Revenir en haut Aller en bas



 
AccueilAccueil  TWITTERTWITTER  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

Partagez | .
 

 +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Lun 23 Avr - 11:10




"Ta mère était, comme toi, semblable à une vigne,
Plantée près des eaux.
Elle était féconde et chargée de branches,
A cause de l'abondance des eaux."

Ézéchiel 19:10




La sueur sillonne sur son front transpirant. Malgré la fraîcheur de ce mois de juillet, le labeur lui a mouillé le dos. "A chaque jour suffit sa peine" et Isaac ne ménage pas la sienne. Il se rend utile comme il peut, où son père a besoin de lui, ne rechignant à aucune tâche du moment qu'elle n'offense pas les commandements de Dieu. Le jeune homme pousse un soupir d'aise en apercevant le lac qui s'étale paisiblement aux abord de Blackwater  Falls. La musique de l'eau est un appel à la vie tourbillonnante tapis en chaque corps. Les veines sous sa peau ne sont que de modestes ruisseaux. Jésus en a-t-il éprouvé de même en plongeant dans le Jourdain le jour de son baptême ?
Isaac retire fébrilement sa chemise, ses braies et ses chausses. Nu tel Adam, à l'abri des regards sous la canopée, il laisse le froid de l'onde fouetter ses orteils. Il est glabre, encore lisse de sa prime jeunesse. Son corps élancé n'en demeure pas moins bien fait et ses muscles commencent tout juste à se dessiner, fruit du travail acharné à rénover l'Eglise. Sa chevelure, asséchée par le sel et la poussière, est sale et emmêlée. Ohanzee la ramasse sur une épaule pour dégager sa nuque. Ses pieds s'enfoncent dans le limon et s'engouffrent avec prudence dans l'eau. Le voilà bientôt submergé jusqu’à la taille. Il n'a ni savon, ni brosse. Il fera sans. Il se penche et ses cheveux balaient la surface miroitante. Ses phalanges caressent le fond de la rivière, ramenant à l'air libre un gravier siliceux érodé par les courants. Il se frictionne avec pour évacuer les humeurs de sa carcasse et la crasse imprégnant ses chairs.

Alors, seulement, il s'immerge complètement pour renaître à nouveau. L'eau ruisselle sur son torse et discipline sa tignasse en arrière, quand l'air engorge à nouveau ses poumons. Il arbore une expression de joie enfantine, la fatigue éteinte momentanément par la fraîcheur du bain. Puis il se laisse mollement aller à flotter à flanc de source.

Dieu est en toute chose et particulièrement dans les rayons de soleil rasants de cette fin d'après-midi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ghost ○ ancient light
messages : 29
double-compte(s) : Mircea Krantz
crédits : ours™
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mar 8 Mai - 7:56

« The hands of the many must join as one, and together we'll cross the river. »
Juillet 1881 - Coldlake - Ohanzee
La crainte a été si forte, ces derniers jours, que l'idée même de sortir des chez elle a été une source d'angoisse pendant quelques jours. La messe, tous les dimanches, elle y allait accrochée aux jupes de sa gouvernante - malicieuse femme, étrange amitié : elles s'aiment si fort toutes les deux. Une drôle d'alchimie -, le regard cloué vers le sol. L'inquisiteur qui adore la détester est venu, plusieurs fois, la tourmenter, jugeant que la jouvencelle avait bien changé ces derniers temps, qu'il ne sait pas quelle mouche divine l'a piquée mais qu'il est bien bon de ne plus voir ce blasphème ambulant courir les rues de Blackwater Falls. La bourgeoise aurait bien aimé jouer des mots pour le renvoyer dans son église, seulement d'autres choses parasitent ses pensées ; elle n'a cure de ce qu'il peut bien lui dire, ou du jugement qu'il peut porter sur celle. Depuis sa naissance elle vit ici, depuis sa naissance il n'a de cesse de déplorer son comportement - quelque chose, en elle, la pousse à aller toujours plus loin. La sensation grouillante de la provocation, comme des milliers de fourmis dans ses veines, lui confère une telle satisfaction qu'elle ne songe même pas à la possibilité d'écouter les injonctions.

