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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Le soleil de midi | kabel

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Le soleil de midi | kabel   Mar 15 Mai - 7:53

Toutes les traces sont là, sous mes yeux. Difficile de passer à côté vu le peu de discrétion de ces créatures juvéniles. Les cadavres jonchent le sol d’Alberta depuis quelques semaines sans possibilité de passer inaperçue. Pas d’ordre de l’Organisation cette fois, simplement moi, juste moi et ma propre mission divine. Celle que tu continue d’essayer de me refuser. Travail des anges et des prédestinés dont je ne devrais pas faire partie. Travail que j’ai décidé depuis des années de faire envers et contre tout. Que cela te plaise ou non. Parce que mon avis devrait compter dans les décisions liées à mon propre avenir. Ce matin-là, comme tous les autres, mes prières me semblent amères. Mais mes mains se chargent d’armes, de balles, en prévision de l’avenir : de la traque.

Les traces m’ont mené à un amoncellement de maisons, même pas un village. Des ranchs ou des fermes, les détails m’échappent assez. C’était le centre de tout ce massacre, le centre presque parfait. Toutes ces tueries qui me serrent le cœur, me donnent envie de prier encore et toujours, mais l’heure n’est plus à ça. Dans la vieille voiture empruntée à un couple d’anciens, je me prépare. Psychologiquement plus que physiquement. Mes entrainements devraient suffire à ce que je puisse bouger de manière satisfaisante. Mais là, juste là, je prie. Parce que j’ignore quelles sont les chances pour que je m’en tire seul. Seul face à un nid de jeunes vampires. Seul face à une jeune confrérie. Peut-être que l’une de ces créatures avaient décidé d’imiter les codes familiaux des brebis ? Peut-être avait-il décidé de se faire sa propre famille. Sa famille de déviants. Sa famille de monstres. L’idée me donne la nausée. Mes lèvres viennent naturellement former une grimace terrible, tordant mes traits d’ébènes comme sculptés dans l’horreur.

Je pianote doucement sur l’ordinateur portable à ma droite, posé sur le siège du copilote, pour trouver la topographie des lieux ainsi que les traces de vies. Une formalité plus qu’une véritable épine dans le pied. Je me demande rapidement si les éleveurs sont encore chez eux ou s’ils sont déjà morts, mais la réponse me semble une évidence terrible : Les brebis ont été égorgées depuis longtemps, à commencer par leurs chiens. La pauvre bête demeure là, exsangue, sur le porche de la maison. Je la vois pendre sur le rebord de la balustrade en bois avec amertume. « Fais chier… » Pas les chiens… Sérieusement, personne ne devrait avoir à s’accoutumer à voir ce genre d’enfer sur terre. Terrible vie. Parcelles de terreur qui ne trouvent pas écho en moi. Je déteste ça. Inspirer. Expirer. Si j’approche davantage la voiture, ils vont m’entendre.

Des pieux coincés dans la ceintures, de l’eau bénite dans une gourde, du sang de mort sur chaque lame. Je suis prêt. C’est du suicide. Mais je suis prêt. Chapelet noir autour du cou, T-shirt gris foncé et jean usé passé par-dessus les rangers. J’essaye d’être discret. Il y a trois maisons en tout. Trois possibilités. Si jamais je fais du bruit dans l’une d’elle, je serais repéré et je serais un homme mort. Un homme condamné à tout jamais. Mais je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de l’enfer. La lutte continuera même après ma mort. Même après le trépas, je continuerais de me battre contre les démons. Je continuerais de défaire ces chaires putrides. Je continuerais de combattre le Mal. Je pénètre dans la première maison, priant dans ma tête. Une famille vivait ici. Des portraits partout sur les murs. Deux filles, deux pères, loin de tout. Je continue ma progression en silence. Cherchant les traces de leurs restes. Ils ne pouvaient qu’être morts. Des traces de sang. Je les remarquent enfin, sur le pas de l’entrée de la cuisine. Juste là, sur le plancher.

