseur ? Mais Maxwell pouvait être rassuré, son secret n’avait pas été mis à mal. Non, par contre ce qu’elle imaginait était cent fois pire que d’avoir découvert la vérité. Le jeune prof écarquilla les yeux à la révélation. « …Quoi ? », réussit-il à articuler en cherchant où se trouvait la chute de la plaisanterie. Sérieusement ? « C’est une blague, j’espère ? Tu veux juste que j’oublie l’était de mon salon à l’instant présent pour éviter la corvée de ménage ? » Il allait en perdre son latin. Et son grec aussi. Et surtout son anglais, en fait. Le chasseur lui lança un regard perçant, s’attendant à voir une caméra cachée sortir d’un coin, ou cherchant le piège. « Mais d’où tu peux croire un truc pareil ? »
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 13:36

Lui toujours si enjouée, souriant, si chaleureux... Maxwell ne faisait clairement pas honneur à l'homme bienveillant qu'il était d'ordinaire. Accablé autant qu'épuisé, le professeur semblait ne pas apprécier la tenue de sa colocataire qui tira doucement sur le t-shirt qu'elle lui avait piqué et haussa les épaules.

« Je n'avais plus rien à me mettre, tu n'as pas fait la lessive avant de partir... »


Prétexte la roumaine sans la moindre gêne. Elle n'avait aucun savoir vivre et pire, pas la moindre forme de honte à emprunter les affaires de son comparse. Des excuses ? Pas la moindre alors qu'elle porte sur lui son regard clair et perçant, le faciès toujours tiré dans une moue froide et nonchalante. En silence, elle écoute la raison de son retard. Un retard d'avion ? Et pourquoi ne pas avoir prévenu ? La jeune femme n'était certes pas la plus expressive, mais avait-il penser à instant au fait qu'elle pouvait s'inquiéter pour lui ? Non. C'était une évidence, il préférait se concentrer sur le foutoir dans le salon et sur le fait que Shioban lui avait volé ses vêtements. Non, pas voler. Emprunté sans permission.

« Et un SMS pour prévenir, je suppose que ça t'aurait étouffé. »


Claque sèchement la jeune femme avant de remuer sur le canapé pour se détourner de lui. Son regard vagabonde sur le salon et les boîtes de pizza qui traînent, les bouteilles de soda, les canettes des bières... Autant dire que la peintre n'avait pas un régime alimentaire très sain si Max ne se farcissait pas lui-même la cuisine. Alors quand il change de sujet pour revenir sur sa sexualité qu'elle pense refoulée, Shioban lève les yeux au ciel puis le lève du canapé, abandonnant son plaid. D'un geste, elle ajuste le t-shirt bien trop large pour elle et commence à ramasser les déchets sur la table basse.

« Arrête de râler... Okay je me suis un peu laissé aller mais c'est pas la mort, c'est rangé en dix minutes. »

Elle fait des allers-retours jusqu'à l'espace cuisinent, fourrant son foutoir dans un grand sac-poubelle avant de porter un regard méfiant vers Maxwell qui la questionnait sur la raison qui la poussait à croire qu'il était homosexuel.

« Rien en particulier, juste que t'es tellement chiant sur le fait qu'il fait personne ici et que je te vois jamais accompagné que je me pose des questions. Merde Max, t'a trente piges passées, tu gagnes ta vie correctement, t'es un prof qu'on peut cataloguer de... » Elle le désigne d'un geste de la main. « Enfin... t'es pas dégueulasse à regarder quoi. Pourquoi un mec comme toi est encore célibataire ? Alors je me suis dit que c'est tout simplement parce que t'étais d'un autre bord, tu vois...»

Elle se penche, ramassant une bouteille au sol qu'elle fourre dans le sac avant de contourner la table basse et de ramasser les livres qu'elle empile les uns sur les autres dans un soupir.

« Te vexe par parce que je t'aie cru gay... Y a pas mort d'homme, merde. »
Elle se redresse et le fixe d'un air morne. « Tu vas tirer la tronche encore longtemps, sérieux ? Je t'ai pas vu depuis trois jours, j'espérais au moins... je sais pas moi... à un... Hey salut Shioban, comme tu vas ? Et si je te racontais mon séminaire ? Tu sais New York c'est super Shioban, un jour je t'y emmènerais ! Et t'a peint un peu durant ces trois jours ? T'as vendu des toiles bien t'as enfin décidé à mettre la clé sous la porte ? Oh mais t'en fait pas Shioban, je suis sûr que ta situation de merde va s'améliorer quand t'aurais fini de ranger le bordel que t'as laissé traîner ! »

Surjoue la jeune femme d'une voix grave pour imiter son colocataire. D'un air exaspéré elle agite la main, secoue la tête et se détourne de lui pour s'emparer sur le sac-poubelle qu'elle ferme avant de le déposer près de la porte.

