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on vous invite à privilégier les fantômes, les djinns et les petits humains
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 Éphémère || Gab' R.

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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Mer 10 Oct - 5:41


Regard qui se plisse alors que je suis posé, la jambe désormais prête à refaire des marathons ou presque. Froid sur le rond des phalanges, sans rien dire, pour calmer la douleur qui s'est logée dedans. Et je te regarde ainsi, quand tu me dis savoir protéger les maisons d'autres choses que les gens. Tu comprendras que ça fait écho en moi pour certaines choses... Alors y'a pas grand-chose qui s'échappe de moi, juste le mégot qui se fait écraser dans le cendrier sur la table basse. T'as pas vraiment l'air là, avec nous. Me plais pas des masses, j'avoue. Trop pensive. Jamais bon de trop s'enfermer dans ses pensées. Crois-moi. J'inspire, laisse Selen faire la conversation, te laisse raconter le tout, me crispant quelque peu à la mention des potes. J'ai l'impression que j'ai pas éclaté assez de gueule soudainement dans cette ville. Mais je crois qu'au bout du compte, ça me gonfle très fort. J'ai plus de patience, Jhae.

Fillette, on va causer entre adultes. Je me redresse à peine, laisse tomber le frais contre la table aussi, avant de te saisir le visage entre mes pognes. Je sais pas ce qu'il se passe dans ta tête mais arrête de penser que t'es la seule à devoir porter ce poids. Je te regarder dans les yeux, tant pis si tu fuis ce contact-là. Tu veux ruiner ce qui a été fait aujourd'hui, le rendre caduque pour de vrai ? Alors ok, casse-toi. Abrupte, tel un flan escarpé, trop érodé quand même. Tu le dis toi-même qu'il approchera pas d'ici alors, putain, pourquoi tu veux te casser et rester seule ? Si t'as envie de chialer Jhae, tu peux le faire ici. La chambre se ferme à clef, t'y vas et tu relâches tout et on fera semblant de rien entendre, bordel. Si tu veux jouer à la grande fille, je t'en prie. Moi je suis trop fatigué. Ou alors t'acceptes cette putain de main tendue et tu la saisis entièrement. J'ai déjà un pied dans l'affaire et crois-moi que j'y foutrais les deux si tu veux jouer à la grande qui veut tout faire toute seule. Tu connais la subtilité ? Bah pas moi. Tu te sens de trop, peut-être ? Faut quand même que je tente de comprendre. Bah c'est pas le cas. L'a jamais été, même si je reconnais que j'étais qu'un connard quand on s'est rencontrés, ok ? J'inspire, te repousse un peu les mèches en arrière. Je t'aime vraiment bien, Jhae. M'oblige pas à me faire du mouron, j'ai plus l'âge pour me ronger les sangs parce qu'on pourrait être aussi tête de mule que moi. S'il te plaît. Et je me baisse pour t'embrasser le front. J'ai déjà ma gosse pour ça et crois-moi qu'elle a trop bien hérité de son padre à ce sujet, bordel. Je tente un bout de sourire en reculant. Dis-moi tout, Jhae. Je t'écoute. Je suis là pour toi. Je le serais toujours. Promesse. Va pas te faire tuer... Inquiétude.
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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Mer 10 Oct - 7:42


Jhælynra, Gabriel & Selen
« Éphémère»

Où pouvait-elle aller ? Où pouvait-elle se réfugier et protéger les autres du carnage ? Où pouvait-elle... « Fillette, on va causer entre adultes. » Elle ne voulait pas. Elle voulait rester là, briser la fenêtre avec son front et qu'un bris de verre se plante dans sa gorge. Sort réglé. A jamais. Sauf que Gabriel fut là deux secondes plus tôt que prévu.

Il la contraint, sans trop de mal de sa part non plus, à le regarder dans les yeux. Elle pouvait décrire toutes les déchirures et autres cicatrices qu'il avait sur cette face. Elle pouvait voir son grain de peau et comprendre qu'elle n'avait jamais été aussi près de lui. Et encore une fois, elle se fit malmener. D'abord un peu fuyant, le regard fini par se planter dans les yeux de l'homme s'écarquiller au fur et à mesure des paroles. Comme si elle n'en avait pas eu assez. Alors elle ne le supporta pas. Elle voulu hurler, crier, mordre mais, tout ce qu'elle fit, fut un appel à l'aide plus fort encore. Ses deux mains se levèrent et agrippèrent ses épaules « Arrête... » La petite fini par baisser la tête et ne plus retenir ses larmes. Et alors qu'il termina son discours, elle finit contre lui, la tête dans le creux de son torse contusionné, à crier sa peine.