J’avance dans l’allée. Un cadavre sans tête, juste là. Comme arrachée, comme déchirée, comme dévorée. Mon cœur loupe un battement, mes yeux se ferment un instant, je prie pour le salut de son âme. Je ne peux rien faire d’autre. Ça et tuer ces animaux. Ces bêtes. Mon sang ne fait qu’un tour. Le sang autour de la victime est sec, le corps a déjà commencé à pourrir. L’odeur est affreusement âcre, laisse un gout sur l’arrière de ma langue. Je me penche sur lui pour voir le nombre de morsures, pour me donner un ordre d’idées. Ma respiration est saccadée, rendue rare pour ne pas trop inspirer de cette puanteur. Trois types de morsures. Je frémis face à ce spectacle de destruction, face à cette horreur. Quatre types. Le quatrième est celui qui lui a arraché la tête. Je vois ses traces dans son cou, comme s’il avait croqué un steak à pleine dents. De très grandes et terribles dents. La main sur mon Colt, je me redresse lorsque j’entends une latte craquer. Mon sang se fige, mon souffle se meurt dans ma gorge, mes muscles se statufient. Ils m’ont trouvé ? Comment ? Je n’ai pourtant pas fait de bruit. Mon odeur ? Merde. Et merde…
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: Le soleil de midi | kabel   Mer 6 Juin - 7:18


Soarele de la Amiază


Traque.
Un mot noble.
Un mot d'ordre.

Je jette un derniers coup d'oeil à la carte routière, un cercle au feutre rouge sur le point géographique où je me trouve. La Traque m'a mené jusqu'ici, corps de ferme isolés, en rase campagne, sur la nationale entre Alberta et Blackwater Falls. Un sillon sanglant de meurtres et de bétails exsangues. L'oeuvre de jeune convertis.
Les nids sont les mêmes quelque soit le pays et les oisillons sont tous aussi avides. Il est temps qu'un chasseur leur fonce dans les plumes avant de savoir voler. Peu importe leur nombre, leur fragilité est notoire et je ne suis pas un sang-coureur débutant.

Je gare la bagnole à quelques kilomètres. Un bon chasseur se détermine par son sens de la préparation. Je prends soin de me déshabiller entièrement et de m'enduire d'une décoction de goudron de Norvège, pour estomper mon odeur. Je change de vêtements, intégralement, m'affublant du treillis militaire et des godasses que je n'use que pour ce genre d'approche minutieuse. Mon parfum d'humain n’est bientôt plus. Jumelles, carabine et balles en argent  explosives avec réservoir de sang-de mort, sanglée dans le dos, machette et hache à une main forgées d'argent elle aussi, à ma ceinture, sacs pleins de terre bénie et purifiée par un prêtre.
Il est temps de me mettre en marche.  
C’est un lent travail de repérage qui me prend la nuit et la matinée pleine. Observation des cycles d'allers et venues. Comptage du troupeau. Il sont quatre jeunes actifs, des rabatteurs de bouffe pour les nourrissons trop faibles durant leur transition pour y parvenir. Ce sont  quatre vampires en pleine adolescence, au comportement erratique. Aucun "Père" pour les éduquer. C'est si "américain" cette manière sauvage de faire. Visiblement peu conscients des aléas de leur nature et des règles qui s'appliquent, ils s'en sont pris au chien de la maisonnée. Un vampire chevronné ne boirait jamais le sang d'un animal sauf si la survie l'y forçait.
Je ne m'émeus pas du charnier. J'en ai vu d'autre et j'ai mieux à faire. Je dispose des pièges tout autour de la zone, rependant mon terreau consacré en cercle, autour du regroupement de baraques. Sans me faire remarquer.


Midi sonne.
Et avec lui, s'invite un impromptu.

Rahat! Qui est cet abruti ? Il va niquer ma battue...
J'avance en rampant à ras de sol pour m'approcher. Un noir, avec des pieux à la ceinture. Ridicule. Un amateur. L'idée me traverse de le laisser se faire bouffer. Je viens à peine d'arriver dans ce pays, ce serait de mauvais gout. "La solidarité, Kaelig !" me sussurre Rhiannon. Pincement de lèvres. Un fin sourire lorsque je vois trois des strigoï venir à sa rencontre.

Laissons-le faire diversion.