Si elle reste cloîtrée chez elle, ce n'est pas pour se préparer au couvent, mais pour se cacher du monstre dans les bois.
Elizabeth le lui a dis : un wendigo rôde dans les parages depuis quelques temps déjà. Il a déjà assassiné deux pauvres enfants, et la semaine dernière, c'est elle qui a manqué d'y passer. Même si elle en est sortie, le traumatisme reste. Son apprentissage de la magie devient nécessaire - pauvre enfant qui ignore quel prix cela coûte - pour se protéger : elle ne compte pas arrêter de si tôt ses promenades en solitaire.
En l'occurrence, celle-ci est la première depuis son attaque. En catimini, elle s'est faufilée avant l'heure de souper pour longer les bords du lac. Seule, discrète : à cette heure-ci, personne ne l'entendra ni ne la verra. Personne pour venir la chercher, personne pour l'importuner.

Sans compter cette ombre flottante au bord de l'eau.

Un instant, elle plisse les yeux, fronce les sourcils. L'idée de tracer sa route en vitesse pour disparaître dans la végétation et ne pas être aperçue lui traverse l'esprit comme une flèche le cœur, mais non seulement le baigneur lui est familier, mais en plus il est nu. Elle s'offusque silencieusement, puis glousse, pleine de malice. Sans un bruit, elle se rapproche du bord du lac, jusqu'à ce que ses pieds s'enfoncent légèrement dans la terre humide, gorgée d'eau.

Sans gêne, elle prend le temps de regarder le corps qui fend la surface de l'eau. Sa peau, ses cheveux - semblables à ceux d'une sirène comme on peut en voir dans les livres -, ses formes. L'humeur de son visage, doux et paisible ; cet homme a trouvé la félicité en cette fin de journée.
Seulement, ç'aurait été trop beau, trop clément de le laisser ainsi flotter à flanc de source et se laisser porter par le courant. Lui aussi a-t-il pensé qu'il n'y aurait personne, et rien que pour ça il mérite d'être troublé. À charge de revanche.

Caoimhe se saisit d'une pierre, n'importe laquelle, et la lance en direction de l'homme. Le projectile fend l'eau, proche du corps inerte, et l'éclabousse - comme si la pierre avait été animée par la même malice que la bourgeoise. Quand l'homme se meut enfin, la demoiselle joue la fausse carte de la panique.

- Pardonnez-moi. J'ai cru que vous étiez mort.

Il ne lui faut pas plus d'une seconde pour vérifier qu'il s'agit bien de son jeune camarade ; le visage désolé, elle se retient si fort de glousser.

-Ah, c'est vous Isaac. Ajoute-t-elle sur un ton quelque peu désabusé.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mar 8 Mai - 8:08

La tranquillité des flots apporte avec elle la pleine sérénité. Isaac communie avec l'onde, la nature, le Grand Tout. Il perçoit l'eau purger chaque parcelle de son corps, chaque fibre de muscles, chaque pensée néfaste. Les cauchemars n'ont pas cessé depuis que les attaques de bêtes sauvages ont été signalées. Ils ont même redoublé. Blackwater Falls est le centre d'un maelström spirituel qui affûte son extrême sensibilité. Conscient de sa quête intime, celle que Dieu lui a dictée, Isaac demeure aussi démuni qu'une brebis dans l'oeil de la tornade. Son enclos, aussi étroit était-il, lui manque et avec lui ses repaires.

La pierre, manquant de peu sa tête, s'écrase à la surface et l'éclabousse à fortes goulées. Surpris et déstabilisé, le jeune homme se débat avec les vagues et se redresse d'un bond, dévoilant par là ce que le Seigneur a créé sous sa forme la plus crue. Repoussant le rideau de cheveux humides qui lui obstrue la vision, il comprend soudain à qui il fait face.

