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 Paradigme

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Monserrat Amada
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MessageParadigme » Mar 6 Avr - 13:57

Je me consume, j'allume ma propre mèche
Oh la vie est si courte, il faut que je me dépêche
Et si je sors c'est pour tout effacer de ma mémoire




Y’a des scarabées qui jouent du trombone dans sa tête et les vers de terre de ses angoisses dansent des claquettes au rythme de leur musique absurde. Trou noir de l’oubli, qui la régurgite ainsi, le nez contre une surface tiédie par sa propre chaleur et empuantie par son expiration. Elle a un vieux goût de whisky frelaté en gueule ainsi qu’une sacrée mauvaise haleine. La tête d’un hérisson avec ses cheveux tout en pics. Et le corps fourbu qui a trop travaillé la veille. Aucun souvenir – pas surprenant quand elle décide de se murger avec l’application d’un puit qu’on chercherait à remplir. Son bras lui fait peut-être plus mal que le reste, tordu contre sa stature repliée dans une antre trop étroite pour être réellement confortable mais une certitude domine : elle n’est pas chez les flics, ne s’est pas fait ramasser à tituber dans une ruelle quelconque, la bouche accrochée à de la viande consentante, généralement payée. Et son œil finit par se rouvrir.

Regret immédiat. L’univers darde des éclairs dans sa pupille, la fait presque crier – mais aucun son ne parvient à s’extirper hors des miasmes de cette petite bouche aux lèvres si sèches qu’elles commencent à peler. A croire que sa langue prend toute la place – s’est elle mordue ? Elle a l’impression que ce fardeau aux papilles dysfonctionnelles a enflé jusqu’à l’étouffer. Mais son nez se décolle de la surface lisse de son siège.

Et elle sent, confusément, son corps se détendre, rencontrer un bord dur, du bout des pieds. Ecart prudent d’une jambe, la plus digne de partir en terrain méconnu – le vide. Retour sous le – drap ? Plaid ? C’est doux ça sent quelque chose de familier.

Nouvel essai de sa paupière fripée. Environnement vitreux qui bondit et se distord. Elle va dégueuler. Ravale sa nausée, et lève une main pesante sur sa nuque. Brûlante.

Ce n’est pas le motel – bien. Pas les flics, encore mieux. Mais où ? Aucun bruit de ville – voitures, cris lointains, activité de fourmilière dépendante – quel jour on est ?

Pas de fille à ses côtés – pas de manteau sur son corps. Elle a son jean, son pull – pas de sac. Le sac. La première des priorités. Et sa tête s’oblige à se tourner, effectue un bref demi tour qui fait craquer ses cervicales et renvoyer le tempo de la musique hystérique à ses tempes. C’est au chœur de sa tête que la mélopée vicelarde se transforme en un ersatz de battement de cœur – le sien. Le bras – en sang. Piqué – maintes fois piqué. A croire qu’elle a servi de repas aux moustiques. A du rater la veine pour s’acharner à ce point.

Bois.

Bois tout autour d’elle - bois livres espace clair - trop clair. Canapé sous sa tête. Silhouette au coin de son regard.

Pas une fille – merde.
Préfère quand c’est une fille – plus simple.

Mais le type – puisque c’est un type – n’a déjà pas cherché à la défroquer – ce qui est un bon point.

Sa montre affiche un horaire qui se dédouble et le sac, invisible, à ses yeux, ne répond pas quand elle l’appelle. Bruit de renonciation, ou de mastication, tandis que sa langue retrouve une taille normale – et un goût de sang. Douleur au bras, à sa lèvre inférieure – doigts qui s’y attardent – elle est peut-être tombée ?

Et la touffe brune qui lui sert de chevelure et d’oreiller délivre un museau de rat curieux et hagard.


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Daniel Perkins
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MessageRe: Paradigme » Mer 7 Avr - 4:05


Paradigme / fin août 2019

L'instinct. Daniel avait toujours marché à l'instinct. Il attendait le client dans le local exigu aménagé par ses soins. Grand seigneur, le sorcier avait décidé d'y demeurer à la nuit tombée, conscient que Blackwater Falls regorgeait d'êtres aux horaires disons... particuliers. Il attendait donc, les deux pieds sur sa table de travail et les bras calés derrière la tête. Il attendait. Ou plutôt se planquait de tous ces mômes qui accaparaient son temps et son énergie. A croire qu'en cessant de courir après diverses créatures, il avait donné l'occasion à une toute autre catégorie de vermine de débarquer dans sa vie.

Il râlait pour la forme mais au fond, il les aimait bien ses jeunes. Daniel n'était pas un vieux con gâteux qui ressassait sans cesse sur le fait que les choses étaient mieux avant. Lui-même était encore jeune dans sa tête, n'en déplaise à sa vieille carcasse qui était bien décidé à lui prouver le contraire.