« Tu sais quoi ? Laisse tomber. Je m'en cogne de ton séminaire à la con. Après tout toi tu t'en cognes de ce que je peux faire du moment que je garde ta maison propre... Pourquoi je m'intéresserais à tes passe-temps après tout. » Elle s'éloigne, murmurant à voix basse. « Connard. »
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 14:37

Il n’avait pas fait la lessive avant de partir… Maxwell contempla sa colocataire d’un air blasé avant de lever les yeux au ciel. « J’avais déjà préparé la lessive, suffisait de mettre le linge dans la machine et d’appuyer sur le bouton. », maugréa-t-il comme s’il était au bout de sa vie. Décidément, ce séminaire, sous couvert réel de chasse au surnaturel avait eu raison de sa bonne humeur habituelle. Non, la fatigue n’en était sans doutes pas totalement responsable, mais le chasseur pouvait toujours compter sur son père pour l’exaspérer à un point innommable, jusqu’à des échelles encore inexplorées. A tel point que sur le chemin du retour, il n’avait pensé qu’à une seule chose : rentrer chez lui et se laisser tomber sur son lit. Il pinça légèrement les lèvres en songeant qu’il n’avait effectivement même pas pensé à avertir Shioban de son léger retard de vingt-quatre heures. Mais tout comme elle, il n’avait pas son pareil pour trouver des excuses et des explications à tout. Un chasseur ne sachant pas mentir ne chassait pas souvent. « Crois-moi ou pas, j’ai réussi à oublier mon chargeur dans la voiture avant de partir à l’aéroport. » Ou comment passer pour l’homme le plus poisseux du week-end.

Sans rien dire, les traits à peine moins tirés, le jeune homme l’observa débarrasser son bazar en hâte. Oui, c’était certain, ramasser les déchets, c’était toujours très rapide. Mais c’est parce qu’elle ne se préoccupait guère de la partie nettoyage après. Pouvait-il seulement espérer rêver une fois, juste une seule, de rentrer chez lui après quelques jours d’absence sans que son logis ne soit transformé en décharge ? Maxwell retint un souffle las au mot « chiant » dans la tirade de Shioban, avant de hausser un sourcil curieux. « …Qu’on peut cataloguer de… ? », répéta-t-il à mi-voix en esquissant pour la première fois de la soirée, l’amorce d’un sourire chafouin, qui s’effaça alors qu’il secouait doucement la tête dans un soupir, ne sachant s’il devait la complimenter sur l’excellente imitation qu’elle faisait de ses propos ou s’il devait s’en offusquer. « Ça pourrait peut-être s’expliquer par… comment t’as dit, déjà ? Ma tête à faire peur. »

Et il croisa les bras derrière la nuque tout en hochant vaguement la tête aux derniers mots de la jeune femme, renversant finalement la tête en arrière d’un air peu convaincu. « J’ai fini par être convaincu que la physique théorique, c’était pas ton truc. Et j’ai eu devant moi un aperçu très précis de tes passe-temps de ce week-end. », lâcha-t-il avant de libérer une main pour lever son smartphone vers ses yeux afin de relire ses messages. « D’autant plus qu’à l’évidence, il faut croire que la seule chose dont tu ne te cognes pas quand je suis absent, c’est mon code de carte bleue. » Maxwell leva les yeux au ciel : heureusement qu’elle faisait un épouvantail parfait, c’était sans doutes l’une des seules raisons pour lesquelles il faisait preuve d’autant de patience avec la jeune femme. Habitué depuis le temps à ses surnoms d’un affectueux sans pareil, le jeune prof lâcha un long soupir en fermant les yeux un instant, profitant des quelques secondes de silence qui suivirent le départ de sa colocataire.

Finalement, la caresse tiède de l’air ambiant réchauffé par le feu de bois eut peu à peu raison de ses tensions et un sourire s’étira sur les lèvres du chasseur. Si bien qu’il finit par lâcher d’une voix forte, teintée de cette jovialité qui le caractérisait d’ordinaire. « Sinon, je suis content d’être enfin rentré pour te revoir. Ça fait du bien de t’entendre. » Mi-sincère, mi-ironique, il lâcha un petit rire qui s’étouffa cependant rapidement dans la douleur qu’il provoqua. Le chasseur n’avait pas été épargné par son voyage, sur tous les points possibles. Il retint un grognement en se redressant pour se masser discrètement le torse et gagna les escaliers, qu’il grimpa deux à deux, appuyé sur la rampe alors qu’il observait d’un œil vague la vue sur le salon à présent un peu plus présentable.
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 15:56

La seule chose dont elle se souciait c'était de sa carte bleue ? Maxwell semblait avoir une piètre estime de sa colocataire en la rabaissant au niveau d'une vulgaire femme vénale. Pour le gratifier de ses paroles, Shioban le toise férocement et avec une telle haine qu'il aurait été difficile de croire qu'elle avait pû s'inquiéter pour lui durant ces trois jours d'absence. Filant droit vers l'espace cuisine, elle fouille les placards avant de trouver un paquet de lingettes javellisées et en saisit une, frottant le plan de travail d'un geste agacé alors que l'homme commence à monter les escaliers, ironisant sur son retour et la soi-disant joie qu'il avait de la revoir. La haine au bord des lèvres, Shioban prend appuyé sur le plan de travail de la cuisine, observant par la fenêtre le lac gelé et s'écrie soudainement avec colère.

« Va chier Max ! Je t'emmerde toi et ton hypocrisie à la con ! »


La goutte de trop, visiblement. Sur les nerfs, la jeune femme jette la lingette devant elle avant de quitter la cuisine pour rejoindre le bas de l’escalier et le fixer durement. Shioban est vexée et ne le cache pas, son regard exprimé par une froideur extrême le dégoût qu'elle éprouve pour lui en cet instant.

« Tu trouves ça drôle ? »


Qu'elle siffle entre ses dents avant de commencer à monter les marches à son tour pour le rejoindre.

« Cela t'amuse de me rappeler le déchet que je suis ? Combien ta putain de vie serait mieux sans moi ? Tu sais où tu peux te la carrer ta pitié, Max ?!»