Il se passa plusieurs secondes, peut être une minute avant qu'elle ne puisse reprendre son souffle et ses esprits « Tu en as assez vu dans ta vie Gabriel. Je voulais juste te donner un peu de répit. M'en aller et que tu n'aies plus a penser à moi et à ce qui m'attend dehors. Je voulais juste... que tu te reposes, après cette vie de labeur qui ne t'a pas épargnée. Je voulais juste... T'aider. » Elle ne releva pas la tête « Mais tu n'en veux pas de mon aide, tu n'en voudras jamais et même si je protège ta maison, je ne pourrais jamais faire plus et ça me fend le cœur de te voir te heurter à quelque chose que tu ne me laisse pas t'éviter. » Reniflement gracieux « T'as une fille. Tu as déjà une fille. Et je me sens stupide de faire comme si j'étais la deuxième. » Les yeux verts embués, détruits. Le visage morne et dévasté. Il n'y avait qu'un champ fertile après un incendie ravageur « Parce que je m'attache à toi. Même si t'es un connard. » Ce n'était pas Jhae qui le disait, elle reprenait juste ses paroles, accentuant le ton comme si ça avait été Gabriel qui le disait, sans en faire trop pour autant « Et tu me l'as dit dès le départ que tu me tiendras jamais la main sauf que moi, je n'arrive pas à le comprendre, j'arrive pas à la lâcher. » C'était difficile.
Trop difficile.

Jhælynra était démunie et se sentait atrocement seule. Non pas que son gardien n'avait pas fait son travail, loin de là même. Juste qu'elle n'arrivait pas à bien démêler les sentiments négatifs qui se bousculaient en elle et qui se mourraient dans ses larmes. Les mains s'accrochant toujours à cet homme, comme seule ancre saine dans cette vie « Depuis que tu es là, tu m'as montré qu'au fond la vie, c'était pas si terrible et que le bonheur pouvait être partout. Que j'étais mieux à sourire qu'à pleurer. Mais je ne peux pas satisfaire mon bonheur en ignorant le tiens. J'y... J'y arrive pas. Et tu le sais, parce que si je ne t'ai pas contacté depuis la fête à l'hôtel, c'était pour éviter ce qu'il vient de se passer. Il peut arriver tout à tout le monde mais pas à toi. » Elle finit par frotter ses yeux, vision devenue totalement floue avec les sanglots « Je veux pas te protéger, je veux juste t'épargner. Alors pardon. Pardonne moi de pas savoir lâcher ta main. Parce que je ne t'apporte rien, je suis inutile... » Son cœur était serré, sa gorge nouée, son corps complètement fébrile, sa mine blanche. Jhaælynra adorait sentir les doigts de son mentor retirer des mèches collées à ses joues larmoyantes. Parce que c'était plus qu'un simple type là pour la protéger. C'était Gabriel. Elle avait apprit à le connaître à voir des facettes différentes de lui en si peu de temps, à évoluer à son contact, à lui montrer combien ses enseignements durs ont été efficaces. Elle ne pourrait jamais partir en lui claquant la porte au nez. Elle était d'une reconnaissance infinie envers lui, à jamais, elle le savait. Mais elle était malade de comprendre que lui, n'avait pas besoin d'elle au sens propre. Qu'elle ne lui apportait rien. Elle le disait mais avait du mal à l'accepter. Alors certes elle ne partira pas, elle s'installera ici quelques temps, mais c'était avec un cœur lourd et un esprit rempli de sentiments oppressants.

