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 "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]

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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Sam 19 Mai - 18:04

- On a tous le droit d’être égoïste. Ohanzee… J’aimerai passer ces heures avec toi. Je suis aussi égoïste que toi. Soyons égoïstes à deux.

Les mots résonnent dans la tête du ressuscité. Ils sont doux, sucrés, comme les bouchées de ce pudding. Et comme le sucre, il empoisonnent le sang et les pensées. Ce ne sont que des mots, il ne devrait pas s'y fier. La première fois, il y a cru, et son coeur s'est délité en d'infinis morceaux. Pour autant, son palpitant s'affole, sa joie décolle. L'Ange est un volatile cruel et sincère à la fois qui plante ses serres au bon endroit. Létale félicité.
Le Bel Oiseau, y croit-il seulement, quand lui s'y accroche et s'y pend, y perd ses poumons et suffoque ?

"Je t'aime" a-t-il envie de hurler.
Le silence le fait à sa place.
Ohanzee a suspendu son crayon pour s'empaler sur ce sourire gourmand et satisfait. Ange semble heureux et détendu, loin de ses pensées macabres.
"Je t'aime" a-t-il envie de pleurer.
Ohanzee se contente de sourire tendrement, muet.

- “Nuit d'obscurs orages
Lumière fend le voile
Mortelle solitude”


Le cri se mordille la lèvre inférieure. C'est exactement ce qu'il a vécu cette fameuse nuit, cette  nuit terrible, où Dieu a mit Ange sur sa route avant de l'en éloigner. La Solitude d'Ange est pour Anthony. La sienne lui est dédiée.

- Je me souviens que de celui-ci. Je préfère retenir la poésie des autres. Ce que j’écris… C’est pour évacuer ce qui parasite ma tête… Une fois sur le papier, j’essaie d’oublier. C’est peut-être… bizarre. Ou absurde. Je relis pas ce que j’écris…
- Je dessinais... je dessine  de la même façon. Le carnet de l'année qui a précédé ma mort en dirait long sur le contenu de ma tête. Je n'aurais jamais l'occasion de faire cette plongée introspective...
- Tu arrives à me dessiner ? Je pourrai voir après ?

Ohanzee a un rire un peu gêné, pudique. Il retire son crayon et rabat la couverture de cuir sur son calepin. Il le fait glisser doucement vers Ange, comme il s'est offert à lui tout entier, une nuit d'orage.

- Tu peux voir maintenant...

L'amérindien a un trait énergique, vivant, qui capte, avec une brusquerie un peu crue, la Vérité. La Belle Vérité. Les maladresses demeurent, émaillent ça et là ses croquis. Pourtant, il se dégage une puissante impression de ces quelques dessins. Ange y est couché, attrapé au vol - là un sourire, là un regard voilé, là une expression inédite. Myriades de plumes. Il exsude du papier une sensualité palpable, au travers du charnu de cette bouche, du dénivelé de cette moue, de la grâce de ces poignets. Ange y est caressé avec un amour terrifiant.
Ohanzee éprouve une envie de fuir, de s'évaporer soudainement.
Disparaître pour ne pas laisser transparaître.

Car sa Vérité est là, complètement nue.

"Je t'aime", gémit le papier.
"Je t'aime comme un damné."

- Si nous sortions ? demande-t-il soudain. S.. Si tu te sens assez reposé....

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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Lun 21 Mai - 15:05

Les sourires d’Ohanzee sont des oasis au milieu du désert. Ange ne peut pas s’empêcher s’y boire. De savourer ces instants. Il ne sait pas combien de temps Ohanzee pourra le supporter. Lui et tout le bordel dans sa tête. Il savoure ce moment comme si c’était le dernier. Peut-il faire mieux ? Peut-il empêcher que tout finisse par foutre le camp ? Il ne veut pas y penser. Mais… Il y aura forcément quelque chose qui va mal tournée. Quelque chose. Ou quelqu’un. Ou lui-même avec tout ce qui ne tourne pas rond dans sa tête. Il aimerait dire quelque chose. Dire à Ohanzee qu’il n’a jamais été aussi bien depuis des mois. Que personne ne le rend heureux comme lui. Mais… Pourquoi le croirait-il encore ? Personne ne croit jamais ses mots. Peut-être parce qu’ils n’ont vraiment aucune valeur. Cela ne servirait à rien.

Et même quand ses mots sont pesés, pensés, écrits, cela ne change rien. Il a bien vu le trouble d’Ohanzee en entendant son poème. Il s’en voulait d’avoir parlé de ce poème. Sans réfléchir. Sans penser aux liens qui pourraient se faire. Sans penser à leur première nuit d’orage. Celle d’Anthony plus que la leur. Il ne voulait pas faire penser à ça. Il n’était pas question de ça dans ce haïku. C’était… trop compliqué.

L’introspection… ça n’apporte pas que des bonnes choses de toutes façons…” dit-il un peu perdu.

Il sourit au rire de Zee. De quoi a-t-il peur ? Quoi qu’il dessine, ce serait beau pour lui. Il n’était pas objectif. C’était évident qu’il ne le serait pas. Il pose timidement ses doigts sur le carnet. Il relève son regard vers Ohanzee. Un peu intimidé. Personne ne l’a jamais pris comme modèle. C’est un peu bizarre de se dire qu’on peut inspirer quelqu’un.

Merci… De me montrer.”

Il ouvre le carnet. Regardant les dernières pages surtout. Il est étonné. De se voir par le regard d’un autre. Il se reconnaît à peine. Il a peur de ce qu’il voit. Il peut être aussi beau ? Il sent tellement de beauté et d’amour dans ces dessins. C’est vraiment dérangeant. Et touchant. Il sent les larmes monter à ses yeux. Il se sent terriblement ému par ces dessins. Par ce qu’Ohanzee voit de lui. Il ne s’était jamais vu comme ça. Il se sent submergé. Il referme le carnet, le souffle presque coupé. Parce que c’est trop. Trop d’amour pour lui. Il ne sait pas gérer ce don. Il ne sait pas donner suffisamment en retour. Il ne veut pas blesser encore une fois. D’un coup, il se souvient pourquoi il s’est perdu sans aller le revoir. Pourquoi il ne voulait pas qu’Ohanzee le retrouve. Ensemble, ils se brûleront les ailes. Mais… Il ne peut pas fuir. Il ne veut pas fuir. Il sait pourtant que tout va finir mal, seulement, avant que ça finisse, ça pourrait peut-être être bien.

Oui.. Oui… Tu as raison… ça va… Je me reposerai ce soir… Ou demain… Ou quand je serai mort, t’en fais pas…” bafouille-t-il en refermant le carnet.