Je l'abandonne alors que l'un des vampires l'aborde, sous le regard moqueur des deux autres.
Je pénètre dans la maison principale en passant par la porte de derrière. Il fait sombre. Une forte odeur de charnier me pique les narines. Ils ne nettoient rien ces sales gosses. J'investis la cuisine : plusieurs corps sont empilés sur la table, déjà consommés, comme me le confirme les morsures lacérantes un peu partout .
Œillade dans le salon.
Les meubles ont été repoussés contre les murs pour laisser plus de place aux matelas qui jonchent le sol.

Ils sont là.

Au nombre de huit ou neuf. Allongés, alanguis, repus de sang frais. Ils digèrent. Ils transitent. Machette au poing, je passe entre les corps et je m'abats sur eux, tel l'Ogre du Petit Poucet. Un, deux, trois... La mort définitive leur tombe dessus avec l'application de cailloux égrainés. Quatre, cinq, six.... Je fais abstraction des cris au dehors. Mon complice qui s'ignore est peut-être mort. Qui sait ? Sept, huit, neuf. Il va falloir que je règle leur compte aux plus agés.

Les escaliers grincent.
Le quatrième larron descend et, pétrifié par la scène de carnage des siens pousse un long et strident hurlement.

C’est l'heure des hostilités...
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: Le soleil de midi | kabel   Lun 25 Juin - 8:14

Il me fonce dessus avec une vitesse impressionnante. En à peine quelques foulées, il est sur moi, les bras croisés devant lui, et me heurte avec force. Il n’y a pas d’autres mots, je m’envole littéralement jusqu’à atteindre le mur, la créature sur moi. Je crois que j’ai entendu un craquement. Ca commence tellement bien.

La prochaine fois, je me contente des démons. Au moins, je sais faire.

Du bout des doigts j’attrape la machette à ma taille, que je plante quelque part dans le ventre de la chose. Un grincement proche du hurlement quitte ses lèvres alors qu’elle me lâche quelques secondes à peine, quelques précieuses secondes durant laquelle je glisse de son emprise juste à temps pour éviter de me faire décapiter à main nue. « Quelle merde ! » me glisse du bout de la langue, alors que je me jette sur le côté pour éviter les mains qui s’abaissent désormais vers ma nuque. Juste ce qu’il faut pour dégainer mon colt et tirer trois balles dans la tête de mon assaillant. Inutile, je sais, mais ça l’occupera quelques secondes. Il feule à nouveau, se tenant le crâne dans un bruit gargouillant répugnant. Je me redresse, machette à la main, fonçant sur ma proie en serrant les dents. Le nez plissé de rage, de dégout, d’amertume. J’ai mieux à foutre, putain. J’ai tellement mieux à foutre.

Dans sa douleur, il me rebalance d’un coup de coude directement contre le réfrigérateur. Je tire à nouveau sur lui, observant les deux autres du coin de l’œil pendant un très court instant. Ils ne bougent pas. Pourquoi ? Ils me pensent trop faibles ? Très bien. La créature trébuche sur le corps putréfié en voulant se tourner vers moi et j’en profite allègrement, sautant sur lui, la machette en avant. De tout mon poids sur la lame, je décapite la bête. Le sang éclabousse mon visage. Ce sang qui n’est sans doute pas le sien. Celui d’une victime probablement. Je ne sais pas comment fonctionne les vampires, mais je doute qu’une simple perfusion fonctionne.

Je me relève de derrière l’ilot de cuisine, et les deux confrères de l’autre comprennent enfin ce qu’il vient de se passer. Je ne survivrais pas à deux de ces saloperies. Il allait falloir observer un retrait stratégique. Ils me foncent dessus alors que je suis déjà en train de fuir. Je me jette par la fenêtre, alors qu’ils me suivent sans réfléchir. De la rage sans doute. De l’inconscience de toute évidence. Je roule sur l’herbe brulée par le soleil, une douleur aigue se répandant dans ma cage thoracique. Quelques instant après je quitte le sol, attrapé par l’une des créature par le cou pour me ramener à l’intérieur. Son geste est tremblant. Ils hurlent tous les deux. Ils hurlent à gorge déployée et ce son me semble répugnant. Comme s’ils bavaient en même temps toute leur humanité. D’un coup sec je frappe la main qui me tiens d’un coup de machette : il me lâche. Je recule. Mon souffle est chaotique, ma bouche remplis de sang. Je sors de nouveau le colt et tire à plusieurs reprises à l’arrière du genoux de mon nouvel assaillant. Celui-ci manque de tomber, mais je n’ai pas besoin de davantage.