Les fesses sur une chaise bancale, il reposait tranquillement ses paupières lorsque des beuglements résonnèrent non loin dans la ruelle. Méfiant, il se leva et alla jeter un œil par la fenêtre, ayant tout l'air d'une vieille mégère, planquée de la sorte derrière ses rideaux fleuris, le regard désapprobateur glissant sur les passants. Le sorcier plissa les yeux, cherchant à donner du sens dans l'amas de silhouettes regroupées à quelques mètres. La lie de l'Humanité semblait s'être donnée rendez-vous sous le ciel étoilé. Ivrognes ingérables qui ne manqueront pas de redécorer l'asphalte de leurs dégueulures puantes. Camés tremblotants, divaguant au sujet de monstres, de toute pièce créés par leur esprit cramé. Le sorcier secoua la tête devant tant de bassesse, oubliant les vices qui ne manquaient pas de s'épanouir, bien à l'abri sous son crâne. Se dit que, finalement, il était peut-être bien devenu un vieux con, à pester au moindre bruit venant déranger sa tranquillité.

Ma foi, se dit-il, ce n'était pas une affaire pour lui. Pas de créature quelconque s'acharnant sur quelques humains innocents. Il allait refermer les rideaux lorsque son instinct se rappela à lui. L'instinct ne le trompait jamais. C'était grâce à lui que le vieux singe était encore en vie, malgré ses danses répétées au bord de l’abîme. Il examina la scène plus attentivement et un visage familier capta son attention.

Cheveux bruns en bataille et équilibre salement précaire, elle se tenait là, évoluant parmi les pauvres bougres anesthésiés à coup de quelques substances délirantes. En perdition totale.

Monserrat.


☾ ☾ ☾


Le jour se leva, révélant le spectacle pathétique et risible du cafard vautré dans son canapé. Un cafard avec une belle gueule de bois, à en juger par sa face décalquée. Et peut-être même que le cafard s'était rétamé sur les marches du perron, après avoir manqué de dégobiller sur le paillasson.

« Debout ! J'suis pas garde-malade, moi », lâcha l'Ancien en se levant de sa chaise et en toisant la gamine qui peinait à émerger. Il poussa du pied une bassine près du canapé et son visage se tordit en un rictus dégoûté. « Et si tu veux gerber, c'est là-dedans et pas sur le plancher ! »

Il disparut dans la cuisine, ouvrant et fermant des tiroirs avec fracas, non sans ressentir un délicieux plaisir à l'idée de vriller un peu plus le crâne mal en point de la môme. « Si t'en veux pas, ça sera pour moi », déclara-t-il en posant omelette et café sur la table basse. Il n'avait aucune envie de croiser son regard de paumée, aussi s'installa-t-il dans l'un des fauteuils et sortit de sa poche un jeu de tarot aux lames cornées et salies. Un Rider-Waite des plus classiques, point d'ancrage de sa pratique. Ses yeux fourbes s'étaient penchés à maintes reprises sur les archétypes offerts par les cartes et connaissaient par cœur chaque détail de celles-ci. Il entreprit de battre les cartes d'une main experte.

« Tire une carte. »

Il avança les lames, disposées en éventail entre ses doigts.

« Et dis-moi quel plaisir tu retires à te mettre dans des états pareils. Mon grand âge m'empêche de comprendre la stupidité de la jeunesse. »


PAR ZAJA.
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Monserrat Amada
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MessageRe: Paradigme » Mer 7 Avr - 12:33

Fin de concert. Un des cafards hurle » Vlà les flics ! » et les vers de terre poussent des cris outragés. Y’a la voix du type qui vient de percer une tranchée au marteau piqueur en gueulant à quelques centimètres de sa carcasse et tout dans sa tête devient une machine à laver en mode essorage. Retour brutal à une réalité particulièrement floue qui s’arrache à l’observation de la bibliothèque ainsi qu’aux pierrailles qui forment le décor atypique de ce qui ressemble de plus en plus à un chalet. Et la silhouette s’élance, rapide, à la trainer derrière elle visuellement comme un poisson accroché à son hameçon. Tintamarre des couverts – ok, l’encens vient de donner une couche supplémentaire à sa nausée et puisque la bassine lui a été proposée, la voilà qui tente de cracher sa langue épaisse à l’intérieur, se penchant comme une larve naissante par-dessus la couche offerte, ne tirant pourtant de sa gueule qu’un épais filet de bave jaunâtre qui achève de l’écœurer.

Tout pulse. Vibration olfactive qui contamine le reste physique, palpable de l’univers, et ses mains tremblent alors que l’odeur de bouffe et de café donne de moins en moins de sens à la scène. L’œillade qui s’extirpe d’une masse de cheveux brun tente de trouver un point d’accroche, une bribe de mémoire, maintenant que le visage du type est quasi tout près. Mais rien. Rien de cette face simiesque avec ses rides comme décorum. Rien que l’effroi d’avoir été ramassée par un type – par un dingue, qui remue ses cartes comme un prestidigitateur du samedi soir et lui impose d’en tirer une.

L’éventail surgit devant sa frimousse. Le rat bat en retraite. Ne touche à rien d’autres qu’aux coussins épais du canapé et gagne, vaguement, une position assise. Sa tête se redresse et la hauteur lui file le vertige. Ca, le remous de terre noire dans ses tripes, la bascule effroyable de son estomac à sa vessie. Elle a envie de pisser et de se rendormir tout en même temps.

« Putain mais… qu’est ce que j’fous chez vous ? » Question sans doute absurde. Il parait évident que sa présence au sein de ce salon ésotérique ne résulte que de l’insistance de ce type qui s’en plaint. Et sa main trouve son front – tout aussi brûlant que sa nuque. Lui permet enfin d’apercevoir le foutoir à son avant-bras – ok c’est pire qu’imaginé. Y’a du sang séché qui a tracé des rigoles au point qu’un vampire aurait pu applaudir au buffet à volonté.