Il le rend à son propriétaire, un peu troublé. Il se leva, et alla vers le comptoir réglant leurs consommations en boitillant un peu. Il rejoignit Ohanzee dehors. Il ne savait pas très bien quoi dire, ou quoi faire. Le soleil l’éblouit un peu au sortir du petit commerce. Il allait leur brûler les ailes à tous les deux.

Ohanzee… Je…” Il secoua la tête, un peu perdu. “Non rien… J’ai oublié ce que je voulais dire… ça devait pas être important… On marche encore un peu ? Ou tu préfères qu’on rentre ? Peut-être… On pourrait aller dans mon jardin… On profitera du beau temps et… je pourrai me reposer un peu !

Ne m’aime pas. Abandonne-moi. Me laisse pas te faire du mal. Sois heureux sans moi. Laisse-moi. Je veux pas que tu sois blessé par tout ça. Me laisse pas t’aimer, Ohanzee.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Lun 21 Mai - 16:24

-Oui.. Oui… Tu as raison… ça va… Je me reposerai ce soir… Ou demain… Ou quand je serai mort, t’en fais pas…

Ohanzee pâlit. Son regard se fige sur une angoisse muette. C'est l'ouverture espérée par l'Oiseau pour fuir à tir d'ailes. Il paie, encore une fois, à sa place, comme si l'argent compensait  son absence de réponse à la seule question qui compte. Le ressuscité range ses affaires lentement et sort.
Ange le rejoint sous le soleil d'été. Trompeur. Ici, chaque nuage cache sa pluie.

- Ohanzee… Je…

Il se retourne, la chevelure baignée de contre-jour.

- Oui ?

- Non rien… J’ai oublié ce que je voulais dire… ça devait pas être important…

Le cri a un sourire mélancolique. Pour lui, tout est important : la moindre respiration, la plus petite syllabe, sa blondeur indiscipliné, et son regard perdu. Tout.
Même son commentaire.

- Sans doute...
- On marche encore un peu ? Ou tu préfères qu’on rentre ? Peut-être… On pourrait aller dans mon jardin… On profitera du beau temps et… je pourrai me reposer un peu !
- Il faudra marcher pour rentrer, de toute manière. Et il s'élance de cette foulée paisible et souple qui le caractérise.

Il  marche un peu devant, ne lui présentant que sa chevelure et son dos. Son visage est un livre ouvert, bien plus que ce carnet épouillant ses côtes de chairs pour ne laisser que son cœur saignant. En pâture aux corbeaux. L'expression d'Ange lui fouette encore l'esprit : trouble, émotion vive et peur. Cette frayeur qui vous étreint quand on découvre un secret que la conscience ne peut plus effacer.
Ohanzee ferme les yeux, et il marche.
Droit devant lui.

Les mots s'épuisent sur les petites banalités, s'émoussent et se tarissent. Ne reste que leur présence à l'un et à l’autre, pelotonnées dans le silence relatif. L'air fraîchit, une légère brise se lève. Le ciel s'est couvert à leur insu. Les nuages crèvent soudain, libérant un trop plein d'humeur. Les pluies d’août sont imprévisibles et les voilà, bientôt complètement cernés par l'orage.

Ohanzee ploie brusquement devant Ange et le fait basculer sur son dos.

- Viens ! Intime-t-il. Accroche-toi !

Ça n’est pas une proposition. Calant les cuisses de l’oisillon sur ses flancs, il se met à courir sous l'ondée. La triste promenade de retour prends soudain tout autre tournure. L'eau les transperce et les nettoie de leurs sentiments parasites. Ohanzee éclate de rire en cavalant, Ange arrimé à son cou.  Deux gamins en pleine chevauchée fantastique.
Ils reviennent beaucoup plus vite que prévu. Ils s'arrêtent au portail de la maison d'Ange, essoufflés et trempés jusqu’aux os. Hilares, aussi. Les glycines qui les surplombes ne les protègent en rien de leur propre grain de folie. Ohanzee consent alors à libérer son cavalier imbibé comme une soupe. Il le regarde dégouliner avec amour. Il glousse, tout aussi ruisselant.

Le baiser lui échappe, glissant sur l'humidité de l’atmosphère.
Ses lèvres trouvent celles d'Ange avec une gourmandise à qui l'on a lâché bride. Son corps et le sien partagent la même eau du ciel.

- E.. Excuse-moi, bredouille-t-il.

Il n'aurait pas du. Il ne devrait pas.
Il recommence malgré tout.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Lun 21 Mai - 18:16

Les mots ne voulaient pas sortir. Pourtant, ils le brûlaient de l’intérieur. C’est un feu qu’il ne pourra jamais éteindre. Il ne pourra pas faire taire ce qui naît au plus profond de lui. Ce qui résonne aussi en Ohanzee. Comment pourraient-ils le nier ? Ce qui les brûle. Il veut l’ignorer. Mais c’est impossible. Il y aura toujours une étincelle pour rallumer le feu. Pour tout consummer en lui. En eux. C’est comme ça. Cela ne s’explique pas. On rencontre quelqu’un un jour, alors qu’on y croit plus, et puis, tout se remet en route, le coeur se met à battre. Très vite. Trop vite. Et c’est si bon, qu’on a pas envie que ça s’arrête. On essaie de comprimer ces pulsations, les ignorer. Mais c’est impossible. Elles deviennent plus fortes. Plus assourdissantes.

Tu as raison…” souffla-t-il sans conviction.

Il n’en avait rien à faire de là où il allait. La seule chose qu’il voulait, c’était y aller avec Ohanzee. Il voulait le retenir. Il aurait voulu tendre la main, pour le retenir. Pour marcher juste à côté de lui. Pour lui dire son amour. Pour serrer sa main. Mais il marcha derrière lui. Juste derrière lui. Il dit quelques banalités. Sans même y penser. C’est tellement le bazar dans sa tête. Sa jambe lui fait mal. Plus qu’à l’allée. Peut-être parce que son esprit s’est obscurci.

Pourtant, quand la pluie commence, quand il voit Ohanzee se pencher devant lui, il arrête de réfléchir. Il s’approche de lui. Il se colle sur le dos de Zee. Il s’accroche en rigolant. Il ne sait pas ce qu’ils font, mais c’est à mourir de rire. Il sent l’odeur de ses cheveux. Ils sentent affreusement bons. Il aime tout ce qui émane de lui. Il s’accroche si désespérément à lui. Finalement, il devrait peut-être bénir ce loup. Sans lui, il n’aurait eu aucune excuse pour ça. Pour cette étreinte affreusement humide.

Il descend finalement de son dos, glissant au sol. Leur fuite ne les a pas épargné. L’eau les a trempé. Ils sont mouillés jusqu’à l’os. Ses cheveux glissent sur son front. Ceux d’Ohanzee ne sont pas mieux lotis, mais ils encadrent un si beau visage. Ange repousse doucement les cheveux de l’indien. Il rit avec lui. Il se sent à nouveau bien. Son coeur bat si vite. Il se sent planer. Il veut rester sous cette pluie avec Ohanzee. Il veut son baiser. Il veut ses lèvres. Il veut son amour.