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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Mer 10 Oct - 8:32


Je suis désolé, j'ai pas arrêté. En fait je le suis pas. Je préfère largement ça. Te voir chialer en te recueillant contre moi. Histoire de te dire que cette épaule t'accueillera toujours. Que tu peux t'y poser, que c'est pas un souci pour moi. Alors je serre fort, une pogne dans ta tignasse colorée et je t'écoute, un bout de mâchoire contre ton crâne, à te bercer doucement comme je peux que le faire, même si j'ai pas envie de noyer tes mots. T'en fais pas, j'écoute ma grande. Et je reviens juste tes mots, je retiens tout ce que tu me dire. Et y'a un coup dans le thorax, à un moment. Je ferme les yeux, parce qu'il est là. Qu'il écoute. Que je peux pas croiser son regard maintenant. T'es pas la seconde, gamine. J'inspire, avant de rouvrir les yeux, de regarder le mur d'en face, dans lequel s'inscrit tes mots pour que jamais je n'oublie. Et je te garde là, incapable encore de te rendre à la vie dans le fond. Parce que c'est une salope qui te fait chialer plus sûrement que je pourrais le faire. Alors épanche toi petite, vas-y, je tomberais pas au combat de sitôt. Et tu sais, même si tu me fous des coups à ta façon, ça me fera que me relever plus fort encore. Et je compte bien te faire la même chose, que tu dresses fièrement un beau jour. Alors quand tu te dégages un peu, je viens te frotter les joues, éloigner encore ses foutues mèches qui veulent plus faire qu'une avec ta peau. Et je regarde, toi et les rougeurs que les pleurs donnent, mal assuré sur l'instant. Inspire, Gab. Inspire.

T'es la troisième. Ça me cisaille la gorge. Pardon Selen. Tout comme. Je t'aime fillette et tu me rends heureux, même si je montre rien, même si je dis pas grand-chose, que je la ferme et que je joue au fier. Pouce sur ta peau encore, à chasser les larmes qui veulent encore s'échapper. Tu crois que tu m'aides pas, que tu m'apportes rien ? Voix qui se brise un peu, alors que je déglutis. Tu m'as empêché de m'effondrer ce soir-là. De me saouler jusqu'à m'anesthésier tout entier. Tu m'as tenu la main directement, t'as accepté de me laisser te voir grandir, de me laisser être quelqu'un d'autre qu'un putain d'ivrogne. Je... Les yeux vers le ciel un instant, pour contenir l'émotion. Je veux pas finir comme mon père, Jhae. Une longue inspiration, une longue expiration, j'en reviens à toi. Prendre soin de toi, ça me rappelle à chaque instant que j'ai pris une autre voie que lui, que... L'ébène qui revient dans tes prunelles, qui se plante de nouveau-là. Que j'ai évolué... Jhae, tu m'apportes bien plus que tu peux le croire. Tu me forces à être plus doux, à être moins con. À me faire regretter de dire les choses trop durement, à me rappeler qu'il y a un coeur sous la carapace auquel faut faire gaffe. Les doigts qui resserrent ta peau, tandis qu'ils tremblent. Mais je suis incapable de rester là sans agir. Je préfère crever cent fois que de rester sur le côté à rien dire, rien faire... C'est une agonie bien plus terrible... Plus jamais. Je veux plus de tout ça, Jhae... Et surtout, je veux pas que tu me prennes en pitié ou quoi, ma belle. S'il te plaît. Pense pas que j'ai besoin d'être ménagé. Pense pas que j'ai besoin de repos. Pense pas que je veux de tout ça. Hésitation. J'ai trop à étouffer pour ça... Les paupières qui se ferment, le regard qui disparaît quelques instants. J'ai besoin... Besoin de toi, de Selen, de Vesper, de... Tu peux le faire, Gabriel, une pogne qui vient se perdre contre une cuisse de Selen. De vous tous... Même si... Même si je le dis pas... Et je tremble tellement. La voix qui s'écroule au fur et à mesure. T'es pas inutile, fillette... Alors crève pas, putain... Reste pas toute seule... Et comprends... Les rideaux de chair qui se relèvent, moi qui reviens te voir. Comprends que t'as connu Gabriel directement, là où d'autres l'auront jamais rencontré...

T'as passé outre Chunk. Il a tenté, tu sais, de se faire voir, de dresser la barrière. Mais t'as le regard trop grand, trop humain. Je me suis noyé dedans. Mais je vais pas pleurer. J'ai trop appris à me contenir et j'ai trop chialé dernièrement. Je peux que t'offrir l'émotion brute. Que le langage du corps aussi qui tremble pour deux, pour trois. Tu peux comprendre, pas vrai ? Que je suis que faiblesse, quand t'es dans les parages. Une chair mise à nue dont tu découvres tout à chaque fois. Capte-le, ma belle. Vous êtes mon air.
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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Mer 10 Oct - 11:11