Elle était où hier soir – dehors d’accord mais à quel endroit ?

« Où est mon sac. » Point sublime de son inquiétude : les bouquins qui y sont dedans.

Ignorer les questions et en poser d’autres étant ainsi le jeu de sa vie misérable, Monserrat s’y embourbe comme dans des sables mouvants et feignant d’ignorer l’offrande appétante qui pourrait bien contenir de l’acide, un vomitif ou toute autre substance non tolérée par ses excès, a le culot de se plaindre. « Paracétamol. »

Mot compliqué pour sa gueule de bois.
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Daniel Perkins
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MessageRe: Paradigme » Mer 7 Avr - 16:11


Paradigme / fin août 2019

Elle eut le culot d'ignorer les lames présentées devant ses yeux et le sorcier sourit devant ses difficultés à remettre un visage qui lui était tout sauf familier. Il se recula, se cala contre le dossier du fauteuil usé jusqu'à la moelle, tellement que du rembourrage menaçait de se faire la malle par endroits.

« Qu'est-ce que tu fous chez moi ? », se contenta-t-il de répéter, la fixant de son regard moqueur. Oui, Monserrat, que fiches-tu chez moi ? Ton père m'a sauvé la peau des fesses il y a de cela bien longtemps. Quand, jeune et inconscient, je m'étais mis en tête de faire joujou avec un démon. Il décida de prendre l'autre à son propre jeu et éluda la question, se contentant de marmonner une vague réponse dépourvue de sens : « Disons que c'est Notre-Seigneur qui m'envoie. »

Il se délecta de l'inquiétude exsudant des pores du petit cafard mal en point. « Tu n'avais pas de sac, quand j'ai eu la grâce de te ramasser. » Le précieux bien était sagement posé sur son lit, attendant un examen plus approfondi. Tiago n'avait pas donné beaucoup d'informations sur sa chère fille et Daniel, s'il devait se la coltiner, était bien décidé à avoir le plus d'éléments possibles en main. Et peu importait, bien sûr, la manière dont il se les procurait. Si cela signifiait fouiller parmi les restes infâmes d'une soirée de beuverie, soit. Si cela signifiait fourrer son nez dans les petits secrets d'une fillette en pleine crise d'ado sur le tard, soit.

« Je ne suis pas ta bonniche, ma grande. Si tu veux quelque substance obscure pour faire cesser ton mal de crâne, tu lèves tes fesses. Meuble sous l'évier, premier tiroir », répondit-il en désignant du menton la porte de la salle de bain.

« Et puisque tu ignores mes précieuses cartes... » Daniel zieuta discrètement sur le verso des lames et en attrapa une qu'il retourna prestement. Haussement de sourcils et moue de circonstance. Il brandit la carte devant les yeux aux paupières gonflées.

« L'Arcane sans Nom. La Faucheuse. La mort. Voilà ! Tu vois où ça te mène, tout ça ? » Et, d'une pichenette, il expédia la lame en direction du canapé. Interprétation grotesque d'un archétype riche de sens et de leçons à tirer. Mais l'autre, avec son esprit complètement ratatiné par les excès, ne mouftera sûrement pas devant pareille mise en scène.

« Si tu passes par la salle de bain, il y également de quoi soigner ton bras. Tu vas pas manquer de rameuter toutes les sangsues du quartier, à te trimballer comme ça. » Il attira à lui l'assiette, planta sa fourchette dans l'omelette et commença à manger.


PAR ZAJA.
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Monserrat Amada
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MessageRe: Paradigme » Mer 7 Avr - 16:30

Qu’est ce qu’elle fout chez lui. La moquerie est en passe de la faire disjoncter sous un rire nerveux – ça lui semble lugubre et risible d’avoir forcé la porte de quelqu’un pour se planter sur le canapé mais honnêtement, après tant d’années d’errance et de pourlèchement à la Tina, ça ne serait pas le pire vécu, ni le pire fait. Il y a aussi le somnambulisme, détail qu’elle avait presque oublié, et ce rictus de fauve s’impacte d’un rien d’hésitation. Puis elle croise son regard, de vieux loup aux ficelles rodées et la grimace s’estompe, tandis qu’elle comprend – peut-être un peu trop tard – que le vieux devant elle est entrain de se foutre de sa gueule. « Disons que c'est Notre-Seigneur qui m'envoie. » Réflexe immédiat et torve, tracé d’une main qui n’en finit plus de perdre en force, Monserrat se signe. Leçon bien acquise d’un Tiago dévot, et la ressemblance soudaine entre père et fille peut sauter à la gueule du sorcier.

L’inquiétude, elle, n’attend pas la prière qui doit suivre. Parce que le sac n’est pas là. Parce que les cafards et les vers sont peut-être de sortie mais tout ce qu’elle entend dans sa tronche soudainement, c’est un millier d’aboiements de peur. Le sac n’est pas là – avec ses carnets et ses notes, son portefeuille ses papiers, et ses bouquins et le pistolet en plastique offert par Janek – et certes, elle en a d’autres, bien une centaine dans sa chambre envahie par le portrait au teint halé d’une Marie consciencieuse – mais c’est son sac. Un sac en vieux cuir, tané par les années, abimé par les quêtes, qui pue toujours un peu le soufre et le médicament. Elle l’a laissé, quelque part entre le rêve et l’oubli, dans un bar sans nom, peut-être même sur le siège passager d’une voiture payée au jour de location dont elle n’a pas même les clefs – absence dans sa poche.