Une jeune fille.
Une toute jeune fille à la peau de porcelaine et au cheveux d'or.
Et il sait de source sure que ça n'est pas un ange.

Isaac s'agenouille dans le limon pour dissimuler sa carcasse sous l'onde, les pommettes brûlantes de honte. Ses tâches de rousseurs n'en ressortent que mieux.

- Pardonnez-moi. J'ai cru que vous étiez mort.
- M... M... Miss Perkins ! Bégaie-t-il le regard baissé, les mains en croix sur son torse, tel une jeune pucelle. Je ne le suis point.

Il lui semble pourtant, être sur le bord d'un précipice périlleux, en tout point létal. On dit que l'embarras ne tue pas. Il y contribue pourtant drôlement. Ohanzee déglutit, n'osant de nouveau poser son regard sur l'angélique -ou démoniaque selon son père- apparition.

- Je ... Je me décrassais seulement, Miss Perkins.

Comme son éloquence le quitte et que sa verve se fait soudainement muette. Sa langue engourdie de gêne ternit la virilité dont il devrait faire démonstration, en pareil instant. Il se sent comme le plus simple des enfants.

- P.. pourriez-vous, si vous le voulez-bien, vous retourner afin que je regagne le rivage, quelques pudiques vêtements et toute ma dignité ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ghost ○ ancient light
messages : 29
double-compte(s) : Mircea Krantz
crédits : ours™
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mar 8 Mai - 8:40

« The hands of the many must join as one, and together we'll cross the river. »
Juillet 1881 - Coldlake - Ohanzee
La situation est bien trop amusante, à ce moment, pour que Caoimhe retienne entièrement son sourire. Elle le tait, un peu, vaguement. Mais les commissures de ses lèvres relevées creusent ses petites fossettes bien malgré elle - si bien qu'elle doit grimacer pour les dissimuler, reprendre un air au moins sérieux, voire accusateur.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, oui. Sans vergogne, ses yeux parcourent le dos du jeune métisse. Sa longue chevelure noire dégouline, ruisselle sur sa peau bronzée, creusée par les muscles du labeur quotidien. Vous faites bien : il est important d'être propre en toutes circonstances.

D'un naturel ahurissant, elle fait quelques pas, les yeux oscillants entre le ciel et le fils du pasteur, jusqu'à ce qu'elle puisse s'asseoir sur le rocher où sont posés les vêtements du ver nu, rouge de honte. Ne prenant pas la peine de débarrasser son siège de fortune, elle s'installe, face à l'onde, se satisfaisant des œillades que lui jette le pauvre Isaac complètement paniqué. Lorsqu'il lui demande s'il peut - entre autres - récupérer ses vêtements, elle s'esclaffe délicatement, pour de bon.

- Vous auriez du y penser plus tôt, pour votre dignité, cher ami. Il est un peu tard pour s'en inquiéter, ne pensez-vous pas ? L'allure droite et fière, elle expose sa propre dignité comme un trophée, narguant le pauvre jeune homme, usant de sa supériorité momentanée. Allez-y, profitez, je ne vous regarde pas. Décrassez-vous autant que vous le voulez : le soleil n'est pas encore couché. L'eau doit être agréable.

À ces mots, son regard se pose sur les rayons rasants à l'horizon. Sur cette belle lumière dorée ; les reflets sur l'eau et sur la peau déjà chaude du métisse lui apportent une satisfaction particulière. Si elle avait pu, elle aurait peint la scène, au grand dam de ce pauvre Isaac.

- Quelle idée saugrenue, tout de même, de se décrasser dans le lac. N'avez-vous pas une baignoire chez vous ? Avec du savon et une brosse ? Cela est tout de même plus efficace que de flotter nu à la vue de tous.