Je suis K.O. sur le ring. Trop de coups reçus. Ma peau n'a rien, c'est l'âme qui prend, bien tapie au fond, sous mon air détaché, sous mes yeux qui parlent sans savoir la protéger. Même la fumée ne me cache plus, même elle m'a abandonné face aux paroles chargées que vous vous balancez. J'écoute tout. J’appréhende tout. Je colle les pièces du puzzle de vous une à une, resituant en aveugle ce que vous avez bien pu vivre. Je m'en doutais, sans y croire, blindé. Est-ce que je devrais être là ? J'en sais rien. J'en sais véritablement rien. J'ai cette impression étrange au fond du coeur, pas de déranger, mais de contempler quelque chose dont je ne serais pas forcément digne de voir. Une relation émouvante. Quelque chose à laquelle je ne sais pas comment réagir. Quelque chose que je ne veux pas déranger.
Et je crois qu'il faut que je le comprenne, que tout ce qui sort de vous, tout ce qui sort de toi, ce sont des morceaux de vérité qu'il est trop rare d'entendre. Elle fait mal, mais je devrais m'en estimer heureux. Elle gratte là où le cœur reprend du service, ballotté par les marées. Il faut que j'accepte ça, car il faut bien le reconnaître : Je ne suis revenu à la vie que depuis une semaine. Une semaine où je t'ai connu pleinement Gabriel, une semaine après dix ans d'ombres, trente-cinq de mensonges, quarante-deux de besoins. Alors c'est normal, non ? D'ouvrir pleinement les yeux sur ta vie de laquelle j'étais absent.

Toujours plus de confessions, je tiens bon. Je sais que je ne serais qu'un dommage collatéral à vos sensibleries, à toutes ces paroles que vous avez besoin d'expier. Cette jeune fille a un certain pouvoir. Cette façon que tu as de te décomposer pour elle. Cette manière de laisser tes souvenirs et tes douleurs vomir de ta bouche encore une fois. Elle y a droit. Elle saura désormais ce que c'est, que de faire parti pleinement des tiens. Qui est-elle, Gab, pour compter autant ?
Elle est ce qu'elle veut qu'elle soit. Et c'est l'évidence, pour moi, même si je ferme les yeux pour ne pas l'entendre, pour m'échapper de ce vous construisez. Forme de repli avant de prendre le coup final.
Et ça sort finalement de tes lèvres pour venir m'achever. Impact en plein palpitant, plus de rythme, cardiaque à terre.

Troisième fille.

Tu as osé.
Tu as osé le dire, et c'est ce que tu penses.
La seconde porte ton sang, la première portait le mien.
Et ça saigne, en moi. Ça résonne, ça convulse, et ça me pousse à virer un peu trop rageusement ma clope pour lui écraser le crâne contre le cendrier, la broyer jusqu'au bout, quitte à me cramer les doigts. Les yeux chargés, trop heurtés pour répliquer. Tournés vers le vide. Vers elle, que je prie pour me venir en aide. Ton parrain vrille, ma puce.

Est-ce que tu vois Lua, dans tout ça ?
Ce qu'elle aurait pu devenir, si elle avait grandi, ce qu'elle aurait pu subir, et ce qu'on aurait dû faire pour la venger ?
Aider cette fille, est-ce que c'est ta manière de lui dire pardon ? A moi, à elle, à tout ceux et celles que tu n'as pas pu sauver ?
Mais t'es pas un héros, Gabriel.
Tu es un Homme, et c'est déjà bien assez.
Ce n'est pas donné à tout le monde.

Souffle, cœur qui pique, yeux qui hurlent. Je ne vous regarde pas. Pas encore. Je dois digérer tout ce que j'entends. Tout ces reliquats de sentiments gardés sous clef. Mais je ne suis plus vraiment spectateur. L'évoquer elle, ça m'implique, que vous le vouliez ou non. Ce n'est plus seulement votre histoire quand je comprends l'importance qu'elle revêt. Qu'il y a des choses que doivent encore compter tant qu'elle respirent encore.

Ta main sur ma cuisse me rappelle un peu. Tête tournée vers vous deux, enfin, vers les yeux rougies de la petite fille. Particulièrement ombragés. Arrête de penser, petite, ce n'est plus l'heure de la réflexion. Accepte, toi aussi, de faire parti de sa vie.

Je laisse le silence se creuser, l'heure de trouver les mots, les ruminer, les laisser choir aux pieds des vôtres. Une main dans les cheveux gris me donne un peu de ce courage qu'il me manquait. J'entre dans la toile de votre tableau.