M’avançant, j’attrape son autre jambe pour y donner un grand coup de lame. La créature se roule en boule soudain, comme comprenant ce qui l’attend. L’autre s’est enfuis à l’intérieur alors que je décapite son frère. C’est difficile de faire pénétrer la lame. Je crie de rage, j’y mets tout mon poids, le genou sur le dos de la main alors que je tranche dans le vif de la bête. Sans tarder je me relève, shootant dans la tête pour l’envoyer valser au plus loin et ouvre mon colt pour observer le chargeur. Je compte les coups tirés. Huit, je crois. Pas de place pour les croyances, pas ce genre du moins. Je prie pour qu’on me prenne encore pour un faible. Je prie pour m’en sortir. Je prie pour avoir l’occasion de me renseigner davantage sur les vampires avant de m’y reprendre. Je fronce les narines et avance vers la maison, l’arme au poing, cherchant celle qui s’est échappée, l’espèce de femme disloquée. La douleur m’éveille plus que jamais, l’adrénaline fait pulser mon cœur dans mes tympans. La violence coule dans ma gorge comme si je pouvais la boire.

La prochaine fois, je ferais mes devoirs.

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MessageSujet: Re: Le soleil de midi | kabel   Jeu 23 Aoû - 9:43

C'est ça, chiale, strigoi.

Je déteste cette humanité qui suinte
quand vous singez la tristesse.
Je hais votre simulacre...

Je fonce vers le vampire en peine. Ma machette pénètre sa carotide comme du beurre, découpe trachée, cisaille l'os entre deux vertèbre. Brisure nette de la colone. Giclée de sang noirâtre sur le papier peint. La tête se détache du corps et rebondit sur une marche, deux, trois, roule jusqu'à la plainte du mur. J'essuie la lame sur un des rideaux.

Il est temps de voir si "Mister Diversion" est toujours vivant.

J'enjambe les macchabées sans me presser outre mesure. Lorsque j'ouvre la porte d'entrée pour emplir complètement l'espace, je vois la femelle courir sous le soleil rasant, fumant à moitié. Le chasseur noir, quelques mètres plus loin, tient son arme en joue. Un, deux, trois trous. Sur ses huit tirs, trois bastos se logent dans le buste de la vampire. Lorsqu'elle lève son visage déjà cloqué, c’est pour voir que toutes ses issues sont bloquées. Derrière il y a l'autre, devant il y a moi, tout autour le soleil rasant de midi.
Elle recule, trébuche, la terreur s’immisce dans son corps entre deux vies. Elle ne doit pas être transformée depuis longtemps pour conserver à ce point des réactions humaines. Lentement j'avance vers elle, un pas, après l'autre. Les brûlures du jour l'affaiblissent et la poussent à une panique qui désordonne ses mouvements. N'ais crainte, petite, je viens te libérer. Je la surplombe bientôt.

- Pitié... Pitié..... murmure-t-elle.

La machette s'abat, précise et sans bavure sur sa gorge craquelée. La puissance de mon poignet et l'expérience ne m'y font pas reprendre à deux fois.

C'est fini.

- Rămâi cu noaptea....

La pointe de mon arme s'enfonce dans son oeil et empale sa caboche. Je ploie pour attraper sa carcasse décapité. Elle traîne dans la poussière, le temps d'atteindre le nid et d'être balancée avec les restes de ses congénères. Vulgaires déchets.
Je rebrousse chemin, marche jusqu'à mon camarade involontaire et lui passe devant sans un mot. Je m’attelle à ramasser les deux cadavres de son fait - un sous le bras, un autre calé sur l'épaule- et à les conduire à demeure. Leur dernière demeure.

Légère pause à niveau du noir suant et époumoné.

- Il faut brûler la ferme. Trouve-moi le bidon d'essence du tracteur. Intonation autoritaire de celui qui a l'habitude de gouverner. Trois pas dans la cour avant de m’interrompre. En crever deux quand c'est sa première fois, ça n'est pas si mal...