T’excuse...Pas…

Un murmure. Un nouveau baiser caché par les glycines. Mouillés par la pluie. Il garde ses lèvres ancrées aux siennes. Il veut que cela continue. Il ne pourra pas continuer sans avoir le coeur qui bat comme ça. Il a besoin de vivre. Il a une furieuse envie de vivre. Il ne veut que ça. Avec lui. Seulement avec lui. Le reste du monde n’a plus d’importance quand il est là. Il veut tout oublier dans ses bras.

Il détache leurs lèvres. Presque coupable. Pourtant, il n’a pas de regret. Il ne pourra jamais résister. Il le sait. Ils se brûleront ensemble. Au moins, ils n’auront pas froid. Pourtant là, sous la pluie, il commence à claquer des dents, frigorifié malgré toute la chaleur dégagé par l’amour d’Ohanzee. Il attrape la main de l’indien. Il l’entraîne vers la porte. Il déverrouille la porte qu’il puisse s’abriter. Ils dégoulinent dans le couloir. Ange éclate de rire. Il frissonne mais il se sent si vivant. Il s’approche d’Ohanzee, il se met sur la pointe des pieds, il l’embrasse encore. Il s’accroche, il se blottit contre lui.

Je veux être vivant avec toi.” avoue-t-il d’une voix vive.

Il capte son regard. Il ne veut rien d’autre. Il veut être en vie. Il veut qu’Ohanzee soit vivant aussi. Il ne veut pas le perdre. Il ne veut pas cela.

Je… Je ne veux plus que les morts décident de ma vie…” ajoute-t-il avec une intensité rare dans sa voix.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mar 22 Mai - 5:13

Les baisers s'égrainent dans l'air frisquet, soulèvent de la buée à leurs bouche avides. Qu'ils arrivent jusqu’au perron de la maisonnée et parviennent à franchir son seuil, sans trébucher dans l'intervalle, demeure un mystère. Ohanzee et Ange sont empêtrés l'un à l'autre, tanguant tour à tour sous leurs poids additionnés, picorant peau à peau. Grêle et tendresse.
Le monde n'a plus la moindre importance.
Les errants ont perdu toutes incidences.
Il n'y a qu'eux, pour eux.

- Je veux être vivant avec toi.

Ohanzee plonge son regard dans celui de son aimé. Les mots -ce ne sont que des mots- incendient sa poitrine. L'expérience lui intime de se méfier, pourtant le cri la met en sourdine. Il y a quelque chose de vrai et d'éperdu dans cette déclaration.

- Je… Je ne veux plus que les morts décident de ma vie…

Un sourire terrifiant de bonheur se dessine sur le visage du métisse. Ce ne sont pas les bons mots -ce ne sont que des mots - mais la ferveur y est semblable. N'est-il pas un croyant ?  S'il peut accorder une foi aveugle en Dieu, il peu bien accorder le même crédit à l’honnêteté d'un de ses anges. Ohanzee décide d'avoir confiance, en dépit des poignards, des ombres et de l'avenir incertain. Il veut croire, vivre et aimer. La raison n'a pas voix au chapitre. Il attrape le Bel Oiseau par la taille, enfouit son nez dans sa cou. Conjugaison de corps. Équation absolue. Ils sont fait l'un pour l'autre.
Évidence.

- Je t'en fais la promesse, Ange ! A nous deux, nous leur tiendront tête. Nous allons vivre ! VIIIIIIVRE !


Ohanzee le soulève brusquement de terre et le fait tournoyer. Ils s'égouttent sur le carrelage du vestibule. Le rire chaleureux d'Ohanzee assainit l’atmosphère confinée. L'insouciant perd l'équilibre, se rattrape de justesse à la rectitude du mur.

- Aahahah... Bon... Mais, avant je crois qu'il va nous falloir éviter de mourir d'une pneumonie...

Il retire son haut, avec simplicité. Ses bandages on perdu de leur étanchéité. Ses doigt glissent sous les vêtements gorgés de pluie de son amant. Il ne s’embarrasse pas à déboutonner sa chemise, il lui fait passer au dessus de la tête, sans autre forme de procès. Le rosaire apparait sur son torse pâle. Ohanzee s'y attarde quelques instants, du bout des doigts,  avant de le bénir de ses lèvres et le creux de cette poitrine avec.

- Où est ta salle-de-bain ? demande-t-il en retirant ses chaussures dans un affreux bruit de sussions. Une douche chaude nous ferait le plus grand bien.

Essorant ses cheveux pour les poser négligemment sur une épaule, il s'accroupit pour libérer le pied blessé d'Ange du carcan de ses souliers. Il embrasse cette cheville abîmée avec douceur avant de la reposer au sol et de se redresser.
Il se laisse ensuite guider...
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mar 22 Mai - 16:34

Le bonheur d’Ohanzee le contamine. Comme son amour. Comme leur amour ? Il ne sait pas bien comment réagir. Il se sent juste lâcher prise. Sur ses émotions. Il se sent quitter terre. Littéralement. Et métaphoriquement. Il rit la tête dans son cou. Il veut tellement qu’ils soient heureux ensemble. Il veut tellement que cet instant dure pour toujours. Il veut sentir son coeur battre comme ça chaque jour. Il veut voler avec Ohanzee. Ou s’enfermer avec lui. Tout serait supportable avec lui. Ensemble, ils allaient vivre. Vivre jusqu’au bout ensemble. Il se sent emporté par ce tourbillon de vie. Il se sent emporté, il ne se sent pas perdu pour autant. Il a trouvé un nouveau sens à sa vie, un point de repère. Il a trouvé Ohanzee. Son rire se joint au sien, dans une chorale joyeuse. Il n’a même pas peur de s’écraser par terre.

Ce serait mieux de ne pas mourir trop vite !” rigola-t-il avec joie.

Ange se laisse dévêtir sans résister. Il aime quand Ohanzee s’occupe de lui. Ces attentions sont tellement douces, tendres. Il n’est pas habitué à cela. Il n’a de toutes façons pas le temps de retenir Ohanzee. Celui-ci est si prompt à l’aider comme si c’était un automatisme pour lui. Alors il se laisse faire. Il laisse ses mains lui défaire ses carcans. Il voudrait lui rendre la pareille, mais Ohanzee ne lui en laisse pas vraiment le loisir.

Au bout du couloir… Suis-moi…” souffle-t-il en attrapant la main du brun.