Et comme si elle avait empoigné le manche à pleines mains, elle remue la lame dans la plaie de l'honneur de son pauvre camarade.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mar 8 Mai - 19:20

Son père l'avait mis en garde contre ce démon à cheveux blond. Petite, déjà, elle lui causait des tourments, poussant le garçonnet pataud qu'il était à cautionner ses escapades et ses jeux. Timoré, elle l’exhortait à obéir à son commandement, despote en jupons et en mots acides. Il est presque certain que sa peur des femmes, il la tient d'elle. Pendant longtemps, il a cru que toutes créatures femelles se composaient jusqu’à la lie de la même espièglerie cruelle.
Et pourtant, Miss Perkins est le seul autre enfant qui ne l'ai jamais approché sans crainte.

On a beau être le fils du pasteur, on en reste pas moins un bâtard.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, oui.
Elle l'ausculte sans la moindre pudeur. Qu'à cela ne tienne il en regorge pour deux. Vous faites bien : il est important d'être propre en toutes circonstances.
- Vous me voyez ravi d'avoir votre aval sur mon hygiène corporelle. Maintenant pourriez-vous ...
- Vous auriez du y penser plus tôt, pour votre dignité, cher ami. Il est un peu tard pour s'en inquiéter, ne pensez-vous pas ?

Cramoisi, diminué et nu, Ohanzee assiste impuissant à la prise en otage de ses vêtements.

- Miss Perkins, auriez-vous l'obligeance de libérer mes linges de votre séant ?
implore-t-il sans grand espoir d'émouvoir son cœur de péronnelle.
- Allez-y, profitez, je ne vous regarde pas. Décrassez-vous autant que vous le voulez : le soleil n'est pas encore couché. L'eau doit être agréable.

Les lèvres d'Isaac se compriment, il disparaît un peu plus sous l'onde, ne laissant que son visage dépasser. Il obtempère. Sans résistance de sa part, elle finira pas se lasser de lui. C'est un pari qu'il faut tenter s'il veut écourter la torture.

- Quelle idée saugrenue, tout de même, de se décrasser dans le lac. N'avez-vous pas une baignoire chez vous ? Avec du savon et une brosse ? Cela est tout de même plus efficace que de flotter nu à la vue de tous.

- Je ne flotte pas "nu" à la vue de tous, réplique-t-il véritablement offusqué. Et j'imagine que les raisons sont jumelles à celles qui vous poussent à vous promener sans chaperon loin du village et de vos obligations...

Il lui jette une œillade pointue.

- ... Échapper à l'étau de nos foyers.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ghost ○ ancient light
messages : 29
double-compte(s) : Mircea Krantz
crédits : ours™
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mer 9 Mai - 16:32

« The hands of the many must join as one, and together we'll cross the river. »
Juillet 1881 - Coldlake - Ohanzee
Le pauvre homme. À la fois paniqué entre les serres du rapace, et en même temps bouillant de honte de s'être fait attrapé. Par une femme, en plus. Rien que de le voir ainsi, piteux et ridicule, Caoimhe s'en réjouit. Plus les secondes passent, plus elle peine à dissimuler son amusement. Après tout, quelle scène. L'étranger, métisse du village et fils du pasteur, la mauvaise réputation d'un homme incarnée en un seul et même être, celui que personne n'ose approcher. Elle est bien la seule à avoir le courage de venir se frotter à lui - sans équivoque, au sens figuré. Le courage, l'audace, ou l'envie. C'est un étrange mélange qu'elle a le droit de tourmenter : un agneau noir d'une douceur et d'une gentillesse rarement égalée. Si tous les hommes étaient comme lui, les femmes seraient toutes comme elle.

Elle refuse de quitter ses linges, cependant, et s'empare de l'un d'entre eux pour l'examiner de plus près. Elle regarde la couture, le tissu bon marché qui doit probablement venir de cet étrange marchand à bouclettes que personne ne semble voir à Blackwater Falls.
Le bruit de l'eau lui plaît, même en sachant ce qui en est la source : il ne faut pas se méprendre, cependant. Caoimhe a beaucoup de sympathie pour ce garçon. Il ne mérite pas d'avoir un tel monstre pour père - seulement, serait-il le doux agneau larbin de Dieu sans cet être abjecte ?