L’arcade est rejetée sur la table, Monserrat y jette à peine un coup d’œil en se levant – a perdu une chaussure dans l’équation. Et sa chaussette est raide de quelque chose qui a fini par sécher – elle ne veut pas savoir quoi, espère qu’elle a piétiné une flaque d’alcool, et pas de dieu sait quoi.

« Merde. » Vague rot gras, le monde tourbillonne – la main se rattrape à l’accoudoir. Pas de trench coat bleu, pull déformé, bouche encroûtée de sang, jean qui baille sur un cul maigre à faire pleurer les anorexiques, sa dégaine est infecte et son air perdu tout aussi pitoyable. « Merde, merde. » Qu’elle répète. « J’dois l’récupérer. » Y’a bien des choses dont elle se fout, mais pas son sac. « Et c’pas la mort, c’est l’renouveau. » Le renouveau d’une aube sans mémoire, parlez lui d’un changement. Ca commençait à être redondant. Pas pour ça qu’elle allait s’arrêter de boire ou de s’envoyer dans la tronche de quoi lui fracasser la cervelle et endormir ses pieds en fugue une fois le sommeil venu.

Monserrat eut l’impression de se précipiter – fausse idée de rapidité, liée au fait que le sol était clairement entrain d’onduler. La nausée revint – par réflexe, elle hm-ma, du fond de sa gorge, pour faire refluer le réflexe vomitif. Des petits conseils attrapés dans des soirées où il ne faisait pas bon de se perdre malencontreusement. Et sous le son abject de la mastication de l’autre, elle ignora la direction sous entendue de la salle de bain pour tenter de retrouver chaussure, et porte d’entrée.

Merci bien merci bien. Mais là elle devait se tirer.
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Daniel Perkins
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MessageRe: Paradigme » Jeu 8 Avr - 17:22


Paradigme / fin août 2019

Le cafard avait de la ressource, malgré sa gueule de bois. Et même si elle n'avait pas encore saisi l’opportunité de lui mettre une raclée, elle était bien décidée à continuer à jacter. Il l’observa du coin de l’œil mastiquer l’omelette, très certainement refroidie à cause de toutes ses âneries. Le sorcier se félicita de ne jamais avoir engendré et approcha sa tronche ridée du sac en cuir. Il en sortit un ouvrage à la couverture aussi usée que cornée et le déposa sur le lit. Plusieurs livres attirèrent son regard et l’Ancien plongea les mains dans les profondeurs du sac, effleurant au passage quelques objets divers qu’il ne reconnut guère.

Du salon, la voix geignarde de l’autre retentit et le vieux laissa tomber la pile de livres, jetant un regard furibard en direction de la porte. « Quoi encore ? Tu permets que je cherche ton fichu sac ! J’ai été bousculé hier soir, il a fallu prendre soin de toi. » Il referma la porte de quelques centimètres, les soustrayant – lui et le sac – aux potentiels regards scrutateurs du cafard. « J’ai eu la bonté de te ramasser dans le caniveau, et toi, tout ce que tu trouves à faire, c’est de mener un interrogatoire ? Le respect se perd, à ce que je vois ! » Il essaya de gagner du temps, retardant autant que possible les questions qui allaient éventuellement suivre. Il s’arrêta quelques instants, mains sur les hanches, se demandant si Tiago avait mis sa fille au courant de la mission qu’il lui avait donné. Probablement que non, sinon elle se serait adonnée à ses vices de manière plus discrète. Et Tiago savait-il dans quel état de dégénérescence se complaisait sa fille chérie ? Un rire moqueur secoua ses frêles épaules et il entreprit de déchiffrer les titres des ouvrages. « Je ne suis rien d’autre qu’un vieillard solitaire aux intérêts peu communs », déclara-t-il à la porte. Il choisit un livre au hasard et le fourra sous le lit, reposant les autres sur les couvertures.

Ses médocs… Le sorcier leva les yeux au ciel, fourrageant parmi les possessions du cafard à la recherche de quelques flacons. Il tomba sur un récipient en plastique dans lequel s’agitaient quelques pilules colorées. Il pencha son visage au plus près de l’étiquette, plissant des yeux pour donner plus de netteté aux caractères. Ses yeux fatiguaient et lui faisaient de plus en plus défaut. Il fit disparaître le flacon dans la poche, disposé à l’examiner plus amplement avec sa loupe, posée sur l’une des étagères du salon.

« Pas besoin de médicaments », déclara-t-il en ouvrant la porte du pied, tenant à bout de bras l’énorme sac en cuir. Il le jeta au pied du canapé et disparut dans la cuisine. Des bocaux remplis d’herbes et de fleurs séchées s’alignaient sur les étagères. Il en prit trois au hasard, piocha une poignée dans chaque et jeta le tout dans un tasse. Il mit la bouilloire à chauffer, profita de l’attente pour venir se planter dans l’encadrement de la porte, regard inquisiteur rivé sur la gamine qui s’était enfin décidée à manger.