Il guide avec une lenteur mesurée le beau brun. Les couloirs lui semblent d’un coup moins vides. Moins lugubres. La lumière d’Ohanzee les rend plus chaleureux. Tout devient plus vivant. Il pousse la porte. La salle de bain est spacieuse, claire. La douche est assez grande pour deux. Ange se permet de défaire les bandages autour du torse de l’indien, délicatement, il déroule lentement. Il est rassuré de voir les plaies presque résorbées. Il pose les bandes souillées sur le lavabo. Il prend ses mains entre les siennes. Il l’embrasse, doucement. Il détache ses lèvres, se reculant d’un pas. Il finit de se déshabiller, retirant avec habitude le bandage autour de son pied. Il sautille jusqu’à la douche à l’italienne, invitant Ohanzee à le retrouver.

Il allume l’eau, qui devient vite parfaitement chaude. Il se glisse sous le jet. Il attend pour l’indien. Il l’accueille contre lui. Il repousse ses cheveux noirs. Il sourit. La chaleur les envahit. Peut-être pas seulement celle de l’eau. Leurs corps nus face à face. Ohanzee est terriblement beau. Ange en est troublé. Il pourrait juste rester là face à lui. Il pourrait le regarder des heures. Mais il sait qu’il doit prendre soin de son dos. Il l’invite à se tourner, il baisse le débit de l’eau pour que le jet glisse sur son dos. Il passe doucement un gant savonneux sur ses plaies, sans appuyer, juste pour nettoyer cela. Il rince ensuite, toujours avec douceur, déposant un baiser sur son épaule en conclusion.

Ton dos est nettoyé…” souffla-t-il tendrement.

Il l’invite à se tourner. Il se font à nouveau face. L’eau ruisselant sur eux. Il s’approche. Il accroche ses bras aux épaules d’Ohanzee. Il laisse sa tête s’appuyer dans son cou. Il profite de cet instant. De ce calme. Il ne sait pas s’il veut plus que cette chaste étreinte. Pas pour le moment. Il a juste besoin de sentir Ohanzee contre lui. Leurs deux coeurs battant à l’unisson.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 23 Mai - 7:54

+Heave is a place+

Just for moment
The briefest second
Paradise is just inside my reach
It's just for a moment
For the sweetest second
It's you and me

I don't know when I started loving you
Now it's all that I can do
Heaven is a place I know when I'm with you


- Au bout du couloir… Suis-moi…

Il le suit, sa main docilement dans la sienne.  La salle de bain est grande et virginale. Étrangement lumineuse. C'est presque religieusement qu'Ohanzee se laisse dépouiller de ses oripeaux. Chaque geste a un poids, une valeur, un sens à ses yeux. La peau laiteuse d'Ange est chose sublime, surtout mise à nue. Le cri déglutit en l'observant s’effeuiller délicatement, jusqu’à ce qu'il ne reste que son rosaire, autour de son cou.

Anthony est loin, à présent, si loin qu'il l'a oublié. Peut-on penser, naïvement, qu'un fantôme ne peut vous atteindre si on lui laisse aucune prise ?

Ange s'aventure dans la douche, l'invitant à le suivre d'un geste silencieux. L'eau s’enclenche et ruisselle sur sa beauté. Respiration en suspend. Ohanzee abandonne confusément son propre pantalon et ce qu'il lui reste de vêtements pour se joindre à lui.
L'espace confiné les force à se frôler. La buée couvre pudiquement les parois vitrées. Ohanzee n'ose plus dire un mot -ce ne sont que de mots- et se laisse manipuler par l'homme qu'il aime. Car il l'aime plus que jamais, c’est une conviction fervente en cet instant sacré. Ramenant sa chevelure alourdie par l'eau sur le devant de son torse, il savoure la tendresse sur ses plaies. Une autre foi, un autre temps. L'amour dispose un baume sur les traces d'une toute autre affection. Meurtrière, celle-là.
Son corps réagit, sensible à ce toucher, à cette proximité. L'intimité devient prière.

- Ton dos est nettoyé…
- Merci... dit-il d'une voix rendue vaporeuse.

Lorsqu'il se retourne, il lui est difficile de cacher son désir pour lui.

Ange se blottit, malgré tout, contre lui et Ohanzee l'enlace avec une délicatesse inouïe. Précieux moments de paix. Ses phalanges se perdent dans la toison blonde et détrempée. Il ferme les yeux, quelques secondes, bercé par les sons de leurs propres métronomes.
Il lui offrira une maison qui chante, une vie qui respire, un ciel bleu. Il lui tiendra la main jusqu’à la fin, peu importe si elle vient, quand elle vient, tôt ou tard. Il sera là. Il prête serment dans l'encombrement de sa tête. Sa paume glisse sur la nuque de l'Oiseau, la presse. Il sera le Nid, le foyer, l'ami, l'amant, le réconfort. Il sera solide comme le roc, souple comme l'argile. Quelque soit la place qu'Ange lui allouera dans son existence, que cela soit éphémère où non, il s'y coulera avec densité. N'est-ce pas le voyage qui est beau, plus que la destination ?

Ohanzee ouvre précautionneusement ses paupières, comme pour réhabituer ses rétines à la lumière.

Ses doigts s’égarent, suivent la courbure de cette colonne vertébrale saillante. Il sillonne entre ses omoplates, chute avec ses reins. Et remonte, lentement, comme pour savourer l'escalade. Ce n'est pas la meilleure idée pour évacuer ses lascives pensées. Un baiser sur cette épaule dépourvue de plumes. Il explore, toujours, cette pommette humide, cette bouche purpurine au galbe généreux...

- Ange, si tu ne m'arrête pas, je vais m'enhardir...

Son bas-ventre ne le démontre que trop, peau contre peau. Ohanzee dépose un baiser sur les lèvres d'Ange, chastement retenu.

- Arrête-moi...

Supplique.
Réitération.


- Arrête-moi...


Sa bouche s'entrouvre pour manger la sienne, maladroite famine.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Dim 27 Mai - 8:55

La buée comme une brume les cache du reste du monde. Il n’y a plus qu’eux. Un monde pour eux deux. Seulement pour eux. Ange aimerait cet univers. Finirait-il par se lasser d’Ohanzee ? Ou pourrait-il passer une vie à l’aimer ? Il n’a aucune certitude. Mais il a beaucoup d’envie. Beaucoup d’amour. Il voulait se noyer dans cet amour. Il veut nager dans ces eaux troubles avec lui. Il ne veut plus nager seul. Il veut se laisser porter par ce courant. Le contact de son corps contre le sien est une bénédiction. Peut-être qu’il comprend un peu la foi quand il est là. Il y a quelque chose de divin entre eux. Cet instant il veut le graver dans sa mémoire. Comme une bible du bonheur. Amour sans limite. Savourer les doigts dans ses cheveux. Savourer la main qui glisse sur sa peau. Frissonner. En redemander. Encore. Plus. Toujours plus. Il veut s’abandonner à Ohanzee. Il veut lui appartenir. Il veut s’offrir. Il veut tellement de choses et si peu à la fois. Tout palpite en lui. Désir de vivre. Désir d’aimer. Les baisers sont autant d’invitations qu’Ange ne veut pas décliner. Il veut tellement Ohanzee. Il veut son amour. Il veut faire parti de sa vie. Il veut le rendre heureux.