- Excusez-moi, mais vous flottiez, vous étiez nu, et à la vue de tous... Commence-t-elle en ricanant légèrement. Elle se contraint cependant à ne pas poursuivre : il a raison sur le fait de vouloir trouver solitude et quiétude. En partie. Vous voulez dire, lorsque vous ne rencontrez pas par mégarde un baigneur en tenue d'Adam ? L'avantage, c'est qu'elle se souviendra de cette histoire. Mais je vous comprend, Isaac. Pour une fois. Ses yeux se lèvent vers le paysage et son aura douce, englobante. Ici, tout est si beau. Si calme. La lumière y est chaude, et l'eau fraîche donne envie de s'immerger complètement. De disparaître sous la surface. En laissant sa phrase en suspend, elle pousse un soupir de satisfaction. Loin de tout, et surtout de nos obligations.

Caoimhe rêverait d'une vie sauvage. D'une vie sans carcan vestimentaire ou moral. D'une vie où elle pourrait exister sans essayer d'être, une pâle copie d'un code imposé. Les hommes peuvent choisir leurs vêtements. Leur métier. Leur épouse. Une femme qui choisi, c'est une femme dangereuse : une femme qui risquerait de prendre l'avantage sur la domination masculine.

- Vous avez de la change, Isaac. Croyez-moi.

C'est comme une prière.

Au fond, elle sait qu'il n'y a que lui pour l'entendre.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Ven 11 Mai - 3:22

Les moqueries de Caohime sont une épreuve. Dieu -il en est tout à fait sur- l'a posée sur son chemin pour éprouver son endurance quotidienne. Sous ses airs poupons et adorables, c'est une peste à la langue pointue qui, plutôt que de planter sauvagement, cisaille, sournoisement, à petits coups mesurés, la patience de tout un chacun.
Son père pourrait la tuer à coup de bible s'il le pouvait.
Pourtant, Isaac la supporte, tel un martyr. Au fond, il la sait aussi malheureuse que lui, aussi déplacée : deux pièces d'un jeu, désassorties avec le plateau de l'univers. Il l'aime, et elle l'aime à sa façon; il le sait. (Il s'en convainc.)

- Pensez que je suis une sommité de perversions si cela rassasie votre cœur en mal  de  cancaneries, Miss Perkins, r
étorque-t-il, pincé. C'est que sa peau commence à friper et qu'il aimerait bien sortir de l'eau.
- Mais je vous comprend, Isaac. Ici, tout est si beau. Si calme. La lumière y est chaude, et l'eau fraîche donne envie de s'immerger complètement. De disparaître sous la surface...Loin de tout, et surtout de nos obligations. Vous avez de la change, Isaac. Croyez-moi.

Ohanzee observe son si joli visage, paisible, songeur. Caohime pourrait être une femme admirable si elle ne commettait pas la faute suprême d'avoir de l'esprit. Elle est bien trop fine, bien trop intelligente, bien trop caustique pour les hommes de ce temps. Il sent le poids des barreaux qui pèsent sur ses frêles épaules adolescente. Son cœur plaide en sa faveur : il veut et il doit la soulager.

- Hé bien venez donc vous baigner, en ce cas ! Il lui tend la main. Décrassons-nous des servitudes de cette vie, comme Jesus le fit pour Paul et Silas.