Elle lève les bras, abat ses petits poings. Shioban frappe son colocataire, celui en qui elle a confiance, elle qui ne fait jamais confiance à personne. Elle cogne juste assez pour défouler ses nerfs, pour faire redescendre la pression dans son petit corps famélique avant de le bousculer et grimper les marches rapidement. Shioban traverse le couloir, ouvre la porte de sa chambre et la claque violemment derrière elle. Qu'a t-elle faite pour mériter un tel irrespect ? Est-ce vraiment dû à quelques déchets laisser à l'abandon ? Parce qu'elle porte ses vêtements ? La situation lui semble extrême pour pas grand-chose. Shioban soupir longuement, enfouissant son faciès pâle entre ses mains avant de s'asseoir sur le bord de son lit. Non, pas son lit, celui de Max. Car tout ici lui appartenait, tout le mobilier, sauf les quelques babioles qu'elle avait apportées avec elle lorsqu'elle avait emménagé. La jeune femme observe la petite chambre, repensant au confort que le professeur lui avait offert... Et le sens de ce geste lui échappe encore. Pourquoi ? Pourquoi l'avait-il aidé, elle la sinistre inconnu qui enchaînait les déboires ? Lentement, elle se relève et vient entrouvrir la porte de sa chambre, glissant le visage doucement et jette un regard en biais vers le couloir.

« Max...? »

Shioban soupir et sort de la petite pièce qui lui est dédiée puis s'approchent de la porte de son ami, si tant est qu'il puisse être appelé ainsi. D'un geste hésitant elle frappe à la porte et murmure.

« Max... hm... écoute... Je vais regarder pour un boulot dès demain et … dès que je peux, je libère les lieux. Je crois que c'est mieux pour toi que je ne reste pas ici... »
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Sam 2 Sep - 16:57

Vraiment, la vulgarité sincère et détonante de la jeune femme lui mettrait presque du baume aux hématomes, et le sourire de Maxwell ne fit que s’agrandir plus largement. A vrai dire, au début de leur cohabitation au chalet, cette facette de la personnalité de Shioban était assez déstabilisante. Surtout quand on se faisait surnommer connard en guise de bonjour. Mais l’être humain pouvait s’habituer à presque tout, et par conséquent, le jeune prof avait assimilé ce vocabulaire à quelque chose de tout à fait normal et banal. « J’étais sincère. », marmonna-t-il en montant les marches, juste avant qu’elle ne le rattrape. A vrai dire, il ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit véritablement vexée. Et il ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle défoule ses petits poings sur lui. Les coups étaient proportionnels à ce qu’on pouvait attendre d’une petite brindille telle que Shioban, mais plusieurs atterrirent sur des zones martyrisées durant le week-end. Le chasseur se força à ne pas lâcher le moindre hoquet de lancinement, toutefois il ne put retenir une grimace désagréable.

Il serra les dents, comptant les quelques marches qui restaient jusqu’à l’étage, les quelques pas avant d’atteindre la porte de sa chambre. « T’imagines pas comme elle pourrait être pire… », grinça-t-il en songeant à toutes ces soirées exaspérantes avec un autre Harker sous son toit. « Et je n’ai jamais mentionné ni reproché la moindre chose à ton propos qui pourrait te rapprocher d’un déchet. Je râle seulement sur ceux que tu laisses trainer. Maintenant, tu m’excuseras de reporter ce débat à plus tard mais je suis crevé. » Seul un claquement brutal de porte lui répondit et ce fut dans un long soupir fatigué qu’il gravit les dernières marches jusqu’au paradis tant espéré du repos. Si pressé de rejoindre son lit, qu’il ferma mal sa porte, qui resta légèrement entrebâillée.

Maxwell laissa tomber son blouson sur un fauteuil tout en s’avançant vers le coin salle-de-bain. Face au miroir, il ôta son pull, découvrit la couleur violacée, voire rougeâtre de certaines parties de son torse, due aux coups encaissés et autres chutes mémorables. Sur le haut de sa hanche, une large et vilaine égratignure s’étendait là. Il esquissa une moue contrariée et s’occupa d’abord de la désinfecter, sursautant en entendant la voix de la jeune femme à sa porte. Renversant la tête en arrière en maudissant son tempérament qui la faisait revenir sans cesse à la charge, il s’empara de sa compresse et nettoya la peau abimée. « Quel boulot Shioban ? Tu as vraiment envie de te faire exploiter dans un job qui ne t’intéresse même pas, pour une paye minable et retrouver le même genre de taudis que tu as quitté ? » Il ne fallait pas se leurrer, la jeune femme aurait bien des difficultés à se trouver un travail à peu près décent, et encore plus à en trouver un qui lui plairait.

Retenant sa respiration jusqu’à ce qu’il termine de désinfecter, il jeta la compresse sur un coin du lavabo et appuya ses poings sur le meuble. « Hm… Et puis qui t’as dit que c’était mieux pour moi ? Si j’avais voulu rester tout seul dans ce chalet, j’aurais jamais posté cet avis de location. Crois-moi, je suis bien content que tu sois là, et même si ce n’est pas toujours parfait – quoique de toute façon, la vie n’est jamais parfaite – ou que je ne le montre pas suffisamment à ton goût, je m’accommode très bien de ta présence, de tes… particularités et de tes « connard » en guise de bonjour le matin. »
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Dim 3 Sep - 5:50

Immobile derrière la porte, Shioban écoute. Être exploité dans un job qui ne lui plaisait pas ? Oui, surtout si cela permettait de faire rentrer un minimum d'argent à la maison. Combien de temps encore, Max comptait-il faire la charité à cette pauvre et sinistre fille ? Elle s'obstine en pensant que la pitié ne lui réussit pas, elle n'en veut pas.