Et ça se pavanait flingue à la main, roulant des mécaniques, croyant rendre service aux pauvres manants ignorants. Même pas fichu de s’imposer des limites. La bouilloire siffla et l’Ancien s’en saisit, recouvrant d’eau bouillante les herbes et fleurs reposant au fond de la tasse. « Tiens », lâcha-t-il en tendant la tasse à la gamine. « C’est mon remède maison. Ça marche pour tout », mentit-il sans vergogne. Il reprit sa place dans le fauteuil, croisa les jambes et joignit ses mains ensemble. « Et maintenant, que fait-on ? »


PAR ZAJA.
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Monserrat Amada
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MessageRe: Paradigme » Jeu 8 Avr - 17:40

D’accord. Y’a trois secondes, la porte d’entrée était une forme rectangulaire abordable, à trois mètres environ sur sa gauche. Un objectif facile à atteindre si tant est qu’elle retrouvait sa pompe – ce qui allait l’obliger à se pencher pour fouiller et immanquablement, de raviver la sensation de nausée à peine calmée par son petit truc. Et la voilà trois secondes plus tard, trois secondes trop tard, happée par une poigne sèche de ressort en métal, trainée par un con entrain de lui postillonner à la gueule d’une voix paternaliste, toujours sans chaussure, toujours sans manteau, et désormais ramenée au canapé confortable. La couverture sur les épaules pour tenter de la réchauffer, ses mains ouvertes de surprises désormais remplies de l’assiette, Monserrat se figea, laissant sa cervelle regagner son emplacement adéquat avant de relever le museau pour suivre les mouvements de l’inconnu.

Récapitulons – du mieux qu’elle pouvait dans ces conditions parce que la gueule de bois était encore assez présente pour ne pas la laisser sans balbutiements incompréhensibles et incompatibles avec l’effort d’une réflexion trop poussée.

Elle était chez un type – un vieux. Pas nue.
Elle était chez un type, vieux, au caractère changeant. Pas nouveau.
Ce n’était pas Vasco – un bon point. Possiblement un démon. A voir. Les mains chargées de cartes ésotériques et avec tout le nécessaire dans son salon pour pratiquer la sorcellerie – peu courant mais habituel dans son cercle.

Chasseur ou créature, en tout cas proche du surnaturel. Et maintenant, qui la menaçait de lui enfourner la totalité de l’assiette dans son estomac, de gré ou de force, dans un vague geste protecteur complètement à l’opposé de son comportement.

Et menteur en prime. Parce que dans tout ça, il y avait son sac. Son sac qui était donc ici, mais pas en sécurité. Qui retrouverait peut-être ses bras, sauf si l’autre le prenait en otage – était-elle séquestrée ? Ca serait le pire enlèvement du monde et Tiago rechignerait certainement à payer la rançon. Ou alors, il la connaissait. Sorcier, magie, œufs au plat, ton gueulard, pas l’air hispano pour deux sous – rien à voir avec Manuel.

Janek ?

« J’peux savoir qui vous êtes merde ? » Ok, le merde était peut-être un peu forcé. Quitte à avoir sous la tronche un repas encore tiède, et à moitié dégusté – pas de substance dedans – sa main accomplit le chemin nécessaire jusqu’à sa bouche, lui laissant une sensation dégueulasse sur la langue, genre d’effet mélangé dentifrice-jus d’orange qui la fit roter vaguement. Elle releva la couverture sur son épaule – histoire qu’elle ne glisse pas. S’y pelotonna un rien – complètement décontenancée.

« Dans mon sac y’a mes médocs. » Le valium aiderait peut-être à mieux faire passer la pilule que le reste et son mal de crâne se déplaça au sitôt de l’ensemble de sa tête à un point d’encrage situé à l’arrière de sa nuque. Nickel.

Une matinée pourrie de plus dans la vie de Monserrat.
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Daniel Perkins
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MessageRe: Paradigme » Sam 10 Avr - 14:30


Paradigme / fin août 2019

Le cafard avait de la ressource, malgré sa gueule de bois. Et même si elle n'avait pas encore saisi l’opportunité de lui mettre une raclée, elle était bien décidée à continuer à jacter. Il l’observa du coin de l’œil mastiquer l’omelette, très certainement refroidie à cause de toutes ses âneries. Le sorcier se félicita de ne jamais avoir engendré et approcha sa tronche ridée du sac en cuir. Il en sortit un ouvrage à la couverture aussi usée que cornée et le déposa sur le lit. Plusieurs livres attirèrent son regard et l’Ancien plongea les mains dans les profondeurs du sac, effleurant au passage quelques objets divers qu’il ne reconnut guère.

Du salon, la voix geignarde de l’autre retentit et le vieux laissa tomber la pile de livres, jetant un regard furibard en direction de la porte. « Quoi encore ? Tu permets que je cherche ton fichu sac ! J’ai été bousculé hier soir, il a fallu prendre soin de toi. » Il referma la porte de quelques centimètres, les soustrayant – lui et le sac – aux potentiels regards scrutateurs du cafard. « J’ai eu la bonté de te ramasser dans le caniveau, et toi, tout ce que tu trouves à faire, c’est de mener un interrogatoire ? Le respect se perd, à ce que je vois ! » Il essaya de gagner du temps, retardant autant que possible les questions qui allaient éventuellement suivre. Il s’arrêta quelques instants, mains sur les hanches, se demandant si Tiago avait mis sa fille au courant de la mission qu’il lui avait donné. Probablement que non, sinon elle se serait adonnée à ses vices de manière plus discrète. Et Tiago savait-il dans quel état de dégénérescence se complaisait sa fille chérie ? Un rire moqueur secoua ses frêles épaules et il entreprit de déchiffrer les titres des ouvrages. « Je ne suis rien d’autre qu’un vieillard solitaire aux intérêts peu communs », déclara-t-il à la porte. Il choisit un livre au hasard et le fourra sous le lit, reposant les autres sur les couvertures.