Cet imbécile a oublié qu'il était nu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ghost ○ ancient light
messages : 29
double-compte(s) : Mircea Krantz
crédits : ours™
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mar 31 Juil - 11:10

« The hands of the many must join as one, and together we'll cross the river. »
Juillet 1881 - Coldlake - Ohanzee
Le regard qu'elle lui lance est entre l'attendrissement et le mépris. Ses sourcils blonds, clairs, se froncent et creusent une ridule entre eux. Comme deux morceaux de terre qui se sont affaissés et forment une gorge en leur entrailles. Son visage d'ange n'est en rien entaché par ses traits sévères. Elle a relevé légèrement le menton, comme pour fuir cette main qui lui est tendue. Isaac est innocent, que dis-je, candide plus que de raison. Elle s'évertue à le lui faire remarquer - à sa manière - mais rien n'y change. Le garçon ne s'endurcit en rien. Il reste une sorte d'enfant, plus enfant encore qu'elle, adulte coince comme pas enchantement dans ce petit corps frêle de femme.

Elle se dit, un instant, que si par malheur elle venait à enfanter - ce qui arrivera à coup sûr selon son pauvre père -, elle espère avoir un enfant comme Isaac. Doux, docile. Elle espère donner la vie à un agneau. Elle ne souhaite rien à cet enfant à naître : ni malheur, ni bonheur. Simplement qu'il soit comme elle le désire, pour qu'elle puisse lui inculquer ses propres valeurs dites "impies".

Qu'est-ce qu'elle aimerait vivre dans un monde détaché de Dieu.

- Vous êtes nu, Isaac. Finalement, elle se lève, libérant le linge. Il est strictement hors de question que je vous rejoigne là-dedans.

L'agneau a entendu se prière, mais elle ne peut se permettre d'y répondre comme elle le souhaiterait. Avec la fraîcheur du soir, elle rêverait de pouvoir s'immerger entièrement, libre de tous ces vêtements étouffants. Libre de sa chevelure tirée vers l'arrière qui lui donnent un air bien trop sage. Elle aimerait être ces sirènes que l'on voit dans les contes, ou dans les récits antiques. Elles charment les hommes pour les dévorer : elles sont un symbole de force pour elle. L'eau les rend légères. Elles ne s'attachent au désir des hommes que pour engloutir leur essence, leur chair, déchirer leur peau. Ce sont les seuls femmes capables de rivaliser contre la puissance masculines.

Ce sont les seules femmes qu'Ulysse n'a pas cherché à tuer.

- L'eau m'attire peu, ment-elle. Ses doigts attrapent les feuilles d'un buisson, les caressent. Je préfère la sympathie de la forêt.

Enfin, elle se retourne pour laisser à son camarade la possibilité de sortir de l'eau sans être tourmenté par son regard brun, inquisiteur, qui le jugera pervers de se montrer ainsi nu devant une femme.
Alors qu'au fond, elle se moque bien de sa tenue. Les livres d'anatomie lui ont déjà tout dit sur le corps : elle rêve sûrement de pouvoir observer les muscles bouger sous la peau. Et dire que sa gouvernante pensait qu'elle appréciait aller au port pour voir de beaux éphèbes torse-nus.

- Sortez de là, Isaac, et allons nous promener. Je ne suis pas venue ici pour rester assise à vous regarder barboter.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Ven 31 Aoû - 11:57

-  Vous êtes nu, Isaac.  Il est strictement hors de question que je vous rejoigne là-dedans.
- Je... certes,
fait-il le rouge aux joues.

Sa main s'abaisse mollement. Il tente de décrypter son expression nostalgique. Il ne se l'explique pas. Elle daigne soulever son séant pour libérer ses vêtements. Demi-soulagement. Encore faudrait-il qu'elle détourne le regard.

- L'eau m'attire peu.
- Vraiment ? J'ai toujours pensé que les dames adoraient les bains,
dit-il ingénument.
- Je préfère la sympathie de la forêt.

La forêt n'a rien de sympathique. C’est une entité profonde, opaque qui gobe l'âme et ne vous la restitue jamais. Elle happe les promeneurs imprudents, le trappeurs non expérimentés, les voyageurs égarés. Les Cris colportent des légendes effrayantes à propos de créatures cannibales et de loups monstrueux et voraces qui se tapiraient parmi les pins.