« Au moins je pourrais gagner ma vie. »


Ce que son art ne lui permettait pas de faire, actuellement. Condamnée à vivre aux crochets d'un homme qu'elle connaissait depuis peu, c'était ça, sa vision du bonheur, à lui ? La jeune femme soupir avant de tendre l'oreille. Dans la voix de Maxwell, elle sent un tremblement, c'est plus que de la fatigue qu'elle y entend. Lentement elle s'approche de la porte puis glisse son regard curieux par l’entrebâillement. Il est là, torse nu et couvert d'hématomes violacés qui parcourt sa peau. Shioban fronce les sourcils, observant dans le silence alors que cette vision la conforte dans l'idée que son colocataire lui cache quelque chose. Comment avait-il pu finir avec des traces de coups pareils ? C'est insensé et elle le sait. Alors que le professeur insiste en disant que la présence de la peintre lui convient et qu'il l'apprécie, celle-ci ignore ses paroles pour venir repousser la porte, l'ouvrir dans un grincement discret. Elle entre, se fichant éperdument que cela puisse le mettre en colère et c'est avec un air perplexe qu'elle se glisse dans le dos de Maxwell, observant les contusions sur son corps.

« Max... ? Qu'est-ce c'est que tout ça... ? »

Souffle la jeune femme à voix basse. Elle se décale d'un pas, l'observant lui dans le reflet du miroir. De plus près, les marques semblaient plus douloureuses encore. Combien de temps comptait-il lui mentir ? Est-ce qu'il s'était fait passer à tabac à New York ? Avait-il des problèmes avec quelqu'un ? Shioban avait beau se creuser la tête, elle ne comprenait pas.

« Est-ce que c'est à cause de ça que tu es rentré plus tard ? Tu n'as pas raté ton avion, hein ? »
L'inquiétude se lit sur le visage pâle de Shioban qui tend la main vers son comparse, posant sa paume froide sur son avant-bras avant de le forcer à se retourner, qu'il lui fasse face. « Max... qui t'as fait ça ? Tu as des problèmes ? Est-ce que tu dois de l'argent à quelqu'un ? Si c'est le cas je... Je vais t'aider ! Je vais trouver du travail, je vais revendre ce que j'ai mais... Tu peux pas rester comme ça ! »

D'un geste tremblant, elle effleure la hanche de son ami d'une main, touchant du bout des doigts la plus grosse plaie alors que son autre main se plaque sur sa bouche. C'est moche et malgré elle, il y a ce sentiment d'empathie face à la douleur alors que son regard choqué se lève vers Maxwell.

« Ou alors... tu participes à des combats illégaux ? J'en sais rien moi, réponds-moi Max ! »


Shioban recule, levant les mains en signe de paix. Finalement a-t-elle vraiment envie de savoir ? Depuis que Maxwell était rentré dans sa vie, elle savait que quelque chose clochait. Lui trop bon, trop gentil, cette maison... Tout avait l'air trop parfait pour que ce le soit vraiment. D'un pas rapide elle s'éloigne et souffle.

« Je vais aller te faire couler un bain, ça te soulagera. »


Fuir, prendre ses distances avec lui et ses mensonges. Peu importe ce qui animait cet homme, Shioban avait ce sale pressentiment qu'il valait mieux ne pas s'en mêlé. Elle quitte la pièce, longeant le couloir pour entrer dans la salle de bain et s'approche de la baignoire. L'angoisse la ronge, tout comme la culpabilité. D'un mouvement rapide, elle ouvre le robinet d'eau chaude, prend appuyé sur le rebord de la baignoire et soupir longuement, tentant de calmer ses nerfs à deux doigts d'exploser.
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Dim 3 Sep - 12:20

Maxwell sentit les muscles de son dos se raidir en entendant la voix soudainement plus proche, juste derrière lui, de sa colocataire. Son regard se releva vers le miroir, et derrière son reflet, il aperçut celui de la jeune femme. Sentant une pointe d’agacement lui traverser l’échine, le chasseur serra les dents en se retenant de lui dire qu’il ne se souvenait pas de l’avoir invitée à entrer. Et s’il y avait bien une chose plutôt commune chez les profs, c’était cette exaspération évidente quand quelqu’un se permettait d’entrer dans une pièce sans frapper. Passant sa main sur son front pour rejetter ses mèches sombres en arrière et forcé de faire face à Shioban et à ses questions, le jeune homme soupira. Trouver une histoire vraisemblable à raconter… Récapitulons : il avait oublié son chargeur de téléphone dans la voiture en partant pour l’aéroport, et n’avait donc pas été en mesure de prévenir sa colocataire de son absence supplémentaire, parce qu’il avait raté son avion. Maintenant, il lui fallait une explication quant à ses contusions.

« Non… non, je dois rien du tout à personne. C’est juste que… » Cherche, Maxwell, cherche, songeait-il en réfléchissant à toute vitesse, bien que totalement incapable d’en placer une en cet instant face aux tirades affolées de Shioban. Il grinça des dents alors qu’elle posait sa main sur sa hanche dont la peau était à vif, écorchée. « Ceci est une très mauvaise idée, Shioban… » A quoi ça servait de désinfecter, se demanda-t-il en levant les yeux vers le plafond, une mine embarrassée plaquée sur le visage. Ses traits se figèrent en une expression perplexe aux mots de la jeune peintre : des combats illégaux ? Il l’observa en silence pendant plusieurs secondes, l’esprit soufflé par cette idée. Son art était peut-être sinistre mais elle avait une imagination plutôt débordante. « Des combats illégaux ? Mais… Ça serait pas plus simple d’aller dans un club de boxe ? Shioban, je suis pas un personnage de film, bon sang. » Il inspira mais son élan fut coupé net par la proposition de bain et le départ précipité de la jeune femme. « Euh… c’est gentil. » Il resta planté un instant dans la pièce à présent déserte, avant de finalement baisser les épaules.