Ange relève la tête. Il croise le regard de son amant. Il n’a pas peur qu’Ohanzee s’enhardisse. Il l’attend même plutôt. Il veut aller à son rythme. Il l’embrasse doucement. Il se laisse aller à ses baisers. Il les savoure. Et il se fige en entendant sa supplique. Pourquoi veut-il qu’ils arrêtent ? Un doute passe dans ses yeux. Il ne veut pas que ça s’arrête lui. Mais… Il ne veut pas qu’Ohanzee fasse quelque chose qu’il regretterait. Il se souvient de son “âge”. Est-ce que c’est le blasphème qui lui fait peur ? A-t-il peur du courroux divin ? De quoi veut-il se protéger ? Ange ne sait pas quoi faire. Il veut tellement continuer. Il n’a pas envie de s’arrêter.

Il l’embrasse. Il ne peut pas. Arrêter, c’est pas ce qu’il veut. Ce n’est pas ce que veut Ohanzee. Alors, il ne l’arrêtera pas. Quand il détache leurs lèvres, il a le souffle court. L’excitation. L’envie. Le désir profond. Il regarde Ohanzee.

Je veux pas que ça s’arrête…” murmure-t-il simplement.

Ses doigts glissent dans les cheveux d’Ohanzee. Son corps trop mince se colle, se fond contre le métis. Il ne veut pas cacher son propre désir. Il est partagé ce désir. Cette envie de volupté. Cette envie de sensations. Cette envie de l’autre.

N’arrête pas…

Ses lèvres courent dans son cou. Il veut goûter son corps. Il veut l’apprendre par coeur. Il veut le découvrir. Entièrement. L’eau tombe encore sur eux. Comme pour cacher au monde leurs désirs. Pour que personne ne vienne les empêcher de continuer. Il retourne à ses lèvres. Impatient peut-être. Passionné avec certitude. Animé par la vie. Par la fougue. Fragile pulsion de vie. Il recule contre le mur, attirant Ohanzee. Son dos s’appuie sur la paroi froide, mais rien ne refroidirait ses ardeurs. Les caresses sont peut-être un peu précipitées. Ange se reprend, ralentit. Regarde Ohanzee. Se perd. Se retrouve dans son regard.

Aime-moi…” souffle-t-il avant de s’offrir dans un nouveau baiser.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Dim 27 Mai - 15:46

- Je veux pas que ça s’arrête…

Le baiser est profond. L'intensité de l'air a changé. Un souffle pour deux.
Délicieuse asphyxie.
Ohanzee sent se déliter,  les derniers murs de sa raison. La chaleur d'Ange est contagieuse, elle se meut en fièvre. Folie douce. Il n'est pas seul à crever de désir. Cette certitude effrite sa résolution de ne pas brusquer le fragile volatile.

- N’arrête pas…
- Ange...

Ses doigts s'égarent sur l'épine de ses hanches. Leurs ardeurs dansent l'une contre l'autre, plus honnêtes et plus franches qu'ils ne le sont. Peau contre peau, noyés par les eaux, Ohanzee soupire sous la pluie de morsures et de sucions. Ange l'attire à lui, tendrement provoquant, et lui n'a pas volonté de lui résister.

- Aime-moi…

Frissons.
Langues et lèvres content son impérieuse faim de lui. L’appétence du tout premier amour.
Dieu détourne pudiquement le regard.

- Je t'aime, si tu savais comme je t'aime...
gémit le métisse.

Ses gestes sont maladroits, mais sincères. Désordonnés. Fébriles. Incroyablement audacieux à ses yeux de novice. Ohanzee ignore comment l'on honore la couche d'un homme. Il ignore pourquoi il le veut, tout de suite et maintenant, tel un suppôt de Sodome. Le Seigneur peut bien le châtier par le feu, le transformer en statue de sel, il ne reculera pas.
Il l'aime.
"Pardonne-moi Seigneur..."
Ses  embrassades dévalent le torse éphèbe, humecté de séduction. Il tombe à genoux, muette vénération, paume en coupe sous le galbe de ses fesses épousant plantureusement ses phalanges. Ohanzee marque un temps d'arrêt devant sa virilité exquise, intimidé. La peur du péché passe au travers lui pour ne laisser que la certitude de ses sentiments. Avec passion, avec gaucherie, il bénit le membre érigé. La chaire pulse sous ses lèvres, brute et salée. La saveur ferrugineuse d'une plaie.

Ohanzee  lève le regard vers son amant, juste pour constater l'incendie dans ses prunelles, la tension dans chacun de ses muscles. Le plaisir, peut-être. Il en conçoit une hardiesse abrupte, qui l'enflamme au plus profond de ses tripes. A cœur vaillant -et vociférant son inclination- nul n’est impossible.

Il ouvre la bouche et s'empare d'Ange.
Il fait pleinement sienne sa roideur.

Vagues houleuses qui gonflent et qui tremblent.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Dim 3 Juin - 13:35

Je t'aime, si tu savais comme je t'aime…

Il aimerait savoir. Il aimerait ne pas douter. Il aimerait ne pas craindre l’abandon. Il aimerait fuir avant d’être dépendant de cet amour. Il aimerait tout arrêter avant de tout briser. Il aimerait continuer et ne jamais plus arrêter de vivre à ses côtés. Il aimerait lui dire de partir pour ne plus jamais subir ce sentiment trop fort. Il se sent broyé par ses sentiments. Douleur extatique. Il l’aime aussi. Il l’aime. Comme il n’a jamais aimé. Parce qu’il n’a jamais pu toucher Anthony. Parce que les autres ne le touchait que physiquement. C’est si intense. Si fort. Si vital. Si tu m’abandonnes, je meurs…

Les gestes sont malhabiles, mais son corps y est tellement receptif. Il veut sa peau sur la sienne. Ses lèvres. Ces lèvres qui se promènent sur sa peau, qui le rendent fou de désir. Il ne sait même pas quoi faire. Il se sent dépassé par les évènements. Comme s’il revenait à sa première fois, une seconde fois. Comme si tous les corps froissés ne lui avaient rien appris. C’était différent cette fois. Plus rien ne serait comme avant. Tout prenait du sens. C’était effrayant. Affreusement grisant. Libérateur. Angoissant.