... Crois ce qu'il te dit. Il ne sait plus mentir.

Il n'en peut plus, tu sais, gamine ? Le vieux cabot a passé l'âge des réalités altérées. La nôtre a éclaté pour reprendre ses droits. C'est au tour de la tienne de prendre une autre tournure. C'est un fait, c'est comme ça, tu seras aimée.
Mes yeux croisent les tiens, Jhaelynra. Ils se posent en serment tacite d'alliés. Je veux que tu comprennes que tu compteras, que la loyauté se grave dans notre peau pour percer les tissus d'horreurs qui se cachent en dessous. Que c'est ainsi, que c'est trop rare pour être refusé. Le souffle se perd, voix grave, rauque par des larmes qui ont refusé de sortir. Je ne pleure pas devant les enfants. J'exprime quelque chose, pourtant, quand je parviens capter ton regard plein de grands cils. Pas de tristesse, sur le visage chargé. Plus de colère. Juste un sourire, je crois.

Bienvenue dans la famille.

Le corps se redresse, comme une envie de bouger. Presque mécanique, douloureux dans le fond des lombaires, la jeunesse est un peu loin et me fait un doigt d'honneur depuis le passé. Coup d'oeil vers vous deux, ton calme et greffé de banalité. Passer à autre chose.

... Je vais préparer la chambre, j'en ai pas pour longtemps. J'suis juste là, appelez-moi si vous avez besoin d'un truc.

Je marche vers la dite pièce, non sans soutenir vos regards avant ça. Je vous laisse l'intimité qu'il faudra. La main sur le chambranle pourtant, l'allure se stoppe, de dos j'appelle, sans me retourner.

Hey... petite. Merci pour ce que t'as fais.

Je garde le reste pour nourrir mes propres sentiments. Ils ne sont pas encore prêts à éclater, eux. Je te laisse l'essentiel, Jhaelynra, cette gratitude profonde et sincère, avant que je ne disparaisse dans la pièce.

Je ne te connais pas. C'est la toute première fois que je te vois.
Mais je sais qu'il avait besoin de toi, tout comme tu avais besoin de lui.
Et je crois que ça me suffit, pour t'aimer déjà un peu, moi aussi.

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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Jeu 11 Oct - 8:51


Jhælynra, Gabriel & Selen
« Éphémère»

La situation vira de bord, changeant l'atmosphère, la pièce et tout ce qui les entourait. Jhælynra se sentait là, à deux, le cœur arraché, la gorge nouée et, pourtant, ses mots perçaient les armures, comme des flèches à l'embout aiguisé. Elle ne souhaitait faire de mal à personne, elle voulait les écouter, arrêter de penser mais ce n'était pas si simple. Démunie, sans la moindre branche à laquelle se raccrocher et, pourtant, elle n'était pas la seule en plein détresse. La rouquine ne s'en rendit pas compte mais, en réalité, elle poussa Gabriel à bout, sans s'en rendre compte. Elle voulait fuir mais elle eut la preuve par deux que non, elle devait rester car il y en a un qui veillait sur elle et qui veillerait toujours dessus. Peut-être une des âmes la plus belle qu'il lui a été donné de rencontrer.
Elle n'a pas eu le temps de répondre que Selen décida de prendre la parole, de lui faire comprendre qu'elle devait le croire et s’épancher sur leur situation. Car elle n'était pas plus à plaindre qu'eux.

Les larmes avaient stoppé leur flux incessant. Elles bordèrent la lisière de ses paupières inférieures, sans sortir. Alors quand elle détourna la tête du brun qui disparaissait dans une chambre, ses yeux se plantèrent dans ceux du Gardien. Elle sentait, sous sa main, le corps de l'homme transit d'un sentiment si fort, qu'il ne le gérait que trop mal. Alors sans rien dire elle se rapprocha, posa sa tête sur son épaule, front contre cou, enlaçant Gabriel, ses mains plaquées dans le haut de son dos « Moi aussi Gabriel. Je sais que t'es pas mon papa mais je t'aime tout pareil... » Elle se sentait bête, une fois de plus. Là comme un cheveux sur la soupe et, pourtant, elle ne culpabilisait pas. Au contraire, le soupir qui sortit de sa bouche était d'un soulagement sans pareille. Alors elle pu parler plus doucement, sans hoqueter bêtement « J'ai pas l'habitude de me faire autant choyer sans donner en retour. Je... Je pensais pas que le simple fait d'être moi, t'apportait autant. » Elle déglutit, reprenant son souffle « Tu as œuvré comme un forcené. Tu t'es battu autant psychiquement que physiquement et je sais très bien que si on ne s'était pas vu tout à l'heure, tu serais venu me chercher à un moment. Tu me proposes un toit sans rien me demander en échange si ce n'est de vivre et de sourire. Pour ça. Pour ça et pour tout le reste : tu ne seras jamais comme ton père. »