Ses médocs… Le sorcier leva les yeux au ciel, fourrageant parmi les possessions du cafard à la recherche de quelques flacons. Il tomba sur un récipient en plastique dans lequel s’agitaient quelques pilules colorées. Il pencha son visage au plus près de l’étiquette, plissant des yeux pour donner plus de netteté aux caractères. Ses yeux fatiguaient et lui faisaient de plus en plus défaut. Il fit disparaître le flacon dans la poche, disposé à l’examiner plus amplement avec sa loupe, posée sur l’une des étagères du salon.

« Pas besoin de médicaments », déclara-t-il en ouvrant la porte du pied, tenant à bout de bras l’énorme sac en cuir. Il le jeta au pied du canapé et disparut dans la cuisine. Des bocaux remplis d’herbes et de fleurs séchées s’alignaient sur les étagères. Il en prit trois au hasard, piocha une poignée dans chaque et jeta le tout dans un tasse. Il mit la bouilloire à chauffer, profita de l’attente pour venir se planter dans l’encadrement de la porte, regard inquisiteur rivé sur la gamine qui s’était enfin décidée à manger.

Et ça se pavanait flingue à la main, roulant des mécaniques, croyant rendre service aux pauvres manants ignorants. Même pas fichu de s’imposer des limites. La bouilloire siffla et l’Ancien s’en saisit, recouvrant d’eau bouillante les herbes et fleurs reposant au fond de la tasse. « Tiens », lâcha-t-il en tendant la tasse à la gamine. « C’est mon remède maison. Ça marche pour tout », mentit-il sans vergogne. Il reprit sa place dans le fauteuil, croisa les jambes et joignit ses mains ensemble. « Et maintenant, que fait-on ? »


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Monserrat Amada
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MessageRe: Paradigme » Dim 11 Avr - 6:33

Le respect et Monserrat étaient deux inconnus qui se recroisaient parfois dans des soirées mondaines et flirtaient ensemble avec l’hypocrisie pour mener à bien quelques missions. En dehors de ces quelques échanges maintenus par l’idée d’une réussite, elle se foutait de l’un, et l’autre le lui rendait bien. Elle ne demandait pas le respect, Monserrat. Seulement d’être écoutée et suivie, au bon moment, même si en vérité, elle était bien plus observatrice que décideuse, et se foutait allégrement de passer ainsi pour une femme en manque de convictions. C’était plutôt le contraire. Une certitude anoblie par l’idée de n’avoir rien à prouver à personne. Et énormément de compromis, pour faire avaler certaines pilules aux autres.

Elle ne l’entendit pas fouiner. Ne se rendit pas compte de la fouille et des observations menées sur les bouquins, le pistolet en plastique, les artefacts, la boite de craie, celle de sel, et ses carnets de note. Se contenta d’avaler ce qu’on lui avait confié jusqu’à reposer une assiette vide et plonger le nez dans le café – tiède, mais buvable, surtout pour celle qui se servait allégrement des fonds de bouteille pour tenir le coup le matin venu.

L’étranger s’extirpa de sa piaule, balançant son sac et Monserrat tendit la main pour le récupérer, soupesant son poids avant d’y jeter les doigts, tripatouillant le magma de culture s’y développant au gré de ses choix. Elle compta 9 bouquins, et non dix. Ce qui n’était pas une bonne nouvelle. « Merde. » Ne supposa pas que l’autre enfoiré venait de le lui piquer.

Les médicaments non plus, n’y sont plus.
Son portefeuille, si. Et elle trouva à l’intérieur quelques billets, sa pièce d’identité qui lui rendit son regard inerte.
Pas de clefs de voiture.

« Mais merde. » Il lui faudrait remonter la piste, de sa soirée, trouver une explication sur le pourquoi d’un vol du « Gnosticisme » et soigner le reste de sa carcasse, peut-être en s’offrant une douche en plus d’un bain de bouche. Dans la cuisine, une bouilloire se mit à siffler, perçant son oreille et l’odeur de l’encens fut recouvert d’une vague humide, fleurant quelque chose de presque épicé.

Le vieux revint, étrange allure, tasse à la main et Monserrat observa la coupe posée devant elle, la goutte microscopique, formée à son anse. Sa couleur, son aspect, avant de se reculer dans le fond du canapé. « Buvez avant. » C’était à elle de choisir ce qu’elle pouvait s’envoyer dans la tronche. Les prises involontaires, surtout menées par un genre de grande gueule méconnue se donnant pour cape de sauver les cassos dans son genre dans les ruelles, étaient déclinées, et fort peu poliment.