Il ne comprend même pas comment Ohanzee peut prendre autant d’initiatives. Comment il fait ? Ange se laisse guider. Improbable. Ange ne peut s’empêcher de s’accrocher à lui. Ses mains s’accroche à ses épaules, ses cheveux. Gémissement. Frissons. Délice. Vice. Supplique inaudible de son prénom comme une prière. Un souffle. Un murmure. Ohanzee…

Trop de chaleur. Trop de sensations. Ange se perd. Se découvre. Plaisir si intense. Si vif. Il invite Ohanzee à se relever. Baisers affamés. Morsure du désir. De l’envie. De la peur de n’avoir aucune autre chance d’aimer à se damner. Pas précipités jusqu’à sa chambre. Chutes évitées de peu. Il enlace Ohanzee. Il veut se perdre en lui. Il le veut. Il l’aime si désespérément. Il s’enhardit. Il veut l’avoir pour lui. Il veut garder cet amour pour lui. Il veut être égoïste. Il veut rendre Ohanzee heureux pour qu’il n’aille jamais voir un autre. Il veut être unique à ses yeux. Il veut lui appartenir. Il ne veut plus de sa liberté. Il veut s’emprisonner de ses bras. Une cage qu’il ne voudra plus quitter. Des chaînes qu’il ne pourra qu’aimer. Il s’offre. Il guide. Il n’a jamais été aussi investi dans l’acte d’amour. Il découvre le vrai sens de ces gestes. Il gémit. Il halète. Il psalmodit son nom avec fièvre. Prêtre d’une religion païenne. Hommage aux déesses de l’amour et de la sensualité.

Extase. Ultime. Intime. Total. Perdition. Plus de repère.

Il reste collé à son amant. Blotti dans ses bras. Haletant. Epuisé. Il embrasse son cou, baisers papillon. Son coeur palpite si vivement. Ses mains s’accrochent dans son dos, pour qu’il ne parte jamais. Peur toujours au creux de l’estomac. Si cela n’avait été qu’une folie ? Qu’un égarement.

Ne m’abandonne pas. Ne me laisse pas, sinon je meurs.

Mortelle addiction. Vertige d’aimer. Vertige d’être vivant.
Toujours aussi sensible aux drogues.
Angoisse.

Ne me laisse pas.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mar 5 Juin - 16:48









"Mon fils,

Lorsque tu liras ces mots c’est probablement que je serais morte. La vie ne m'aura pas ramenée jusqu’à toi, mon tout petit, ma pelote d'ombre. Cependant, garde en mémoire que mon coeur ne t'as jamais quitté. Sache que tu as été un enfant de l'amour, du véritable amour.  Il y a, comme cela, de ces rencontres foudroyantes, marquées du sceau de l'interdit. L'attraction est irrationnelle et sans douceur pour les convictions. La raison et la conscience, ne sont plus maître mots de nos gestes. Nous laissons alors la destinée nous gouverner.  Cette sorte d'amour consume et pousse à l'oublie, à la réécriture complète et absolue de l'âme. Il ravage tout avec voracité, repu uniquement de l'autre. La lutte est inégale et nul être n'est armé pour s'en prémunir. Nous nous évertuons, pourtant, à naviguer dans le tumulte, à nous faire capitaine  de radeaux dérisoires appelés à couler afin qu'il ne reste rien de nous au terme de la traversée.
Ton père fut de ces rencontres qui bouleversent à tout jamais. Il s'accrocha à sa foi de toute ses maigres forces, tendant la main vers un dieu sourd à sa tourmente. Et, moi, moi je fus la sirène qui lui fit lâcher prise pour mieux le noyer.

Aimer c’est accepter de mourir et renaître encore une fois.

Tu es le fruit de cet amour, Ohanzee, et cette passion est l'histoire de ta chair. Elle te marque, elle te pétrie, elle ne concède ni ne transige. Un jour, elle s'exprimera au travers de ta lumière et tu comprendras que ton père ne fut qu'un homme et que cet homme m'a aimé jusqu’à la haine..."


Extrait d'une lettre de Cahoma Nakogee
datant de 1882, confisquée par Alaric Figtree
et jamais délivrée à son fils.


***

L'univers bascule et se restructure. Deux âmes se mélangent, se malaxent, ne sont plus qu'une seule et même glaise. Peau à peau, souffle à souffle, bouches gourmandes qui dévorent l'un ou l'autre, gémissement perdus entre deux gorges. Offertes. Ce qui est à l'un est à l'autre. Ce qui est à eux fait ployer le monde à genoux. Caresses désordonnées et gestes brouillons. Tendre. Concupiscence extrême et désir cru. Solfège du vice. La vertu se dépiaute, s’effeuille en orange pleine de sucre et de jus. Ohanzee se révèle dans la température de l'autre, dans le désir, et cette urgence qui n'en finit plus de lui vriller la carcasse. Cœur en fusion. Ferveur de la première communion. Leur union est intense et sans compromission. C'est un typhon qui fait perdre l'équilibre et la tête. Une délicieuse et extatique frénésie. Un naufrage.
La distance entre leurs corps lui parait toujours trop grande. Il bataille pour abattre tous les murs. Nulle prêche, pas un mot, le silence se peuple des suppliques, de soupirs et de leur noms, tour à tour murmurés.


Ohanzee.
                              Ange.



   Ohanzee.
                           Ange.


 Ohanzee.
Ange


Yeux dans les yeux, pour te boire jusqu’à la lie;
Prisonnier des serres de l'Oiseau,  éternel asservi,
 Ohanzee renie Dieu.














Et s'envole.











Leurs corps empêtrés choient sur les draps comme on chute d'une falaise. Essoufflés, palpitants, éreintés d'avoir nagé dans la violence de telles eaux. Ohanzee, allongé sur le ventre, sur lui,  respire le cou d'Ange et son parfum salé d'efforts. Il savoure ces bras qui l'enlacent comme s'ils affrontaient la fin du monde. C’est un peu le cas,  somme toute. Cette confession muette l'émeut. Les larmes lui montent aux yeux. C’est amour est partagé, consommé.

Sacrilège

Le Ressuscité repousse les tentatives d'abordage de sa cervelle. Il ne veut pas réfléchir. Il veut juste être heureux. L'inquiétude grimpe, pourtant, sournoise et s'entortille en nœuds dans son estomac. Ohanzee effleure la joue de son Ange, accompagne ce visage qu'il fait pivoter vers lui.

Ils se contemplent ainsi.
Longuement.
Pas un mot.
Pas un bruit.

De peur que le sort s’achève et que la magie se dissipe.
De peur que l'univers se rapelle à eux.


Ne dit-on pas que les péchés
ont de longues ombres ?
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 13 Juin - 11:21


Lové contre Ohanzee. Une barrière d’amour pour le protéger du monde. Pour les laisser vivre en paix. Heureux. Il aimerait que rien ne les réveille de cette oasis de bonheur. Pourtant, il sait qu’il devrait se lever. Qu’il doit probablement faire une injection de glucose en urgence avant qu’il soit trop tard. Excès sur excès. Trop pour son corps affaibli. Il aimerait rester éternellement à se perdre dans les yeux d’Ohanzee. Mais s’il fait ça, il pourrait se perdre à tout jamais. Nul doute que l’indien ne lui pardonnerait pas de mourir stupidement.