Il s’empara d’affaires propres et d’un peignoir avant de rejoindre la salle de bain. Il passa une tête dans l’encadrement de la porte, poussa légèrement celle-ci pour l’entrouvrir davantage et s’appuya sur le côté en soupirant. « Shioban… j’ai dévalé tout un escalier dans le métro pour avoir tenté d’empêcher deux petites raclures de pickpocket de fouiller les poches de la personne devant moi. Forcément, une rixe dans les marches n’est sans doutes pas le meilleur moyen de prendre son avion à temps, ni de laisser un super souvenir de New York. » Le jeune prof s’avança dans la pièce et tira d’un meuble un flacon de sel de bain. Il se racla la gorge avant de continuer sur sa lancée : « J’ai roulé dans les marches jusqu’en bas comme un tonneau avec ces deux petits cons, pour finalement qu’on soit repêchés par une patrouille de flics. Après le tournis du parc d’attraction improvisé, l’interrogatoire à en avoir la nausée. Conclusion : ça a été le pire week-end possible à imaginer. J’en ai presque oublié la teneur de mon séminaire avec tout ça. » Son regard passa de la jeune femme à la baignoire qui se remplissait doucement et dont une fine couche de vapeur s’échappait.
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Dim 3 Sep - 14:39

Alors que son regard se perd dans l'onde qui remplit peu à peu la baignoire, Shioban sursaute lorsque son comparse rentre dans la salle de bain. Toujours discret et terriblement silencieux, ce n'est pas la première fois qu'il la prend ainsi par surprise. Pourtant la jeune femme ne dit rien, se contentant de lever vers Maxwell, un regard sévère qui en dit long sur ce qu'elle pense de la situation. Et à présent ? Allait-il simplement attendre là qu'elle déguerpisse ou bien comptait-il s'expliquer quant à son état ? La seconde option visiblement, bien vite le professeur lâche la raison de son corps meurtri, comment il en est arrivé là et l'histoire prendre une tournure risible.

« J'avais oublié que tu étais du genre à sauver la veuve et l'orphelin. Je me demande si ça t’apporte vraiment quelque chose de chercher à venir en aide aux autres ou bien si tu es juste naïf au point de manquer de foutre ta vie en l'air pour des gens qui en ont rien à battre de ta trogne. »

Rétorque froidement la jeune femme qui se redresse doucement, glissant une main dans sa tignasse d'ébène pour la plaquer sur son crâne. Geste inutile, les mèches ne retombent presque aussitôt alors que Shioban secoue la tête.

« Dis-moi, je suis curieuse... c'est à cause de ça que tu m'as pris chez toi en sachant pertinemment que j'aurais même pas de quoi payer le loyer ? Je suis un de ces cas désespérer que t'espère sauver pour une raison qui doit probablement échapper à tout le monde sauf à toi ? Sauf si là encore, la vérité se trouve... disons... ailleurs ? »

Un sourire narquois et suintant de dégoût vient étirer les lèvres de l'artiste qui se rapproche doucement de son colocataire. Elle soutient son regard, le jauge, le juge dans un silence pesant.

« Je n'y crois pas à ton histoire Max... Il t'en a fallu du temps pour répondre à une simple question qui était... qu'est-ce qui t'est arrivé ? Tu as mis tellement de temps à me la cracher et elle est tellement grosse d'absurdité que je peux pas y croire. Je VEUX pas y croire. » Elle lève les mains et recule en esquissant une moue. « Mais tu sais quoi ? Ce n'est pas grave. De toute façon t'as pas à te justifier de quoi que ce soit. Je suis que ta coloc, pas ta copine, pas ton amie. Je suis juste l'épave qui squatte chez toi le temps de trouver mieux ailleurs alors... Profite de ton bain. Avec de la chance, tu te noieras dedans. »

Claque sèchement Shioban avant de couper l'eau puis de contourner son colocataire. Elle évite son regard, se contente de sortir de la pièce et de claquer la porte derrière elle. Le pas rapide qui trahit l'agacement le plus profond, l'artiste dévale les escaliers rapidement avant de retourner à la cuisine. Tellement exaspéré qu'il était impossible pour elle d'aller dormir pour le moment. Shioban prend quelques instants pour se faire un thé avant de revenir au salon, s'asseyant sur le canapé et se couvre du plaid. Le silence dans le chalet est tellement intense qu'il en devient pesant. Quant à Max, pas sûr qu'il revienne voir sa protégée, elle doutait sincèrement qu'il puisse vouloir la confronter une fois encore, elle et ses paroles acerbes.
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Dim 3 Sep - 15:55

A l’évidence, l’excuse ne faisait pas mouche du tout, et Maxwell commençait à croire qu’il devenait très mauvais pour débiter des histoires. Ou alors, il était vraiment très, très fatigué et son cerveau n’arrivait plus à lier tous les câbles. Il lâcha un soupir en se laissant choir sur le bord de la baignoire. Il avait toujours été difficile d’allier une vie extérieurement normale avec celle de chasseur de créatures surnaturelles. Et il était encore plus difficile de garder ce secret indéfiniment auprès des proches qui vivaient dans l’ignorance. Ce n’était jamais une bonne idée de lâcher le morceau et de toute manière, cela n’avait jamais été à l’ordre du jour avec Shioban. Elle le prendrait encore plus pour un fou. Puisqu’apparemment se montrer un tant soit peu altruiste dans une bouche de métro révélait de la folie pure. « Oublie pas quel tee-shirt tu portes… tu comprendras peut-être. », murmura-t-il alors que sa main esquissait un geste de résignation.