« Expliquez moi l’intérêt de ramener chez vous une toxico. Vous avez pas l’air d’être friand de l’idée. » Point 1. Migraine croissant dans ses tempes, genre de floraison indigeste. Les œufs tentèrent de remonter dans sa tranchée. Elle inspira, et fixa le plafond pour changer d’air. « C’est vous qu’avez choisi que je sois là, je pose les questions que je veux. » Point 2. « J’ai rien demandé. » Point 3. « Et je veux savoir où je me trouve. » Point 4. Le nom viendrait peut-être, pas qu’elle en ait quelque chose à secouer. Dans une heure, il serait certainement oublié.

« Si ça vous fait chier, tirez une carte. Pour l’oracle de Belline, c’est la 33. »

Bras de fer.


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Daniel Perkins
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MessageRe: Paradigme » Sam 17 Avr - 4:31


Paradigme / fin août 2019

Le sorcier observa le cafard, mine chafouine sur sa trogne ridée. Il l’observa soupeser le sac, farfouiller à l’intérieur parmi ses maigres possessions, s’assurer que tout était là. Et l’Ancien ravala précipitamment le gloussement qui lui chatouilla l’intérieur de la gorge et prit un air concerné devant la grossière exclamation qui résonna dans le salon. « Il manque quelque-chose, peut-être ? », ne put s’empêcher de lâcher Daniel, feignant l’inquiétude. Jouer la comédie, c’était son grand rayon, même s’il serait bien plus amusant que l’autre comprenne que le pauvre vioque en face d’elle était loin d’être innocent dans le vol de son précieux ouvrage et de ses pilules manquantes.

Chargé de son breuvage improvisé, Daniel claudiqua jusqu’au canapé. Sa patte folle n’en faisait qu’à sa tête et courir après la jeunesse n’aidait pas à arranger les choses. « Buvez avant. » La petite insolente, à insinuer qu’il était capable de la droguer. Il se maudit intérieurement de ne pas y avoir penser plus tôt. Quelques somnifères dans le café et le voilà tranquille pour plusieurs heures, menant à bien la mission qui lui avait été confiée. Garder un œil sur l’autre dérangée et veiller à ce que rien de trop fâcheux lui arrive. Daniel n’était pas très regardant sur les mœurs des gens, mais il doutait que Tiago voit d’un bon œil les activités de sa fillette. Et le sorcier n’avait guère envie de se mettre à dos l’exorciste et de repartir pour une nouvelle traque infernale qui aurait raison de sa vieille carcasse. Son âme était déjà hypothéquée, il n’avait plus rien d’autre à donner. « Bien », qu’il cracha, arrachant la tasse des mains de Monserrat et observant d’un air consterné la giclée de thé venue s’écraser sur ses précieuses carpettes. « Tu as vu ce que tu as fait ? » Il secoua la tête, regard mauvais, et porta la tasse à ses lèvres. Elle mériterait qu’il y laisse tomber quelques filets de bave, mais le sorcier résista à la tentation et but une pleine gorgée du breuvage. L’amertume manqua le faire grimacer, mais en grand acteur qu’il était, il ne laissa rien paraître et reposa sans se presser la tasse sur la table. « Satisfaite ? Bois maintenant ! »

Assurément, l’heure des explications avait sonné. Et les geignements du cafard commençaient à lui donner la migraine, à croire que c’était lui qui avait passé la nuit à s’enfiler toutes sortes de produits. « Toi et ta bande faisiez un boucan monstre près de ma boutique, je suis sorti pour voir ce que c’était. T’étais pas belle à voir et j’ai entendu des tas d’histoires sur les personnes vulnérables qui se traînent tant bien que mal dans les rues de cette ville. Il fait pas bon traîner la nuit, pas dans ton état. » Il se cala dans son fauteuil, posa les bras sur les accoudoirs au revêtement usé jusqu’à la corde. « C’était soit chez moi, soit au poste de police. Tu préférais quoi ? » Ses lèvres s’étirèrent et une grimace moqueuse déforma ses traits. « Tu es présentement dans un chalet près du lac. Chez moi. »  

Il ramassa le jeu de tarot laissé sur la table et commença machinalement à battre les cartes. « Oracle de Belline, j’ai pas. Jamais accroché à ce système. Peut-être que ça viendra. Moi mon truc, c’est le tarot. Point. » Le tarot et la magie, bien que les deux étaient difficilement dissociables dans l’esprit du sorcier. Il ne mentionna pas l’art qu’il pratiquait, hésitant à rompre son image de vieux solitaire bougon et presque sénile que l’autre semblait lui avoir collé.


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MessageRe: Paradigme » Ven 23 Avr - 17:21

Mais quel bon samaritain. De toutes les espèces florissant au sein des rues de Blackwater Falls, c’était sur ce genre de rareté qu’elle s’était fatalement fracassée le pif. Aurait pu tomber sur pire, aurait pu même, saluer la chance d’une telle aubaine mais la chance chez les Amada n’était pas quelque chose sur laquelle on se félicitait chaudement, dur rappel des sacrifices commis en son nom, le tout gouverné par le sourire salace et opportuniste d’un Sir Charbon qui n’en ratait jamais une miette. Etait-il à l’origine de ce coup-ci, le salopard, ou pouvait-elle se féliciter seule de l’aubaine ? L’absence du démon n’était pas un signe que le trompeur en chef de ce monde, Lucifer virevoltant dans toutes ses manigances, se tenait loin de ce coup de poker et Monserrat arma ses cernes d’un regard plus affiné quand le vieux lui reprit la tasse des mains pour en boire une goulée.