- Sortez de là, Isaac, et allons nous promener. Je ne suis pas venue ici pour rester assise à vous regarder barboter
- B... Bien,
balbutie-t-il, incapable de désobéir à l'autorité de Caoimhe.

C'est plus fort que lui. A son corps défendant, souvent, il ne peut résister à une injonction de la jeune fille. C'est une impression profonde dans sa chair qui agite muscles et tendons avant même sa raison. Il a été forgé à obéir. Son délicat bourreau lui offre son dos, à son intense soulagement. Il se rhabille en hâte, le coton de sa chemise collant à son derme. Il s’essore la chevelure, gorgée d'eau, qui trempe déjà sa veste de feutrine noire. Bottes chaussées, besace en bandoulière avec ses carnets et sa précieuse bible, il trottine jusqu’à elle.

- Inutile de vous demander si vous avez le droit de vous promener dans les bois sans chaperon. Et avec un homme seul, qui plus est.

Et pourtant, il lui emboîte le pas, sans sourciller. Il se sait ne rien pouvoir lui refuser. Il l'aime, malgré ses façons singulières et inconvenantes pour une femme de son temps.

-Je vous suis. Et il ajoute avec un soupçon d'esprit. « Puisque vous êtes venue me voir marcher » .

Elle est venue pour lui, c'est un fait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
ghost ○ ancient light
messages : 29
double-compte(s) : Mircea Krantz
crédits : ours™
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Mer 5 Sep - 8:07

« The hands of the many must join as one, and together we'll cross the river. »
Juillet 1881 - Coldlake - Ohanzee
Sans qu'il ne la remarque, elle glisse un regard en arrière en l'entendant sortir de l'eau. Curiosité du corps, de l'adolescence aussi. Un fruit interdit pour Eve qui rêve de danger et d'aventures. Si elle vivait dans une grande ville, elle aurait probablement fait honte à son pauvre père en arpentant en toute hâte les rues des quartiers de bohème et d'artistes. Elle se jouerait des hommes dans un pays où les femmes sont reines de l'ombre.
Pas comme ici.

Ici, les artistes font croire que "les dames adorent les bains" au plus grand nombre pour justifier leurs envies lubriques de peindre des corps nus, à défaut de pouvoir en toucher apparemment. Foutaises, les femmes aiment être tranquille sans un regard d'homme posé sur elles.

Aussi, c'est son regard posé sur un homme qui lui offre un sentiment de vengeance accomplie. Au fond, elle est curieuse. Au fond, elle a envie de comprendre certaines choses, de poser des questions, de toucher, de sentir. Un attrait particulier, peut-être peu chaste, mais au moins une curiosité par rapport à la vie. Curiosité innocente, et en même temps...
Le voilà qu'il trottine vers elle. Il n'a pas du remarquer - et elle l'espère - ses prunelles brunes dégoulinant avec l'eau sur les muscles de son dos.

La réflexion lui fait aussi un sourcil. Le regard qu'elle lui adresse regroupe toute l'indignation, et en même temps le mépris du monde.

- Mêlez-vous de vos affaires, Isaac, tonne-t-elle alors que ses petits pieds commencent à fouler un sol moins humide, plus poussiéreux. Le soleil se couche bientôt, ils devront rentrer avant la nuit : aussi, elle coupe tout de suite par le bois et rejoint un sentier, sans mot dire, sans même vérifier que son ami la suit.

Dans son élément, elle prend une grande goulée d'air. Heureuse, satisfaite. Elle s'y sent bien.
Ses sens sont en alerte : elle craint plus les chasseurs du village que les loups et les monstres. Il y a plus de danger au centre ville pour une femme qu'il n'y en a dans la forêt pour un homme ; les prédateurs, au moins, ne font pas de distinction de sexe.