Un peu plus décalée, à le regarder, sans pour autant rompre le contact « J'ai eu de la pitié quand je t'ai vu, la première fois, perdu dans l'alcool et ce jusqu'à ce que tu ouvres la bouche. A partir de là, ce n'était plus un sentiment que j'éprouvais à ton égard. Mais tu sais... En réalité, je ne regrette rien. Même si tu m'as pratiquement insulté ce soir là... Je ne regrette rien. Pour la première fois de ma vie j'ai l'impression de rendre fier quelqu'un et ce, pas parce que je suis simplement docile. » Avec la religion, les études et l'éducation stricts, elle avait reçu beaucoup de c'est bien, bonne fifille avec la tape sur la tête. Sauf que ceux là, elle n'en voulait plus. Elle voulait vivre pour elle et quand elle vie l'engrenage que Gabriel lui montra alors elle mit le doigt dedans, avant de se laisser complètement embarquer. L'inconnu l'attendait.

« Avec moi, t'as pas besoin d'être quelqu'un. Je suis contente de connaître Gabriel et je le prend avec toutes ses forces et ses inconvénients. Je crois que j'avais besoin de savoir, de me rendre compte, de comprendre. Parce que tout ça... Tout ça je l'éprouvais depuis un moment et je... » Elle hésita, baissa le regard, un peu honteuse avant de dire d'une petite voix « ...j'étais un peu jalouse. Même si je ne la connais pas et que je ne serai jamais comme elle, je jalousais Vesper. Mais... » Elle redressa la tête « Mais en fait non, j'ai rien à lui envier, parce que tu me donnes tellement que je me sens comblée. Même si, bien sûr, tu n'as pas à te charger de responsabilité. Je veux être tout, sauf un fardeau et le comprendre, maintenant, me fait du bien. » Quelques petites larmes, succinctes, comme un trop plein qui s'évacue « Et depuis la première fois, je n'ai jamais voulu que ta main quitte mon visage. Car elle me rassure. Ta présence dans ma vie me fait tellement de bien que... Que tu es trop avancé sur un chemin différent de celui de ton père. Tu ne peux plus aller en arrière... » Elle esquissa un petit sourire, des gouttes venant mouiller le coin de ses lèvres « Tu es destiné à être gentil, Gabriel. » Une pensée positive, revenant à la surface, comme deux naufragés échoués sur une plage, après une violente tempête.

« Alors... je vais rester ici le temps de. Je... Je sais que t'as pas l'habitude et je ne veux pas te faire changer mais... Mais n'hésite pas à me parler. Je ne suis pas très intelligente, mais je ne t'ai jamais jugé et je ne le ferai jamais. Il y a des choses qu'il faut expulser, dont il faut se débarrasser et souvent, en parler cure le mal. » Mais elle ne lui faisait aucune leçon et l'humilité se sentait dans sa voix. Elle était une sorte d'inconnue, quelqu'un qui n'avait passé que deux mois avec lui, tout au plus. Contrairement à Vesper, Selen, ou d'autre qui avaient carrément une vie en commun et où il était déjà plus compliqué d'aborder certains sujets. Avec les gens qui ne l'ont pas vécu il y avait toujours une forme de détachement.
« Je ne t'empêcherai pas de te battre pour ce qui te tient à cœur, pour ce qui t'anime. Je ne te reprocherai jamais d'aller au bout des choses et de vivre comme tu l'entends mais ne m'en veux pas. Ne m'en veux pas d'avoir pensé prendre des décisions qui préserverait peut-être un peu plus cet homme que je veux rendre fier et qui me tire toujours plus vers le haut. Cet homme qui m'a sortit de la détresse et qui m'a fait éviter la douleur. »
Et je sais que tu me diras que toi, tu n'es pas prêt de tomber. Que ton heure n'est pas venue.
Et peut-être qu'au fond, je crois que c'est ce que je veux entendre.
Ce que je veux croire et ce que je veux voir.