Zee… Je dois faire mon injection…” souffle-t-il d’une voix faible.

Il se redresse doucement. Péniblement. Le corps fatigué par l’euphorie. Si seulement il n’avait pas fait n’importe quoi ces derniers temps. Il sourit à Ohanzee. Il n’en avait pas pour longtemps. Il allait vite revenir.

Je reviens…” murmure-t-il pour rassurer son amant.

Il se lève, en équilibre instable. Il s’éclipse vers la cuisine, s’appuyant contre les murs autant pour se repérer que pour se maintenir debout. Il arriva dans la cuisine, retrouvant sa machine. Son compagnon de vie electronique. Mécaniquement les même gestes, même s’il sait presque d’instinct qu’il n’échappera pas au shot de glucose en urgence. Probablement. Le bip de la machine. Les chiffres trop faibles. Il se traîne jusqu’au frigo. Le stylo de glucose posé contre sa cuisse, le clac de l’injection. Il n’y a plus qu’à attendre. Il s’assoit sur une chaise, la vision peu claire, son bras s’appuyant sur la table, soutenant sa tête. Il devait attendre un peu. Être sûr que son état lui permettrait de passer la nuit sans risquer de se réveiller à l’hôpital. Il tend le bras vers la panière de fruit, prenant le premier aliment venu. Une pèche. Amusante coincidence. Il croque dedans. Cela fera toujours un peu plus d’énergie pour son corps exsangue.

Il entrevoit alors Ohanzee. Enroulé dans son drap. Vision de Paradis. Il ne peut s’empêcher de sourire. Un sourire apaisé, amoureux. Il l’aime. Il n’y a plus moyen de mentir. Il ne peut pas se mentir plus. De toutes façons, à quoi bon ? Est-ce qu’il ne va pas entraîner Ohanzee dans sa chute ? Sont-ils fait pour s’aimer ? Ne vont-ils pas s’exploser l’un contre l’autre, comme deux astres incompatibles que les lois de la gravitation pousserait à la destruction ?

Désolé… Ma glycémie est trop basse… Il faut que j’attende pour la contrôler à nouveau…” explique-t-il doucement. “J’ai… J’ai un peu fait n’importe quoi ces derniers temps alors… Faut vraiment que je mange à nouveau… Correctement…

Il grimace en disant ça. Ohanzee allait probablement s’inquiéter. Il y avait sans doute de quoi. Il n’arrivait juste plus à s’en faire pour sa propre vie. C’était assez pathétique de s’en foutre à ce point de soi. Non ? Il a un petit soupir, toujours nu, assis au milieu de cette cuisine impersonnelle.

Je peux pas mentir aux machines… Elles y croient pas quand je leur dis que tout va bien…” plaisante-t-il avec un petit sourire en coin.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Jeu 14 Juin - 4:25

Les minutes s'égrainent, paisibles. Ohanzee expérimente une sérénité et une satisfaction que même la prière ne lui a jamais concédé. Il respire l'odeur d'Ange, sa présence, sa peau de lait. Son regard  se noie dans le sien. Le monde extérieur n'a plus prise sur eux. C'est d'une perfection qui confine au divin, qui lui tire un sourire vaporeux.
Illégitime.
Il ne devrait pas se gargariser d'avoir cédé à la tentation. Pourtant, Ange est un être saint, malgré l'opprobre dont il s'accable -et dont il est peut-être coupable- malgré ses ailes coupées et son corps souffreteux. Il y a de la grâce dans l'azur de ses prunelles, dans l'albâtre de ce derme, dans l’ovale de ce pieu visage. Il l'ignore, juste. On ignore toujours ce que l'on est, ce que l'on vaut. Éreinté par leur union, le front baigné de leurs sueurs mêlées, Ange est à couper le souffle et suscite l'entière dévotion.

- Zee… Je dois faire mon injection…

Frisson.
"Zee".. C'est si.... intime. Personne ne l'a encore jamais appelé de la sorte.

- Je reviens…

Ohanzee le laisse s'envoler à contre-coeur. Il dévale la courbe de ses reins du regard alors qu'il vacille, savoure la vision audacieuse de ce galbe de fesse, contracté par la prise d'appui. Il se détourne vivement, constate que son corps réagit avec une honnêteté trop franche pour lui. Le pauvre s'enroule dans les draps pour cacher cette vérité inconvenante.

- Jésus-Vierge-Marie.... gémit-il en se frottant le visage avec les mains.

Il respire calmement pour se contraindre au calme. Il entrouvre finalement ses doigts pour scruter les moulures du haut-plafond. Il prend la pleine conscience de ses actes.

Il n'est plus vierge.
Il n'est plus innocent.
Il est amoureux.
Il est amoureux d'un homme qui, absent depuis une poignée de minutes, lui manque déjà.

"Sodomite !"
souffle la voix pernicieuse de son père
dans un coin de cervelle.

Ohanzee l'étouffe dans un bruissement de literie. Il se lève, nouant le tissu à sa taille et ainsi s'aventure-t-il hors de la chambre à la recherche de son amant. Il le trouve à la cuisine, la lumière de fin de journée baignant sa silhouette dépourvue d'artifice, une pêche négligemment croquée en main, son appareillage crocheté à la chair. Sublime. Ohanzee s'éprend d'une brusque envie de dessiner cette scène qui se grave dans sa mémoire durablement.

- Désolé… Ma glycémie est trop basse… Il faut que j’attende pour la contrôler à nouveau…
- Tu t'excuses encore... Fait le métisse en s'approchant d'Ange, une irrépressible envie de passer ses doigts dans ses boucles blondes.
- J’ai… J’ai un peu fait n’importe quoi ces derniers temps alors… Faut vraiment que je mange à nouveau… Correctement… Je peux pas mentir aux machines… Elles y croient pas quand je leur dis que tout va bien…

Ohanzee médite cette phrase, caressant délicatement la nuque de son aimé des deux pouces.

- Me mentirais-tu à moi ?
demande-t-il doucement. Je ne suis pas une machine. Je ne peux que croire en toi, peut-être... malgré toi... ajoute-t-il prophétiquement.

Inspiration brève. Il dépose un baiser dans ses cheveux ébouriffés par ses soins.

- Je vais veiller sur toi, Ange.

Son orgueil aimerait verbaliser qu'il fera de lui un homme heureux. La sagesse le tempère et le pousse au silence: ni lui, ni Ange ne savent de quoi demain sera fait. Ils avanceront main dans la main vers l'inconnu, c’est la seule certitude.