Au fond, être un chasseur, même chez les Harker, c’était avoir un côté bon samaritain… débarrasser le monde des vivants de toutes ces énormités qui risquaient de s’en prendre à tout un chacun sans que cela soit toujours juste. Même si dans sa famille, on faisait ça parce qu’on avait la traque et la haine des créatures dans le sang, plus que cette pensée d’avoir une sorte de mission divine consistant à sauver l’humanité… Maxwell abandonna la lutte, le combat étant vain, les derniers jours difficiles tant pour le corps que pour les nerfs. Qu’elle croit donc ce qu’elle voulait, qu’il ait participé à une sorte de colloque de la communauté LGBT suivi de combats illégaux dans les bas-fonds de l’Amérique. Ses mâchoires se contractèrent, encaissant le venin mauvais de la jeune femme comme si c’était de l’eau qui passait sur sa peau, bien qu’intérieurement, chaque pique, chaque remarque était un pieux supplémentaire qui le faisait détester cette nécessité à mentir. Mentir pour son bien, pour sa sécurité, pour l’ignorance sur l’autre monde qu’il fallait entretenir.

Les lèvres farouchement closes, le jeune prof leva les yeux au ciel et attendit qu’elle disparaisse hors de la pièce pour profiter du soudain silence, puis se déshabilla pour apprécier la chaleur du bain. Les pieds callés à l’air libre sur les rebords de la baignoire, il tenta de vider son esprit, d’oublier cette fin de semaine proprement déprimante, de ne pas songer au lundi qui arrivait et à cet éternel recommencement d’une routine lycéenne aux cours dispensés aux mêmes horaires, aux mêmes jours, aux mêmes têtes désabusées. Mais pas moyen de se débrancher des mots accusateurs de sa colocataire, de se détacher de la colère qui l’entourait, de cette inquiétude qui transpirait de son aura habituellement creuse. Il ferma les yeux et malgré le noir soudain, il la revoyait lui reprocher son absence. Maxwell inspira et enfonça sa tête sous l’eau, n’entendant plus que le bruit sourd des battements de son cœur. Il finit par froncer les sourcils et revenir à l’air libre en grommelant.

De longues minutes s’écoulèrent avant que Maxwell réapparaisse en un bas de pyjama, les bleus recouverts de pommade. Dans le couloir qui donnait vue sur le salon et la cheminée, il aperçut sa colocataire affalée dans le canapé. Les mains posées sur la rambarde de bois, le jeune prof hésita un instant, tiraillé entre sa volonté de la rassurer et l’envie de s’abandonner dans les bras de Morphée. Finalement, pieds nus, il descendit les marches tiédies en silence et s’approcha de la jeune femme dans un bruissement de tissu. S’asseyant dans le fauteuil à côté du canapé après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de chat dessus, Maxwell repoussa ses cheveux humides en arrière. « Ecoute, Shioban. Ce n’est pas pour te blesser que je n’ai pas donné signe de vie et que je n’ai rien dit. Ce retard… c’est une affaire un peu… compliquée qui ne concerne que moi et mon passé, mes racines. Ce n’est rien de grave, ou de mortellement dangereux, même si… les hématomes semblent démontrer le contraire. Je veux juste que tu saches que ça ne te mettra en danger en aucune manière, ok ? Personne ne débarquera jamais ici pour me réclamer quoi que ce soit où me casser la figure pour X ou Y raisons. Et je ne suis pas parti à l’improviste comme à pieds joints dans les escaliers pour te laisser tomber, je savais que ça ne prendrait pas longtemps. Je ne savais juste pas comment t’expliquer ça. »

A vrai dire, si, ses activités extra-scolaires étaient évidemment mortellement dangereuses, mais il était probablement le seul Harker à ne jamais foncer tête baissée dans une chasse, alors peut-être que cela augmentait considérablement ses chances de survie. Le jeune professeur lâcha un soupir avant de tourner la tête vers la peintre. « Et puis… tu sais, c’est pas pour me donner bonne conscience ou je ne sais quoi que je t’ai proposé de te loger. Je sais pas, je trouvais que malgré nos caractères assez opposés, y avait quand même une espèce de bon feeling, alors au lieu de patienter peut-être indéfiniment dans l’attente de rencontrer d’autres intéressés… Bref, du coup, voilà, t’es là maintenant. »
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Mar 5 Sep - 13:16

Quelle surprise de le voir débarquer. Maxwell n'avait-il pas dit vouloir aller dormir ? En voyant son état, qui pourrait le lui reprocher ? Shioban soupir longuement, levant vers lui un regard méfiant alors que le professeur la rejoint sur le canapé, tout juste vêtu d'un bas de pyjama alors qu'il expose ses blessures sans pudeur.

« T'aurais pu mettre un t-shirt, quand même. »

Siffle Shioban en détournant son regard clair et perçant, portant à ses lèvres, sa tasse de thé. Quelle mauvaise foi alors que son comportement n'est due qu'à la colère qui la ronge. Rancunière, visiblement. Mais rancunière de quoi ? De cette certitude qu'elle a en pensant que Maxwell lui ment ? C'est indéniablement ce qui guide ses paroles alors que le professeur s'exprime à nouveau sur son absence, sur son état pitoyable et de plus belle, son discours change, arrachant à sa protégée une grimace de dégoût ourlé d'un sourire pincé.