Sourire matois sous la barbe, regard vaguement moqueur. Je vaque à nouveau à mon travail de nettoyage de cimetière.
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MessageSujet: Re: Le soleil de midi | kabel   Sam 22 Sep - 8:19

La créature s’arrête sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Elle me regarde, puis regarde vers la porte et alors je comprends. Je comprends qu’il y a l’autre, hors de mon champ de vision. Je comprends que s’il s’avance de deux ou trois pas, je pourrais le voir armé et probablement prêt à en découdre. Mon souffle se calme et mon cœur commence déjà à battre moins vite : c’est terminé. Ma lèvre inférieure est éclatée et du sang ne cesse d’en couler dans ma bouche ; sur mon menton ; dans mon cou. Mon pantalon est légèrement éventré, laissant voir les profondes griffures laissées par la précédente saloperie décapitées qui essayait de se débattre peu de temps avant que j’en finisse avec elle. Les cafards ne veulent jamais mourir.

Je me racle la gorge, rassemblant le sang qui coule dans ma bouche pour cracher plus loin alors qu’effectivement l’homme s’élance. Il est massif, probablement aussi grand que moi mais plus musclé je crois. Difficile à voir avec son complet militaire et dans le feu de l’action. Pendant ce temps, je ramasse la machette et l’essuie sur ma cuisse avant de la ranger dans son étui dans le bas de mon dos. Qu’est ce que j’ai mal aux côtes putain, c’est un calvaire.

Je le vois qui approche pour ramasser le cadavre près de moi après avoir ramassé celui de la femelle dont il s’était occupé, l’autre étant toujours dans la cuisine. Il ne semble pas s’occuper de moi, avoir bien mieux à foutre. Moi aussi j’ai autre chose à foutre. « Il faut brûler la ferme. Trouve-moi le bidon d'essence du tracteur. » Il donne des ordres comme quelqu’un qui le fait tous les jours déjà et je suis trop fatigué pour m’en formaliser. Manifestement, il sait ce qu’il fait. Bien plus que moi. Je me redresse, pose ma main sur mes côtes endolories et dodeline. Mais je suis interrompu lorsqu’il continue. « En crever deux quand c'est sa première fois, ça n'est pas si mal... »

Techniquement, c’était la troisième fois. Mais on va pas chipoter. Je dodeline en remerciement, pas encore capable de récupérer ma voix. Trop d’effort, je suis exténué. Et c’est difficile de reprendre ma respiration puisque mes côtes me font souffrir dès que j’inspire. Ou que j’expire. Tout le temps en fait. J’approche du tracteur et fouille l’espèce de coffre à l’arrière pour y trouver plusieurs jerricans d’essence. L’un particulièrement bien entamé, mais les deux autres encore plein. C’est donc sans plus attendre que j’attrape les deux  à bouts de bras, retournant vers la baraque avec la ferme intention de ne pas m’éterniser de trop par ici. Les voisins se bousculent pas particulièrement, mais les bruits de coups de feu résonnent assez pour avoir alerté les gens autour.

J’entre dans la maison par la cuisine : la porte cette fois, pas la fenêtre. Le gars que j’ai décapité n’est déjà plus là. J’entends du bruit dans la cuisine et décide de m’y rendre, puisque de toute évidence c’était là que la petite fête se déroulait. « La maison la plus proche est à 1km et demi environs. Si on a du bol, ils ont jamais entendu de coups de feu et se demandent encore ce que c’était. Dans tous les cas, faudrait voir à pas trainer ici. » Je préfère balancer des évidences plutôt que de partir du principe qu’il le savait. Peut-être que ça nous sauverait la vie plus tard. Je dépose les deux jerricans sur la table. « C’est tout ce que j’ai trouvé. » Et je me détourne pour le laisser faire ses trucs. De toute façon, s’il a besoin de moi, il m’appelera. Je regarde dans le miroir l’état de ma gueule et soulève mon T-shirt. C’est un florilège de marques noires qui s’étendent sur ma peau brûlée, des traces de griffures par ci par là. Je tire clairement la gueule : va falloir aller voir les docs de l’Organisation si je veux qu’on évite de me poser des questions.
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