-Tu veux que je te cuisine quelque chose ? L'heure de dîner approche...

Une chance qu'il ne travaille pas ce soir.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Ven 29 Juin - 12:52

La silhouette de l’indien sur le seuil de la cuisine, c’est comme si le soleil décidait finalement d’illuminer ce lieu trop morne. Il ne comprend toujours pas pourquoi le soleil a décidé de rentrer dans sa vie. Il ne comprend pas. Il se trouve bien trop chanceux. Il sourit doucement. Heureux peut-être ? Il ne sait pas. Il se sent trop bien. Il attend l’erreur, que quelque chose de mal vienne compenser tout ça. Parce qu’il n’a jamais été heureux comme ça. Il y a toujours un revers de médaille, non ? Il aimerait savoir juste profiter. Mais il y a toujours cette méfiance. Pourtant, il aime sentir ses doigts dans ses cheveux. Il aime son odeur. Il aime le sentir si proche de lui. Il l’aime. Tout simplement. Mais… L’aimer semble aussi si compliqué. S’aimer, c’est si difficile. Il a tellement peur de le blesser. Il finit toujours par blesser ceux qu’il aime. Mais pas cette fois, hein ? Ohanzee ne le laissera pas faire ?

Il relève la tête. Il croise le regard de son amant. Sa question le fait frémir. Est-ce qu’il veut lui mentir ? Est-ce qu’il va lui mentir ? Sans doute. Parce qu’il ment tout le temps. Parce qu’il se ment à lui-même. Le pire mensonge serait d’assurer à Ohanzee qu’il sera honnête avec lui. Peut-être qu’il ne peut pas lui mentir à ce point.

Sans doute, mentir, c’est une seconde nature chez moi, tu sais…” souffle-t-il doucement.

Il soupire d’aise en sentant les lèvres d’Ohanzee se perdre dans ses cheveux.

Mais… J’essaierai de ne pas te mentir…

Il ne peut s’empêcher de sourire en l’entendant. S’il en était capable… Il veillerait lui aussi sur Zee. Mais en est-il capable ? A-t-il jamais su prendre soin de qui que ce soit ? Il n’en a jamais été vraiment capable. Comment pourrait-il veiller sur Ohanzee alors qu’il n’est déjà pas fichu de veiller sur lui-même ? Et puis… Pourquoi Ohanzee se charge-t-il de ce poids ? Il ne comprend toujours pas pourquoi il l’aime comme ça. Pourquoi Ohanzee est tant attiré par lui et tout ce qu’il y a de flingué en lui…

Tu n’es pas obligé… Tu sais pas tout ce que ça implique de veiller sur moi…” murmure-t-il sans vraiment savoir pourquoi.

Mais quelque part… Il veut aussi qu’il soit là. Qu’il ne le quitte plus. Il veut tout et son contraire. Parce qu’il l’aime mais qu’il a peur. Effroyablement peur d’être finalement heureux. Comment ferait-il si tout cela s’arrêtait ? Il n’en sait rien. Peut-être pour ça qu’il n’ose pas toucher Ohanzee. Il a peur qu’il disparaisse sous son toucher. Qu’il disparaisse de sa vie. Mais… Il pose la pêche qu’il a à peine entamé pour enlacer l’indien, se levant pour être un peu plus contre lui. Il embrasse ses clavicule. Un peu perdu. Ohanzee lui a posé une question. Il devait y répondre. Sans doute. Oui.

Si tu veux… Je… Je suis pas très habitué à cuisiner…” finit-il par dire, en se reculant un peu. “Je sais même pas ce qu’il y a dans les placards… Maria s’occupe de ça… Elle… Elle est gentille… Enfin je crois qu’elle a un peu peur de moi…

Il ouvre les placards un peu au hasard. Il laisse Ohanzee découvrir avec lui. Mais il arrête vite de bouger, s’appuyant contre la table. La tête qui tourne. Il se sent idiot d’avoir voulu bouger. Alors qu’il se sait à deux doigts de l’évanouissement.

Je… Je te laisse voir ce que tu veux faire… Je vais me rasseoir un peu…

Il se perche à nouveau sur la chaise. Finir la pêche. Manger un peu plus de sucre. Il croque dedans sans appétit. Il se sent si faible. Il aimerait être beaucoup plus fort pour Zee.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Ven 31 Aoû - 12:03

- Sans doute. Mentir, c’est une seconde nature chez moi, tu sais…Mais… J’essaierai de ne pas te mentir….

Ohanzee sourit doucement, le regard bienveillant.

- C'est faire preuve d'une très grande honnêteté que d'admettre ses propres faiblesses, tu sais ? Saches que la simple certitude que tu essaieras, me comble.
- Tu n’es pas obligé… Tu sais pas tout ce que ça implique de veiller sur moi…
- J'apprendrais.


La conviction martèle les clous de chaque syllabe. La dévotion du fervent est incommensurable. Ohanzee ignore, sans doute, lui même sa propre désespérance à trouver un but qui l'anime. Ange lui semble être la plus belle et légitime des causes. Dieu aura tôt fait d'abandonner son fils le plus pieux à présent qu'un homme oriente toutes ses prières.

N'est-il pas maudit, de toutes façons ?

- Je sais même pas ce qu’il y a dans les placards…
- Ne t'agite-pas, je vais bien trouver.
- Maria s’occupe de ça…
- Ta cuisinière ?
- Elle… Elle est gentille… Enfin je crois qu’elle a un peu peur de moi…
- Peur ? Pourquoi donc ? Tu n'a rien d'effrayant !
Ohanzee éclate d'un rire chantant et juvénile.
- Je… Je te laisse voir ce que tu veux faire… Je vais me rasseoir un peu…
- Oui, finis ton fruit... Ohanzee le gratifie d'un baiser sur le front avant de le laisser aller.

Il s' atèle à la préparation de quelque chose de simple. Quelques patates douces feront une parfaite purée. Les œufs qu'il trouve dans le frigo, accompagneront parfaitement, cuisinés au plat. Luxe infini, il dégote un semblant de salade verte qui agrémente bientôt l'assiette. Une vingtaine de minutes plus tard, les voilà de nouveau attablés.

- Seigneur, toi qui donnes pâture
Aux tous petits petits oiseaux
Bénis notre nourriture
Et purifie notre eau.
Amen.


Le bénédicité ainsi récité, Ohanzee invite Ange à se sustenter. Il lui sert de l'eau quand, il déclare soudain, poussé par un élan de vérité.

- Je ne veux pas que ça s'arrête.... Cette journée.... Il repose lentement la carafe. J'ai peur qu'en sortant de chez toi la réalité me rattrape et que Dieu me foudroie. Me trouves-tu stupide ?

Le ressuscité se mord la lèvre inférieure, les yeux perdus sur les reliefs de la nourriture.
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