« C'est drôle, tu as changé d'histoire deux fois, ce soir. » Lentement elle pivote, ajustant le plaid pour garder la chaleur sur ses jambes et toise son comparse avec un haussement de sourcils méfiant. « Alors tu piges vraiment que dalle au problème ? Je m'en tape joyeusement de ce que tu peux faire et avec qui... Une histoire de famille ? Okay, mais dans ce cas dit le. Je te demande pas les détails Max, je te l'ai dit, tu n'as pas à te justifier... Mais ait au moins la décence de me prévenir que tu vas partir quelque temps, que tu ne seras pas joignable ou même que tu ne veux pas l'être... Je te demande pas la mer à la boire et ce qui me troue le cul c'est d'avoir dû insister comme ça pour te faire avouer que tu me racontais des salades depuis le début. »

Shioban étouffe un rire nerveux. La colère lui reste coincée dans le fond de la gorge et elle se sent à deux doigts d'exploser. Ses nerfs s'étiolent doucement, gangrenant sa patience déjà fragile. La jeune femme secoue la tête, repliant les genoux avant de glisser un regard en biais vers Max qui se justifie sur la présence de l'artiste chez lui malgré la situation catastrophique dans laquelle elle vivait.

« Je suppose que le fait de ne pas s’entre-tuer verbalement dès le premier rendez-vous était... un bon feeling. » Sa bouche se tord en une moue cynique. « Et oui je suis là... C'est dingue hein ? Tu aurais pu prendre n'importe qui de plus sympathique, avec de quoi aider financièrement, qui ne saccage pas ton chalet avec son bordel... Mais là encore pour une raison totalement incompréhensible t'as opter pour l'insupportable gonzesse qui n'a pas une tune. La vache, super feeling ! Tu as raison je me sens tellement proche de toi Max ! » Elle porte sur lui un regard faussement enjoué, sourire forcé aux lèvres. « Tout le monde le sait, je suis un vrai rayon de soleil ! J'illumine tes journées, je te donne le sourire à chaque instant... » Le sourire disparaît, remplacé par une figure austère et glaciale. « Quand t'auras fini de me raconter des bobards, je serais peut-être plus disposé à parler avec toi. »

D'un geste brusque Shioban repousse le plaid et se lève du canapé pour filer vers l’espace cuisine et dépose sa tasse dans l'évier en soupirant. Elle ne courrait pas après les conflits mais les mensonges et les non-dits de Max l’exécraient au plus au point. Personne ne supportait vraiment Shioban, soit sa présence dérangeait pour son aura sombre, soit c'était son caractère que très peu pouvaient se permettre de gérer. Mais lui... Semblait trouver chez elle une présence agréable. Foutu menteur, il se foutait de sa trogne ouvertement. Pivotant, Shioban revient d'un pas rapide, explosant de colère à nouveau.

« T'es un menteur, tu es un hypocrite et un lâche par-dessus le marché ! Pourquoi tu ne me dis pas ce que tu penses réellement, Max ? T'espérais quoi me gardant avec toi ? Du cul gratos ? Je fais fuir tous ceux qui me croisent et je n'ai jamais rien fait pour qu'il en soit autrement avec toi ! Je ne t'ai jamais donné la moindre raison de m'apprécier ! » Elle se calme, le souffle saccadé, le ton et le regard triste. « Tu n'as aucune raison valable de me garder avec toi, espèce de sale enflure. »
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Mer 6 Sep - 5:51

Décidément, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité, songeait Maxwell en esquissant une moue peu convaincue. Les lèvres pincées sur le silence qui entourerait à jamais, il se le jurait, ses véritables activités de fin de semaine ou de soirée, il encaissait avec calme toute la colère, la rancune amère de la jeune femme. Elle l’avait décidément mauvaise, ce soir. Et le jeune professeur ne pouvait même pas trouver de quoi redire à ses paroles, parce qu’elle avait raison. C’était décidément une très mauvaise idée d’oublier de prévenir Shioban d’un possible léger retardement dans ses absences. Dans un souffle, il lâcha, abandonnant l’affaire : « Je ferai l’effort de t’envoyer de mes nouvelles si un contretemps vient à se reproduire. » Il ne prit cependant pas la peine de préciser qu’il espérait alors se retrouver dans un endroit avec au moins une barre de réseau.

Il se retrouva à hocher doucement la tête, sourire chaffouin plaqué sur le visage. Quand on avait passé une bonne partie de sa vie à s’entretuer verbalement avec le reste de sa famille, oui, quand une conversation se déroulait de manière beaucoup plus soft, il en découlait inévitablement cette impression de bon feeling. « Tu n’imagines pas à quel point… », lâcha-t-il à mi-voix. Un rayon de soleil, même minime, même s’il était parfois éclipsé par ce qui était moins supportable comme les cadavres de soirées pizza étalés dans toute la maison… Levant les yeux au ciel face au départ brusque de sa colocataire, comptant dans sa tête le compte à rebours avant qu’elle ne revienne à la charge. Celui-ci ne tarda guère et elle explosait de plus belle, ne laissant guère d’espoir à Maxwell de trouver un quelconque repos en cette soirée des plus formidables. « Du… Sérieusement, tu penses vraiment que je suis désespéré à ce point-là pour en venir à une telle extrémité ? » Elle semblait loin d’imaginer les sangsues qui s’agrippaient à Maxwell pendant les pauses café au lycée.