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MessageSujet: Re: Éphémère || Gab' R.   Ven 16 Nov - 3:43


Le verdict tombe. Et il fait terriblement mal. Mais faut rien montrer, pas vrai ? Faut pas laisser deviner la plaie qui s'ouvre soudainement. Parce qu'elle est méritée, qu'elle est le contrecoup qu'il se devait de me porter. J'inspire plus fort, parce que je peux pas faire autrement face à tout ça. Face à des putains d'années de mensonge qui n'ont de cesse de voler en éclats dernièrement. Et je me sens comme face à la potence, la tête offerte à la lame. Et elle tranche, sans cesse, offre le contenu de ma cervelle à chacun. Le prix à payer pour cette vie à la con. Je garde le silence, face à ça. J'accepte. Vas-y, tranche donc, amor. Et il est plus là, bien assez vite. Alors je me contente d'inspirer et de le regarder partir, de me demander pour quoi il te remercie. Sans doute que je peux pas comprendre, que je saurais jamais capter. J'en reviens à toi, quand tes bras viennent à m'entourer et je passe les miens de même autour de toi..  Et je frotte le dos, doucement, en t'écoutant. Tout va bien, Jhae... Pour de vrai. On s'en sortira, t'en fais pas. Pas la peine de la suite, fillette. Mais je me doute bien que t'en as besoin. Alors j'écoute, simplement, ce que tu peux avoir besoin de me dire. Et je me perds un peu dans le vide, en t'écoutant. Peut-être que je lui ressemble plus qu'on pourrait le croire, tu sais... Va savoir. J'ai pas vraiment envie de cette réponse-là.

Tu te décales et je retrouve le fond de ton âme, au travers de tes yeux. Et je te souris un peu, ce qu'il faut. Assez pour qu'une des cicatrices bougent avec la pommette, pour te faire comprendre que ça va. Qu'importe le reste. Ça va. Moins t'es docile, mieux je me porte. Pour de vrai en plus. Hésites pas à mordre, Jhae, parce que la vie se gênera jamais pour te foutre de sacrées morsures dans les mollets, jusqu'à t'en arracher les tibias à force. Alors mords, sans t'arrêter, pour être heureuse. Y'aura des déçus, des laissés de côté... Mais aucun qui méritait une miette de ton attention, pour sûr. Alors vas-y, fillette. Grandis, je t'en prie. Moi, je regarderais. Par contre, j'avoue, je m'attendais pas au couplet sur la jalousie. Alors ouais, faut reconnaître que j'ai l'air surpris sur le coup, parce que je me rends pas compte, parce que c'est tellement pas comparable dans ma tête. Même s vous avez toutes les deux morfler au départ, pour que je vous accepte. Et puis, ça me percute. C'est le mot qu'il fallait pas utiliser. "Gentil." Il sonne bizarrement, tu sais. Il me fait un effet étrange. Comme de devoir accepter, d'un coup, que je pourrais être quelqu'un de bien finalement. C'est comme une hantise qui se réaliserait. Parce que tu sais, des gens biens, on attend trop de trucs. Et moi, moi, je veux décevoir personne. Je... J'ai pas les mots, pour une fois dans ma vie. Je sais pas quoi répondre à ça. La machinerie s'est stoppée. Chunk, t'es où vieux cabot ?

Et c'est comme me sentir plus là. Évaporé. Offert en pâture à un moment dont j'ai jamais voulu. Un monde où je suis un pilier. Et ça m'effraie, tu sais. Parce que j'ai toujours promis de veiller que sur Selen. De crever pour lui, s'il fallait. Et finalement, c'est Lua qui est morte et nous qui tenons encore debout. Et les lettres, comme une tentative de le préserver, de le garder avec moi. Peut-être que j'aurais pas dû. Je suis pas sûr d'être quelqu'un de bien, tu sais, à cause de ça. Peut-être que j'aurais dû accepter qu'il parte sans moi. Qu'il accompagne sa fille, pour rester avec. Peut-être que j'aurais dû accepter tout ça, que j'aurais dû lui dire simplement que je l'aimais et accepter qu'il disparaisse à son tour. J'ai été sacrément lâche, Jhae. J'ai pas accepté qu'il puisse se détruire plus encore que là. Je voulais garder Selen en vie, au mieux, dans la mienne. Et ça fait mal d'y songer, tu sais. Ça me fait putain de mal. Je peux pas être quelqu'un de bien, Jhae. Parce que j'ai poussé un homme à rester sur terre, juste pour ma gueule. Parce que j'ai éclaté la cuisine de son enfance, par colère, par orgueil. Craché des choses qui me semblaient être une évidence à des gens qui devaient mériter bien mieux comme traitement. J'ai refusé leur point de vue, tout refusé. Parce que je voulais qu'il reste en vie. Et regarde, Jhae, comme on se fait du mal connement.