Elle attendit de le voir déglutir, de vérifier le tour de passe-passe potentiel et une minute complémentaire avant de reprendre le breuvage et y poser sa propre bouche. Le liquide amer, à l’odeur presque entêtante, déversa son fluide sur sa langue empâtée. Donna des reliefs à sa nausée avant de l’en délaver et elle but, à petites gorgées, heureuse fatalement de s’hydrater un rien, la main toujours serrée sur son sac, en chien fidèle demeurant à ses côtés.

Les explications l’assaillirent, formant un portrait peu flatteur de la scène d’hier soir, s’emboitant avec les miasmes d’images qui résultaient de son aventure ainsi que des propos déjà lointains de l’homme. « Je n’ai pas de bande. » Mais elle avait fatalement du se trouver quelques comparses pour la nuit, peut-être même des filles faciles sans paiement à devoir. C’était aussi rare que d’être sauvée par un vieux schnoque mais elle n’était pas si lointaine, cette soirée avec June. Comme quoi ce genre de phénomène, belle à s’en taper le front sur la table, et toute disposée à partager caprices, came et sexe, n’étaient pas non plus des êtres imaginaires.

« Pour sûr que je préfère ça à la taule. »
Cela équivaudrait à un merci, le max qu’elle pouvait donner dans ces circonstances et la tasse fut prudemment reposée sur la table basse, vidée de son contenue. « Je vais m’en aller maintenant. Ca vous évitera de râler. » Sa nuque craqua, à gauche et elle se la massa par habitude, sentant le poids de ses cheveux sales, de sa carcasse médiocre. Une douche ne lui ferait pas de mal. « Je dois retrouver ce qui me manque. » Bouquin, cachets – surtout le bouquin. La voiture après. « Et le tarot, je connais. » La magie aussi, et c’était bien tout ce que lui inspirait l’intérieur désormais plus clair de l’ancien.

« Votre boutique c’est une connerie ésotérique hein ? » Etonnant que la populace lui ait pas encore cramé. Les gens de cette ville paraissaient assez nerveux ou enfoncés dans le déni, quand ils n’étaient pas au courant des évènements surnaturels les approchant.

Mais peut-être pourrait-elle y passer, sait-on jamais qu’il y vende autre chose que des planches ouija en plastique, de la cartomancie pour gamine prête à se faire peur et des cristaux mal étiquetés.
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MessageRe: Paradigme » Dim 2 Mai - 15:31


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Et le sorcier balaya d'un revers de la main les piètres observations du cafard. « Il y a toujours du monde pour se fracasser le crâne à coup de substances illicites. Les mortels sont bourrés de vices et cela semble les rapprocher, faciliter les contacts. J'en pleurerais presque, entre deux nausées. » La marmaille censée reprendre le flambeau, censée sauver l'Humanité d'un funeste sort ou d'une connerie du genre était déplorable et il se sentit soudain ragaillardi à la pensée de ce cher Trar'gamoth qui, bientôt, le délivrerait de toutes ces idioties. La relation qu'il entretenait avec son cher démon était des plus étranges et, en cet instant précis, il espérait presque invoquer l'agent du Malin par la simple pensée. Histoire d'en finir avec les jérémiades de l'autre qui occupait son canapé.

« Bien. Je ne te retiens pas. » L'Ancien resta dans le fauteuil, toujours occupé à battre les cartes, son regard sournois ne perdant rien des gestes de la gamine. Si elle réussissait à retrouver le chemin de la civilisation, à gagner la ville avant la tombée de la nuit, tout ça sans finir noyée dans le lac, ce serait un exploit. Et il était prêt à la laisser s'en aller, ayant rempli sa part du boulot ingrat qui lui avait été malgré lui attribué.

« Oui, bien sûr que tu connais le tarot. Le vieux n'aura sûrement rien laissé de côté dans ton apprentissage. Même si je dois bien avouer qu'il est plaisant de ne pas voir mes précieuses cartes être traitées d'instruments du Diable », marmonna-t-il pour lui-même en tirant une carte au hasard et en la plaçant, face cachée, sur la table basse.

« Tu devrais surveiller ton langage, jeune fille, et ne pas mépriser ce que tu ne comprends pas. C'est l'une des pires erreurs que tu puisses faire car cela ouvre la porte à tous les dangers. » Il disposa une deuxième lame, puis une troisième, esquissant le motif familier d'une croix celtique. « Et non, ce n'est pas une connerie ésotérique, pour reprendre ton vocabulaire fleuri. Il s'agit d'un simple local dans lequel je mène quelques consultations. Je tire les cartes, ce genre de choses. Je ne vends rien, hormis mes services. » Il leva la tête des lames étalées devant lui et un sourire vint illuminer sa trogne ridée. « Mais j'imagine que tu ne sais pas ce que c'est, que de gagner sa croûte, pas vrai ? L'argent doit te tomber tout cuit dans la bouche, sinon tu ne serais certainement pas encline à battre le pavé toute la nuit durant. » Et la main de l'Ancien s'éleva et s'agita gracieusement sous le nez de l'autre. « Va, va. Retourne à ta vie de débauche et ne t'avise plus de traîner près de ma connerie ésotérique, veux-tu ? »


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