« Menteur… oui, je l’admets, à mon grand regret. Mais hypocrite et lâche, ça m’étonnerait. Quand je dis que j’apprécie ta présence, je suis sincère. J’apprécie… la franchise de ton comportement même s’il n’est pas toujours des plus simples à appréhender. Mais crois-moi, en comparaison de mes frère et sœurs, tu es une véritable sinécure. » Le jeune homme lâcha un soupir qu’on sentait exaspéré rien qu’à l’évocation de sa famille. Les coudes sur les genoux, il observa un instant les flammes qui crépitaient doucement dans l’âtre, cherchant probablement les meilleurs mots quant à ce qu’il comptait lui avouer. Il comprenait la méfiance qu’elle pouvait ressentir vis à vis de son choix mais au fond, il redoutait aussi la réaction de Shioban quand il lui révèlerait qu’il avait d’abord et avant tout choisi un colocataire pour tenir les Harker loin de sa maison, comme le sel repoussait le mal. Sauf qu’avec eux, le sel ne fonctionnait pas, malheureusement.

« Je n’avais pas besoin de louer une chambre pour des questions financières. J’avais besoin de trouver un moyen de ne pas finir complètement fou. » Les lèvres entrouvertes sur la vérité, il continua de fixer les flammes. « Avant de m’installer ici, je vivais à Calgary, j’enseignais à l’université. Mais… un accident m’a fait revenir ici, à Blackwater Falls. Sauf que j’ai toujours eu des rapports compliqués avec ma famile. Pour faire simple, je ne les supporte plus au bout d’une demi-heure. Et pourtant je croyais être plutôt patient, comme type. Je me contente du strict minimum comme contact avec eux mais faut croire qu’ils sont plutôt collants, les autres Harker. Le genre à débarquer ici sans prévenir, pour se plaindre des parents ou d’un frangin à ne plus décoller, voire à venir à deux et à terminer la soirée et une partie de la nuit en meurtre verbal. » Autrement dit, la super ambiance. « Alors, pour leur passer l’envie de confondre ce chalet avec le salon du psy, j’ai pensé que la solution pouvait être de loger une personne totalement extérieure à la famille. Ils sont pas du genre à s’engueuler devant des inconnus. Et ça fonctionne plutôt bien, alors… merci d’être là, Siobhan. »
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MessageSujet: Re: chaque solution amène de nouveaux problèmes (shioban)   Mer 13 Sep - 12:46

Alors il appréciait vraiment sa compagnie . Pour Shioban, dur à croire. Alors que la jeune femme plisse les yeux de méfiance, elle dévisage son comparse, analysant son expression, ses mots, son attitude. Soit il était subitement devenu un excellent menteur – ce dont elle doutait – soit Maxwell était sincère dans ses mots. Mais comment un homme de sa trempe en était venu à apprécier un énergumène comme elle ? La raison lui échappait totalement et l'artiste ne savait pas quoi répondre à cela. Mal à l'aise, elle glisse une mèche de cheveux derrière son oreille et rétorque simplement.

« Une sinécure ? C'est juste parce que je fais un effort envers toi, ça me ferais chier que tu me foutes à la porte. »

Et c'était vrai. Maxwell était un des rares qui arrivait à passer au-delà de son excentricité et ses lubies étranges. Il était son dernier recourt avant de finir dans la rue... Shioban plaque une main sur son front, soupirant longuement alors qu'elle contourne le professeur pour venir se laisser choir sur le canapé. C'était épuisant que d'avoir à batailler de la sorte pour pas grand-chose mais au moins, son hôte eût fini par avouer avoir menti. N'avait-elle pas au gain de cause ? Si, alors pourquoi la sinistre peintre se sentait-elle toujours aussi mal ? D'un geste lent, elle tire le plaid sur ses jambes pour se couvrir alors que Maxwell finit par expliquer pourquoi il avait choisi cette femme comme colocataire et pas une autre. La solitude semblait être plus difficile à vivre pour lui que pour elle, Shioban n'allait cependant pas lui jeter la pierre pour cela. Alors quand il mentionne un accident à Calgary, Shioban fronce les sourcils, observant son compagnon en silence. Quelque chose dans le regard de Max s'était voilé, le simple fait évoquer cet accident sans donner de détails suffisait pour que la douleur soit lisible sur son faciès.

« Max... »

Mais il continue et avoue que Shioban était un moyen de faire fuir sa famille. La peintre lâche un rire nerveux alors qu'elle secoue la tête. Donc elle lui servait d'épouvantail . On lui avait bien souvent donné des surnoms pitoyables et peu amicaux mais là, c'était clairement un abus. Vexée, la brunette croise les bras sur sa poitrine, lèvres pincées et murmure froidement.

« Une personne extérieure à la famille ou bien une personne assez décalée et ne névrosée pour faire fuir ta famille? »
Elle pivote le visage, fixant son colocataire. « J'ai l’habitude d'entendre des saloperies sur mon compte Max, mais toi... Putain, tu es vraiment le pire connard que je n'ai jamais vu. »

Mais au moins les choses étaient claires. Shioban soupir alors que son chat, matou au pelage de nuit et Semi-angora saute sur le canapé pour venir se lover sur elle dans un ronronnement sonore. Elle le caresse, tentant de ne pas se laisser aller à la colère avant de murmurer, changeant de sujet.

« Tu as parlé d'un accident à Calgary... Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Tu peux te confier à moi tu sais, je suis pas aussi affreuse que j'en ai l'air. »
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