Je ferme les yeux, en revenant te serrer contre moi, pour que tu me vois pas ainsi. Que tu puisses pas comprendre tout ce qui m'anime. Mais tu peux comprendre que tu me bouleverses, t'en fais pas. Je respirer une nouvelle fois trop fort, comme si c'était la seule chose à faire, face à tout ça. T'as parlé pour deux, fillette... Et je souris un peu, en disant ça. En te serrant plus fort, en faisant fi des douleurs qui me tiraillent le corps entier. Un baiser sur le haut de ton épaule, à tenter de me rassembler assez pour te parler. Je sais que... Qu'on voudrait savoir ce qui peut me passer par la tête... Toi, Selen, Vesper. Mais je sais pas faire... Alors... Je peux que vous montrer, tu comprends... Normalement, je brise avec mes mains. Je fais pas ça, là. J’enlaçais personne avant, moi. Dis-toi juste... Juste que te voir grandir et t'épanouir... Y'a rien qui pourra me rendre plus heureux, même si je râle beaucoup et que je dis pas bravo. Et ça m'arracherait presque un autre sourire. Mais vu que tu vois rien de mes expressions, j'ai pas besoin de me forcer. Je tourne la tête pour t'embrasser la tempe cette fois, le regard sur la porte de la chambre. J'ai tout entendu, en tout cas... Que je murmure, près de ton oreille. T'en fais pas pour moi, ma belle... J'ai trop de raisons de rester debout pour me laisser foutre à terre... Instinctivement, je resserre mon emprise, avant de desserrer. Tu permets, Jhae... ? Je me recule un peu, te désignant la porte de la chambre. Faut que j'aille lui demander pardon pour ma connerie... Mon front qui vient atterrir contre le tien, un instant. Et t'en fais pas, si jamais, ça n'a rien à voir avec toi...

Nouvelle inspiration, avant de me séparer de toi. Un clin d'oeil, avant de te désigner la salle de bain d'un doigt. Va te faire couler un bain, ça te fera du bien, je te choperais des affaires au passage, ok ? Et j'attends que tu te décroches, à te sourire plus sincèrement cette fois, remis un peu de ce chamboulement d'émotions. Et tu restes ici aussi longtemps que tu voudras. T'es forcée en rien, juste... Juste ça me rassure, pour un premier temps, tu comprends ? Je viens te frotter les cheveux, avant de me relever en prenant appui sur le canapé, en te laissant me tirer un peu aussi si t'as envie de te penser que tu peux soulever ma carcasse si facilement. Un signe de menton encore, pour te dire de filer, avant d'aller devant la porte de la chambre et m'arrêter devant un instant. Puis de rentrer et de l'aviser en train de regarder par la fenêtre, alors que le lit est refait. Et ça se tord, tout en moi. J'ai tellement peur de le perdre. Depuis hier, depuis toujours, jusqu'à la fin de ma vie. C'est pire que tout. Alors j'approche doucement, en tentant de pas trop boiter, avant de l'enlacer par la taille et enfouir mon nez dans ses mèches. Je... Je suis désolé, Sel... Je ferme les yeux, me cache un peu plus contre lui. Désolé, fillette... Je crois qu'il y a que contre lui que je suis capable de me confier. Je t'aime... C'est dit avec tant de sincérité que ça me donne presque envie de chialer encore. Parce que je me rends compte d'à quel point c'est précieux, tu vois... Je t'aime tellement... Ça me fait peur, parfois... Et c'est.. Celle de tout détruire... Pardonnez-moi, tous. J'ai de vieux réflexes qui ressurgiront encore un temps, je crois. Pardonne-moi... Pour tout...

El que se excusa, se acusa... Perdón, padre...
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Éphémère || Gab' R.

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