- Je vous trouve affreusement présomptueux, Isaac, de penser que je suis venue vous voir, s'indigne-t-elle enfin. Comme si je n'avais que ça à faire de venir vous voir barboter dans une eau sale dans laquelle il y a probablement des monstres. Évidemment qu'elle s'est arrêtée pour lui. Si ça avait été quelqu'un d'autre, elle aurait simplement tracé sa route. Son affection pour Isaac l'incite à passer du temps avec le jeune homme, que cela déplaise à son horrible père ou pas. Retenant un ricanement, elle toise le son ami de haut en bas. Son esprit réfléchi à vive allure, aussi, le sujet change à la même vitesse : Enlevez vos chaussures. Elles sont trempées, et vous allez vous blesser si vous marcher avec trop longtemps.

La voilà qui fait de même, par solidarité et par plaisir.

- La forêt est accueillante lorsque l'on prend la peine de la sentir.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 216
double-compte(s) : Ciulin Mari / Salomon Grass/Beitris Quiry/Kaelig Taur/Klaudia Bissot/ Simone Montespan
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   Ven 21 Sep - 18:16

- Mêlez-vous de vos affaires, Isaac !

Le jeune métisse se mord la lèvre pour empêcher un sourire de fleurir sur sa face de saint. Il se compose une impassibilité de façade qui fond vite en observant la péronnelle troquer son masque de médisance pour celui de la toute jeune fille qu'elle est. Les joues rosies par l'air frais du soir, son visage poupon se détend. Coimhe a toute l'ange lorsqu'elle s'en laisse le droit et que les barricades tombent.

Barrières bien vite de nouveau érigées.

- Je vous trouve affreusement présomptueux, Isaac, de penser que je suis venue vous voir. Comme si je n'avais que ça à faire de venir vous voir barboter dans une eau sale dans laquelle il y a probablement des monstres.
- Pardonnez-moi pour ce péché d'orgueil, Miss Perkins, fait-il avec un sérieux drolatique. Je me confesserais doublement pour cet affront.

Pincement de lèvres qui se veut discret. Ohanzee ne souhaite pas alimenter plus que cela l'indignation de sa seule amie. Elle est d'une incroyable pudeur en ce qui concerne ses propres sentiments et les maquille d'une insolence épineuse qui vise toujours à blesser l'objet de son affection. A l'aulne de ce barème de lecture, le fils Figtree se sait très aimé.

Caoimhe se retourne brusquement et ordonne d'un air péremptoire :

- Enlevez vos chaussures. Elles sont trempées, et vous allez vous blesser si vous marcher avec trop longtemps.
[color:bce5=#ffcc66- Très bien, fait-il docilement, s'appuyant sur l'assise d'un tronc de pin pour s’exécuter.

Il manque de s'étouffer en voyant sa compagne retirer ses souliers et ses bas. Les chevilles d'une femmes sont d'un érotisme extrême et il rougit jusqu’à la pointe des cheveux en la voyant ainsi dévoiler le bas de ses jambes alors qu'il n'est pas son époux.

- M.. Miss Perkins ! Vos... vous... balbutie-t-il complètement pris de court.
- La forêt est accueillante lorsque l'on prend la peine de la sentir.

Sourire éclatant comme sa beauté. Caoimhe a tout de la fée vespérale qui resplendit au coeur de sa Mère-Nature. Les saintes écritures ont beau dire : "La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine; La femme qui craint l'Éternel est celle qui sera louée." : l'impiété de Miss Perkins est notoire et Ohanzee ne saurait se méfier de sa plus chère et tendre amie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: +JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}   

Revenir en haut Aller en bas
 

+JUILLET 1881+ "Les rivières sont des chemins qui marchent" {Caohime&Ohanzee}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 14 juillet, pétard et feu d'artifice autorisé...
» Les BD qu'elles sont bien
» Joute de la seigneurie des trois rivières 2008 - 22/23 mars
» Les films qu'ils sont bien
» [ Films/Séries] Quelles sont vos films et séries tv préférés ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
≡ RAISE HELL. :: FAR FROM ANY ROAD :: out of the furnace :: flashback-